Archive pour prière

Metal et bible (Auteur Invité)

Posted in Auteurs invités with tags , , , , , , , , , on 10 janvier 2013 by Darth Manu

On entend souvent tant des metalleux que des chrétiens s’étonner, parfois en termes très vifs, de l’existence d’un « metal chrétien », et a fortiori d’un black metal chrétien. Le metal est une musique souvent violente, et la foi chrétienne un appel constant à la paix et à l’amour: ne s’agit-il pas de plaquer sur elle une esthétique qui lui est inconciliable? Elie, catholique, metalleux, témoigne de sa méditation personnelle sur cette question, nourrie par son expérience musicale, mais également par une vie de prière quotidienne et par l’année de discernement spirituel qu’il a vécue à la maison Saint François de Sales de Paray le Monial, lorsqu’il s’interrogeait sur l’éventualité d’une vocation de prêtre.

Mon pilier biblique fondateur, pour expliquer comment le métal extrême, dans sa violence, est compatible avec la foi, et peut même être une prière : le psaume 88(87).

Seigneur, mon Dieu et mon salut, dans cette nuit où je crie en ta présence, que ma prière parvienne jusqu’à toi, ouvre l’oreille à ma plainte.
Car mon âme est rassasiée de malheur, ma vie est au bord de l’abîme ;
on me voit déjà descendre à la fosse, je suis comme un homme fini.
Ma place est parmi les morts, avec ceux que l’on a tués, enterrés, ceux dont tu n’as plus souvenir, qui sont exclus, et loin de ta main.
Tu m’as mis au plus profond de la fosse, en des lieux engloutis, ténébreux ;
le poids de ta colère m’écrase, tu déverses tes flots contre moi.
Tu éloignes de moi mes amis, tu m’as rendu abominable pour eux ; enfermé, je n’ai pas d’issue :
à force de souffrir, mes yeux s’éteignent. Je t’appelle, Seigneur, tout le jour, je tends les mains vers toi :
fais-tu des miracles pour les morts ? Leur ombre se dresse-t-elle pour t’acclamer ?
Qui parlera de ton amour dans la tombe, de ta fidélité au royaume de la mort ?
Connaît-on dans les ténèbres tes miracles, et ta justice, au pays de l’oubli ?
Moi, je crie vers toi, Seigneur ; dès le matin, ma prière te cherche :
pourquoi me rejeter, Seigneur, pourquoi me cacher ta face ?
Malheureux, frappé à mort depuis l’enfance, je n’en peux plus d’endurer tes fléaux ;
sur moi, ont déferlé tes orages : tes effrois m’ont réduit au silence.
Ils me cernent comme l’eau tout le jour, ensemble ils se referment sur moi.
Tu éloignes de moi amis et familiers ; ma compagne, c’est la ténèbre.

Pas un mot de confiance, pas une dose d’espoir, ni même d’espérance ; juste un coeur lourd et en peine qui crie, hurle, vers Dieu. Le psalmiste n’hésite même pas à rendre Dieu responsable de ses souffrances. N’en déplaise à ceux qui pensent qu’être croyant, c’est être un bon toutou à son maître ; nous pouvons agresser Dieu par rage et colère, et c’est pas pour autant que les flammes de l’Enfer nous dévorerons dans d’atroces souffrances.

J’entends de la part de certains chrétiens : « Dieu est Amour, Tendresse et Pitié, nul violence ne vient de Dieu« . C’est pas faux, mais la Passion du Christ, n’est-il pas un message salvateur d’une rare violence? (Si vous trouver que se faire flageller presque à mort et se faire crucifié à coup de clou c’est pas très violent, je vous conseille de trouver un bon psy ^^.)
Alors, oui, tout les chrétiens ne sont pas fait pour prier sur du gros black/death, ni sur du dark/doom ni même du post-métal. C’est normal. Pour ceux qui ne comprendrais pas cette normalité, je laisserais Saint Paul nous l’expliquer : « Car, tout comme un seul corps nous avons nombre de membres et que les membres n’ont pas tous la même fonction, pareillement, malgré notre nombre, nous ne sommes qu’un seul corps dans le Christ, alors qu’individuellement nous sommes membres les uns des autres » (1 Rom. 12;4-5).

A tout ceux qui n’osent pas aller à Dieu, parce qu’Il n’existe pas, parce que c’est l’ « enculé » qui est responsable de ma vie de merde, de la mort de mes proches, ou toute autre bonne raison de Lui en vouloir… je vous laisse une parole qui date de presque 2000 ans, et qui m’a permis de sauter le pas, et de découvrir quelque chose qui me dépasse, qui m’habite en profondeur, tout en me laissant être moi-même : «Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » (Mt 11;28-30). Et causez-lui bordel !!! Au pire, Il n’existe pas, et comme moi, vous vivrez plus léger, plus vivant, et vous n’aurez rien perdu. Au mieux… je vous laisse découvrir…

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Petit interlude retraite

Posted in Interludes with tags , , , , , on 29 juillet 2012 by Darth Manu

                                                                             Coram Deo - Evangelion

Je vais me tenir éloigné de ce blog, et plus généralement d’internet, quelques jours, le temps de vivre un temps de retraite.

Qu’est-ce qu’une retraite? On peut défnir cette activité comme un temps de désert, au cours duquel le chrétien va prendre ses distances avec sa vie quotidienne, ses loisirs, son métier, ses distractions et ses soucis, ses proches, ses habitudes, pour se consacrer entièrement à la rencontre avec Dieu.

Concrètement, chaque jour d’une retraite alterne entre temps d’enseignement et temps de prière individuels (oraison à partir de passages de la Bible par exmple…) et communautaires (Eucharistie, offices des heures…). Elle se vit en communauté avec le groupe de retraitants, au sein d’un centre spirituel, d’une abbaye, d’un foyer de charité… Elle est l’occasion également de vivre le sacrement de réconciliation… Elle se vit en silence.

Un tel programme peut paraitre bien austère à ceux qui n’en n’ont pas fait l’expérience, ou il y a longtemps. Et il est vrai que pour ma part, je mets en général deux ou trois jours à complètement rentrer dans l’esprit de la retraite et à m’y sentir bien. C’est cependant un temps qui me transforme généralement bien plus en profondeur que les moments spirituels de ma vie “ordinaire”, et dont les fruits se font sentir tout au long de de l’année qui suit.

Je me suis posé pour principe il y a quelques années de vivre un temps de retraite chaque été. L’an dernier, j’ai dérogé à ce principe, en susbstituant la participation des JMJ à la mise en oeuvre de cette résolution. Ce qui fait que ma dernière retraite remonte à il y a deux ans.

Voici deux billets qu’elle m’a inspirés sur mon ancien blog, qui j’espère témoigneront des fruits que ces temps de désert ont apporté dans ma vie spirituelle et personnelle:

Le premier est intitulé “Redonner le gôut de la prière…” et a été publié le mercredi 24 novembre 2010:

““Et si la prière est si peu une réalité pour les jeunes catholiques pris dans leur ensemble, n’est-ce pas d’abord et surtout parce que les plus fervents d’entre eux ne savent pas donner le goût, le sens et l’importance de cette prière ? »

Cette question, posée par Edmond Prochain dans son blog, me travaille depuis hier.

Bon, comme je l’ai déjà exposé dans un billet précédent, l’habitude de prier ne m’est pas vraiment venue naturellement, et si j’arrive maintenant à y consacrer au moins deux temps par jour, ça n’a pas été sans rencontrer quelques difficultés.

Je pense que l’examen de ces dernières pourrait être utile pour faire sentir à ceux qui n’arrivent pas à prier ou qui n’en voient pas l’intérêt combien cette habitude à prendre est vitale pour l’équilibre de toute vie spirituelle.

Après avoir un peu tout plaqué de mon éducation catholique au sortir de l’adolescence, je suis revenu très progressivement à la Foi, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire sur ce blog. Et cette Foi qui grandissait en moi a longtemps été très intellectuelle, très abstraite.

Dieu a longtemps été un élément parmi d’autre de ma philosophie personnelle de l’existence. J’avais besoin de croire en lui pour justifer un certain nombre d’espoirs et d’opinions,  mais je concevais davantage ma foi comme une idée régulatrice que comme une relation personnelle.

Autant dire que prier était pour moi une perte de temps, comparé à la lecture de tel ou tel ouvrage de philo ou de théologie qui me permettrait, pensais-je, de rentrer davantage dans la compréhension de son mystère.

A force de lire des ouvrages d’auteurs chrétiens, catholiques ou autres, j’ai quand même fini par remarquer l’importance donnée par ceux-ci à cette relation personnelle, vécue dans la prière et lavie sacramentelle.

Un certain nombre de difficultés personnelles m’ont par ailleurs motivé pour revenir à la messe du dimanche dans un premier temps, pour prendre l’initiative de me confesser dans un second temps.

A partir du moment où j’ai commencé à prendre le rythme de la vie en paroisse, j’ai rapidement intégré un groupe de jeunes pros, participé à quelques préparations de messes, fait partie pour un temps assez court d’un groupe de partage d’évangile.

Pour la fréquentation des sacrements, j’étais donc en progrès considérable. Cette pratique, couplée aux échanges avec d’autres chrétiens pratiquants au sein du groupe jeunes pros, m’a aidé à appréhender Dieu comme une personne et non plus comme une superstructure idéologique de mon propre désir.

J’ai donc progressé très grandement en quelques années, tant dans le sérieux et la sincérité de mon engagement de catholique que dans la compréhension de l’enseignement de l’Eglise, qui ne m’est plus apparu comme une doctrine dont je devais apprendre toutes les subtilités dialectiques ou autres, mais comme une pratique vivante que j’approfondissais dans la vie liturgique et la fréquentation d’autres chrétiens. Je comprenais que, si la fréquentation des théologiens et des philosophes chrétiens est excellente en soi, elle ne mène à aucune compréhension de l’intérieur sans un minimum de relation personnelle à ce qui est quand même l’essentiel: Dieu.

Cela dit, la prière en solitaire restait un gros blocage. Quand le thème tombait lors des rencontres de mon groupe jeunes pros, ou quand mon confesseur abordait le sujet, ma réponse était: « Euh… ».

Je pense que ma difficulté principale résidait dans mon incapacité à percevoir les bénéfices concrets de la prière. J’avais l’expérience de certains effets de la Grâce dans des célébrations eucharistiques, ou au cours de confessions, ou dans des circonstances très précises et assez exceptionnelles de ma vie, dans des cadres très précis… Mais la prière, c’était un peu pour moi comme donner des coups d’épée dans l’eau… Pour moi, Dieu n’y répondait que dans des circonstances très particulières, ou alors à des personnes très très saintes, et de toute manière il savait avant nous ce qui se passait dans notre tête, alors je ne voyais pas l’intérêt de lui dire. Et également, j’étais un peu mal à l’aise devant l’importance que lui donnaient certaines personnes très dévotes, qui me paraissait un peu de la superstition…

La première retraite que j’ai effectuée dans le cadre de mon groupe jeunes pros, que mon aumônier a mise à profit pour nous expliquer les grands principes de l’oraison, a été pour moi une révélation dans tous les sens du terme.

Elle m’a permis de comprendre que prier n’était pas juste parler à Dieu dans l’espoir d’une réponse, mais lui consacrer du temps, pour mieux se laisser transformer de l’intérieur par l’Esprit Saint.

Jusqu’ici, je concevais la prière comme une activité qui restait à la surface de mon intériorité, où j’exposais celle-ci sans qu’elle change pour autant à quelqu’un qui la connaissait déjà.  Vu comme ça, ce n’est pas très motivant.

Pour moi, prier, c’était parler à Dieu, soit de ce qui me passait par la tête, soit (pire) en récitant des textes appris par coeur, pendant un temps indéterminé et de façon un peu désordonnée ou sentimentale…

Ce que cette retraite m’a appris, c’est que la prière peut être méthodique, et qu’elle n’est pas toute entière dans le dialogue explicite, même s’il est essentiel d’y consacrer quelques minutes en début et en fin d’oraison, mais qu’elle est un temps fixe que je consacre à Dieu, auquel je me tiens (pas plus, pas moins), et au cours duquel, même s’il ne se passe rien, même si je m’ennuie, je permet à l’Esprit Saint de me transformer et de me conformer à la Volonté de Dieu. Ce temps me permet de suspendre momentanément toutes ces distractions de la vie quotidienne qui me font retomber sans arrêt dans le péché, qui ne se réduit pas, je le rappelle, à la faute morale, mais réside dans tout ce qui me coupe de Dieu…

La prière, d’une certaine manière, je la conçois comme un anti-péché, un antidote au péché (sans qu’elle ne puisse se substituer pour autant au sacrement de réconciliation). C’est un temps qui parfois va me donner une expérience concrète de l’amour de Dieu, et durant lequel parfois je vais m’ennuyer et regarder ma montre. Mais c’est un temps que je ne vais consacrer qu’à Dieu, et dont Il va profiter pour mettre les bouchées doubles dans la dispensation de cette Grâce qu’il me propose en permanence, mais à laquelle je me ferme le plus souvent, tout absorbé que je suis par tout ce qui détourne de Lui.

  Et comme c’est en forgeant qu’on  devient forgeron, la difficulté suivante, qui consiste à prendre une habitude de prière chaque semaine ou chaque jour, j’ai mis quelques années à la surmonter, mais à force de retraites, de pélerinages et d’accompagnement, je suis en train de la vaincre.

Voici donc, cher catholique qui ne prie pas, tout ce qui es à ta portée… Ce temps régulier consacré à Dieu, qui lui donne l’opportunité de faire grandir Sa Présence et Son Amour en toi, de rendre non plus abstrait, mais concret, vivant et personnel le lien qui Vous unit.  Entre autres bénéfices, il a pour effet que tu ne retrouves plus à la messe ou dans les rassemblements un juge face auquel tu as secrètement honte de tout ce qui t’a éloigné de lui depuis la dernière fois que tu as mis les pieds dans une église, mais un proche, un ami ou un parent, que tu es joyeux de revoir, même si tu as parfois des choses à te faire pardonner…

En ce sens, tu dois trouver le goût de la prière pour retrouver celui de Dieu…”

E le second, “Que Ta Volonté soit faite”, remonte au mercredi 22 décembre 2010 (accessoirement une semaine après l’ouverture d’Inner Light):

“”La prière est le sacrifice spirituel qui a supprimé les anciens sacrifices».

Je suis tombé sur cette citation de Tertullien au hasard d’internet, alors que je cherchais un peu d’inspiration pour un billet.

Je n’en connais pas le contexte, mais elle me touche beaucoup. Elle rejoint ma conception de la prière comme donner mon temps à Dieu, mais me permet de l’approfondir.

Prier, c’est faire le sacrifice de mon temps, mais aussi, d’une manière plus intime, de ma volonté. Quand je me prépare à prier, ma volonté n’est généralement pas tournée toute entière vers Dieu. Je suis préoccupé, distrait ou réjoui par des évènements dans ma vie professionnelle, familiale, sentimentale, etc. Prendre le temps de la prière est souvent d’autant plus difficile que mes pensées ne sont pas tournées vers Dieu la plupart du temps.

Parfois cependant, je suis très motivé pour prier, non pas parce que je désire davantage une rencontre intime avec Dieu, mais parce que les évènements du monde débordent les cadres que j’ai fixé à ma vie, que je me sens dépassé par eux, et que j’éprouve le besoin d’appeler Dieu à l’aide. Je suis alors à l’image du psalmiste au début du psaume12:

 » Vas-tu m’oublier ?

Combien de temps, Seigneur, vas-tu m’oublier,
combien de temps, me cacher ton visage ?
Combien de temps aurai-je l’âme en peine
et le cœur attristé chaque jour?
Combien de temps mon ennemi sera-t-il le plus fort ?

Regarde, réponds-moi, Seigneur mon Dieu!
Donne la lumière à mes yeux,
garde-moi du sommeil de la mort;
que l’adversaire ne crie pas:  » Victoire!  »
que l’ennemi n’ait pas la joie de ma défaite!

Moi, je prends appui sur ton amour;
que mon cœur ait la joie de ton salut!
Je chanterai le Seigneur pour le bien qu’il m’a fait » (TOB).

Comme le psalmiste, mes problèmes m’obnubilent tellement que je doute de l’amour de Dieu, de son inclination à me comprendre et à m’aider. Je me place au centre et je conçois Dieu comme un au-delà dont peut-être viendra le Salut, et peut-être pas.

Mais au cours du psaume, sans raison apparente, le psalmiste change de discours. Il commence par « Combien de temps vas-tu m’oublier », mais finit par « je chanterai le Seigneur pour le bien qu’il m’a fait ». Non pas parce que tous ses problèmes ont disparu comme par magie. Il disait: « combien de temps aurai-je l’âme en peine », mais ajoute bientôt: « moi je prends appui sur ton amour ». Il demande « donne la lumière à mes yeux », et cette lumière lui est donné. Il passe de cette « âme en peine » chagrinée par tous les obstacles à sa volonté propre, à la « joie du salut » après avoir pris appui sur l’amour de Dieu, et sur sa Volonté.

Il en va souvent de même dans ma prière. Je pars d’un problème qui m’obsède, ou d’une angoisse, et ma position change complètement au cours de la prière. Je considère ce qui me fait souci non plus du point de vue de ma volonté, mais de celle de Dieu, et non seulement le mal parait moins grand, mais je vois toutes les traces dans les évènements récents de l’amour de Dieu, là ou je me croyais abandonné, et je veux rendre Grâce.

Ainsi j’étais parti en retraite cet été avec le coeur soucieux, pour des raisons d’ordre privé. Au soir du deuxième jour, j’étais en larmes (pas pour des raisons objectivement graves, mais la solitude de la retraite a un peu accentué ma tendance naturelle à dramatiser), et je suppliais le Seigneur de faire quelque chose pour moi. Et mes problèmes ne se sont pas résolus pour autant immédiatement, mais j’ai été grandement réconforté par la prière, et à partir du troisième jour j’avais tout le temps envie de rire tellement j’étais heureux. Je ne dis pas que ça arrive lors de toutes les retraites de manière aussi spectaculaire (et souvent même cette action de l’Esprit Saint s’opère à mon insu, hors de toute gratification sensible), mais j’avais fait l’expérience d’une forme de sacrifice permis par la prière, celui de ma volonté: je ne voyais pas ma vie telle que je la voulais, mais telle que Dieu la veut. Et j’en sortais réconforté et ressourcé.

Un prêtre que je connais a coutume de dire que le « Que ta Volonté soit faite » est le plus beau passage du Notre Père. Depuis cet été, j’y pense souvent, et je comprends de plus en plus que le sacrifice implicite de ma volonté qui est formulé dans cette demande ne revient pas à mutiler mon désir et ma recherche du bonheur, mais à les accomplir, c’est-à-dire que je découvre concrètement que la Volonté de Dieu n’est pas seulement un Tout Autre abstrait, mais qu’elle a toujours pour objet mon amour et pour conséquence mon salut, mais pris dans une perspective plus vaste que je ne saurais l’imaginer. Et même si ma vie future sur terre, sur un plan purement matériel, devait n’être que souffrance et mort, je sais que Dieu est présent avec moi, et qu’il sème une à une les germes de mon bonheur futur et de celui de de mon prochain. Il suffit de se tenir attentif pour les voir et les faire fructifier.

Notre Père, que Ta Volonté soit faite.”

J’espère pouvoir vous faire partager les fruits de cette nouvelle retraite m’éclaireront pour mes prochains billets sur Inner Light, dont le propos sera cependant moins directement spirituel. Au programme de cet été: l’évalutation à froid de mon séjour au Hellfest, la suite de ma série sur “Black Metal et catharsis”, et les réflexions que m’aura inspirées la lecture du livre Black Metal et art contemporain: tout détruire en beauté, de Gwenn Coudert, que j’ai acheté il y a deux jours, et que je compte lire une fois retourné chez moi (pour l’instant, j’ai juste parcouru l’introduction par l’artiste contemporain Jean-Baptiste Farkas).

Bonne vacances à ceux qui en prennent, bon courage aux autres, et à bientôt! 🙂

Petit interlude FRAT-ernel…

Posted in Interludes with tags , , , , , on 16 avril 2012 by Darth Manu

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Sur le point de partir accompagner des lycéens en aumônerie pour quelques jours, dans le cadre du FRAT de Lourdes, je ne serai pas en mesure de répondre aux commentaires pendant cette période.

Comme j’en reviendrai, si tout se passe bien, en grand manque de sommeil et avec la crève (mais en paix et ma foi renouvelée) je ne serai sans doute pas très réactif la semaine suivante, même si je publierai peut-être un nouveau billet d’ici la rentrée des vacances scolaires (ne serait-ce que pour me remettre au metal: les rassemblements du FRAT, c’est plutôt pop louange au menu matin, midi et soir).

Qu’est-ce que le FRAT?

Le FRAT est un pèlerinage voulu et animé par les évêques d’Ile de France. Il rassemble les jeunes chrétiens des huit diocèses.

Le Frat est scindé depuis plus de 30 ans en deux temps.

En effet, de l’origine un pèlerinage organisé pour emmener des jeunes à Lourdes , le Frat a du se scinder en deux afin de faire face au grand nombre de participants.

Il se déroule d’une année sur l’autre à Jambville, dans la propriété des Scouts et Guides de France, et à Lourdes.

Le FRAT de Jambville s’adresse aux jeunes qui sont en aumôneries de collèges, ce qui correspond à la génération des 13-15 ans (4e et 3e). Celui de Lourdes s’adresse aux jeunes des lycées, aux 15-17 ans.

L’inscription d’un jeune au FRAT se fait toujours au sein d’un groupe, grand ou petit, groupe paroissial, Aumônerie de l’Enseignement Public, Etablissement Catholique d’enseignement, Mouvement ou communautés étrangères en Ile-de-France.

Le Frat est une proposition faite aux aumôneries et mouvements de faire vivre un grand rassemblement d’Eglise aux jeunes qu’ils encadrent tout au long de l’année.

Le phénomène du rassemblement prend depuis la relance des JMJ par Jean Paul II, une importance certaine dans la manière de s’adresser aux jeunes générations afin d’éveiller leur foi et de l’inscrire dans l’Eglise

Ainsi, il entre totalement en complément de la pastorale déployée auprès des jeunes de chaque paroisse et de chaque groupe ou école de l’enseignement catholique.

Quatre éléments rentrent dans la composition de la recette du Frat :

  • Des temps de rassemblement, pour des liturgies et des moments paraliturgiques. Les principaux sacrements sont proposés aux jeunes pendant les rassemblements.
  • Des petits groupes qui partagent, sur un thème qui change à chaque rassemblement
  • Rencontre avec un témoin qui vient parler de sa foi de son parcours,
  • Une multitude d’autres propositions en relation avec le thème du rassemblement..

La pédagogie du Frat tente de mettre en œuvre des moments de célébrations joyeuses et festives à 10 000 et des moments plus calmes en petits groupes ainsi que des moments d’intériorité. Cette articulation est spécialement adaptée aux attentes de cette génération des années 2000” (Source: site officiel du FRAT).

Cette année, le thème du FRAT es”Quelle joie de te rencontrer!”:

Cette année, le Frat a fait le pari du thème de la joie de la rencontre.Dans un monde désabusé où tout va très vite et où l’on cultive sou-vent la peur de l’autre et du différent, le Frat invite les jeunes à découvrir l’Autre comme source de richesse.Les 1400 accompagnateurs souhaitent proposer le meilleur àtous ces jeunes, alors que bien souvent le regard des adultes est sévère* et peine à comprendre la jeune génération. Cette exigence va de pair avec une attention à chaque jeune, quel que soit son chemin de foi.L’alchimie du Frat associe célébrations festivités, temps de recueillement, partages en petits groupes, autant de manières pourle jeune de vivre et d’être acteur de cette joie de la rencontre.Image d’une Eglise en mouve-ment, le Frat accueille des ado-lescents venus de toute la région,de toutes origines, handicapés ou valides, il est porteur de foi etd’engagement.Père Augustin DENECK Directeur du Frat de Lourde” (dossier de presse du Frat 2012)

Ce théme résonne profondément en moi avec l’aspiration de ce blog: faire se rencontrer  métalleux non chrétiens, chrétiens non metalleux, chrétiens metalleux, partisans du dialogue ou sceptiques à son égard, afin que nous puissions tous échanger entre nous et mieux nous connaitre.

Si le charge d’animateur au FRAT est assez lourde en terme de temps et d’énergie consacrés, et ne laisse que peu de temps de “désert”, j’essaierai, au travers des rencontres que j’y ferai, des témoignages que j’écouterai, des temps de prières et de célébrations que je vivrai, des fruits que je reccueillerai de ce pèlerinage, d’en nourrir la réflexion qui est celle de ce blog, et de vous en faire profiter dans la manière dont ils éclaireront la rédaction de mes billets futurs.

Je ne manquerai pas non plus de prier pour tous les lecteurs de ce blog, qu’ils partagent mes vues sur le metal ou le Hellfest ou qu’ils y soient opposés.

A bientôt et FRAT-ernellement votre! 😉

Christianisme et métal: témoigner de notre joie plutôt que de notre peur, des deux côtés…

Posted in Hellfest with tags , , , , , , , , , , , on 26 avril 2011 by Darth Manu

Comme je le montrais dans mes précédents billets, tant les opposants au Hellfest que ses organisateurs semblent estimer que « le temps du dialogue est révolu » et que l’heure est aux rapports de force et aux pressions, que celles-ci s’exercent au travers de pétitions ou de courriers à des responsables politiques, des sponsors ou des hébergeurs de blogs.

J’ai abondamment montré dans mes précédents billets pourquoi j’estime que les catholiques hostiles au Hellfest ont tort de choisir cette voie plutôt que celle peut-être moins exaltante et de plus longue haleine mais plus juste et fructueuse du dialogue.

J’aimerais exposer dans cet article les raisons pour lesquels je pense que certaines des inquiétudes exprimées par des sites tels que Les Yeux Ouverts et autres  ne sont pas toutes dépourvues de légitimité, et qu’il y a aussi une ouverture qui doit s’opérer côté métalleux.

Comme chacun sait, le catholicisme est en recul en France, même si la prise de conscience de ce fait conduit à une mobilisation plus importante des fidèles dans la vie publique, et à un dynamisme renouvelé (http://www.koztoujours.fr/?p=12047).

On a bien sûr le droit de  désapprouver l’enseignement de l’Eglise, ou certains aspects de son histoire, et de se féliciter de ce que le catholicisme soit en train de devenir une minorité (une grosse et influente minorité cela dit). Mais si ce qui est souvent reproché aux chrétiens (à mon avis de façon exagérée) est d’avoir favorisé des situations d’exclusion (des femmes, des homosexuels, des minorités religieuses…), il me semble que c’est une bonne raison pour veiller à ne pas devenir soi-même celui qui exclut.

Je voudrais témoigner à ce sujet d’une expérience qui m’a profondément marqué: l’an dernier, j’accompagnais un groupe de lycéens à Lourdes, dans le cadre du FRAT, un pélerinage qui rassemble tous les deux ans en ce lieu l’ensemble des aumôneries catholiques de lycées d’Ile de France. Parmi les activités au programme, il y avait quatre temps de « carrefour », c’est-à-dire des moments d’échange en petits groupe autour de la manière dont chaque jeune abordait et vivait sa foi. Chaque animateur accompagnait dans cette démarche un groupe de jeunes qu’il ne connaissait pas. Lors des deux premiers carrefours, mon groupe semblait plus intéressé par les rigolades entre amis que de parler de la foi chrétienne. Le troisième carrefour fut l’occasion pour certains de pointer tel ou tel moment de célébration ou de prière qui l’avait touché. Lors du quatrième carrefour, j’étais assez crevé, et comme c’était presque la fin du séjour, j’ai rassemblé mon groupe autour de sodas dans un café. Lors du bilan, les lycéens m’ont dit que ce qu’ils avaient apprécié dans le FRAT, s’était de se retrouver en tre amis, mais plus encore, entre amis chrétiens, et de pouvoir discuter de leur foi ensemble. Parce qu’à l’école, dans la vie de tous les jours, ils n’osent pas, parce qu’ils ont peur des moqueries de leurs camarades, ou de l’agressivité de ceux pour qui le catholicisme se réduit à l’Inquisition et aux affaires de pédophilie.

Mais le catholicisme, j’en fais l’expérience chaque jour, ne se réduit pas à ça. Pour beaucoup de catholiques, au travers des célébrations, des retraites, des activités en paroisse ou en milieu associatif, ou encore de la prière personnelle, la foi chrétienne est ce qui apporte de la beauté et du sens à leur vie, d’une manière qui n’est pas si différente de celle dont beaucoup de métalleux donnent une saveur à leur vie par le moyen de la création musicale.

Go^tons ensemble par exemple ce témoignage (parce que la spiritualité chrétienne au quotidien, c’est bien plus une affaire de goûter la vie d’une manière plus savoureusequ’avant que de s’enfermer dans le carcan de dogmes rigides):

« D’origine catholique, ayant reçu une éducation religieuse « classique » j’ai toujours été en contact avec une certaine foi en Dieu, dans ma famille, à l’école. Mais à l’adolescence, une recherche plus cartésienne m’a fait rejeter la foi que je considérais comme « naïve ». Cependant, trop de questions existentielles restaient sans réponse.

Vers 20 ans j’ai rencontré une chrétienne. C’est devenu une amie. Elle m’a témoigné d’une foi vécue authentiquement, de manière simple mais vraie et m’a enseigné certaines bases. A son contact, j’ai commencé à voir Dieu et la foi autrement, plus réelle et plus vraie. Un jour, lors d’un week-end de jeunes chrétiens, ouvert à tous, il y a eu un temps fort : après le culte, je me suis senti très remué. Grâce à un temps de prière de mon amie à mes cotés, dans un esprit d’abandon intérieur j’ai demandé à Dieu de me donner de la joie de vivre.

Et quelque-chose s’est passé : comme un souffle m’a traversé de haut en bas. La sensation que de la boue était tombée de tout mon corps à mes pieds. Et une paix immense, que je n’avais jamais ressentie auparavant, m’a envahi. Une paix si douce, si parfaite, que j’ai su et reconnu que Dieu était là et m’avait délivré de mon angoisse, de ma tristesse et de ma noirceur intérieure.

Plus tard, j’ai commencé à lire la Bible tous les jours, je priais le soir. Mais en fait, je n’avais pas encore compris grand chose et je n’étais pas prêt à suivre l’exemple de Jésus. Je me suis remis à errer dans la vie, me sentant condamné à une vie médiocre malgré mes efforts pour m’en sortir. Peur du lendemain, lutte, difficultés, échecs. 5 ans se sont écoulés. Pourtant, durant tout ce temps, même seul avec ma rébellion et ma vie creuse, je sentais toujours qu’une petite flamme était allumée au fond de moi, comme une bougie qui éclaire la nuit même dans les pires tempêtes. Une flamme que je savais être une présence de Dieu (sans trop comprendre comment). Une lueur qui ne me quittait plus et qui me redonnait de l’espérance. Oui déjà, quelque-chose avait changé et je le savais. Mais mes soucis d’argent et ma crainte de l’échec matériel me tenaillaient et me bloquaient, comme un dernier obstacle pour dire « oui » à Dieu.
 
5 ans après ce souffle divin qui m’avait envahi, il y a eu une nouvelle rencontre : celle d’un jeune couple de missionnaires de passage en France et qui m’ont invité à venir les voir pendant l’été. Le témoignage du missionnaire m’a parlé précisément sur ce qui me préoccupait le plus : les soucis d’argent et la vie difficile. Il avait vécu l’intervention de Dieu si précisément qu’il m’a convaincu que même dans ce domaine si terre à terre, Dieu n’était pas sourd et muet et surtout qu’Il pouvait intervenir et m’aider à régler ce qu’il convenait de régler pour assainir la situation. Ce témoignage fut capital pour débloquer mon esprit et mes doutes.

Dès la rentrée de septembre, j’ai commencé à aller à l’église. L’accueil remarquable de certains et ma rapide intégration dans un groupe de quartier ont très vite été une source merveilleuse de connaissance et de progrès. J’ai compris les fondements de la foi chrétienne. Et j’ai vécu les pleurs de repentance, la joie de me savoir pardonné, sauvé. Une grande soif de savoir et d’étudier la Bible a trouvé des réponses dans cette église. Grâce aux enseignements, grâce à Dieu surtout, ma vie intérieure a changé. Dieu m’a donné la foi, comme une vie à cultiver avec Lui. Par Sa parole et toutes les réalités de la vie, Dieu se révèle, fidèle, patient, respectueux et juste. Il me donne de comprendre peu à peu la profondeur de Son amour pour moi et Il m’offre de goûter à la réalité heureuse de fonder, jour après jour, ma foi en Lui » (témoignage de Michel, sur le site atoi2voir.com).

Ce que je retiens personnellement de ce témoignage, c’est que la foi ne nait pas d’une simple adhésion intellectuelle à l’enseignement de l’Eglise, ou d’une croyance abstraite et désincarnée en Dieu, mais d’une rencontre. Chacun d’entre nous catholique pratiquant, par un évènement de notre vie, le témoignage d’un proche, une parole entendue, un rassemblement qui nous a touché, que sais-je encore, nous avons eu l’impression de toucher du doigt l’Amour de Dieu, de le rencontrer personnellement. C’est-à-dire que nous avons ressenti un bonheur, une profondeur d’être, plus intense et d’une certaine manière réelle que ce que nous avions connu jusque là, et cela a été suffisant pour nous convertir, vouloir changer notrevie pour la tourner autant que possible vers cette joie nouvelle qui nous est apparue. Bien sûr, nous avons tendance à oublier cette joie, et notre discernement n’est pas toujours à la hauteur de nos nobles intentions: c’est l’expérience du péché, c’est-à-dire de la contradiction en tre nos limites et notre désir de nous conformer à la perfection divine. La prière et la fraquentation des sacrements sont là, non pour rajouter des règles ennuyeuses à notre vie, mais pour ne pas oublier, pour revenir à cette joie originelle fondatrice de notre foi.

Deux autres témoignages peuvent vous permettre de comprendre comment « fonctionne » de l’intérieur un catholique:

Le récit par Pneumatis, qui a beaucoup fait pour apaiser la polémique autour du Hellfest, de sa conversion: http://pneumatis.over-blog.com/article-ma-conversion-1-59924088.html

Cette très belle prière de la blogueuse catholique Zabou: http://www.zabou-the-terrible.fr/post/2011/04/22/Jeudi-Saint-2011

Moi-même, si j’ai eu une éducation catholique, j’ai tout lâché après le lycée, j’ai été sympathisant d’organisations d’extrême-gauche, j’ai été très près à un moment de devenir sataniste, et mes jeux de ^role favoris quand j’étais étudiant (pour ceux qui connaissent) étaient INS/MV et Kult. C’est dire! et si je suis revenu au christianisme à 27 ans, ce n’est pas du fait de la pression sociale (mes soeurs et beaucoup de mes amis sont athées, et mes parents ne pratiquent pas), mais tout simplement parce que j’ai rencontré, dans des livres ou dans ma vie quotidienne, des témoignages de personnes qui ont été rendues heureuses par leur rencontre avec Jésus Christ, et que j’ai eu envie de connaitre à mon tour ce bonheur apporté par la foi.

Beaucoup d’entre vous se demandent comment faire le lien entre ces belles expériences et les abus des antiHellfest.

Pour moi la réponse est simple: les antiHellfest sont des gens qui ont trouvé le bonheur grâce à leur foi en le Christ Sauveur, et qui voient cette foi remise en cause par les paroles de certains groupes. Alors ils ont peur, de la défiance de plus en plus grande de beaucoup envers le christianisme, mais surtout que leur bonheur soit remis en question, qu’ils en soient privés. Et ils attaquent ce qui semblent être une souce de danger pour leur bonheur, le Hellfest.

De même que certains métalleux trouvent leur plus grande joie dans leur musique, et vivent les attaques récurrente des organisations chrétiennes contre le métal tout au long de son histoire comme une agression et une remise en cause de cette joie. Et à leur tour ils cherchent à se libérer du sentiment d’^tre agressés, de la peur d’être une victime, en attaquant le christianisme dans les paroles de leurs chansons et la mise en scène de leurs concerts.

Les antiHellfest attaquent le festival parce qu’ils y voient le symptôme d’une « christianophobie » grandissante, du danger pour les catholiques de ne plus pouvoir exercer un jour leur foi librement, de ne plus être libre d’exprimer leur joie, qui se trouve dans l’annonce de l’Evangile et la vie selon ses enseignements.

Et les métalleux, face à des succès relatifs mais réels de ces antiHellfest, comme le retrait de Coca-Cola du sponsoring du festival en 2009 suite à la campgne d’E-Deo, ou de l’annulation d’Anal Cunt en 2011 suite aux démarches du blog Les Yeux Ouverts, ont en retour peur pour l’avenir de leur festival, le plus grand en France concernant le métal. Et c’est pourquoi ils font parfois le choix de refuser le dialogue, que ce soient les modérateurs de certains forums qui verrouillent systématiquement les sujets liés à cette polémique, ou encore les organisateurs qui ont choisi la semaine dernière d’exercer des pressions sur les hébergeurs des sites antiHellfest.

Cessons d’opposer notre bonheur à celui de l’autre. Plutôt que de dévaloriser la démarche de notre adversaire, cherchons plutôt à lui montrer, comme certains ont déjà essayé de le faire des deux côtés, tout ce que notre engagement, dans le métal ou l’Eglise (ou les deux comme c’est mon cas), a apporté de Beau à notre vie, et tenons nous prêts également à nous laisser étonner par notre adversaire, disposons notre coeur de manière à lui communiquer notre joie plutôt que notre peur (y compris dans les paroles de nos chansons: on peut faire de la bonne musique sans blesser personne, même à mon avis dans le BM), et à nous laisser toucher par sa propre joie plutôt que par sa propre peur. Il ne s’agit pas de forcer l’autre à changer d’avis, mais de témoigner, dans la confiance et non dans le repli ou dans la haine, de ce qui nous rend heureux dans nos choix, tout en accueillant le témoignage de l’autre, sans dénigrer ce que son parcours a de différent.