Archive pour Therion

Les textes chantés au Hellfest: comment comprendre l’expression: « les mots ont un sens »?

Posted in Hellfest with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 22 février 2012 by Darth Manu

J’évoquais dans mon billet précédent la propension des anti hellfest à tout ramener au sens littéral des paroles des groupes de métal qui développent un imaginaire satanique et/ou occulte et /ou fantastique, pour verrouiller tout débat avec des défenseurs du festival.

« Les mots ont un sens », disent-ils. Ce n’est pas faux, et ils en ont même plusieurs. Mais en quel sens prendre cette proposition justement, et comment dévoiler la signification véritable des paroles des groupes de metal? Faut-il s’en tenir au sens littéral, au risque de niveller les intentions et le discours réel de chaque artiste, ou remettre en contexte et dégager plusieurs niveaux de sens, et plusieurs types d’usages de ce que Nicolas Walzer a appelé l »imaginaire satanique » dans son livre Satan profane?

Tout le monde a entendu parler du sens commun et du sens figuré. Ce ne sont pas les seuls. On pourrait citer également le sens dénotatif et le sens connotatif:

« En linguistique, le sens ou signifié dénotatif, la dénotation, s’oppose au sens ou signifié connotatif, la connotation.

  • La dénotation désigne le sens littéral d’un terme que l’on peut définir (et trouver dans le dictionnaire).
  • La connotation désigne tous les éléments de sens qui peuvent s’ajouter à ce sens littéral.

Le champ de la connotation est difficile à définir car il recouvre tous les sens indirects, subjectifs, culturels, implicites et autres qui font que le sens d’un signe se réduit rarement à ce sens littéral. Définir la connotation est si difficile qu’on en arrive parfois à la définir par défaut comme tout ce qui, dans le sens d’un mot, ne relève pas de la dénotation1.

Par exemple, si on s’intéresse au mot flic, le sens dénotatif est le même que celui de policier. Mais à ce sens s’ajoutent des connotations péjoratives et familières.

Un même mot ou symbole pourra donc avoir des connotations différentes en fonction du contexte dans lequel il est utilisé. Ainsi, la couleur blanche connote[réf. nécessaire] la pureté et le mariage pour un Européen, le deuil pour un Extrême-Oriental ; tandis que la svastika, si elle est vue par un Indien comme un symbole religieux hindouiste (représentant l’énergie positive), ne peut pas être vue par un occidental sans lui faire penser au nazisme (ici utilisée comme énergie destructrice).

L’opposition entre dénotation et connotation entretient des rapports complexes avec l’opposition entre sens propre et sens figuré » (article Wikipedia connotation et dénotation).

La svastika est un exemple particulièrement intéressant, dans la mesure où elle montre bien comment  une dénotation apparemment limpide, la croix gammée,  peut avoir la signification qu’elle prend complètement transformée par les connotations, suivant le contexte culturel dans lequel elle est perçue.

A la lueur de cette distinction entre dénotation et connotation, on pourrait proposer la relecture suivante de la polémique sur le Hellfest: les groupes dont la présence est critiquée par les anti Hellfest utilisent une dénotation commune, qui est la référence à un imaginaire satanique, ou occulte, etc. Les pro Hellfest soulignent que si la dénotation est comparable, la connotation n’est pas nécessairement la même entre les plus extrêmes de ces groupes et les plus flokloriques, voire entre l’ensemble de ces groupes et celle que prennent les paroles de leurs chansons dans le contexte de l’enseignement de l’Eglise catholique.

Quelques exemples:

– Connotation « religieuse »: 

 » Glorification of the black god
In the shape of a black goat – The dark lord himself
Presiding over the revelry..
Demons, witches, and spirits of Darkness await
And watch with pleasure on the succumbed virgins
And innocent souls.. Soon to be sacrificed
The only light is the gleam of the torches from the inverted women wombs
And the fire from the cauldron, in which human fat is being boiled
The air is filled with diabolical laughter and screams
Spells are whirling, and the smell of hell is spreading all around
The appearance of spirits of Darkness from the heart of Hell
A necromantical union brought forth to haunt the night
 The christians fled like pigs, overwhelmed with fear
Except glimpses of the moon surrounded by stars
Clouds block the nocturnal light, as the earth trembles
Under hooved feet accompaigned by..
The beating of skins under the blackened sky

Noone dares to tread the mountain on this night

They watch with enlarged eyes, in fear from afar
 As the lightning joins the perverted dance at the bare mountain » (Glorification of the black god », Marduk).

Les membres de Marduk n’ont jamais caché leur satanisme théiste (cf. mon article sur le blasphème pour quelques sources).

– Connotation métaphorique:

 « Highway to Hell

livin’ easy
lovin’ free
season ticket on a one way ride
askin’ nothin’
leave me be
takin’ everythin’ in my stride
don’t need reason
don’t need rhyme
ain’t nothin’ that I’d rather do
goin’ down
party time
my friends are gonna be there too
I’m on the highway to hell
on the highway to hell
highway to hell
I’m on the highway to hell

no stop signs
speed limit
nobody’s gonna slow me down
like a wheel
gonna spin it
nobody’s gonna mess me around
hey satan
payin’ my dues
playin’ in a rockin’ band
hey mumma
look at me
I’m on the way to the promised land
I’m on the highway to hell
highway to hell
I’m on the highway to hell
highway to hell
don’t stop me

I’m on the highway to hell
on the highway to hell
highway to hell
I’m on the highway to hell
(highway to hell) I’m on the highway to hell
(highway to hell) highway to hell x2
(highway to hell)
and I’m goin’ down
all the way
 I’m on the highway to hell » (AC/DC, Highway to Hell).

L’artiste n’évoque pas un culte personnel à Satan, ni même une quelconque forme de religiosité satanique. Le champ lexical du diable et de l’enfer renverrait à une relecture métaphorique du  périple du groupe en bus, de concerts en concerts:

 » http://www.lyricinterpretations.com/look…
Here are several interpretations from the above website:
Bon’s telling about how he’s just gonna enjoy life to the fullest ’cause he’s goin’ to hell anyway. 
The song is a metaphor for the band’s tour in America. They said the constant riding on the bus was like taking the highway to hell. 
anonymous November 14th, 2006 02:12AM
Highway to hell was the nickname for the canning highway in australia. It runs from where lead singer bon scott lived in fremantle and ends at the pub called « the raffles », which was a big rock and roll drinking hole in the ’70s. As the canning highway gets close to the pub, it dips down into a steep decline: « no stop signs…..Speed limit….Nobody gonna slow me down ». So many people were killed by driving fast over that intersection at the top of the hill on the way to a good night out, that it was called the highway to hell, so when bon was saying « im on the highway to hell » it meant he was doing the nightly or weekly pilgrimage down the canning highway to the raffles bar and rock and drink with his mates: « aint nothing I would rather do. Going down, party time, my friends are gonna be there too. 
anonymous September 15th, 2007 02:47AM 
I think it is both based on the non-stop tour in America and the highway in Australia where Bon died. »  (source).

– Connotation parodique:

 » 666 Packs

We have a deal with Satan
A contract signed in Hell
We sacrifice a virgin
He makes our record sell

SATAN! – To Antichrist we pray
EVIL! – To hit the charts one day

666 Packs – Seven days of death and pain
Satan – Thirteen hours blood will rain
666 Packs – Nine black bats will eat your brain
Satan – Good with numbers? Join our cult

We have the baddest evil
Come buy our merchandise
 A plastic skull, a T-Shirt
That says « I shit on Christ »

SATAN! – is thrashing to the beat
EVIL! – on seven days of week

On stage we slaughter poultry
In songs we slaughter man
Black masses, guts and torture
We do the worst we can

SATAN! EVIL! – on blood and gore we feast
 SATAN! – I am your Judas Priest » (« 666 Pack », Tankard).

 » We have the baddest evil
Come buy our merchandise
 A plastic skull, a T-Shirt
 That says « I shit on Christ »

On lit clairement dans ce couplet, outre le clin d’oeil à Judas Priest à la fin du chant, que la référence à Satan n’ y est pas plus sincère que celle au Christ dans Golgotà Picnic ou dans Dogma, et que les musiciens tournent ici en ridicule la référence à l’imaginaire satanique dans le metal, en montrant le caractère de cliché et l’aspect mercantile de ce type de paroles.

La juxtaposition des paroles de Marduk et de Tankard montre bien comment, à partir d’une dénotation identique, la référence au satanisme, le jeu des connotations aboutit à une signification radicalement inverse: chez Marduk, un effort de promotion du satanisme comme une religion « sérieuse », une profession de foi. Chez Tankard, une parodie caustique, quasiment un « blasphème » contre le satanisme.

Cela n’a pas empêché les Yeux Ouverts l’an dernier de mettre ces mêmes paroles de Tankard, qui jouait l’an dernier au Hellfest, dans le même sac que celles des groupes satanistes:

 » Bonjour,
Prendre tout cela avec humour ? Désolé, je ne peux pas. 
Tankard : http://www.parolesabc.com/paroles/parole_tankard/666-packs_fr.html » (source).

Pour les anti hellfest, que ce soient Les Yeux Ouverts, le Collectif, ou Civitas, qui « argumentent » leur position en citant pêle mêle des références à l’imaginaire sataniques dans toutes sortes de groupes de metal, juxtaposées sans aucun effort de prise de connaissance et d’analyse du contexte, il est clair que quand il s’agit de cette musique: sens dénotatif = sens connotatif.  Et pourtant, quand il s’agit de la référence au Christ dans certains oeuvres contemporaines, il sont tout à fait capables de voir le sens connotatif, et de crier au loup dès qu’ils ont l’impression que l’Eglise est parodiée ou ridiculée, même légèrement (ainsi cette fameuse campagne de pub avec le Christ). De même qu’ils n’oublient pas d’éclairer le sens dénotatif du texte par la connotation que lui donne l’exégèse catholique, lorsqu’ils prient à partir de certains passages très durs des Psaumes, par exemple dans le cadre de la liturgie des heures. Non seulement leur argumentation n’est pas sérieuse sur le plan intellectuel, mais elle est contradictoire avec leurs autres prises de positions.

Curieusement, Les Yeux Ouverts a évoqué récemment le sens connotatif, d’une manière qui prétendait renforcer sa position alors qu’elle la mine dans les faits:

« Dans les billets consacrés au rock sur mon blog, il en a été question assez longuement : mélodie, harmonie, ryhtme.
 A prendre aussi en compte l’ambiance musicale des concerts ( son et effets spéciaux), les textes, les thèmatiques, les pochettes…« 

 L’interprétation musicale, l’ambiance, les textes, tout cela en effet constitue des éléments de sens qui participent au sens connotatif de la prestation des groupes invités au Hellfest, et qui sont donc des éléments de signification qui sont susceptibles de modifier le sens littéral, dénotatif des paroles du groupe, éventuellement d’inspiration sataniste, anti chrétienne, néo-païenne, etc. Raison de plus d’éviter de croire informer sur le festival en juxtaposant des paroles de chansons et des extraits d’interviews, sans analyse des groupes au cas par cas, sans avoir assisté à leurs concerts ni écouté de manière approfondie leur musique.

Car il suffit parfois d’un rien pour qu’une représentation transforme complètement la connotation des paroles, et même que l’ambiance recherchée ostensiblement aboutisse à un résultat très différent de celui affiché, beaucoup moins glauque souvent.

Le récit que Pneumatis a fait l’an dernier de son après-midi au Hellfest est à ce titre très éclairant, pour qui ne se contente pas de n’en retenir que son impression sur Therion:

 » Et c’est comme ça, par exemple, que j’ai pris un pied énorme à écouter un groupe que j’aurais certainement boudé du seul fait de son nom : Anathema. Forcément, ce ne sera pas du gout de tout le monde, mais punaise qu’est-ce qu’ils m’ont pris aux tripes. Une émotion extraordinaire. Vraiment quelque chose de fort.« 

Pour avoir été présent avec lui, je me rappelle qu’il avait décrit sur le moment cette musique comme faisant remonter hors de lui tout ce qui était source de souffrance et de noirceur, dans une sorte d’action purificatrice. Et cela, bien que le groupe s’appelle: « Anathema ». Ce qui rejoint l’exprérience de la plupart des fans du groupe:

« Anathema are personally one of my favourite bands. Musically they pack so much depth and emotion into their songs that one really cannot help but fall headlong into their dream-laden poetic craft. They are one of those bands that one can turn to for comfort and to ease pain. A solitary listen helps you through the bad times; Anathema can be uplifting, depressing, cathartic and even soul searching » (interview dans Mtuk Metal ‘Zine).

Se contenter de lire des interviews et des paroles de groupes ne suffit pas à se faire une idée exacte de l’impact réel du metal sur les auditeurs. Il faut aussi écouter la musique. Ce que le Collectif et les Yeux Ouverts ne font manifestement pas, lacune qui les prive de toute crédibilité auprès des métalleux et du grand public.

Dans le même ordre d’idée, Dark Tranquillity, le groupe que nous sommes allés voir avec Pneumatis et quelques autres après Therion, utilisait une mise en scène qui tentait de créer une ambiance inquiétante, fantastique, avec force effets de lumières. Et pourtant, tout cela était annulé par le gentil sourire du chanteur, le plaisir manifeste qu’il prenait à jouer, et partager avec un auditoire heureux:

 » L’autre, Dark Tranquillity, je me suis juste emmerdé, pour le dire poliment. Ceci dit, malgré la morbidité de fond, notamment dans la mise en scène avec ses mélanges de thèmes sur la foi et sur les démons, j’ai quand même noté une incroyable relation entre le chanteur et son public, quelque chose d’assez fascinant. Lui, le grand sourire permanent, on aurait dit qu’il avait envie d’embrasser son public à chaque instant comme si ce dernier venait de lui sauver la vie. Et le public marchait à fond dans son énergie… à part moi, assis par terre en attendant que ça se passe. Concernant la mise en scène, on était clairement dans une démarche esthétique, pas forcément de mon gout, mais qui se comprend et qui n’avait rien de rituel ni de sataniste à proprement parlé ».

 Si tous ces groupes qui développent un imaginaire satanique ou fantastique utilisent bien une dénotation commune, à laquelle les anti hellfest reviennent sans arrêt avec entêtement, on constate donc à partir de ces exemples la complexité et la richesse des déplacements de sens que des connotations différentes peuvent entraîner. Les « mots ont un sens » dénotatif, certes, mais cela ne veut pas dire qu’il ne peut pas être complètement transformé par le contexte, voire inversé. Ce renversement de sens peut venir du texte même, du registre utilisé et des effets de styles, comme pour Tankard. Il peut venir également de l’ambiance créée par la musique, qui peut-^tre, ou non, plus positive que les paroles. Enfin, l’intention réelle de l’artiste qui transparait de son visage sur scène (par exemple, partager le plaisir musical dans le cas de Dark Tranquillity) est encore une connotation qui peut bouleverser le registre initial des paroles (qui, rappelons-le, ne sont souvent pas compréhensibles lors des concerts).

Même dans le cas de groupes effectivement satanistes comme Marduk, et explicites dans leurs paroles comme dans leur mise en scène, un autre déplacement de sens est encore possible:

 « Le lecteur apporte lui-même ses propres connotations: il apporte aux textes sa propre expérience et ses autres lectures, en déplace les significations grâce à son imaginaire » (Espace français .com, La dénotation et la connotation).

  De même que l’auditeur ou le spectateur, dirais-je.

Une svastika prend une certaine signification dans un contexte européen, et un autre radicalement différent en contexte hindou. D’ une manière analogue, on pourrait dire qu’un concert de Marduk, mis en scène de la même façon, avec les mêmes paroles, aurait une certaine signification dans le cadre d’une messe noire, où chaque participant aurait un livret avec les paroles, une autre signification lors du Hellfest, au milieu de groupes beaucoup moins engagés religieusement, dans un contexte festif où personne n’entend clairement les paroles et où la bière coule à flot, et encore un autre dans une assemblée de musiciens, qui seraient beaucoup plus attentifs à la performance musiclae qu’aux paroles ou à la mise en scène.   De même que si on transposait la liturgie d’une messe catholique sur une estrade du Hellfest au milieu d’un public éméché, sa signification pour les specteurs serait sans doute profondément différente qu’au sein d’une église (et pour le coup sans doute proche du blasphème).

Alors certes, le Hellfest invite des groupes antichrétiens, parmi d’autres. Mais au lieu de se contenter de citer leurs paroles, pour aller ensuite directement à la conclusion: « le Hellfest est un festival christianophobe », il convient, d’une part, d’aborder la question de l’interprétation de leur paroles, non pas seulement de manière littérale, « fondamentaliste » pourais-je dire si j’étais taquin, mais d’en faire une approche « historico-critique », en faisant l’inventaire de l’ensemble des connotations qui transforme ou non le sens littéral chez tel ou tel groupe. Ce qui suppose, au dela de leurs paroles et des titres de leurs chansons, de prendre connaissance de la pensée réelle des musiciens, de mener une véritable analyse littéraire des effets de styles qui au sein d’un texte peuvent complètement déplacer, transfigurer, relativiser voire inverser la référence à l’imaginaire satanique ou occulte, d’écouter leur musique, d’aller à leurs concerts, de comprendre leur mode de pensée et d’expression artistique. Un travail de longue haleine, et tout le contraire des copier-coller vite faits du Collectif.

Même lorsqu’un groupe s’avère réellement antichrétien, cela ne démontre nullement que la structure qui l’accueille est anti chrétienne. Le Hellfest a invité plusieurs fois des groupes chrétiens. Je l’ai souligné, parce que cela indique bien à mon sens que ses organisateurs n’ont pas d’animosité particulière contre le chrétiens. pour autant, cela n’en fait pas un festival de musique chrétienne comme le Holyfest. Inversement, ce n’est pas parce qu’il invite des groupes satanistes qu’il devient un festival de musiques satanique. Les groupes sont présents, certes, mais la connotation que leur donne leur présence au Hellfest diffère de celle qu’ils auraient dans un rassemblement religieux ou politique. L’atmosphère printanière, la bonne humeur générale, les déguisements, la bière, tout cela neutralise l’imagerie morbide et donne à l’essentiel des trois journées des allures de carnaval bon enfant.

En ce sens, Pneumatis a choisi d’intituler le compte-rendu de sa présence à la soit-disant « fête de l’enfer »: « Un dimanche à la campagne », et il écrivait:

 » Alors d’abord, sans grande surprise, j’ai trouvé l’ambiance super : ça m’a rappelé mes années d’étudiant. C’est très sensoriel, en fait. Sur fond sonore de basses permanentes, marcher dans cette foule festive, en faisant craquer les gobelets de bière vide sous ses sandales et en respirant cette odeur enivrante d’herbe fraichement coupée… j’avais un peu l’impression de rentrer à la maison ; dans le sens de revenir quelques 15 années en arrière. Moi qui aie toujours regretté d’être né trop tard pour Woodstock, je ne pouvais me sentir que chez moi.

 Concernant les concerts, j’ai soudain pris la mesure de l’incroyable absurdité de nos débats autour des paroles de chanson… Il suffit de voir les musicos sur scène et leur public : d’une, on ne comprend rien à ce qu’ils chantent (enfin moi, en tout cas) et de deux, j’avais franchement l’impression que personne n’en avait rien à cirer, de toute façon. Tout le monde est là pour la musique, et je me suis soudain mis à penser qu’avec le tapage qu’on a fait sur le Hellfest, on devrait sans doute un peu plus se soucier d’autres concerts, d’autres styles de chansons dans lesquels la violence est nettement plus affirmée (suivez mon regard). En bref, j’ai compris à quel point nos revendications, quelques légitime qu’elles aient été, étaient à des années lumières des motivations qui attirent ici les amateurs de métal. Tu sais, c’est un peu comme si des gens se rendaient dans le plus grand restaurant du pays une fois par an pour y déguster des plats exceptionnels qu’ils n’ont jamais l’occasion de déguster par ailleurs, et que, toi qui n’y vas pas, venais leur parler de fermer le restaurant parce que la faïence dans la cuisine te choque. On a toujours de bonnes raisons d’être choqués par de la faïence (si si, moi en tout cas, j’en ai des tas) mais c’est pour illustrer l’incongruité (vachement facile à prononcer) que cela représente pour le type qui vient déguster. Au minimum, on comprend l’incompréhension« .

 Moi-même, je dois dire que je me suis demandé en juin dernier lors du festival si je n’en faisais pas trop au niveau des paroles de certains groupes, tellement tous ces débats que nous menons entre cathos sont complètement déconnectés de la réalité vécue du festival.

Cela ne signifie pas pour autant qu’il ne faut pas s’intéresser à l’importance de l’imaginaire satanique dans le metal, ni ignorer les groupes explicitement satanistes ou blasphématoires. Mais le Hellfest n’est pas le bon angle pour ouvrir ce débat, parce que cela parasite le débat sur la dénotation satanique, et la connotation antichrétienne ou sataniste qu’elle prend chez certains groupes, avec d’autres connotations propres au festival, qui sont beaucoup plus festives et détachées des rancoeurs de certains musiciens contre le christianisme. La plupart des festivaliers ne comprennent pas la polémique, parce que les cathos antihellfest imposent une certaine connotation pour l’interprétation du sens du festival, qui est contraire à celle qu’ils expérimentent pour eux-mêmes chaque année, et refusent de prendre en compte leur témoignage.

Pour poser de manière pertinente la question des rapports entre metal et christianisme, il faut donc resituer le débat dans la perspective de l’ensemble de l’histoire du metal, en étant attentif à la totalité des variations de sens apportées à l’imaginaire religieux dans le metal, ce qui suppose une étude approffondie des différents courants musicaux et des différents groupes, et une bonne connaissance musicale et personnelle du milieu. Faire l’inventaire des connotations chrétiennes et antichrétiennes, c’est le travail que je me propose de faire sur ce blog depuis sa création. Et cela est indissociable d’une approche ouverte du terrain, qui n’impose pas une grille d’interprétation préétablie, mais qui accepte le dialogue avec les metalleux, et la possibilité de se laisser soi même déplacer par leur témoignage. L’analyse ne doit pas se construire sur des généralisations à partir d’une poignée de similitudes, notamment dans la dénotation occulte ou satanique, mais sur une recherche au cas par cas sur chaque groupe: Pneumatis cite dans son billet Judas Priest, Anathema, Dark Tranquillity et Therion. Là où la méthode du Collectif nous donnerait à penser que tous ces groupes sont bonnet blanc et blanc bonnet, on voit que l’expérience musiale et personnelle qu’il a retiré de chacun d’entre eux était très hétérogène, voire radicalement inverse si l’on compare les exemples de Therion et Anathema.

Certains antihellfest prétendent que ce que je propose là est une forme de relativisme:

 » Pour le relativiste qui se respecte, la hiérarchisation ou même la simple comparaison sont forcément suspectes par les temps qui courent.
Au nom de ce relativisme s’érige un nouveau dogme dont le premier de ses commandements pourrait être  » Tout est égal et par conséquent rien n’a de sens ni de valeur objective : s’opposer à ce principe est innacceptable et doit donc être condamné. »
Veronèse et Picasso, Fauré et Jarre, la cathédrale Notre dame de Paris et la pyramide du louvre, Homère et René Char, Carpaux et Botéro , Molière et Castellucci, Chateaubriand et Breton, Black sabbath et Amstrong …pareils ! Egaux !
Méditons le mot de Camus dans l’homme révolté :
Le relativisme, fils naturel du libéralisme, se présente dans les beaux habits du représentant de la tolérance, de l’esprit d’ouverture, du consensus, de la liberté, du progrès…
Méditons le mot de Camus : « Rien n’étant vrai ou faux, laid ou beau, la règle désormais sera de se monter le plus efficace. Le monde ne sera plus alors partagé en juste et en injuste mais en maîtres et en esclaves » » (Collectif pour un festival respectueux de tous, « Le Hellfest, vitrine de l’esprit de gauche en matière de culture? » (sic)).

 Le grand reproche que l’on peut faire au relativisme, en effet, et au dela du caractère spécieux des exemples donnés par le Collectif, est d’aplanir les différences, de dire que tout se vaut. Mais lorsque le Collectif juxtapose toutes sortes de groupes, sur la seule base de leur référence commune à un imaginaire satanique, occulte ou bien tout simplement fantastique, sans faire l’effort d’analyser les différences de connotations, les déplacements de sens, que chacun de ces groupes fait subir à celle-ci, dans l’usage qu’il en fait, ne rentre-t-il pas lui-même dans ce type de démarche? Son jugement initial et pré-ordonné, suivant lequel les groupes invités au Hellfest seraient un phénomène parmi d’autre d’une « contre-culture » « révolutionnaire », qui vise à subvertir la présence du Beau, du Bien, du Vrai, dans notre culture, et ses racines chrétiennes, devient l’unique norme de sa démarche interprétative, qui dès lors ne va pas s’intéresser aux connotations nées de l’analyse litéraire des paroles, de la connaissance des parcours des musiciens, de l’atmosphère réelle des concerts, sauf quand çela va dans son sens. Son intuition première du Hellfest prédomine contre toute recherche de terrain, toute mise en contexte, tout témoignage contradictoire. Elle dispense de l’effort de prendre connaissance de la musique dans le détail. Elle s’alimente d’informations superficielles glanées ça et là (ainsi, comme je le rappelais dans mon billet précédent, le Collectif mentionne la censure dont Cannibal Corpse a été l’objet dans divers pays, parce que ça l’arrange, mais il se garde bien de mentionner qu’elle a depuis levée dans la plupart des cas). Elle estime n’avoir pas besoin du surcroit d’information et de réflexion apportés par la contradiction constructive et le dialogue (d’où la fermeture des commentaires sur le site du Collectif et sa manie de ne pas répondre aux réponses à ses interventions sur d’autres blogs, comme le mien).

Restaurer les nuances des significations en fonction du contexte n’est pas du relativisme, sinon tous les chercheurs en sciences humaines, tous les littéraires, tous les éxégètes catholiques, et le pape lui-même, lorsqu’il s’associe à la recherche historico-critique sur les Ecritures, seraient des relativistes.

Par contre le Collectif, lorsqu’il élève son opinion a priori comme norme ultime d’interprétation du metal et du Hellfest, ainsi que je viens de le montrer, entre dans une démarche qui lui est analogue, puisqu’il subordonne la vérité du metal, qui ne peut se dévoiler qu’au fil d’une enquête minutieuse de terrain et du dialogue avec les métalleux, spectateurs et musiciens, à la relativité du point de vue qu’il en a…

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Retour sur certaines réactions au billet de Pneumatis sur Therion

Posted in Hellfest with tags , , , , on 10 août 2011 by Darth Manu

Je viens de revenir sur le fil de commentaires du billet de Pneumatis sur Therion, après plusieurs semaines de pause internet, et ce que j’y vois m’énerve tellement qu’après avoir pensé répondre à la suite, je décide finalement d’y consacrer un billet sur mon propre blog.

Apparemment, pour un certain nombre de métalleux, Pneumatis est un illuminé fanatique qui voit Satan partout et projette ses problèmes psychiatriques sur un pauvre groupe qui ne lui a rien fait, voire un menteur qui a imaginé ce témoignage, probablement sans être réellement présent, pour alimenter la rhétorique des blogs anti Hellfest.

Quelques précisions s’imposent:

Tout d’abord Pneumatis n’était pas seul au Hellfest, lors du concert de Therion. Notamment, « Marie du Hellfest », et moi-même étions présents avec lui, et pouvons témoigner des points suivants: il a bien assisté au concert, et il n’était pas bourré (il a bu à tout casser une ou deux bières plusieurs heures auparavant et a mangé entre temps: il était donc bien plus clean que 90% facilement des auditeurs du concert, moi inclus à vrai dire). Pour avoir longuement discuté avec lui dans l’après-midi, je peux également certifier qu’il était très cohérent, et qu’il n’a pas consommé de drogues. Je peux dire par ailleurs que son impression générale du Hellfest était en faitplutôt positive: il a notamment beaucoup aimé Anathema, et que le moment « Therion » était vraiment en rupture par rapport au reste de l’après-midi que nous avons passée ensemble.

Mais peut-être Marie et moi sommes-nous également des vendus à la cause du fanatisme anti-hellfest, qui nous rangeons aux côtés de Pneumatis pour mieux couler le festival?

Il n’y a qu’à lire ce blog et les commentaires des billets pour voir que je consacre l’essentiel de mon activité à défendre le Hellfest, ce qui m’a valu, sur Inner Light et ailleurs, de me friter très régulièrement avec « les Yeux Ouverts » (même si nous nous respectons sur un plan personnel).

Quand à Marie, je vous invite à lire les topics du forum La Cité Catholique, où elle défend courageusement le festival depuis 2009, au prix de s’en prendre régulièrement plein la gueule, parfois d’une manière qui m’amène à souhaiter que certains intervenants fassent l’inventaire de leurs propres paroles d’une manière aussi rigoureuse qu’ils décortiquent les textes des groupes de black metal (La Cité Catholique est à beaucoup de titres un forum d’excellente qualité, mais plusieurs membres ont tendance à perdre quelque peu leur mesure quand on parle de métal, à mon humble avis). Par ailleurs Marie est une grosse fan de Therion, et semblait très fière de montrer ce groupe à Pneumatis. Sans prétendre parler à sa place, je pense qu’il lui a beaucoup coûté personnellement de prendre la défense de Pneumatis dans cette affaire, et que si elle l’a fait, c’est que sa réaction l’a véritablement ébranlée par sa sincérité et son intensité, et qu’elle lui fait confiance.

Après, certains vont nous dire qu’ils ne nous connaissent pas et ne voient guère de raison de nous faire davantage conscience qu’à Pneumatis. Soit, mais nous avons construit tous les deux l’essentiel de notre crédibilité internaute sur nos positions pro-Hellfest. Vous vous doutez donc bien, si vous êtes un minimum honnêtes avec vous-mêmes, qu’il en coûte quelque peu à notre ego de prendre la défense d’un tel témoignage, et que nous ne le faisons pas parce que nous sommes de mauvaise foi, mais bien au contraire parce qu’il nous a ébranlé, et que nous sommes suffisamment honnêtes pour l’admettre, bien que cela nous mette en porte-à-faux avec nos propres convictions.

Pneumatis lui-même maintenant. Il s’agit indubitablement d’un catholique particulièrement attaché à sa foi et à son Eglise. Par ailleurs, il a affirmé plusieurs fois sur divers sites ne pas être fan de métal. Et pourtant, il est engagé depuis plusieurs années, non pas aux côtés des lobbies anti hellfest, mais CONTRE leur fermeture au dialogue.

Outre ses commentaires très constructifs sur La Cité Catholique, il a collaboré plusieurs fois avec Radio Metal pour promouvoir le dialogue (il a ainsi été interviewé conjointement avec Gildas Vijay Rousseau de Stamina sur cette radio), a défendu les métalleux sur le blog du Chafouin, et a publié sur son propre blog les billets suivants, qui appellent au dialogue:

http://pneumatis.over-blog.com/article-les-chretiens-face-au-hellfest-vers-un-dialogue-50751247.html

http://pneumatis.over-blog.com/article-hellfest-mais-qu-est-ce-qu-on-leur-a-fait-aux-catholiques-51878489.html

Par ailleurs, son billet sur Therion est le second d’un ensemble de trois sur son expérience du Hellfest, et les deux autres défendent le festival:

http://pneumatis.over-blog.com/article-un-dimanche-a-la-campagne-77472808.html

http://pneumatis.over-blog.com/article-petite-mise-au-point-77797223.html

Mais ce fameux billet sur Therion justement, qu’en est-il? Et bien Pneumatis est un ancien occultiste converti au catholicisme, et est resté imprégné par certaines de ses anciennes croyances, personne n’est parfait… Mais pour vous rassurer, je dois vous dire que même les meilleurs d’entre nous ne sont pas exempts de tels égarements. Par exemple je connais un super groupe dont certains membres ont les mêmes croyances que Pneumatis. Il était présent au Hellfest, peut-être en avez-vous entendu parler? Il s’agit de… Therion!

En effet, même sur le forum français du groupe, on trouve de mauvaises langues pour gloser sur leur engagement dans un mouvement occultiste:

« Vala, allez sur ce lien, ca explique a peu pres tout, et c’est meme en francais, oui oui msieu dame c’est le grand luxe!
Pour info supplémentaire, Thomas Karrlson, qui a écrit une grosse majorité des morceaux de Therion n’est pas qu’un membre de cet ordre comme notre cher Chris, mais il est aussi accessoirement le fondateur et le leader de cet ordre.
Apres, qu’on adhere ou pas à leur principes, il faut malgré tout prendre en compte le fait que sans Chris ni Karrlson, Therion n’aurait jamais été ce que c’est aujourd’hui et depuis 10 ans ». (http://therion-france.forumpro.fr/t67p20-l-ordre-du-dragon-rouge).

Faire de l’occultisme n’a certes rien d’illégal, et Pneumatis n’appelle pas à la censure contre le groupe. Il s’en défend même très fermement dans son billet suivant consacré au Hellfest. Maintenant, force est de constater que certains membres de Therion ont les memes croyances en l’efficacité de la magie que Pneumatis. S’il mérite d’être tourné en dérision du fait de telles croyances, alors eux aussi. Et si leurs croyances sont respectables en tant que tel et que les critiquer est une forme d’intolérance, alors il mérite le même respect. Il faut choisir: soit on condamne les deux pour leur croyance en l’efficacité de la magie, soit on les respecte tous les deux pour celle ci. Mais on ne peut adopter deux poids deux mesures comme semblent le faire certains commentateurs du billet de Pneumatis. C’est une question de cohérence.

Personnellement, j’avais bien aimé la prestation de Therion, sur le coup. J’avais été chauffé par le concert de Judas Priest juste avant, et j’étais vraiment content d’être là. Pneumatis me tournait le dos, et j’ai juste remarqué à un moment qu’il a jeté un regard un peu bizarre vers moi. Sur le coup, j’ai pensé que c’était parce que je faisais le salut cornu et que ça le gênait. A la fin du concert, il nous a confié son malaise, et ça a un peu tué mon enthousiasme. Du coup j’ai eu du mal à rentrer dans le concert de Dark Tranquillity.

Je ne suis pas sûr de croire en la magie, même si j’ai eu ma période de fascination pour l’ésotérisme il y a une dizaine d’années, et je suis tenté de rechercher plutôt des explications rationnelles. Puisque Pneumatis et certains membres de Therion partagent la même connaissance approfondie de la magie draconienne, peut-être que cet intérêt transparait au travers au travers de la forme musicale de certains morceaux, ce que Pneumatis a perçu à un niveau inconscient et qui a suscité son malaise. Au fond je n’en sais rien, et je n’ai pas les compétences en musique, en psychologie ou en occultisme pour trancher. Je tends vers l’explication qui m’arrange.

Par contre, j’ai rencontré Pneumatis, je lis régulièrement son blog, et j’ai toute confiance en son honnêteté intellectuelle et en son discernement, et s’il me dit qu’il s’est passé quelque chose lors du concert de Therion, c’est qu’il s’est passé quelque chose. Peut-être pas de la magie, mais il a vraiment ressenti un malaise, pour des raisons que j’ignore.

Et je fonde cette confiance non pas seulement sur des attaches affectives, mais sur la lecture assidue de ses billets, qui me prouve son sens de la nuance, sa rigueur intellectuelle et son désir d’objectivité et de vérité. J’invite tous ceux qui ont été choqués par son billet à lire de près l’ensemble de son blog. Je vous promets que si vous vous prêtez sincèrement au jeu, vous ne le regretterez pas et que votre image de lui changera. D’autant plus qu’on demande souvent, côté métalleux,  aux catholiques de respecter des groupes qui affichent des croyances en le satanisme théiste (Marduk) en le néo paganisme ou en la sorcellerie. Est-ce que le billet de Pneumatis est plus difficile à croire ou moins digne de respect dans ses affirmations? Là encore c’est une question de cohérence…

Enfin, cette histoire me donne l’occasion de confesser un regret qui dépasse la présente polémique, et qui lui est antérieur. Les métalleux sont très nombreux à intervenir en commentaire de sites anti hellfest. Et on trouve plusieurs sites cathos spécialisés sur la question, que ce soit le mien en défense du métal ou Les Yeux Ouverts ou Provoc Hellfest contre le Hellfest. Mais on ne trouve pas un tel blog spécialisé du côté des métalleux non cathos qui permettrait d’apporter un nouveau regard au dialogue et d’enrichir notre échange, de telle sorte que toutes les « factions » bénéficient d’une visibilité et d’une représentation similaire, ce qui contrinuerait à mon avis à clarifier et apaiser le débat. Il y avait en 2009 un blog « Pro Hellfest », qui malheureusement a fait long feu.

C’est d’autant plus dommage que parfois j’ai l’impression que les cathos sont finalement presqu’aussi présents côté pro hellfest que côté anti, paradoxalement, et peut-être plus parfois que les métalleux non chrétiens. On lit fréquemment des interventions du Père Culat, de Gildas Vijay Rousseau, de Pneumatis ou demoi-même, qui sommes tous cathos, et aussi de quelques métalleux non chrétiens, comme Marie ou les gens de Radio Metal. Certaines pages Facebook font aussi une veille tout à fait performante. Mais il manque l’équivalent d’Inner Light ou des Yeux Ouverts côté métalleux « laïc ».

Ce qui rend cette affaire si triste. Finalement, Pneumatis s’est bien plus cassé le c… depuis des années pour défendre le Hellfest  que la plupart des métalleux qui lui écrivent des commentaires cinglants depuis un mois et demi sur son blog. Et pourtant il se fait tomber dessus quasiment sans dialogue préalable parce qu’il a le malheur d’avoir un problème avec Therion. Etrande paradoxe, quand on sait que jeter l’anathème sur tel ou tel courant musical (le néo-métal, le BM symphonique…) ou sur tel ou tel groupe (Korn, Cradle of Filth…) est quasiment un sport national dans le petit monde du métal!

Je me permets donc de poser à ceux des métalleux qui portent un discours chargé de mépris sur le billet de Pneumatis la même question que j’adresse à longueur de billets aux anti Hellfest:

Est-il si dur d’accueillir autrui avec la même ouverture qu’on exige de lui?

Et de les renvoyer vers la lecture de mon précédent billet:

https://innerlightofblackmetal.wordpress.com/2011/08/10/dialoguer-dame-a-ame/