Metal et bible (Auteur Invité)

On entend souvent tant des metalleux que des chrétiens s’étonner, parfois en termes très vifs, de l’existence d’un « metal chrétien », et a fortiori d’un black metal chrétien. Le metal est une musique souvent violente, et la foi chrétienne un appel constant à la paix et à l’amour: ne s’agit-il pas de plaquer sur elle une esthétique qui lui est inconciliable? Elie, catholique, metalleux, témoigne de sa méditation personnelle sur cette question, nourrie par son expérience musicale, mais également par une vie de prière quotidienne et par l’année de discernement spirituel qu’il a vécue à la maison Saint François de Sales de Paray le Monial, lorsqu’il s’interrogeait sur l’éventualité d’une vocation de prêtre.

Mon pilier biblique fondateur, pour expliquer comment le métal extrême, dans sa violence, est compatible avec la foi, et peut même être une prière : le psaume 88(87).

Seigneur, mon Dieu et mon salut, dans cette nuit où je crie en ta présence, que ma prière parvienne jusqu’à toi, ouvre l’oreille à ma plainte.
Car mon âme est rassasiée de malheur, ma vie est au bord de l’abîme ;
on me voit déjà descendre à la fosse, je suis comme un homme fini.
Ma place est parmi les morts, avec ceux que l’on a tués, enterrés, ceux dont tu n’as plus souvenir, qui sont exclus, et loin de ta main.
Tu m’as mis au plus profond de la fosse, en des lieux engloutis, ténébreux ;
le poids de ta colère m’écrase, tu déverses tes flots contre moi.
Tu éloignes de moi mes amis, tu m’as rendu abominable pour eux ; enfermé, je n’ai pas d’issue :
à force de souffrir, mes yeux s’éteignent. Je t’appelle, Seigneur, tout le jour, je tends les mains vers toi :
fais-tu des miracles pour les morts ? Leur ombre se dresse-t-elle pour t’acclamer ?
Qui parlera de ton amour dans la tombe, de ta fidélité au royaume de la mort ?
Connaît-on dans les ténèbres tes miracles, et ta justice, au pays de l’oubli ?
Moi, je crie vers toi, Seigneur ; dès le matin, ma prière te cherche :
pourquoi me rejeter, Seigneur, pourquoi me cacher ta face ?
Malheureux, frappé à mort depuis l’enfance, je n’en peux plus d’endurer tes fléaux ;
sur moi, ont déferlé tes orages : tes effrois m’ont réduit au silence.
Ils me cernent comme l’eau tout le jour, ensemble ils se referment sur moi.
Tu éloignes de moi amis et familiers ; ma compagne, c’est la ténèbre.

Pas un mot de confiance, pas une dose d’espoir, ni même d’espérance ; juste un coeur lourd et en peine qui crie, hurle, vers Dieu. Le psalmiste n’hésite même pas à rendre Dieu responsable de ses souffrances. N’en déplaise à ceux qui pensent qu’être croyant, c’est être un bon toutou à son maître ; nous pouvons agresser Dieu par rage et colère, et c’est pas pour autant que les flammes de l’Enfer nous dévorerons dans d’atroces souffrances.

J’entends de la part de certains chrétiens : « Dieu est Amour, Tendresse et Pitié, nul violence ne vient de Dieu« . C’est pas faux, mais la Passion du Christ, n’est-il pas un message salvateur d’une rare violence? (Si vous trouver que se faire flageller presque à mort et se faire crucifié à coup de clou c’est pas très violent, je vous conseille de trouver un bon psy ^^.)
Alors, oui, tout les chrétiens ne sont pas fait pour prier sur du gros black/death, ni sur du dark/doom ni même du post-métal. C’est normal. Pour ceux qui ne comprendrais pas cette normalité, je laisserais Saint Paul nous l’expliquer : « Car, tout comme un seul corps nous avons nombre de membres et que les membres n’ont pas tous la même fonction, pareillement, malgré notre nombre, nous ne sommes qu’un seul corps dans le Christ, alors qu’individuellement nous sommes membres les uns des autres » (1 Rom. 12;4-5).

A tout ceux qui n’osent pas aller à Dieu, parce qu’Il n’existe pas, parce que c’est l’ « enculé » qui est responsable de ma vie de merde, de la mort de mes proches, ou toute autre bonne raison de Lui en vouloir… je vous laisse une parole qui date de presque 2000 ans, et qui m’a permis de sauter le pas, et de découvrir quelque chose qui me dépasse, qui m’habite en profondeur, tout en me laissant être moi-même : «Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » (Mt 11;28-30). Et causez-lui bordel !!! Au pire, Il n’existe pas, et comme moi, vous vivrez plus léger, plus vivant, et vous n’aurez rien perdu. Au mieux… je vous laisse découvrir…

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Une Réponse to “Metal et bible (Auteur Invité)”

  1. […] Pour une relecture et une réinterprétation chrétiennes des thématiques du black metal et des genres culturels qui lui sont associés « Metal et bible (Auteur Invité) […]

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