Archive pour Elgibbor

« Auteurs invités »

Posted in Auteurs invités with tags , , , , , , on 9 janvier 2013 by Darth Manu

 Elgibbor - The Imminent Invasion

J’ai publié par le passé trois textes émanants d' »auteurs invités »:

Peste Noire ou le Métal Noir rédempteur de France

La beauté comme rédemption (tous les deux par Ambroise)

Un témoignage sur la journée « Le Metal: des vibrations interdites? » du 25 novembre 2012 (un témoignage d’Anne)

Si des personnes sont intéressées par la possibilité de contribuer à leur tour (bénévolement) à ce blog, elles peuvent m’envoyer leur(s) proposition(s) de texte(s) à l’adresse suivante:

darth_manu [at] hotmail.fr

accompagnées d’une suggestion de titre, et éventuellement d’illustrations.

Les thèmes abordés peuvent concerner:

– le black metal.

– le metal en général, considéré dans ses relations avec la religion, ou avec telle ou telle religion (pas seulement le christianisme), ou encore avec la culture contemporaine dans son ensemble.

– le christianisme considéré dans ses relations avec la culture (par exemple avec l’art contemporain, ou avec la musique sur telle ou telle partie de leur histoire commune).

– les courants de pensée et les religions recomposées qui ont pu avoir une influence thématique sur le black metal (par exemple le(s) satanisme(s)).

– tout témoignage personnel qui paraitra en relation avec les thèmes de ce blog.

– toute autre idée qui apparaitra opportune.

Je préfère les contributions argumentées qui expriment des opinions avec lesquelles je suis en désaccord, à celles qui rejoindraient mon point de vue mais qui seraient péremptoires.

Si publication il y a, je rajouterai la mention [auteur invité] après le titre, et j’ajouterai quelques lignes, en caractères gras, d’introduction du texte et de présentation de l’auteur (merci d’indiquer sous quel nom vous désirez être nommé). Le billet sera archivé, très logiquement,  dans la catégorie « Auteurs invités ».

Merci à celles et/ou ceux qui se montreront intéressé(e)s.

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Quelques éléments de réponse préliminaires à certaines objections au « black metal chrétien »…

Posted in Unblack Metal with tags , , , , , , , , , , , , , on 17 octobre 2012 by Darth Manu

Ce « billet » n’en est pas vraiment un, mais est un copier-coller d’un commentaire que j’ai posté sous le précédent, en réponse à certaines objections qui m’étaient faites sur la question de la légitimité ou non d’un black metal chrétien. En attendant un second billet plus approfondi sur cette question, à paraitre d’ici la mi-novembre, il a pour raison d’être, d’une part, d’éviter de trop « flooder » un article davantage axé sur les relations entre black metal, christianisme et art contemporain, d’autre part de rendre plus visible cette discussion intéressante qui est menée depuis plusieurs jours sur « l’unblack metal »:

Je pense qu’il y a un petit malentendu sur ce que j’entends par « black metal chrétien ». J’y consacrerai prochainement un billet à part entière, probablement d’ici la mi-novembre, mais je vais donner dès maintenant quelques éclaircissements très rapides.

En premier lieu, quand je parle de black metal « chrétien », je ne l’entends pas au sens où l’on peut dire que Glorious est de la pop chrétienne, ou même que HB, Stryper ou Theocracy sont du metal chrétien. Le black metal, en tant que support musical, ne permet pas de manifester toute la Gloire de la Résurrection dans toute sa plénitude et son achèvement. C’est en ce sens que j’écris plus haut qu’on ne peut pas faire d’alleluia black metal. Le black metal, précisément en ce sens que sa quête de la violence et du désespoir à l’état pur est aporétique, qu’elle ne débouche certes pas sur la révélation pleine et entière d’une transcendance, mais qu’il échoue également à concrétiser cette négation absolue de Dieu cherchée par ses géniteurs, pose une question, celle de la possibilité de la conversion (et inversement celle de la possibilité de l’apostasie). Il n’y répond pas, il la pose juste. Et en ce sens, d’un point de vue chrétien, il est intrinsèquement limité et effectivement « impuissant ». C’est pourquoi personnellement je n’écoute pas que du black metal, mais j’alterne avec des épisodes découte de heavy metal, de power metal, de metal symphonique, de msuique proprement religieuse même, toutes beaucoup plus à même d’exprimer la joie pascale. C’est pourquoi également je concluais un précédent billet, qui m’avait servi de méditation l’an dernier lors du samedi saint, par la phrase suivante:

« Et comme l’attente dans les ténèbres finit par céder place à la lumière, je vous laisse et vous souhaite une joyeuse Fête de Pâques! »

Pourtant, je défends cette quête d’un black metal chrétien pour les raisons suivantes:

– D’une part parce que cette question est un fait historique, et est posée par de nombreuses personnes dans de nombreux pays, et quasiment depuis l’apparition du black metal en tant que telle. Des personnes aiment profondément cette musique, sont chrétiennes, luttent pour trouver une cohérence entre ces deux aspects de leur vie, et je pense que la moindre des choses vis à vis de ces témoignages est de poser cette question à fond.

– D’autre part, du point de vue de mon expérience personnelle:j’ai commencé à écouter du black metal à l’âge de 18 ans (j’en ai 35 aujourd’hui) dans une période de révolte contre l’Eglise et le christianisme. A l’époque, j’étais profondément attiré par l’angle sataniste, au fond plus encore que par la musique elle-même. En fait, je voulais moi-même devenir sataniste, même si concrètement ça ne s’est jamaisfait. Je suis revenu définitivement dans l’Eglise, après un long et douloureux cheminement personnel, à 28 ans. A cette époque, je n’écoutais plus de msuique, mais vraiment plus du tout. Vers 31 ans, j’en ai conçu du regret, et ai recommencé à écouter du metal, en privilégiant son expression chrétienne. Ce que j’ai remarqué, c’est que bien que j’ai définitivement tourné la page de la révolte, et que l’aspect anti chrétien du black metal me parait aberrant, j’apprécie toujours la musique, et en fait davantage qu’avant, même si c’est par période alternée avec des périodes où j’écoute d’autres styles.Ma question est « pourquoi? ». Je ne dis pas que j’y ai pleinement répondu, mais c’est l’un des objectifs de ce blog d’y arriver.

S’il est certain que je n’imagine pas que l’on passe du black metal même chrétien dans des rassemblements type JMJ ou FRAT comme on y passe du Glorious ou du Agapè, il m’a semblé cepndant distinguer trois compréhensions de ce terme « black metal chrétien », qui me paraissent légitime.

1) D’un point de vue interne au black metal: le black metal ne peut exprimer la conversion en tant que telle, mais il en suggère la possibilité. Le fait qu’il y ait du black metal chrétien peut se concevoir comme un phare dans la nuit du black metal (d’où le titre de mon blog, même si c’est aussi une chanson des Beatles).Ce que les groupes de black metal chrétien rappellent, qu’on soit convaincu ou pas par l’adaptation du black metal à leur foi (en fait très diverse, comme je le montrerai dans mon billet) qu’ils proposent, c’est que même au plus profonde de la nuit, au plus profond de la révolte, la possibilité d’être touché par Dieu, la proposition de sa Grâce, demeure. Ce qui me parait exprimé de façon tout à fait géniale par l’intro de l’abum Hellig Usvart, de Horde: « A Church Bell Tolls Amidst the Frozen Nordic Winds ». Commel’indique ce titre, on entend les murmures d’un vent qu’on imagine souffler puissament sur les étendues désertiques de la Norvège, tant célébrées par certains groupes de black metal, et au loin, la cloche d’une église. D’une manière différente, l’unique membre du groupe Elgibbor, qui était sataniste, drogué, alcoolique, s’est converti et abandonné quasi instantanément, et à vrai dire miraculeusement toutes ses addictions (et pour connaitre des personnes en proie à certaines, je sais que c’est loin d’être évident). Il ne faisait plus siennes cette souffrance et cette impuissance présentes dans le black metal. Pourtant il a éprouvé le besoin de rester dans le milieu du black metal, et de monter son groupe, non pas pour exprimer  sa propre impuissance, son propre désespoir, sa propre souffrance, mais comme un témoignage qu’il a connu les sentiments exprimés par le black metal, et que pourtant il a trouvé une issue dans sa foi (en gardant à l’esprit qu’il est préférable de ne pas inscrire cette démarche dans une perspective de prosélytisme ou d’entrisme, que beaucoup de black metalleux craignent et dénoncent à juste titre, mais comme un simple témoignage, qui renvoie chaun à son jugement propre et à son parcours: la conversion ne s’impose pas: elle inspire (ou non) les coeurs).

2) D’un point de vue interne au christianisme, sans doute plus intellectuel que spirituel: le black metal, comme je l’ai souvent écrit, exprime le point de passage limite entre la négation la plus absolue de Dieu et la conversion, précisément parce qu’il est si limité et ontradictoire, que vouloir vivre pleinement la « philosophie black metal » mène soit à l’enfermement et à la folie, soit à essayer de briser ce cercle vicieux, en posant des limites ou en changeant son point de vue, entre autre, et de façon extrême, par la conversion. Et c’est intéressant d’un point de vue chrétien, et il ne me parait guère surprenant que certains groupes d’unblack, ainsi Antestor, par exemple avec son morceau Betrayed qui porte sur le suicide, se soient attachés à cette thématique. Il est certes évident que se focaliser sur cet aspects de la vie de foi, qui peut être aussi bien l’instant précédent la conversion, que celui où on endure l’attente de Dieu au plus profond des ténèbres d’une épreuve, peut mener à l’enfermement aussi sûrement que le « true black metal », si on oublie qu’il doit nécessairement s’effacer pour laisser place à la conversion, mieux exprimée sans doute par d’autres genres musicaux. Il est évident aussi que la « violence » de l’art chrétien est très différente de la violence du black metal, précisément parce qu’elle est moins complaisante, qu’elle est orientée vers un sens, mais c’est justement le choc de cette différence qui rend cette confrontation intéressante à mes yeux.

3) Toujours d’un point de vue interne au christianisme, mais probablement plus spirituel, quoique plus diffus, parfois, la musique proprement chrétienne, orientée vers la joie, l’espérance et tout, peut enfermer et couper de la vie de foi elle-même. Parfois, dans certains rassemblements, dans certaines célébrations, l’accent mis sur cette joie peut paraitre un peu artificiel, détacher un peu du souvenir de toutes ces souffrances bien réelles, qui peuvent briser nette notre foi si celle-ci est trop naïve et idéalisée. Parfois, après un « temps fort » chrétien, je ressens vraiment le besoin d’écouter du black metal, à la manière dont on tend en sens inverse un ressort pour le redresser.

Enfin, il existe de nombreux (quoique pas très très très nombreux ) black metalleux chrétiens, qui chacun à leur manière, tentent de répondre à cette question que je me pose avec eux. Et même si il y a des exemples de ratages criants, ainsi certains groupes dont le discours me ferait presque regretter celui des black metalleux plus traditionnels ou ce cas récent d’un groupe d’unblack qui a brutalement retourné sa veste pour faire du black violemment anti chrétien (Ancient Plague, désormais renommé Litany of Scars), ce qui nous rappelle que ce point de passage exprimé par le black metal est dans les deux sens, vers la conversion, mais aussi vers l’apostasie, je choisis de faire confiance à la majorité d’entre eux pour me surprendre et apporter des réponses auxquelles je n’aurais pas pensé (ainsi l’un des morceaux les plus convaincants de Crimson Moonlight, tant musicalement qu’au niveau du texte, Thy Wilderness, réinterprète dans une perspective chrétienne, de manière très intéressante, l’exaltation de la nature et des paysages scandinaves présente chez de nombreux groupes de black).

Je comprends que cette approche du black puisse paraitre « ennuyeuse » pour des personnes qui ne sont pas habitées par de telles questions. Mais force est de reconnaitre qu’elle ne l’est pas pour tous (et de même, il y a aussi des personnes, même bien disposées, que le black metal en général ennuie profondément)…

Fire de Elgibbor: du satanisme au black metal chrétien

Posted in Unblack Metal with tags , , , , , , , , on 19 janvier 2011 by Darth Manu

 

Groupe sympathique sans être totalement incontournable au sein du BM chrétien, Elgibbor a deux particularités: c’est un one man band à la manière de Burzum, et c’est le projet d’un ancien sataniste, converti au christianisme, qui utilise sa musique pour diffuser le message qui a transformé sa vie.

« Fire » (alias Jarek…) également membre de Fire Throne, explique dans une interview comment sa conversion a transformé sa vie pour le meilleur:

« – You were known to be a Satanist in the past, but you have converted to Christianity. That’s quite a different take on life, any particular event that caused this change? Was it a sudden change, or a slow transition? How is it to be a Christian and live with a satanic past?

My life was on a downward spiral. I was pretty deep in to drugs and alcohol and had lost all sense and reason in life. A lot of my friends had committed suicide and I knew I was on the same road. The day came when I did try to commit suicide and a friend of mine found me and told me that God had changed his life and that there really was hope and sense in this life. I had hit rock bottom and had nowhere else to turn… so I listened to him and made the decision to give my life to Christ. I realized that God could rebuild everything that I had torn down in my life. I gave up the drugs and alcohol immediately. I finally saw past the “religion” and saw God as someone I could have a true friendship with » (Interview sur le site Metal Storm).

Il précise les circonstances de celle-ci dans une interview accordée au site Christian Metal Fellowship:

« I asked the Lord to be my Savior around 12 years ago. A drummer and great friend in my band got saved and he witnessed to me over and over again. He never gave up on me and still cared for me like a brother even when I didn’t see things his way. He invited me to a Christian conference and I decided to go because I didn’t have anything better to do. God met me there in a mighty way and I ran forward during the altar call and threw up my hands and surrendered my life to Him. The next night He delivered me from drugs, alcohol, cigarettes and black magic! We serve an awesome God ».

Nous avons là le portrait type du black metalleux pris dans une spirale de désespoir et d’autodestruction,tellement stéréotypé qu’il est en fait plutôt rare dans ce milieu, qui rencontre un jour Dieu et abandonne tout ce qui était source de perdition dans sa vie. A ce titre, son parcours rappelle beaucoup quelques témoignages allègrement diffusés sur certains sites catholiques (celui-ci par exemple), qui sont présentés comme des mises en garde contre les dangers supposés du métal extrême.

Jarek se distingue cependant de ces derniers sur un point important: s’il abandonne immédiatement et de manière spectaculaire tous les comportements mortifères qu’il associait jusqu’ici à son écoute et à sa pratique du black metal, il ne va pas se détourner de ce dernier, et va même jusqu’à créer son propre groupe, avec pour objectif d’évangéliser son ancien milieu:

« Alex:
What is Elgibbors goal as a band?
Jarek:
To let people in the « metal world » know that God loves them right where they are no matter what they look like or how they feel. And to infiltrate the « enemy’s territory » with the Light, Love, Grace, Mercy and Forgiveness that only comes with a saving knowledge of Christ!!! » (Christian Metal Fellowship).

La formulation du projet peut paraitre un peu naïve, mais celui-ci me fascine par deux aspects:

1) Le black metal, avec l’alcool, la drogue, la magie noire, etc. était l’un des éléments centraux de l’ancienne vie de Jarek. Après sa conversion, non seulement il retire de cette musique une satisfaction qui parait tout aussi grande (tout au plus il privilégie désormais l’écoute de groupes de black metal avec des paroles chrétiennes, et n’écoute plus les « autres » groupes que dans des festivals comme Wacken) , mais il y voit le terrain et l’instrument privilégiés de sa nouvelle mission de baptisé.

« Alex:
What are some of your favorite bands? Christian then secular
Jarek:
DC Talk, Toby Mac, Newsboys, Amy Grant…haha….just kidding! (Those are great bands, just not my style!) I like Narnia, Arvinger, Slechtvalk, Antestor, Horde etc. Too many to list! The only secular music I listen to is Vivaldi! Other than that, I only listen to music that exalts the Lord » (Christian Metal Fellowship).

« The notorious vocalist of Gorgoroth, Ghaal, once said in a video: « Black metal is a message ». Does your music contain a message too, and if so, what is your message?
Yes my music always contains a very strong message. The main messages in my music are about the spiritual battles that we all go through and the relationship between humankind and their Creator » (Metal Storm).

2) Jarek ne perçoit pas son background de black metalleux anciennement sataniste comme un simple égarement de jeunesse heureusement rectifié, mais comme une opportunité:

« I think that coming from a satanic background makes me even stronger. I saw the side of life that was filled with hopelessness and despair and stepped in to a life full of hope and grace. I also think God allowed me to go through what I went through so that I could have a better understanding of where people are coming from when they too get to a point where life doesn’t make sense anymore. No matter how hard you try to understand someone, you can never fully understand what they’re going through unless you’ve been there yourself and I’ve been there too… I can totally relate and understand what it’s like to live without hope… something that not many Christians can truly do » (Metal Storm).

La communauté constituée par les black metalleux n’est pas la source du mal, mais ce qui doit être sauvé de celui-ci. Fire s’est converti, a abandonné miraculeusement toutes ses addictions, et pourtant sa passion pour le black metal n’a pas faibli. Non seulement elle est devenue à son tour un germe d’espérance, à travers son projet musical: Elgibbor, mais la fréquentation de ce style musical préserve sa sensibilité à une forme de souffrance qui passe souvent inaperçue, et qu’il a expérimentée intimement lorsqu’il était sataniste. Le black metal lui permet de ne pas oublier cette absence apparente de Dieu qui, sans qu’il le sache, était la cause de ses souffrances et de son désespoir, de témoigner pour toutes ces personnes qui au travers de leur engagement dans le milieu du BM expriment la frustration de leur désir d’absolu, par le cynisme, la provocation, le blasphème, pour qui la formulation usuelle de l’espérance chrétienne ne fonctionne pas  …

A travers sa musique, il dénonce bien sûr l’idéologie du satanisme, mais souligne aussi certaines insuffisances du discours que nous chrétiens, tenons aujourd’hui sur notre foi, qui non seulement échoue à toucher certains, mais passe parfois tellement à coté de leurs souffrances et de ce qui leur tient à coeur qu’elle les insupporte et suscite leur révolte et leur colère. Faire le choix de ne pas les condamner d’emblée, mais de comprendre leur logique et leur démarche intérieure permet de discerner ce qui a pu décevoir leurs attentes dans l’annonce de l’Evangile et de reformuler celle-ci d’une manière qui correspond à leur histoire personnelle et leur vie intérieure. Jarek, en ce sens, est la preuve vivante que non seulement le black metal n’est pas opposé par essence au christianisme, mais qu’il a quelque chose à lui apporter.

Le black metal n’est donc ni tout à fait indissociable de l’idéologie mortifère qui lui est généralement associée, ni tout à fait distinct de celle-ci, mais constitue un point de passage entre désespoir et espérance, entre blasphème et conversion, révolte et adhésion… Pour le désespéré et le cynique, il est, en tant que musique, création artistique, une ouverture vers l’éternité et la transcendance. Et au chrétien, à l’homme qui essaie de faire grandir en lui la foi, l’espérance et la charité, il est un rappel de la douleur que l’on éprouve lorsqu’on manque de tout cela, une mémoire de la souffrance et du péché qui permet de prendre davantage conscience encore de la vie nouvelle apportée par le souffle de l’Esprit,  tout en conservant de la sympathie et une forme de proximité envers ceux qui errent encore

Dans les interviews précédemment citées, Fire témoigne des réticences de beaucoup de chrétiens et de métalleux devant ce message, et j’y retrouve la souffrance que je ressens quand je vois mes deux communautés d’appartenance s’entre-déchirer et se déclarer mutuellement l’ultime ennemi de tout ce qui est bon, beau et vrai, ce qui motive d’ailleurs l’existence du présent blog.  Et s’il m’arrive de trouver que  son discours sur le christianisme manque parfois de nuances et de subtilités théologiques, pour le peu que j’en connais, je trouve que les paroles qui suivent traduisent bien la profondeur et la sincérité de la vie spirituelle et de la démarche de Fire:

« Heaven or Hell

I was the one who condemned him to die,
I was one of them who blasphemed his name,
I was the one who laughed when I saw evil on the Earth,
I thought I was strong and that others didn’t matter.
When I saw the place I was blindly headed, Fear gripped my soul.
I saw that hell existed! But when I hear your name, a door opened to heaven.
I saw that heaven existed! I want to live there forever.
With your life is easier. I know you are always close when I need you.
You are mightier than Lucifer the liar. Many souls are still in prison,
Only you give true freedom » (« Heaven or Hell », Repent or Perish, paroles sur Encyclopaedia Metallum).