Archive pour septembre, 2011

Unblack Metal Scene

Posted in Unblack Metal with tags , , , on 22 septembre 2011 by Darth Manu

Ce court (pour changer ;)) billet pour attirer votre attention sur une nouvelle page de mon blog, où j’essaie de répertorier les groupes d’unblack metal (souvent moins connus que ceux de black) qui ont à ce jour sorti un ou plusieurs album(s) ou EP(s).

Cette liste est évidemment encore loin d’être à jour. Non seulement je ne connais pas tous les groupes, mais je n’y ai pas encore reporté tous ceux pour lesquels c’est le cas (j’ai commencé aujourd’hui il faut dire). Elle sera progressivement complétée, au fur et à mesure des découvertes que je ferai.

Je me propose également d’y indiquer le site ou la page myspace de l’ensemble des groupes qui ont l’un ou l’autre et qui y figurent, pour vous permettre de vous faire rapidement une idée de leur qualité musicale. Comme vous pouvez le remarquer, j’ai encore du boulot!

Deux avertissements:

1) Cette liste vise à l’exhaustivité (sans réellement espérer jamais l’atteindre): ce n’est pas un best of! Je suis malheureusement loin d’avoir écouté tous les groupes qui y figurent, et parmi ceux que je connais, il y en a que je trouve franchement médiocres…

2) Malgré l’étiquette  « chrétienne » qui est l’un des deux dénominateurs communs de ces groupes, avec le black metal, leur présence sur cette liste n’est pas nécessairement une caution « idéologique » de ma part. Pour citer un exemple, le groupe Borgazür, si j’en crois une chronique sur Encyclopaedia Metallum, s’inspire beaucoup des théories douteuses d’un pasteur adepte de théories du complot et est très hostile à l’Eglise Catholique. Il va sans dire que ça me refroidit pas mal, même s’il semble compétent musicalement. Mais c’est un groupe d’unblack metal: alors je l’ai mis sur la liste.

Il est évident que toute correction ou toute proposition d’ajout sont les bienvenues! 🙂

Enfin, à tout « saigneur » tout honneur: j’emprunte le titre de ce billet à un label spécialisé dans l’unblack metal.

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Musique et religion: en quel sens peut-il y avoir du black metal chrétien?

Posted in Unblack Metal with tags , , , , , , , , , , , , on 15 septembre 2011 by Darth Manu

S’il y a une thèse récurrente sur les sites et forums de métal, dès que l’on évoque les polémiques avec certains chrétiens ou encore l’unblack metal, qui m’a toujours étonnée, c’est bien la suivante: la musique et la religion seraient deux réalités complètement séparées, qui n’auraient rien à voir, et la tradition chrétienne, par exemple, n’aurait rien à apporter à la compréhension de telle ou telle musique, ni à l’activité de création musicale elle-même.

Ce week end, sur un forum de black metal, l’un des membres m’écrivait encore que parler d’une relecture chrétienne du black metal, cela a autant de sens pour lui que parler de la relecture du BM par un vendeur de merguez (EDIT: il s’agit de Sakrifiss, sur le forum Postchrist (http://forum.postchrist.com/post240086.html#p240086), qui me fait par ailleurs savoir qu’il n’a pas écrit que cela n’avait pas de sens mais qu’il trouvait ça « drôle ». J’aurai dû effectivement relire son commentaire avant de le citer et je lui présente mes excuses. Je pense néanmoins que sa remarque traduit un certain étonnement de beaucoup de black métalleux face à l’idée de joindre  religion et musique dans le projet d’un « BM chrétien », ce qui justifie quand même à mes yeux l’écriture de cet article) .

En sens contraire, certains des plus grands noms de la musique pensaient juste l’inverse.  Selon Jean-Sébastien Bach:

« Le but de la musique ne devrait être que la gloire de Dieu et le repos des âmes. Si l’on ne tient pas compte
de cela, il ne s’agit plus de musique mais de nasillements et beuglements diaboliques. » (Etre témoins de l’Evangile aujourd’hui (2/4): Jean-Sébastien Bach, sur Protestants.org).

D’une manière certes très différente, je remarque que si la plupart des musiciens célèbres du black metal sont très opposés au christianisme, la religion semble être une préoccupation très importante pour eux:

Ainsi, Euronymous, dans une interview accordée une semaine avant sa mort, déclarait:

« Je crois en un Diable cornu, un Satan personnifié. Mon avis est que les autres représentations ne sont que des conneries. Je déteste ces gens qui pensent ces trucs débiles pour aboutir sur une paix éternelle dans le monde, et oser se qualifier de satanistes, comme tant le font. Le satanisme vient de la religion chrétienne, un point c’est tout. Je suis une personne croyante, et je combattrai ceux qui utilisent ce nom n’importe comment. Les gens ne sont pas supposés croire en eux mêmes et être individualistes. Ils sont supposés obéir, et être les esclaves d’une religion » (Interview Euronymous
Par Esa Lahdenpera pour KILL YOURSELF ! MAGAZINE
Traduction : Vivien, sur le site Antithetik
,).

Vikernes a contribué à fonder une nouvelle religion recomposée, l’odalisme, et s’exprime dans certaines de ses interviews comme s’il se croyait revenu à l’époque viking.

Morgan, de Marduk, se dit sataniste théiste. Il déclare dans une interview:

« Black Metal is meant to be Satanic« , donc qu’il est lié par essence à une forme de croyance religieuse (Interview par Terrorizer) .

Et son acolyte Legion déclare ailleurs:

 » L: Yeah, they will, for sure. If the only supernatural Evil that ever existed on Earth was in the dark ages, in 1300 or something, then why would we be around doing what we do, if we didn’t believe that thing still exists? We’re looking at it from a different point of view, in a different century, but the lyrics regarding Marduk will always have a Satanic base, because that is what this band is really all about. It will be the same lyrics as always, but with a different touch, you could say. […] L: Just because you don’t believe that the trolls are running around in the forest anymore doesn’t really mean to me that there is no higher power. I believe in an [incomprehensible] divinity, a force so great our brains cannot get the whole picture, we can only see fractions of it. And it’s so powerful, you are -nothing-, you’re like a tiny little shit compared to that power, and that is what we believe in. That is our aim, with our lyrics, to hammer the last nail in the coffin of Christianity, and give praise to something which we feel is better » (Interview de Legion de Marduk par le site Chronicles of Chaos).

Je n’en fait pas non plus une loi universelle. Beaucoup de métalleux sont athées, probablement une majorité, et les convictions religieuses exprimées plus haut peuvent être jugées de manière assez légitime comme étant malsaines et détachées des réalités, et suscitent la défiance et l’ironie, même chez la plupart des adeptes du black metal. Ces citations visent juste à montrer que la préoccupation religieuse, si dévoyée et paradoxale soit-elle, n’est pas étrangère à l’histoire du black metal.

Deux thèses semblent donc s’affronter: 1) la musique n’a aucun rapport avec un contenu religieux, et chercher à les relier tendrait même à l’appauvrir, 2) certaines musiques ont un rapport extrêmement fort et originaire avec certaines formes de religiosité (le classique avec le christianisme, le BM avec le satanisme ou le néo-paganisme) et représentent en quelque sorte la traduction en notes des idées etdes valeurs véhiculées par ces religiosités.

A l’appui de la première thèse, la citation suivante apporte un éclairage intéressant:

 » Il y a une manière d’utiliser la musique à des fins évangélisatrices qui revient en dernière analyse à pervertir la musique aussi bien que le message au service duquel on entend l’instrumentaliser; ainsi lorsque des gens soucieux d’évangélisation se demandent quel genre musical plaît au milieu dans lequel ils aimeraient faire des adeptes, et collent des paroles censément « chrétiennes » sur des musiques dont l’inspiration originelle est contrairement étrangère au christianisme, ou composent des pièces qui, comme dans une bonne partie du « rock chrétien », singent ces genres musicaux là. La démarche est en l’occurrence exactement l’inverse de celle qui, au XVIème siècle, fit le succès des psaumes huguenots: les étudiants parisiens, dit-on, s’amusaient à les chanter dans Le-Pré-aux Clercs, sans même avoir aucun désir d’adhérer à la Réforme; cette musique, tout simplement, leur plaisait; mais à l’origine, c’est bel et bien la lecture des psaumes et la piété réformée qui en avaient inspiré la composition.

Personne ne songerait à reprocher à Johann Sébastien Bach ou à Felix Mendelssohn l’inspiration profondément chrétienne et protestante de leur musique: elle fait trop étroitement corps avec ce qu’ils ont composé, et, dans le cas des messes et oratorios, avec les paroles que portent leurs oeuvres. Les mélomanes ne se demandent pas non plus si ces pièces-là sont chrétiennes ou non; il leur suffit qu’elles soient de la bonne et grande musique.  Et parmi eux, les chrétiens les plus convaincus ne voient pour leur part aucun inconvénient à écouterdes pièces composées ou jouées par des artistes peut-être complètement étrangers à leurs propres convictions, pourvu que ces prestations musicales aient à leur tour la qualité, donc aussi toute la spiritualité voulue (la spiritualité n’est pas une exclusivité du christianisme ou de la religion); à l’occasion, ils n’hésiteraient pas à faire place à de telles oeuvres dans un cadre expréssement cultuel. Mais en même temps, il faut reconnaitre que toutes les musiques ne conviennent pas à toutes les circonstances: les unes sont faites pour l’opéra, les autres pour le culte, ou pour des concerts en chambre. Là encore personne ne songerait à leur reprocher » (Théâtre et christianisme Par Bernard Reymond,François Rochaix, p.167 et 168).

On retrouve dans les premières lignes de ce passage un excellent résumé des reproches souvent exprimés par les métalleux au métal chrétien (celui notamment de plaquer, pour plaire, des paroles sur un contenu musical qui n’a rien à voir). Avouons-le, cet écueil n’a pas toujours été évité.

Les dernières lignes rappellent également cette critique légitime du rapport entre paroles et musique dans le metal chrétien.: « toute les musiques ne conviennent pas à toutes les circonstances« . Ainsi, j’ai moi-même beaucoup de mal à imaginer un Alleluia, chant exprimant par excellence la joie de la résurrection pascale, sur du black metal, musique sombre, souvent dépressive, souvent violente (par contre je connais plusieurs Alleluia joués sur du metal symphonique).

Il ya donc là un écueil potentiellement sérieux pour l’unblack metal: plaquer des paroles sur une inspiration musicale qui leur est étrangère, voire opposée. Est-ce à dire que l’unblack metal est un oxymore, comme beaucoup le soutiennent?

Le texte cité comporte un autre passage qui devrait permettre à mon avis de répondre à cette question, et d’illustrer la seconde des thèses que j’ai évoquées:

« Personne ne songerait à reprocher à Johann Sébastien Bach ou à Felix Mendelssohn l’inspiration profondément chrétienne et protestante de leur musique: elle fait trop étroitement corps avec ce qu’ils ont composé, et, dans le cas des messes et oratorios, avec les paroles que portent leurs oeuvres.« 

La musique doit faire corps avec l’inspiration. Si le black metal chrétien est possible, il semble donc qu’il puisse y avoir deux types d’unblack: un « mauvais », qui singe le black metal dans son inspiration tout en plaquant dessus des paroles chrétiennes, et un « bon », qui arrive  à faire correspondre à la musicalité propre au black une inspiration proprement chrétienne. L’inspiration chrétienne doit toucher la musique, la rendre meilleure, faire que le morceau d’unblack soit appréciable non seulement par ses paroles, mais parce que c’est de la bonne musique, du bon black metal. Le black metalleux chrétien doit apporter la preuve que sa foi chrétienne n’influe pas seulement sur ses textes, mais transfigure sa musique, apporte quelque chose sur le plan artistique au black metal.

Arrivés à ce point, beaucoup de black metalleux vont me faire l’objection suivante: faire « correspondre » la musicalité du black à une « inspiration chrétienne » n’a pas de sens, puisqu’il s’agit de réalités d’ordre complètement différent. Le black metal est avant tout de la musique, avec une finalité esthétique, qui touche à la sensibilité et aux émotions. Alors que le christianisme semble avoir pour objet une croyance d’ordre intellectuel en un être invisible , et avoir pour finalité le combat du bien et du mal, la morale et non l’esthétique.

Reprenons: d’une part, le christianisme, comme toute religion, ne se réduit pas à une « croyance »: il engage tout l’être du croyant, y compris ses émotions, sa sensibilité: sa foi pousse le croyant à se détacher de certaines émotions, comme la haine, la jalousie, pour se tourner vers d’autres: la joie, l’amour, la confiance, l’espérance…Cette sensibilité est mobilisée par diverses activités de sa vie chrétienne: la messe, par la liturgie, la symbolique, la prière personnelle, le service dans la paroisse, les échanges en communauté… Plus profondément, sa foi engage l’ensemble de l’existence du croyant, lui donne un sens, une perspective, une espérance: elle introduit de la beauté dans sa vie et dans son âme.

Et c’est un peu pareil pour la musique, d’une certaine façon: beaucoup de métalleux témoignent du sens qu’elle a donné à leur vie, de la manière dont les sonorités du metal touche à quelque chose à l’intérieur d’eux-mêmes, leur permet de se sentir autrement et mieux:

« Le sentiment dionysiaque de dépassement dont je te parlais, il m’arrive de le retrouver tout seul quand je bosse ma batterie […], ce sentiment de facilité, de force qui te dépasse, qui te fait te sentir puissant » (« Christophe », cité par Niclas Walzer dans Du paganisme à Nietzsche: se construire dans le metal, Ed. du Camion Blanc, 2010, p. 188).

Il ya donc un fond d’esthétique dans le sentiment religieux, qui donne pour ainsi dire une harmonie à notre existence, et un fond « religieux » dans le métal, qui donne du sens à notre être, notre « âme », et nous fait appartenir à une « communauté », celle des métalleux, nous donne une identité, au delà du plaisir esthétique ressenti à l’écoute des morceaux:

« Le domaine de l’esthétique – dans son lien étroit avec le symbolique, le sacré, le rituel, le communautaire – est un espace de compréhenion de l’homme et de l’univers, imprégné par la norme et par le concept; il nous renvoie ainsi à l’éthique et à la pensée. Or, si la religion est directement concernée par cette référence à l’esthétique, ce n’est pas seulement parce qu’elle emprunte à l’art des signes sensibles lui permettant de s’exprimer et de s’identifier, ou parce qu’elle est, dans une large mesure, source d’inspiration d’oeuvres d’arts, c’est aussi, et d’abord, parce qu’elle procède des mêmes interrogations fondamentales de l’homme sur lui-même et sur son image, et/ou parce qu’elle se trouve réinterprétée elle-même sur le mode esthétique » (Jacques Sutter, Musique et religion : l’emprise de l’esthétique, p.20, Archives des sciences sociales des religions, n° 94, 1996).

 Il apparait donc clairement que réinterpréter religion et musique l’une par l’autre n’a rien d’absurde, et est même très peu original, même s’il est vrai que cette entreprise comporte le danger toujours présent d’asservir l’une à l’autre. En effet, la musique traduit les sentiments et l’intériorité de l’artiste, et le sentiment religieux nourrit cette intériorité, et lui donne une profondeur, pour peu qu’on y adhère et qu’on cherche à l’approfondir. L’inspiration chrétienne doit soutenir la force musicale du morceau, et non l’assujettir à des paroles plaquées sur une musique « neutre ». Elle doit faire sens par, dans et pour la musique, et non indépendamment d’elle ou malgré elle.

Est-ce  possible dans le cas du black metal chrétien? Je viens d’écrire moi-même que  »  sa foi pousse le croyant à se détacher de certaines émotions, comme la haine, la jalousie, pour se tourner vers d’autres: la joie, l’amour, la confiance, l’espérance ». Or, c’est précisément les émotions dont le chrétien cherche à se détacher peu à peu qui sont valorisés par le black metal. Contradiction insoluble? Je ne le pense pas. En effet, comme j’ai cherché à le montrer précédemment, la souffrance, la colère, l’angoisse, le désespoir, toute la palette des sentiments négatifs joue un grand rôle dans la vie spirituelle de tout chrétien. Chaque croyant engagé de façon active dans sa foi a fait de temps à autre l’expérience d’une rencontre avec Dieu, dans sa prière, par des rencontres, etc. Mais il fait le plus souvent l’expérience de l’absence apparente de Dieu, dans la sécheresse de la prière, dans la subsistance du mal dans le monde, etc. Plusieurs psaumes commencent par l’expression du désespoir ou de la colère du palsmiste, dans le livre de Job, Job passe l’essentiel du récit à se plaindre et à adresser des reproches à Dieu. Dans l’Ecclésiaste, l’auteur écrit que tout est vanité parle du désespoir. La Passion du Christ et sa mort ont une place centrale dans les évangiles, ainsi que dans la foi chrétienne, et sont rappeléesà chaque messe, lors de l’anamnèse.

Si la Bible elle-même évoque si souvent ces thématiques très proches de celles du black metal, pourquoi pas les musiciens chrétiens? Il est vrai que pour un chrétien, à la fine pointe du désespoir et de la souffrance, il y a toujours l’espérance et le Salut qui se profilent. Mais pourquoi cette spécificité ne viendrait pas nourrir l’inspiration musicale de l’unblack metalleux, apporter une plus value à sa musique par rapport aux courants préexistants du BM, et lui permettre un apport proprement musical, et pas seulement idéologique, à la palette de contenus d’intériorité et à l’expression esthétique de ceux-ci déjà présentes dans les plus grands morceaux du BM?

Je ne me juge pas assez compétent musicalement pour prendre un par un les groupes d’unblack et pour examiner si c’est ou non le cas pour chacun d’entre eux, mais je voulais juste montrer que le black metal chrétien ne se réduit pas à un oxymore ou un instrument de prosélytisme, mais qu’il peut véritablement apporter quelque chose musicalement, même si évidemment la musique ne se confond pas avec la religion, et qu’on peut évidemment composer et jouer des morceaux très profonds et intenses de BM sans du tout s’intéresser au christianisme ou avoir une réflexion particulièrement poussée sur la portée spirituelle ou existentielle de la musique (c’est d’ailleurs le cas majoritaire jusqu’ici, comme chacun sait).

En effet, le black metal traduit musicalement la souffrance (plus que le mal à mon avis: la mélancolie, la haine, la colère, le désespoir, le nihilisme sont pour moi l’expression d’une souffrance, d’un mal être) et l’épreuve de la souffrance est essentielle dans la vie spirituelle de tout chrétien et dans la Bible (même s’il ne s’agit pas pour le chrétien de s’y complaire mais de l’endurer dans l’Espérance). Il y a donc bien des thématiques et des inspirations compatibles entre le christianisme et le black metal, des états d’être qui peuvent être traduits de manière cohérente et avec force par la musicalité propre au BM et en même temps trouver une signification positive dans  le contenu de la foi chrétienne.

Ainsi, le groupe d’unblack Lengsel propose la traduction chrétienne suivante de thématiques propres au black metal:

  Avmakt

[Words: Ole Halvard, Music: Ole Halvard and Lengsel]

Vind vær min Herre
Du Er
Vind vær min Herre
Du Er
Du river meg løs
Fra verdens
Min tomhet
Jeg kan intet gjøre
Jeg føres
Storm
Du minste vindpust
Lær meg
Jeg lever

Hvordan kan jeg
Knuser alltid egne drømmer
Fører skam over egen higen
Det levde liv spotter
Det største under
Så flommer hatet

[PARALYSIS]

Wind be my Lord
You Are
Wind be my Lord
You Are
You take me (tear me) away
From this world’s
My emptiness
I can nothing do
I’m moved
Storm
You smallest Breath of Wind
Teach me
I live

How can I
Always ruining my own dreams
Bringing shame upon my own will
When the life lived scorns
The Greatest Wonder
 Hate overflows (Paroles sur Dark Lyrics).

A propos de la réponse de Liberté Politique sur le Hellfest 1/2

Posted in Hellfest with tags , , on 5 septembre 2011 by Darth Manu

L’Association pour une Fondation de Service  Politique répond aux nombreuses critiques que son interview des responsables du Collectif Provoc Hellfest publiée  avant les vacances avait suscitées.

« Avec un titre pareil on ne s’étonnera pas que le festival du Hellfest qui s’est tenu à Clisson du 17 au 19 juin – seul festival français de musique « metal » –, ait suscité en juillet une vive polémique entre les pour et les contre. « 

Comme il l’a été dit et répété bien des fois depuis 2009, « fête de l’enfer » n’est qu’une des traductions possibles de « hellfest« . Le Larousse liste les significations usuelles suivantes du mot « hell« :

« noun 1. religion enfer m
mythology [underworld] les enfers
to go to hell
a. [Christianity] aller en enfer
b. mythology descendre aux enfers go to hell! (informal) va te faire voir!
to hell with society! (informal) au diable la société!
come hell or high water (informal) contre vents et marées, envers et contre tout
when hell freezes over à la saint-glinglin
it’ll be a cold day in hell before I apologize je m’excuserai quand les poules auront des dents
it was a journey from hell! (informal) ce voyage, c’était l’horreur!
all hell broke loose (informal) ça a bardé
to give somebody hell (informal) passer un savon or faire sa fête à quelqu’un
the damp weather plays hell with my arthritis (informal) ce temps humide me fait rudement souffrir de mon arthrite!, par ces temps humides, qu’est-ce que je déguste avec mon arthrite!
there’ll be hell to pay when he finds out (informal) ça va barder or chauffer quand il l’apprendra
I went along just for the hell of it (informal) j’y suis allé histoire de rire or de rigoler
he ran off hell for leather (informal) il est parti ventre à terre
hell’s bells!, hell’s teeth! (informal) mince alors!

2. [torture] enfer m
working there was hell on earth c’était l’enfer de travailler là-bas
he made her life hell il lui a fait mener une vie infernale
3. (informal) [used as emphasis]
he’s as happy/tired as hell il est vachement heureux/fatigué
he’s in a hell of a mess il est dans un sacré pétrin
a hell of a lot of books tout un tas or un paquet de livres
we had a hell of a good time nous nous sommes amusés comme des fous
they had a hell of a time getting the car started ils en ont bavé pour faire démarrer la voiture
to run/to shout like hell courir/crier comme un fou
I’m leaving — like (the) hell you are! je pars — n’y compte pas!
I just hope to hell he leaves j’espère de tout mon cœur qu’il partira
get the hell out of here! fous or fous-moi le camp!
what the hell are you doing? qu’est-ce que tu fous?
who the hell do you think you are? mais tu te prends pour qui?
oh well, what the hell! oh qu’est-ce que ça peut bien faire?
did you agree? — hell, no! as-tu accepté? — tu plaisantes!
4. (US & informal) [high spirits]
full of hell plein d’entrain or de vivacité
5. (informal & humorous)
cauchemardesque
 from hell cauchemardesque » 

Si littéralement « Hell » désigne l’enfer et un certain nombre de réalités qui lui sont associées sémantiquement (la souffrance etc.), on voit  que  son usage l’a amené à prendre des significations beaucoup plus vastes que celles purement religieuses, et qu’ainsi il peut désigner l’entrain et la vivacité  (« full of hell« ) ou encore avoir une fonction de superlatif pour exprimer toutes sortes de réalités, souvent très neutres religieusement ou moralement ( » a hell of a lot of books »,  »  « we had a hell of a good time »).

Dans le cas du Hellfest, si Liberté Politique et quelques autres persistent à faire de « fête de l’enfer » la seule traduction possible, on voit que celle beaucoup plus neutre de « fête plein d’entrain » est tout aussi valable, et semble d’ailleurs plus cohérente, dans la continuité de l’ancienne appellation du festival: « Furyfest« . A vrai dire, même quelqu’un d’aussi peu suspect d’être amateur de métal extrême que l’abbé de Tanoüarn s’est ému du caractère biaisé et excessif de la traduction par les collectifs cathos anti hellfest du mot « hellfest« :

« Mais j’en appelle aux anglicistes: et si hellfest devait être traduit par « putain de fête »? un peu comme « a hell of a bike » est « une moto qui arrache », ou « une moto d’enfer »… ou encore « une putain de moto ». Dire cela d’une moto, ce n’est pas lui prêter de mauvaises mœurs, c’est au pire parler vulgairement. Bien sûr le hellfest emprunte au folklore du paramedieval, du retrofantastique, et même du pseudosatanisme. Vous trouvez que c’est malsain? Je préfère Wagner et Laibach! Mais de grâce, ne prenons pas cette hellfest plus au sérieux qu’il ne faut. » 

Alors certes Liberté Politique ou d’autres sites sont libres de penser que la traduction « religieuse » du nom du festival est celle qui correspond vraiment à l’intention des organisateurs, mais ils ont alors à le démontrer, et non à sommer ces derniers ou l’ensemble des métalleux de rendre des comptes dessus. Procéder à l’inverse, comme c’est manifestement le cas de l’article que je commente, est  partisan et peu convaincant.

« Le nombre des festivaliers :

Si le nombre maximal de personne était chaque jour de 25 000 personnes, et qu’en effet le festival du Hellfest fut plein pendant les trois jours, cela ne fait pas pour autant 75 000 personnes présentes, mais seulement 75 000 tickets vendus en trois jours. En effet, la plupart des festivaliers ont passé les 3 jours à Clisson afin de profiter pleinement du festival. Il est difficile d’estimer dans quelle mesure il s’agissait des mêmes personnes tout au long du festival. 25 000 est un chiffre a minima, sans doute sous estimé, mais le chiffre de 75 000 ou de 90 000 festivaliers différents tout au long du festival n’a certainement pas été atteint. »

Cela n’enlève rien au fait tout à fait incontestable, et et à mon avis beaucoup plus significatif, que le festival atteint chaque année un peu plus tôt sa capacité d’accueil maximale, et que l’année dernière, pour la première fois, les entrées ont été épuisées très en amont de la première journée.

« La drogue :

La détention de drogue, le nombre d’interpellations et le taux d’alcool ne sont pas les raisons pour lesquelles le festival pourrait être fermé, ni pour lesquelles il est actuellement critiqué. Comme beaucoup l’ont dit, d’autres festivals sont bien pires de ce point de vue. Même s’il faut déplorer la consommation abusive de drogue et d’alcool, il faut reconnaître que les chiffres du Hellfest sont relativement peu élevés. » 

En effet, si les actes délictueux en question (trafic de stupéfiants et violences en réunion) sont bien sûr condamnables en eux-mêmes, rien ne permet de les relier à une quelconque dangerosité du festival lui-même ou à la responsabilité des organisateurs. Merci de le reconnaître.

« Haine des festivaliers :

Aucun mot de l’entretien ne diffuse un message haineux envers le metal, ou les metalleux (festivaliers ou autres). Seuls certains groupes de metal sont visés dans l’interview, en raison de leur message et non par simple volonté de nuire.

Nous sommes d’accord pour dire avec certains commentaires que la musique metal n’est pas nécessairement satanique, ni les metalleux tous christianophobes, mais que le « rock metal » est un style musical qui a sa culture et ses fans. Cependant, une haine et une violence anti-chrétienne voire anti sémite est véhiculée.Il ne faut pas oublier que Hellfest signifie « festival de l’enfer ». » 

Sur la dernière phrase de l’extrait, voir plus haut.

S’il est vrai que l’entretien n’était pas « haineux », il donnait cependant la très désagréable impression de gonfler un certain nombres d’éléments disparates et sans grande signification (les gardes à vues, la question du nombre de festivaliers…) pour dissimuler le relatif échec de la pétition (5 000 signatures contre 35 000 pour la pétition de CEC l’an dernier et 80 000 pour celle de Civitas contre le Piss Christ cette année). C’est ce qui a déclenché la colère, à mon avis compréhensible et légitime, des festivaliers mais pas seulement, contre cette interview. Cela dit, je connais un peu l’un des participants de l’entretien et je confirme qu’il semble de bonne foi et motivé par des soucis d’intérêt commun et non par la haine, même si je trouve son discernement sur le Hellfest et le métal extrêmement erroné.

Je pense que cet extrait pointe ce qui est à mon avis une grande erreur stratégique des anti hellfest: le problème, ce n’est pas le festival lui-même, qui invite les groupes réputés du genre. C’est le fait que certains des styles de musiques (pas tous loin de là) qui y sont représentés sont souvent associés thématiquement par le public et par les musiciens eux-mêmes à l’anti christianisme, au satanisme, à l’occultisme etc. en particulier le death metal et surtout le black metal. Persuadez ou contraignez les organisateurs du Hellfest de ne plus inviter de groupes « cathophobes » et ceux-ci trouveront sans difficultés d’autres lieux ou se produire, et même s’il n’en trouvent pas, ne seront pas entravés pour autant dans la diffusion de leurs idées: l’un des groupes de black metal les plus connus et les plus hostiles au christianisme, Burzum, ne donne aucun concert. Par contre, poser la question sur le plan plus général, mais aussi plus pertinent, des thématiques propres au métal extrême, en essayant de déconstruire les a priori anti chrétiens supposément propres au genre et de promouvoir une relecture chrétienne ou « neutre » de celui-ci, comme le présent site s’efforce de le faire, voilà qui peut contribuer à changer les mentalités, de telle sorte que les groupes connus et talentueux, y compris de black metal, ne soit pas si souvent ceux-là mêmes qui sont les plus hostiles au christianisme.

On pourrait m’objecter que la transformation des mentalités sur le long terme peut être associée à plus court terme à une action de lobbying sur les organisateurs et les responsables politiques. Je pense que c’est une illusion: les thématiques satanistes propres au rock et à ses épignones sont souvent nées et se nourrissent des condamnations et des pressions par des organismes et des responsables religieux: du rock à Black Sabbath, de Black Sabbath à Venom et Slayer, de ceux-ci à Deicide et Morbid Angel, et enfin de ces derniers à Mayhem ou Marduk. Je crois que c’est Einstein qui disait que répéter sans cesse la même action en espérant un résultat différent est le plus sûr signe de la folie. En ce sens, au regard de l’histoire du métal, la démarche des anti Hellfest parait « folle » (et je précise bien: folle au sens de contraire à la réalité, voire dangereuse, pas au sens de Saint Paul).

« Interdiction du Hellfest :

Comme le spécifie bien le commentaire d’Innerlight à propos de l’interview du Président du collectif que nous avons publié, le témoignage de Pneumatis, et l’intervention du curé de Clisson ne signifient pas qu’il faille interdire le Hellfest. Ce n’est pas non plus le but premier du Collectif : le collectif veut éviter les débordements et les discriminations anti-chrétiennes de certains groupes qui peuvent exister dans le festival. »

Oui mais le Collectif, comme il le rappelle d’ailleurs dans l’entretien en cause, choisit spécifiquement comme moyen d’action  l’appel à la censure, ce qui, si je ne suis pas systématiquement opposé à toutes censures, me parait extrêmement inopportun dans le cas du Hellfest pour les raisons que j’ai exprimées notamment dans mes articles en réponse à la pétition du Collectif ou encore dans Hellfest: respecter autrui dans mon expression… comme dans la sienne.

« La question des subventions publiques :

Les subventions publiques ne peuvent être allouées que si le festival respecte la loi. L’appel à la haine, la discrimination publique d’une communauté quelle qu’elle soit est en France condamnée par la loi. Si le Hellfest ne respecte pas la loi, il n’y a pas de raison que des subventions lui soient attribuées. Cela ne signifie pas qu’il faille supprimer toutes les subventions du festival, mais que le festival ne peut accepter des groupes prônant la discrimination. »

Encore faut-il prouver que l’appel à la haine ou à la discrimination sont constitués. Comme j’ai tenté de le démontrer dans  « Hellfest: respecter autrui dans mon expression… comme dans la sienne », et comme les responsables du collectif l’admettent eux-mêmes à mots couverts dans l’entretien en cause (« Les députés et sénateurs ont un vrai travail à faire pour que la christianophobie, ainsi que l’incitation à des attitudes attentatoires à la dignité de la personne humaine, soient mieux prévenues et sanctionnées, au même titre que le sont l’antisémitisme ou l’islamophobie« : je reviendrai sur la question de la « cathophobie » dans la seconde partie de mon billet, puis probablement dans un article qui lui sera exclusivement consacré),  c’est loin d’être évident, même si je reconnais que je ne suis pas juriste et que certains textes et précédents semblent pouvoir l’objet d’interprétations dans les deux sens. Mais une fois encore c’est aux anti Hellfest que revient la charge de rpouver leurs allégations, et non au festival de se justifier d’accusations elles-mêmes contestables dans leur contenu comme dans leur formulation.