Archive pour Satanic scare

A propos de certaines réactions de catholiques à l’initiative du Temple Satanique de Minneapolis

Posted in Regard chrétien sur les influences ésotériques, satanistes et païennes du black metal with tags , , , , , on 21 novembre 2015 by Darth Manu

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J’ai partagé vendredi matin sur la page Facebook de la Conférence Catholique des Baptisé.e.s Francophones, dont j’ai intégré l’an dernier l’équipe de modération, un article d’un journal américain qui relatait l’initiative du Temple Satanique de Minneapolis que je mentionnais dans mon précédent article. J’indiquais dans le chapô que je considérais cette action comme « une très bonne surprise ».

Ce partage a suscité quasi immédiatement une série de commentaires indignés, de la part d’un groupe de lecteurs finalement assez peu nombreux mais très vindicatifs.

Certaines de ces réactions illustrent à mon sens le triste état intellectuel et moral dans lequel se trouve aujourd’hui une partie de l’Eglise en France: de celui qui sans rire, de manière cuistre et indécente, rapproche la promotion que j’ai faite d’une campagne de solidarité envers une population victime de discriminations, voire d’agressions physiques, de la notion de « mal radical » d’Hannah Arendt, à celui qui dit en gros que c’est normal que des satanistes veuillent protéger des terroristes.

D’autres réactions exprimaient une surprise beaucoup plus respectable. Ainsi, une personne qui m’a été présentée comme très ouverte d’esprit et un pilier de la première heure de la CCBF, a envoyé un mail à l’adresse de cette dernière, en se disant « sidérée »et en demandant des explications. Je reproduis ci-dessous les deux messages que je lui ai adressés en retour, auxquels elle a répondu d’une manière apaisée et à mon sens tout à fait recevable:

« Bonjour,

Je suis la personne qui a partagé l’initiative du Satanic Temple sur la page de la CCBF.

Quelques éléments de contexte:

1) Le Satanic Temple n’est pas à proprement parler un culte sataniste. IL ne croit pas en l’existence de Satan, et est essentiellement un groupe d’athées enclins au second degré, qui milite en faveur de plus de libertés individuelles, et qui a lancé des actions en faveurs des « droits reproductifs », du mariage gay etc.

Leurs « principes », ni originaux, ni choquants, sont les suivants:

  • One should strive to act with compassion and empathy towards all creatures in accordance with reason.
  • The struggle for justice is an ongoing and necessary pursuit that should prevail over laws and institutions.
  • One’s body is inviolable, subject to one’s own will alone.
  • The freedoms of others should be respected, including the freedom to offend. To willfully and unjustly encroach upon the freedoms of another is to forgo your own.
  • Beliefs should conform to our best scientific understanding of the world. We should take care never to distort scientific facts to fit our beliefs.
  • People are fallible. If we make a mistake, we should do our best to rectify it and resolve any harm that may have been caused.
  • Every tenet is a guiding principle designed to inspire nobility in action and thought. The spirit of compassion, wisdom, and justice should always prevail over the written or spoken word

En tant que catholique, je n’approuve pas particulièrement leur choix d’imagerie et la plupart de leurs provocations médiatiques, mais malgré leur nom, il est évident à mes yeux qu’ils ne constituent pas une menace sociale, ni spirituelle. Et pour tout dire, ils me font mille fois moins peur que le Salon Beige, Civitas, ou même certains évêques.

2) Quand bien même ils seraient plus que ce qu’ils apparaissent (ce dont, une fois encore, je doute fortement) l’article partagé ne portait pas sur leur engagement en général, mais sur une action en particulier, la proposition d’accompagner des musulmans dans leurs trajets, dont j’ai vraiment bien du mal à voir en quoi elle ne serait pas louable, a fortiori de la part de personnes dont on aurait pu croire qu’elles entretiendraient les pires préjugés sur le « fanatisme » religieux.

3) Vous vous dites sidérée. Je le respecte, le prends en compte pour mes contributions ultérieures, et suis prêt à en discuter plus avant avec vous. Je reconnais que j’aurais sans doute dû discuter avec les autres modérateurs avant de publier cet article. J’ai également conscience que nous sommes toutes et tous particulièrement tendus cette semaine, moi le premier.

Je dois cependant vous dire que je suis moi-même, à titre individuel, extrêmement peiné et choqué par le levée de bouclier de ce matin, dans laquelle votre réaction semble s’inscrire. L’information principale, c’était que des personnes ayant certaines convictions affirmaient, avec des actions concrètes à la clé, leur solidarité envers des personnes ayant des convictions antinomiques. Le lecteurs de la CCBF auraient pu se dire: « ah tiens, bonne idée. Si on tentait un truc dans ce genre, dans une perspective chrétienne » ou encore:: « ah, si même les satanistes s’y mettent, il est peut-être temps pour nous, chrétiens, de faire véritablement quelque chose ». Mais non, les réactions ont été quasiment uniformément: « Ah, mon Dieu, des satanistes, quelle horreur! Qu’est-ce que ça cache? » Je comprends que l’étiquette sataniste provoque, mais , et comme je l’écrivais ce matin, le fait qu’une étiquette, même de très mauvais goût, occulte à ce point dans l’esprit des catholiques français le caractère positif d’une action dont je ne vois pas comment on peut remettre en cause l’utilité, quelles que soient les arrières-pensées hypothétiques que tel ou tel serait tenté d’attribuer à ses auteurs, me rend profondément triste et pessimiste quant à la capacité de notre Eglise, et plus largement de la société française, à dépasser ses tensions et à surmonter les tentations de la violence et du repli.

Pardonnez-moi pour cette franchise, mais comme je vous l’ai dit, je suis-moi-même assez tendu aujourd’hui.

Si ce qui est à mes yeux une grave incompréhension monte en puissance, et si la CCBF doit reculer, je le comprendrai et le respecterai. Mais je le regretterai profondément.

Je reste à votre disposition pour des éclaircissements complémentaires.

Cordialement, »

« Je viens de tomber sur cet article d’une paroisse protestante américaine sur le sujet, qui me paraît bien exprimer l’état d’esprit dans lequel j’ai fait ce post:

Par ailleurs, il semble que le chapitre de Minneapolis du Temple satanique se soit fait taper sur les doigts par son échelon national, sans doute du fait de l’exposition médiatique , et ait dû retirer le post. Je trouve ça un peu dommage, d’autant que quelques musulmans américains sur les réseaux sociaux semblaient sincèrement touchés. »
J’ai conscience que toute cette polémique est absolument dérisoire et anecdotique au regard de ce que traverse notre pays depuis une semaine. Comme je me sens absolument impuissant au regard des problèmes autrement plus graves qui sont soulevés, cette histoire me permet du moins de m’occuper l’esprit.
Elle révèle à mon sens combien la lecture que fait l’Eglise du satanisme organisé, dont l’existence est finalement très récente (1966 pour ce qui concerne l’Eglise de Satan, l’organisation sataniste la plus célèbre) relève plus du fantasme (avec parfois des arrières-pensées idéologiques) que d’une connaissance véritable et sérieuse de la réalité de ces mouvements. Et, comme souvent avec les fantasmes, cela conduit trop souvent à la paralysie du discernement moral des catholiques, pas la meilleure manière à mon avis de se prémunir de l’action supposée du « Prince des mensonges », et certainement pas une manière saine (ni sainte) d’aborder la question du mal dans notre société et notre temps.
Je voulais déjà aborder cette question début 2013. Les débats sur le mariage pour les personnes de même sexe et les études de genre sont passés par là et m’ont accaparé. Je viens de voir qu’une synthèse universitaire qui semble sérieuse vient de paraître en anglais sur la question du satanisme. Si elle est bien faite, j’en rendrai probablement compte dans un prochain billet sur ce blog.
Addendum: Lucien Greaves (alias Doug Mesner), le fondateur et leader du Satanic Temple, vient de publier une tribune qui explique pourquoi il a demandé au chapitre de Minneapolis de retirer sa proposition. Autant je comprends (et soupçonnais) le problème de logistique que soulevait l’initiative telle qu’elle était formulée, autant la remplacer par une campagne sur les réseaux sociaux du type #voyageavecmoi m’aurait semblé préférable à cette suppression pure et simple. Mais tant les arguments employés par cette tribune que la proposition initiale font apparaître ces satanistes sous un jour beaucoup plus humain que beaucoup de catholiques. Et pour nous chrétiens, cela pose effectivement problème. Mais le genre de problème qui devrait impliquer, plutôt que des hurlements d’indignation ou des procès d’intention, une bonne dose d’auto-critique et de remise en question.

Des satanistes au Nagaland?

Posted in Christianisme et culture, Regard chrétien sur les influences ésotériques, satanistes et païennes du black metal with tags , , , , , , , , , , , , , , on 11 juillet 2013 by Darth Manu

Je viens de découvrir sur Facebook l’article suivant:

« Le développement du culte satanique dans le Nagaland, au nord est de l’Inde, inquiète considérablement les responsables religieux de cet Etat majoritairement chrétien. Le Nagaland et les Etats de Meghalaya et de Mizoram, ses voisins, sont les seuls à majorité chrétienne, alors que le pays compte 28 Etats et 7 territoires. Cette région du nord est de l’Inde a été évangélisée au XIXe siècle à l’époque de l’occupation britannique. Le Nagaland, peuplé par les Nagas, a été christianisé sous l’influence de missionnaires baptistes américains. 

Une mode chez les jeunes

Les églises chrétiennes locales estiment que de plus en plus de jeunes se tournent vers l’adoration de Satan et appellent à une prise de conscience. Ainsi le révérend Ben Dang Toshi Longkumer, le représentant au Nagaland de la Compagnie évangélique d’Inde s’inquiète : « l’adoration de Satan a considérablement changé le comportement et la vision du monde des jeunes, même si aucune activité criminelle n’a été rapportée pour le moment. » Selon les églises locales, la seule ville de Kohima, la capitale de Nagaland, compterait 3.000 adorateurs de Satan.

En avril dernier, elles avaient lancé pendant une semaine (du 24 au 30), une opération contre le satanisme baptisée « la Croisade de la transformation » : quatre pasteurs, 50 « conseillers spirituels », 160 « guerriers prieurs », et plus de 600 volontaires de différentes Eglises et de l’université biblique de Kohima sont allés dans les rues de la capitale pour sensibiliser les jeunes et les éloigner des groupes satanistes.

La croisade de la transformation

Khotuo Yaotsu, président du comité d’organisation de cette « croisade » déclarait à la presse que « 80% des adorateurs de Satan qui ont été délivrés de son emprise ont avoué avoir été attirés à lui par les jeux vidéo, comme DOTA (Defense Of the ancients) ou World of warcraft, tous deux jeux de rôle. La guerre que nous menons contre lui est plus intense que ce que nous pensions quelques années plus tôt. » Mais les résultats ont semblé favorables, puisque M. Yaotsu a rajouté que son organisation « prévoyait d’autres croisades pour l’ensemble de l’Etat du Nagaland. »

Aujourd’hui le problème reste posé pour les autorités ecclésiastiques. Le révérend Zotuo Kiewhuo, pasteur de l’église baptiste de Koinonia à Kohima, pense que le culte satanique se répand comme un « incendie sauvage » à cause de la crise d’identité que traverse la jeune population. Mais d’autres éléments sont à prendre en compte, comme la corruption endémique qui ronge l’Etat, ou encore la résurgence incessante des conflits tribaux. » (Fait religieux, « Inde : le satanisme se développe chez les jeunes du Nagaland »).

J’adore cet article: il fait état d’un « développement du culte satanique dans le Nagaland », mais sans indiquer quels phénomènes concrets, observables, mesurables, le mettent en évidence. S’agit-il de cultes déclarés et visibles, comme l’Eglise de Satan ou le Temple de Set (qui me paraissent très loin de progresser) dans d’autres pays? D’une hausse des faits divers liés à des pratiques sataniques et/ou occultes? De témoignages de « rescapés » de cultes secrets (à la manière des faux témoignages qui ont suscité une vague de panique aux Etats-Unis dans les années 1980)? D’une scène de black metal en pleine croissance? Du succès commercial de séries américaines fantastiques, genre Buffy?

Cet article ne nous dit rien dessus. « Les Eglises locales » avancent le chiffre de « 3.000 adorateurs de Satan ». Mais que font ces adorateurs de Satan, qu’est-ce qui les définiti qui justifie cette appellation? Ils payent une cotisation annuelle à l’Eglise de Satan? Ils violent des bébés? Ils achètent des cds de metal? Ils sont fans de jeux vidéos et de films d’horreur? Ils pratiquent la magie noire? Ils brûlent des églises? D’où vient ce chiffre de 3000? D’un sondage sur les pratiques religieuses? De sources policières sur des interpellations liées à l’occulte ou à l’hostilité contre les religions? Des chiffres de vente de World of warcraft ou de Vampire the Requiem? Des chiffres de fréquentation des concerts et festivals de metal? D’une estimation au doigt mouillé par telle ou telle association de chrétiens « concernés »?

Ces articles qui visent à « alerter », mais qui ne reposent sur aucun élément d’information sourcé et vérifié, et qui font appel à l’imagination et à la peur, si courants malheuresuement sur les sites chrétiens, toutes dénominations confondues, me fatiguent… Est-ce cela, servir la Vérité: agiter des épouvantails et répandre des rumeurs, sans se soucier de vérifier ni de prouver ses accusations? 😦

Pourtant, ce n’est pas comme si ces questions n’avaient jamais été posées. Cela fait des années qu’on trouve sans peine, tant sur le satanisme cultuel que sur l’imaginaire satanique (pour reprendre la distinction soutenue par Nicolas Walzer dans Satan profane: portrait d’une jeunesse enténébrée) de nombreuses études de niveau universitaire, qui démystifient ces phénomènes et sont majoritaires à conclure en faveur du caractère marginal du premier et à leur relative innocuité à grande échelle (en dépit de quelques affaires de meurtres au sein de micro-cultes éphémères, gravissimes en elles-mêmes, mais qui relèvent plus du fait divers que de la conspiration de masse).

Sur le satanisme, je recommande les lectures suivantes, qui ont toutes fortement contribuées à me faire une opinion:

– De Massimo Introvigne, pourtant un catholique proche des milieux traditionnalistes, Enquête sur le satanisme, qui est l’ouvrage qui m’a introduit à cet univers, et l’a considérablement dédramatisé à mes yeux, lorsque je l’ai lu en 1998, alors que j’étais khûbe à Fénelon:

Massimo Introvigne – Enquête sur le satanisme

– D’un collectif de chercheurs, dirigés par Olivier Bobineau, cette série d’études, plus récentes:

Le satanisme: quel danger pour la société?

– Du sociologue Nicolas Walzer, qui fait aussi partie des auteurs de l’ouvrage précédent:

Nicolas Walzer – Satan profane

– Le point de vue d’un « Révérend » de l’Eglise de Satan, qui m’a paru moins rigoureux que les précédents, mais qui dresse des parallèles intéressants entre l’histoire du rock et celle du (des) satanisme(s), et qui contient plusieurs interviews inédites d’acteurs de courants très divers du satanisme (y compris très hostiles à l’Eglise de Satan: cf. l’interview d’Euronymous, par exemple):

Gavin Baddeley – L’essor de Lucifer

Certains de mes lecteurs habituels vont s’empresser de me faire remarquer que je ne cite là que des ouvrages qui vont dans le sens d’une nette minoration de la dangerosité supposée du satanisme. Je répondrai qu’ils ont au moins en commun de s’appuyer sur des chiffres, des citations et des témoignages sourcés, qu’ils cherchent à distingeur les phénomènes (qu’est-ce que le metal? Qu’est que l’imaginaire fantastique? Quels sont les différents discours et les origines des différents cultes?) ce qui n’est pas nécessairement le cas d’ ouvrages qui entendent « alerter » contre le satanisme (ainsi le célèbre  rapport de la MIVILUDES qui semble mettre dans le même sac fans de Buffy et de jeux de rôles et authentiques membres de cultes satanistes). Qu’ils représentent une gamme de points de vue assez large pour s’initier: quoi de commun par exemple entre Massimo Introvigne, membre de l’Alliance catholique et admirateur de Jean Ousset, et Gavin Baddeley, journaliste de la presse rock spécialisée et membre de l’Eglise de Satan? Et enfin que quel que soit le mérite (ou le démérite) des thèses ,qu’ils défendent, ils fournissent tous des sources premières et des pistes bibliographiques abondantes, qui devraient donner aux lecteurs intéressés de tous bords des outils précieux pour se forger leur propre opinion.

Pour ma part, je reviendrai probablement à la fin des vacances d’été, dans une série d’articles, sur les mythes et les réalités liés au satanisme cultuel. En attendant, il me paraissait important, dans cet article, de mettre en garde contre le processus de pensée à l’oeuvre dans le billet de Fait religieux cité plus haut, qui privilégie les discours généraux et imprécis et le travail de l’imagination aux données concrètes et explicites et aux témoignages sourcés, ppour deux raisons:

– Parce que c’est une démarche dangereuse pour les personnes, et peut-être plus que le satanisme lui-même. J’ai toujours du mal à trouver des traces concrètes à grande échelle de la « dangerosité  » supposée  de ce dernier, malgré toutes les décennies qui se sont écoulées depuis le création des premiers cultes californiens. Par contre, je me souviens de ce que d’aucun ont appelé la « satanic scare« , et qui, comme cette dénomination le suggère, a été l’équivalent, aux USA dans les années 1980, du maccarthysme pour le satanisme (et plus généralement pour les auditeurs de musique metal, pour les fans de jeux de rôle et de films d’horreur, pour les jeunes qui aiment s’habiller en noir etc.), et qui, sur la foi de pseudos spécialistes et de procédures pseudo-scientifiques (la régression sous hypnose) aproduit des dégâts, sur certains groupes de personnes, assez considérables (plus de détails ici et ).

– Parce que je suis convaincu que ce qui rend le satanisme attirant, pour certains jeunes, c’est justement son pouvoir sur l’imagination (que ce soit d’ailleurs sur celle des satanistes en eux-mêmes, ou sur celle de des actvistes religieux qui vont parfois jusqu’au harcèlement et à la calomnie pour combattre ces derniers): parce qu’il réenchante, d’une certaine manière , la grisaille quotidienne, parce qu’il permet de faire rentrer le fantastique dans des vies sinon banales. Mieux il est connu, plus il apparait lui-même ordinaire, banal, et moins il est séduisant (c’est en lisant sur lui, en regardant de près des sites satanistes, que j’ai cessé d’être attiré par lui, pour ma part). Et inversement, plus il est présenté comme quelque chose de souterrain et de caché, plus il fascine, que ce soit pour le rendre respnsable de tous les maux, ou au contraire pour constituer, aux yeux de certains une sorte d’antidote à la banalité de la souffrance et de la solitude, à la médiocrité apparente de ce monde et de ses habitants.