Archive pour white metal

[Brève] Parution du livre White Metal: Du bruit pour l’homme en croix

Posted in Actualité et perspectives du black metal, Christianisme et culture, Unblack Metal with tags , , , , , , on 22 juin 2014 by Darth Manu

 

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[Full disclosure: j’ai été interviewé l’an dernier par l’auteur du livre dont il question, qui m’a par ailleurs indiqué par mail il y a quelque jours que le présent blog y est mentionné.]

Un très rapide rapide billet, en guise de résurrection de ce blog (pure coïncidence: pendant le Hellfest, auquel je n’ai pu malheureusement assister cette année 😦   ), pour signaler la parution mercredi dernier, aux éditions du Camion Blanc, d’un livre sur le metal chrétien, signé par Esychia Pneuma (l’ésychia , si j’ai bien compris, est un mot grec qui désigne la tranquilllité intérieure, par exemple, en contexte chrétien, celle obtenue parfois par la prière, et de pneuma le souffle ou l’esprit: un pseudo qui renvoie donc , par sa sonorité étrange aux oreilles des non héllénisants, à la tradition pseudonymique, déréalisante, onirique du black metal, mais aussi, par sa signification, à la spiritualité chrétienne), qui se présente comme une ancien musicien de metal:

« In Nomine Metallus ! Le White Metal, ou Metal Chrétien est, sans aucun doute, le sous-genre de Metal le moins connu et le plus sous-estimé. Les rares personnes a en avoir entendu parler ne se rappellent que de la période « paillettes » de Stryper, et ont gardé une vision Hard FM gentillet. Cette histoire, cette aventure dont vous allez parcourir les pages, va vous emmener de surprise en surprise. Nous commencerons par les années 60 et le Jesus Movement, une bande de rockers freaks chrétiens allumés et, pas à pas, nous arriverons jusqu’à nos jours, en faisant connaissance avec des groupes de Black Metal, grindcore ou Death Metal chrétien, aussi extrêmes que leurs homologues séculiers ou satanistes. Bienvenue dans l’univers de Horde, Antestor, Crimson Moonlight, Mortification et les autres. La scène underground d’Amérique du Sud, absolument fascinante, sera également du voyage. Vous n’allez pas reconnaître le jardin d’Eden… À propos de l’auteur : Esychia Pneuma est un ancien musicien de Metal reconverti dans l’écriture. Son propos n’est pas de convertir les masses au christianisme, mais de faire découvrir un genre musical incroyablement riche et vivant, loin des feux médiatiques… de faire découvrir des artistes talentueux, ouverts d’esprit, fans de Metal autant que de spiritualité, et souvent en rupture avec les institutions religieuses traditionnelles car trop rebelles pour s’adapter. Des hommes et des femmes qui n’ont de compte à rendre qu’à Dieu lui-même. Bref, un voyage dans un underground fascinant et regorgeant de merveilles triées dans la partie « Anthologie » du présent ouvrage. » (présentation de l’éditeur).

 

Je n’ai pas encore lu ce livre, et y reviendrai sans doute beaucoup plus longuement dans un billet ultérieur. Je me réjouis cependant de lire, dans cette courte présentation, que l’auteur ne réduit pas le metal à un simple support d’une démarche d’évangélisation (ou, pire, de prosélytisme) mais qu’il aborde le metal chrétien, de manière prioritaire, en tant que musique. L’iintérêt du metal chrétien n’est pas, comme certains, chrétiens et/ou métalleux, le croient encore trop souvent, de plaquer sur tel ou tel style (rock, metal, rap, classique, boys band) un message d’inspiration chrétienne, sans égard pour les spécificité musicale de chacun d’entre eux, qui permettent l’expression de certaines émotions, de certaines idées, mais pas de toutes les émotions, de toutes les idées, mais de montrer les synergies éventuelles, les tonalités peut-être communes, de la musique metal et de la foi chrétienne, et interroger la possibilité de leur enrichissement mutuel: le christianisme peut-il être une source d’inspiration positive (pas forcément négative, par rejet ou négation), pour le compositeur de musique metal, et inversement, les univers musicaux propres à ce courant musical peuvent-ils éclairer d’une autre lumière la foi chrétienne, rendre témoignage d’une manière nouvelle des enseignements du Christ? Plusieurs groupes, plus nombreux et variés dans leur musique comme dans leurs objectifs et leurs opinions, que beaucoup ne le croient, ont répondu par l’affirmative.

L’auteur de ce livre se propose de nous faire connaitre leur production musicale, nourrie, il est vrai, par leur foi, mais également par leur amour du metal, … De même qu’il existe du metal chrétien parce que ses auteurs ont su écouter et apprécier du metal non chrétien/ satanique / païen, peut-être que des metalleux non chrétiens sauront, par ce livre, dépasser de possibles idées toutes faites sur la qualité musicale du metal chrétien (il est vrai un peu mieux connu qu’il y a quelques années) et en tirer profit, pas forcément dans le cadre d’un cheminement personnel de conversion, mais ne serait-ce que pour accroître et approfondir leur culture metallique.

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« Je peux témoigner en toute sincérité du fait que le métal, chargé du message chrétien de mes groupes favoris (…), m’a sauvé la vie, m’a sortie de la nuit » (Auteur invité)

Posted in Auteurs invités, Témoignages with tags , , , , , , , , , on 11 janvier 2013 by Darth Manu

Demon Hunter - True Defiance South America

Troisième témoignage à me parvenir depuis deux jours: celui de Luce, métalleuse et chrétienne, que je vous laisse découvrir ci-dessous…

Par ailleurs, je viens de créer une nouvelle catégorie: « témoignages », qui commence à devenir utile…

J’ai été bercée pendant mon enfance par la musique de Deep Purple et d’Aerosmith, groupes qu’écoutaient mes parents. C’est au collège que je suis devenue une fan inconditionnelle de groupes comme Linkin Park, Skillet, Within Temptation… ce qui agaçait beaucoup mon entourage parce qu’il ne comprenait pas comment je pouvais étudier correctement à l’école et faire mes devoirs avec cette « musique d’ours » comme mon père dit toujours.

A cet âge-là, je ne me posais pas la question de l’importance du témoignage de ma foi, qui a toujours été pourtant très présente, et je ne priais que pour demander des choses, souvent futiles, comme tout le monde à l’âge de l’insouciance ! Néanmoins, je ne parlais jamais de ma foi, car j’étais l’une des rares de ma classe à faire du catéchisme et je souffrais des moqueries continuelles de mes camarades. C’est difficile de témoigner de ce que nous ressentons, lorsque les athées nous perçoivent comme des gens coincés qui perdent leur temps à aller à la messe, à faire la queue pour manger un petit bout de pain sans gout tout rond qui ne représente rien pour eux, qui parlons tout seul à quelqu’un que l’on ne peut pas voir… Il fallait bien trouver quelque chose qu’ils pourraient comprendre, et je crois que le métal est la solution idéale!

Le métal a déjà un statut particulier, de pouvoir faire passer tout un déchaînement de passions que ce soit la colère, la peur, l’envie de liberté, la joie, l’amour, l’espérance… à travers des styles variés pour tous les goûts et je m’en suis rendue compte au début, seulement dans les mauvais moments de ma vie quand je me suis mise à vraiment en écouter au lycée. Le fait qu’il en existe de beaucoup de genre permet d’en faire une musique universelle, et la musique est la « langue » parlée dans tous les pays du monde. C’est le même alphabet, 7 pauvres petites notes, qui appelées Do, Ré, Mi… ou C, D, E… peuvent créer un moyen d’expression que TOUT LE MONDE peut utiliser à tout âge.

Je ne pense pas que j’imaginais à l’époque que je pourrais concilier ma passion pour la musique et la foi, non seulement pour en témoigner mais aussi pour l’exprimer, la sentir, la transmettre, la vivre… C’est un moyen de communiquer à d’autres ce que l’on a au plus profond de nous, en plus de permettre à nos âmes de s’exprimer sans difficulté, comme si elles pouvaient prendre la parole et transpercer les âmes de ceux qui l’écoute. C’est en tout cas ce que je ressens quand je chante du métal, quand j’en écoute… De plus, en participant aux discussions du groupe « Vive le métal chrétien » sur Facebook, j’ai encore plus appris de cette musique et le réseau social qui se crée autour est absolument grandiose. On est tous là pour la même raison, et la transmission de cette passion est à mon avis un devoir d’état ! (ou du moins une noble cause^^)
Je peux témoigner en toute sincérité du fait que le métal, chargé du message chrétien de mes groupes favoris tels Demon Hunter ou Oh Sleeper, m’a sauvé la vie, m’a sortie de la nuit, m’a permis de « ne pas être seule dans l’œil de la sombre tempête » comme dirait Micah Kinard.

Au passage, j’en profite d’ailleurs pour remercier Lou Tou de m’avoir fait découvrir cette facette du métal et de m’avoir transmis cette dévorante passion !

Témoignage d’un métalleux chrétien (Auteur invité)

Posted in Auteurs invités with tags , , , , , , , , , on 11 janvier 2013 by Darth Manu

Diminishing Diabolical Strongholds Vol. 1

Après Elie, c’est maintenant Lou Tou qui vient nous apporter son témoignage, et en profite pour nous présenter le groupe facebook « Vive le metal chrétien! » qu’il a créé, qui en plus d’être une communauté pour les métalleux chrétiens, met à jour régulièrement une liste des groupes de metal chrétiens en activité, par styles de musique.

J’en profite pour dire que si je me réjouis bien évidement de cette mobilisation de « cathos métalleux », cette rubrique est également ouverte à des points de vue contraires, et que si par exemple un metalleux non chrétien veut exposer de manière argumentée, comme un essai,  ou sous forme de témoignage ses réticences (ou sa colère, ou son indifférence…) à l’encontre du metal chrétien, voire du christianisme en général, il est le bienvenu. De même, la forme du témoignage et la question metal/foi ne sont que des possibilités, des analyses sur tel ou tel aspects du metal pouvant par exemple en être une autre.

J’ai découvert le hard rock quand j’était en 5ème avec Aerosmith c’est à dire à l’âge où on ne se pose pas beaucoup de questions spirituelles…Pourtant, je me rappelle que nous étions 3 à écouter du hard rock /neo metal (ce qui était pour nous le plus extrême de la musique ^^), cependant j’était choqué par l’imagerie des T-shirts de Marilyn Manson que portait un des élèves de ma classe.

J’ai continué à écouter Aerosmith et quelques groupes de néo jusqu’en fin de 3ème où j’ai fait une dépression…J’était envahi de questions entre autres spirituelles et affectives.

C’est alors que j’ai commencé à écouter d’autres groupes qui pour moi étaient encore plus extrêmes tels Apocalyptica ou System of a Down…).

Sur le moment ces groupes m’aidaient à exterioriser une rage que je ne pouvais plus contenir. Cependant dans l’esprit de l’éducation que j’avais reçu, metal rimait avec satanisme. Au point culminant de ma depression, lors d’appels au secours, je me suis donc cru « sataniste ».

Inutile de préciser que ma famille a immédiatement détruit tous les cds de metal que je possédais « pour mon bien ». Je vous raconte cela pas pour leur jeter la pierre mais pour montrer ce que les clichés peuvent engendrer .

Ma depression a duré toute l’année qui a suivi et j’ai alors découvert le metal chrétien avec le groupe de neo metal chrétien français Space in your Face. Cependant j’étais en croisade assez violente contre les groupes de metal que je considérais comme « satanistes », tels Slipknot etc..

C’est aussi durant cette année que j’ai découvert l’amour de Dieu à travers du rock chrétien (le groupe français P.U.S.H.), et differents groupes de prières… Mais plus intérieurement en m’appropriant le sacrifice du Christ à la Croix (cette folie de la Croix dont parle Paul dans ses épitres.) En me disant, « Jésus est mort pour moi, par amour, pour me sauver ».

Ma redécouverte de l’amour de Dieu s’est donc opérée en même temps que celle du metal (et cela continue chaque jour).

Mais j’ai vraiment découvert un aspect plus profond du metal en m’y jetant la tête la première ! J’ai donc passé un an à découvrir la richesse de chaque style et en référençant sur une page facebook ( « Vive le metal chretien! » note de Darth Manu ) tous les groupes chrétiens que je trouvais !

En même temps j’ai découvert que le metal non chrétien pouvait aussi être porteur d’un message profond et me rejoindre dans ma vie quotidienne.

Enfin j’ai découvert qu’une véritable fraternité rassemble les metalleux lors de concerts etc… et qu’ils vivent cette communion avec beaucoup de simplicité.

Je crois que le metal peut vraiment apporter « un supplément d’âme » comme dit le père Robert Culat. Ce qu’on expérimente dans le metal est transcendant, ce qui rapproche cette musique de la spiritualité. C’est pourquoi je vous invite tous à rentrer à fond dans la profondeur de cette musique en dépassant l’aspect « gros bruit », et à aussi à rentrer à fond dans le mystère chrétien ! L’un et l’autre vous ferons certainement grandir en humanité !

Ps: J’ai conscience du côté très brouillon de mon témoignage et m’en excuse très humblement …

Hellfest, Holyfest… et pourquoi pas les deux?

Posted in Hellfest with tags , , , , , , , , on 6 juin 2012 by Darth Manu

Pas très motivé par la nullité de la plupart des actions récentes contre le Hellfest, je me suis concentré sur d’autres sujets dans mes derniers articles (la seconde partie de ma réflexion sur la catharsis devrait être publiée d’ici lundi prochain, soit dit en passant). C’est pourquoi je n’ai parlé ni de la pétition d’Avenir de la Culture, pompée à 99% sur d’autres sites et dont les arrières-pensées politiques paraissent si douteuses que même le Collectif Provocs Hellfest Ca Suffit a déconseillé de la signer, ni de l’action en justice de l’AGRIF et de l’article récent de l’Humanité (dont les cathos anti-Hellfest se sont moqués, notamment dans Nouvelles de France) qui ont en commun de faire un amalgame simpliste entre imagerie guerrière et apologie du nazisme.

Je reprends cependant aujourd’hui la plume à propos de cette polémique, suite à un échange ce matin sur Twitter avec le collectif Culture et Foi, qui a porté à mon attention un nouvel angle d’attaque des catholiques hostiles au Hellfest: opposer ce dernier au Holyfest, festival de musique chrétienne dont la première édition est prévue le 30 juin et le 1er juillet prochains à Arradon, dans le Morbihan. Par exemple:

 » Vous êtes « Holyfest » ou « Hellfest » ?
 Anne Kerjean , le 21 avril 2012 à 18:20 
Lu sur le site du Holyfest : 
HolyFest est un festival jeune de musique chrétienne ouvert à tous,
qui se déroulera du 30 juin au 1 juillet 2012. À l’initiative, un groupe
de jeunes du diocèse de Vannes qui, épaulés par leur évêque, a voulu
répondre à l’appel de Benoît XVI à l’évangélisation. Comme têtes d’affiches cette année, Glorious et LZ7 vont faire vibrer
le campus du Vincin, où se déroule l’événement ! En plus de ces deux
groupes, 2 artistes tenus secrets pour le moment complèteront la fête !
Et le côté spirituel ne sera pas mis de côté pour autant : rencontres,
débats, messe, adoration, etc. seront organisés pendant toute la durée
du festival. Des intervenants de qualité, des artistes qui déchirent, du
matériel de pro, une ambiance de dingue et même un DJ en live à minuit,
rien n’est mis de côté.

« Je ne suis pas fan, mais l’idée est bonne… » (a.k) » (Chrétienté-info)

 Côté défenseurs du Hellfest, certains se sont également emballés:

 » HolyFest, pour concurrencer le Hellfest… navrant….

Après Christine Boutin, après les messes en parallèle au Hellfest pour empêcher Satan de revenir sur Terre, voici le HolyFest !

T’es jeune ? t’es catho ? tu aimes le rock chrétien ? tu aimes faire des randonnées à genoux ? Saint Jacques est un objectif pour toi ? Alors le Holy Fest est pour toi !!! Et c’est dans le Morbihan…. “À l’initiative, un groupe de jeunes du diocèse de Vannes qui, épaulés par leur évêque, a voulu répondre à l’appel de Benoît XVI à l’évangélisation.” »(Nantes Secteur Ouest)

 Autant dire que cette façon de mettre en concurrence ces deux festivals m’ENERVE profondément. Voici pourquoi:

1) Le nom ne dit pas tout: 

Ce n’est pas parce qu’un festival s’appelle  « Hellfest » qu’il vise à choquer les chrétiens. D’une part, « Hell » a des connotations plus étendues, eet pour certaines plus neutres, que le seul Enfer chrétien. D’autre part, on peut y voir de manière beaucoup plus plausible un simple clin d’oeil potache à la réputation « sulfureuse » du rock puis du metal.

Et inversement, ce n’est pas parce que le nom « Holyfest » évoque le Hellfest que la visée des organisateurs est nécessairement de créer une réponse chrétienne à ce dernier. Au contraire, ils s’en défendent explicitement sur leur page facebook:

 » Julien Hl: un site anti hellfest (provocs hellfest, ça suffit pour le citer) fait la promo du holyfest. question : adhérez vous aux propos tenu par ce genre de site, ainsi qu’à leurs demandes de censures par pétition?
2 juin, 11:22 · J’aime

HolyFest: HolyFest n’est pas le porte parole d’une cause ou d’un mouvement, nous ne sommes pas un lobby ou un groupe de pression nous n’avons donc pas à prendre position. Notre seul souhait est de proposer un festival de musiques chrétiennes actuelles de qualité. Nous nous construisons en proposition et non en adhésion ou en opposition.
dimanche, à 19:04 · J’aime

Julien Hl: genre quelques soient ceux qui vous font de la pub faut pas cracher dans la soupe…… -_-‘
Hier, à 13:51 · J’aime

HolyFest: Le site Provocs HellFest a publié de son plein gré un article sur notre festival. Cela ne signifie en rien que le festival s’inscrit dans la lignée des critiques faites par ce site sur le HellFest. Aucun rapprochement, comparaison ou opposition ne doivent être effectués.
il y a 21 heures · » (page facebook du Holyfest).

 Sans doute les catholiques si prompts à la « riposte » seraient bien inspirés de vérifier leurs sources avec la même rigueur et la même honnêteté qu’ils demandent aux médias, dès lors qu’il s’agit de l’Eglise, et auraient pu par exemple tout simplement demander aux organisateurs du Holyfest de préciser leurs intentions, au lieu de les faire séance tenante les porte-étendarts d’une croisade qui n’est pas nécessairement la leur.

2) Comparer ce qui est comparable: 

Faire connaitre une initiative telle que le Holyfest, qui vise à réconcilier culture contemporaine et foi chrétienne, cela me parait excellent. Par contre, en profiter pour faire des comparaisons irréfléchies et partisanes ne peut selon moi que fausser l’image de ce festival auprès de l’un de ses coeurs de cibles: les jeunes qui aiment la musique, sont intéressés par le christianisme mais hésitent à faire le premier pas, et risquer de les e détourner:

– les finalités respectives du Hellfest et du Holyfest ne sont clairement pas les mêmes: le Holyfest a un objectif d’évangélisation, et n’invite que des groupes chrétiens. Le Hellfest se veut purement à visées musicales, et non seulement ne se limite pas aux groupes « christianophobes », mais invite également ceux qui pronent la tolérance et le dialogue avec les religions (Orphaned Land l’an dernier), mais également, et depuis plusieurs années, des groupes chrétiens, comme je le montrais dans un article précédent.

– Leur rayonnement culturel est sans rapport: le Holyfest accueille trois groupes, le Hellfest trois fois cinquante groupes. Le premier invite des groupes respectables, qui arrivent à créer une bonne ambiance delouange et de prière lors des rassemblements chrétiens du genre FRAT ou JMJ, comme Glorious. Le second accueille des groupes qui ont tourné des pages essentielles de l’histoire du rock et de ses dérivés, ainsi Ozzy osbourne, Lynyrd Skynyrd, Judas Priest, Scorpions, Slayer, … J’aime bien Glorious, j’ai assisté récemment à un de ses concerts à Cergy avec mon groupe d’aumônerie, dont j’ai gardé un bon souvenir. Maisen terme de virtusosité technique et d’innovation musicale, il semble très en dessous de beaucoup de groupes conviés au Hellfest. Opposer le Holyfest au Hellfest ne peut qu’être défavorable au premier, ne serait-ce que du fait de la différence de moyens et de niveau musical, et donner l’impression que pour les catholiques, la musique n’est que le prétexte à une forme d’entrisme idéologique et n’est jugée que sur ses seuls paroles, sans recherche de profondeur musicale ou de créativité artistique. Faire de l’art un prétexte, ce n’est pas le but du Holyfest, mais l’utilisation polémique qui en est faite par certains lui en donne l’apparence, et sape ses efforts d’évangélisation…

-Les registres musicaux ne sont pas les mêmes: si le Holyfest était un festival de metal chrétien, on pourrait encore discuter, mais il se focalise surtout pour l’instant sur la pop- louange, qui n’a pas grand chose à voir musicalement avec le metal. Opposer le Holyfest au Hellfest, c’est donner l’impression qu’une sensibilité religieuse chrétienne, tournée vers des musiques plus sucrées, s’opposerait à une sensibilité musicale plus virile, intrinsèquement anti chrétienne, ce qui est une caricature et du débat autour du Hellfest, et du christianisme, dont la plupart des anti-hellfest se sont toujours défendus, et qui ne peut qu’aller contre une perception plus favorable de notre foi dans la culture contemporaine.

3) Ne pas privilégier les oppositions artificielles au détriment des passerelles:

Cette opposition théorique entre les deux festivals semble présupposer que l’on doit choisir entre les deux. Mais plusieurs métalleux qui participent au Hellfest se sont montrés très tôt intéressés par le Holyfest, comme la page facebook de ce dernier en témoigne:

 » Julien H: moi je vais au hellfest, et j’ai envie de vous dire bravo! enfin une forme de contestation intelligente! au lieu de critiquer bêtement vous faites votre propre festival avec votre musique, très bien ça ^_^ on va finir par s’entendre 😉
2 février, 12:18 · J’aime · 15

Lou Tou: Moi j’aimerai faire les 2 HellFest et HolyFest !!!! On peut être catho et metalleux !!!
6 février, 15:49 · J’aime · 4

Julien H: bon après selon la tenue pour le hellfest (on a parfois du très très lourd) éviter de mettre la même pour le holyfest….. ou alors le holyfest avec un t-shirt hellfest et inversement…juste pour le fun :p
6 février, 20:47 · J’aime · 2

Maxime P: Exactement on peut être catho et métalleux (je le suis mêm si je suis plus hard rock style guns n’ roses) Et il ne faut pas faire l’amalgame des contestations de certains intégristes avec l’Eglise !!
6 février, 22:57 · J’aime · 1

Lou T: Pour ceux que sa interesse j’ai fondé un groupe facebook sur le metal chrétien (ouvert à tous chrétien ou non) https://www.facebook.com/groups/112597992121331/
Vive le métal chrétien!!!!!
Parce que le métal chrétien est une exellente manière pour les chrétiens amateur…
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7 février, 12:40 · J’aime · 2

Émeline L: trop envie d’y aller!!!
8 février, 18:54 · J’aime · 1

Kévin K: Je trouve complètement idiot de considérer ce genre de festival comme étant une sorte de réponse au Hellfest. D’après ce que j’ai pu voir, le Holyfest affiche clairement sa volonté de proposer des groupes/artistes à vocation Chrétienne (mêm…
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10 février, 18:01 · J’aime

HolyFest: Notre festival ne s’oppose à rien ni personne : nous proposons juste notre musique !
11 février, 10:28 · J’aime · 1 » (page facebook du Holyfest).

 Le Holyfest est une passerelle possible avec la musique populaire. L’opposer d’emblée à l’un des festivals les plus importants de celle-ci, c’est en faire un repoussoir pour ceux-là mêmes qu’il souhaite amener à porter un regard plus favorable sur le christianisme.

 Surtout, il est remarquable de constater l’évolution comparée des métalleux envers le christianisme, et des catholiques envers le metal. Il fut un temps où les groupes de metal chrétiens étaient ostracisés sur certaines scènes metal: en témoignent par exemple les déboires d’Antestor avec le label Cacophonous Records, ou encore l’annulation par Enslaved, plus récemment, d’un concert prévu avec le groupe Slechtvalk sous la pression de certains fans. Et pourtant, ils sont de nos jours de mieux en mieux acceptés et intégrés au sein du metal mainstream. Certains sont invités au Hellfest… Et rien que pour cette année, il me vient spontanément en tête plusieurs chroniques très positives d’albums de groupes ouvertement chrétiens sur des sites importants de metal mainstream: ainsi concernant Betraying The Martyrs (deathcore), Theocracy (power metal) ou encore A Hill To Die Upon (death/black metal).

Alors que comme en témoignent cette polémique, et les nombreuses initiatives lancées cette année contre le Hellfest, de nombreux catholiques choissement la crispation et la confrontation plutôt que de profiter de ces ouvertures, et préfèrent concevoir la culture comme un champ de bataille plutôt que comme le lieu d’un dialogue, à rebours de cette belle initiative que le Holyfest demeure, se définir en opposition à une culture non chrétienne plutôt qu’en proposition d’une culture chrétienne…

Il ne fait pas de doute que face à la déchristianisation de notre société, il est primordial de dialoguer avec nos contemporains et de les informer, afin qu’ils aient une vision plus  exacte et juste du christianisme et de l’Eglise. Il ressort pourtant de ce billet, et notamment du fait que beaucoup de metalleux semble de mieux en mieux disposés envers le christianisme qu’il y a quelques années, en sens inverse notre propre évolution par rapport à la culure contemporaine,  qu’en nous mettant à leur écoute, nous avons égelement beaucoup à gagner en terme d’enseignements et de remises en questions.

En attendant, je souhaite une édition plein de succès, et sans incidents, aussi bien au Hellfest (où je serai présent sur toute sa durée dans une dizaine de jours) qu’au Holyfest (auquel je ne pourrai malheureusement pas assister cette année)!!! 🙂

Pour un accueil nuancé du black metal chrétien

Posted in Unblack Metal with tags , , , , , , , , , , on 8 février 2011 by Darth Manu

L’existence du black metal chrétien commence à être bien connue de tous, mais son essort semble freiné par les stéréotypes qui circulent à son sujet, y compris parfois chez les métalleux chrétiens.

Nous pouvons ainsi lire dans L’Age du Metal de Robert Culat:

« On peut considérer le black metal comme une inversion des valeurs religieuses du christianisme. Le white metal pratique alors comme une inversion de l’inversion! A la haine que les blackeux ont pour la religion il oppose un zèle chrétien allant jusu’au prosélytisme. […] On l’aura compris le white metal n’est pas tant un style musical qu’une idéologie utilisant les différents genres de metal: black, death et thrash principalement. C’est ainsi qu’on aboutit au paradoxe lexical suivant: tel groupe de white metal joue du black metal » (p. 292).

« […] les membres de groupes de white metal se sentent investis d’une mission divine auprès de ceux qui sont « perdus ».  La musique n’est qu’un instrument de la prédication et de la catéchèse. Reste une question essentielle: est-ce que les brebis perdues écoutent du white metal?Etant donné le caractère extrêmmement minoritaire de ce courant à l’intérieur du metal on peut en douter… « (p. 294 et 295).

Ce qui nous donne un excellent résumé par un catholique métalleux des préjugé des black metalleux à l’égard du unblack metal

Qu’en est-il dans les faits?

Il est vrai que si l’on considère les paroles du groupe qui a donné son nom au unblack metal, Horde, on constate en effet qu’elles appliquent au satanisme le traitement ordinairement infligé au christianisme par les groupes de black metal. Il n’y a qu’à lire les titres de l’album Hellig Usvart:

« 1. A Church Bell Tolls Amidst the Frozen Nordic Winds    
2. Blasphemous Abomination of the Satanic Pentagram    
3. Behold, the Rising of the Scarlet Moon    
4. Thine Hour Hast Come    
5. Release and Clothe the Virgin Sacrifice    
6. Drink From the Chalice of Blood    
7. Silence the Blasphemous Chanting    
8. Invert the Inverted Cross    
9. An Abandoned Grave Bathes Softly in the Falling Moonlight    
10. Crush the Bloodied Horns of the Goat    
11. Weak, Feeble, Dying, Antichrist    
12. The Day of Total Armageddon Holocaust »    (Source Encyclopaedia Metallum).    

L’unique membre du groupe se sent-il pour autant « investi d’une mission divine« , fait-il preuve d’un « zèle chrétien allant jusqu’au prosélytisme« ? Lui-même s’en défend:

« Erasmus: There seems to be a great deal of confusion surrounding ‘Hellig Usvart’ and its original intention. Some are saying that Hellig Usvart was never intended to be a sincere release, but is rather a parody which pokes fun at the black metal scene. Care to shed some light on the subject? Did you ever intend to mock black metal?

Anonymous: Within the black metal scene, watching all the way across the world, all I could see was a bleak, dark, hopeless, lifeless and negative void. All I wanted to do was to shine a light into that darkness. Give an alternative that was comparable in sound to the scene I was trying to infiltrate, to provide some hope, some light. That was all. No mockery, no parody, no jokes. I would never mock any style of music, nor would I mock the musicians themselves. I have great respect for them. The music of Immortal, Emperor, Dimmu Borgir, Satyricon, etc. is incredible, masterful. One can still show respect, while disagreeing with certain lyrical content. « (Interview par Son of Man Records).

Si on ne peut certes pas totalement nier qu' »Anonymous » évoque une forme de mission divine, on voit que celle-ci s’exprime dans le respect du black metal et des black metalleux. Il ne s’agit pas d’inverser la haine que certains black metalleux vouent au christianisme, encore moins de faire du prosélytisme, d’autant plus que Horde n’a sorti qu’un unique album. J’y vois plutôt une sorte de clin d’oeil aux groupes de black metal norvégien du début des années 1990, si prompts à se prendre au sérieux.

Si le succès de Hellig Usvart a suscité plusieurs imitations (cf. Poems of shadow par exemple), la façon dont les divers groupes d’unblack metal choisissent d’assumer leur identité chrétienne est plus nuancée qu’on ne le dit.

A côté des groupes retournant les clichés du satanisme contre lui-même, on trouve de nombreux exemples d’une expression plus subtile et moins ostentatoire de cette dernière. Ainsi, dès les années 1990, des groupes tels que Crimson moonlight, Antestor ou Vaakevandring orientent leurs paroles vers des thématiques plus spirituelles, telles que l’angoisse, l’espérance, la prière, et l’expression symbolique de leur cheminement intérieur personnel.

« I see the lyrical writing as truly important and we want to be as honest and relevant as possible in our writing. I think it´s sad that so many extreme bands are writing about destructive things that I don´t stand for, like murder, violence, gore and killing Christians & it´s hard for me to take those bands seriously, but some bands really have something honest or important to say (Christian or not) and then it gives the music more respect! Almost all our lyrics are first made in Swedish and then translated to English. Because it´s a lot better to express feelings and experiences in the language we speak. All lyrics are kind of « real life experiences » explained in a poetic way. Myself (pilgrim) and Gustav have written all of them. Since my wife left me a couple of weeks before we released Covenant Progress 2003 I have been struggle a lot in the Shadow of Death. The lyrics that I have written is therefore a progress in my life from, (in order)My Grief, My Remembrance, The Cold Grip of Terror, Intimations of Everlasting Constancy to more recent things described in Embraced by the beauty of Cold and Illusion was true beauty. In all this confusion, dark grief and pain I have seen that our Lord Christ is the One he proclaim. He is the light that never fades away and His love is greater than all pain in the world. I know it´s true. So the lyrics also point on a light and a hope in God. Gustav´s lyrics is also personal experiences. His poetry goes quite deep and it´s a lot of reflections of life and faith from his own life, written in a very philosophical way » (interview de Pilgrim de Crimson Moonlight par Harm Magazine).

En ce sens, si de tels groupes expriment explicitement leur engagement chrétien dans les paroles de leurs morceaux, il s’agit moins de prosélytisme ou d’idéologie que de témoigner de leur foi, dans ce qu’elle leur a apporté de positif, mais également dans les difficultés et les moments de doûtes qui sont autant d’épreuves pour elle.

Ainsi le morceau Betrayed d’Antestor, loin de se réduire à une forme de propagande chrétienne, exprime de manière poignante les tentations du désespoir, du repli sur soi et du suicide, face à l’absence apparente de Dieu:

« BetrayedI am in pain
I am… the cursed one

Life is not what it was meant to be
What I didn’t ask for has now turned my way
Somewhere in a garden it all turned wrong
Things I once believed in have now turned evil

Yet I pray, « Deliver me from evil »
But another spell pulled me away

Will suicide break the ring of curse
Tomorrow I’ll be gone, so don’t look for me

I am lying on my death-bed, with chaos in my mind
My life took more than it gave
Betrayed and deceived I will now pass away
And with the gun in my hand, my questions
Are soon to be answered

Will suicide break the ring of curse…

Satan and god, the thought passes my mind
Heaven and hell, it’s not up to me
If the Christians that I’ve seen
Represent the true God of heaven
Then it’s not a place that I want to be
But if I’m blinded, please open my eyes
And help my now…

Will suicide break the ring of curse
Tomorrow I’ll be gone, then you’ll be all alone » (
source: Dark Lyrics).

Non seulement ces groupes ne vivent pas leur identité chrétienne comme une opposition ou un renversement de ce qu’est le black metal, mais ils rejettent souvent les appelations « unblack metal » et « white metal » . Certains groupes, comme Antestor  ou Shadow of Paragon par exemple, choisissent de nommer leur musique d’une manière qui la détache de toute polémique de nature religieuse, ni « white » ni « black« , en la baptisant d’un nom plus neutre, ainsi « sorrow metal » ou « extreme metal » respectivement pour nos deux exemples.

« We don’t even call our music black metal even. We call it Atmospheric Sorrow Metal. Because that’s more neutral. Then people wouldn’t say, « oh, you play black metal, you are Satanists ». There really is a sorrow sound, sad sound, in our music. And it’s kinda cold, winterly, Nordic in a way » (interview d’Antestor par Art of the Ears Webzine).

« We described our music as black metal for some time, since that is what we do sound like. But since many people do not refer black metal to the specific musical details rather than the ideological and religious values, we had to go around the problem and call it something else. We do have a mix of black and death influenses in our sound, but to be honest, “Extreme Metal” sounds more like what we really play theese days. To call ourselves un-black feels stupid since we are not against black metal or the black metal bands, we simply dont agree about much of what other secular bands are singing about. A situation that is certainly found in any genre between different bands and the normal thing is to just let it go. Agree to disagree 😉  » (interview de Shadow of Paragon par Lord of Metal).

D’autres groupes, comme Crimson Moonlight , revendiquent leur appartenance pure et simple au black metal tout court, qu’ils ne conçoivent alors pas comme une idéologie mais comme un courant musical neutre en lui-même, susceptible d’exprimer des thèmes satanistes aussi bien que des thèmes chrétiens:

 « We believe that all kinds of music are now neutral. I mean, a music genre cannot be “evil” itself. It all depends on the purpose: why you’re doing it and what the lyrics are about. I will use an illustration to explain: a knife in the hands of a murderer can kill life, but a knife in the hands of a doctor can save life. Now is the knife evil itself? No, it depends on how you use it. The power is in our hands to decide what we want to use music for. I know that many black metal fans react badly when we use the words “black metal” to describe our music, and we are sorry if we make people upset for that. But for us, BM is a musical genre. Listen to Veil of Remembrance and tell me what kind of music it is. I know that all BM from the beginning was all satanic and occult metal bands. But today even the secular scene says something else, because there are a lot of bands with satanic and occult lyrics (Deicide, Morbid Angel, God Among Insects) who are not called “black metal” and why is that? BM has grown and changed. We also believe that God created all tones and forms of harmonies and even styles of music. Humankind can use these gifts in different ways and styles » (Interview de Crimson Moonlight par Ultimate Metal).

Enfin, certains groupes qui sont généralement considérés comme des groupes d’unblack metal, parce que leurs membres ne cachent pas leur foi chrétienne, mais qui n’expriment pas celle-ci de manière explicite dans leurs morceaux, refusent parfois que leur musique soit désignée comme du « black metal chrétien », parce qu’ils estiment que leur discours touche à des vérités et des expériences plus larges et plus communément partagées que le christianisme au sens strict, ou que leur foi est de l’ordre de leur vie privé.

Je prendrai deux exemples:

Le groupe de viking metal Slechtvalk, dont les membres sont chrétiens mais estiment que leur foi ne regarde qu’eux:

« We regret to inform you that our show with Enslaved, which was supposed to take place on 20th of October in ‘De Kade’, Zaandam, has been cancelled. The reason for the cancellation was that, after some mails from certain narrow-minded individuals, the management of Enslaved got the impression that Slechtvalk is some kind of evangelizing metal band in veins of Stryper. According to the management, Enslaved does not to play with religious or political motivated bands. […] when Slechtvalk plays live, we just want to enjoy ourselves and give people a good show to look at and good music to listen to. All bands we’ve played with can tell you that we’ve kept our own views to ourselves, unless we were asked to share them and always showed respect if they disagreed and just drank a beer together and enjoyed good music » (Communiqué officiel du groupe Slechtvalk).

Slechtvalk exprime encore plus nettement son refus de lire dans les paroles de ses chansons et les thématiques de ses morceaux une tentative d’évangélisation ou de prédication dans une interview par le site metal message.

Le groupe Lo Ruhamah, qui est souvent classé parmi les groupes chrétiens mais dont les membres préfèrent laisser leurs convictions réelles dans le flou:

« Without being too long-winded on the matter, we still often comfortably utilize Christian symbols and imagery when conveying communion with the divine, but we do not exclusively adhere to any particular conception nor seek to propagate the views that often accompany them. As such, we are not comfortable being grouped with the general aims of ‘Christian metal’ as a means to further any particular religious convictions. I say this not to skirt the issue or to try to be intentionally abstruse to avoid some obvious connections we have to those beliefs, but rather to clarify our intentions. In the end we simply want to use the music as a catharsis; a means to exorcise and articulate our most profound spiritual experiences, but the band as a collective entity isn’t pushing the agenda of any specific religious group » (Interview par Teeth of the divine).

On voit donc que le cliché du groupe de black metal chrétien pour qui la musique n’est qu’un instrument de propagande et d’infiltration du milieu du metal extrême, qui n’a pas d’attachement ou d’intérêt sincères pour le genre BM ou pour la création artistique mais qui cherche à récupérer sa relative popularité, ne correspond pas à la démarche réelle de la plupart des groupes d’unblack metal importants. Bien au contraire, ceux-ci sont non seulement souvent conscients de ce risque, mais font tout pour ne pas réduire leur musique à de l’idéologie. Ils cherchent réellement à forger un discours qui ne s’enferme ni dans une posture simpliste de « riposte chrétienne », ni dans une prédication désincarnée et dissociée de la spécificité musicale du genre à l’image de ce qui est parfois reproché à des groupes de metal chrétien plus mainstream comme Stryper ou Mortification, mais qui centre leur effort de création artistique sur la musique et la manière dont elle exprime leur intériorité et leur expérience personnelle, sans le réduire à une doctrine arbitrairement plaquée sur des compositions qui exprimeraient le contraire de son contenu dans leur musicalité . L’enjeu du black metal chrétien n’est pas de soumettre un courant musical à une nouvelle idéologie, mais au contraire de le délivrer de celle qui l’accompagne depuis sa naissance et à laquelle il est généralement associé, en montrant qu’il est assez riche pour exprimer également des idées et des expériences intéressantes pour le point de vue contraire.

Au terme de ce billet, je pense donc que l’intérêt principal de l’unblack metal est de permettre la rupture du black metal d’avec ses racines idéologiques, pour trouver la reconnaissance qu’il mérite en tant que genre musical à part entière…