Quelques éléments de réponse préliminaires à certaines objections au « black metal chrétien »…

Ce « billet » n’en est pas vraiment un, mais est un copier-coller d’un commentaire que j’ai posté sous le précédent, en réponse à certaines objections qui m’étaient faites sur la question de la légitimité ou non d’un black metal chrétien. En attendant un second billet plus approfondi sur cette question, à paraitre d’ici la mi-novembre, il a pour raison d’être, d’une part, d’éviter de trop « flooder » un article davantage axé sur les relations entre black metal, christianisme et art contemporain, d’autre part de rendre plus visible cette discussion intéressante qui est menée depuis plusieurs jours sur « l’unblack metal »:

Je pense qu’il y a un petit malentendu sur ce que j’entends par « black metal chrétien ». J’y consacrerai prochainement un billet à part entière, probablement d’ici la mi-novembre, mais je vais donner dès maintenant quelques éclaircissements très rapides.

En premier lieu, quand je parle de black metal « chrétien », je ne l’entends pas au sens où l’on peut dire que Glorious est de la pop chrétienne, ou même que HB, Stryper ou Theocracy sont du metal chrétien. Le black metal, en tant que support musical, ne permet pas de manifester toute la Gloire de la Résurrection dans toute sa plénitude et son achèvement. C’est en ce sens que j’écris plus haut qu’on ne peut pas faire d’alleluia black metal. Le black metal, précisément en ce sens que sa quête de la violence et du désespoir à l’état pur est aporétique, qu’elle ne débouche certes pas sur la révélation pleine et entière d’une transcendance, mais qu’il échoue également à concrétiser cette négation absolue de Dieu cherchée par ses géniteurs, pose une question, celle de la possibilité de la conversion (et inversement celle de la possibilité de l’apostasie). Il n’y répond pas, il la pose juste. Et en ce sens, d’un point de vue chrétien, il est intrinsèquement limité et effectivement « impuissant ». C’est pourquoi personnellement je n’écoute pas que du black metal, mais j’alterne avec des épisodes découte de heavy metal, de power metal, de metal symphonique, de msuique proprement religieuse même, toutes beaucoup plus à même d’exprimer la joie pascale. C’est pourquoi également je concluais un précédent billet, qui m’avait servi de méditation l’an dernier lors du samedi saint, par la phrase suivante:

« Et comme l’attente dans les ténèbres finit par céder place à la lumière, je vous laisse et vous souhaite une joyeuse Fête de Pâques! »

Pourtant, je défends cette quête d’un black metal chrétien pour les raisons suivantes:

– D’une part parce que cette question est un fait historique, et est posée par de nombreuses personnes dans de nombreux pays, et quasiment depuis l’apparition du black metal en tant que telle. Des personnes aiment profondément cette musique, sont chrétiennes, luttent pour trouver une cohérence entre ces deux aspects de leur vie, et je pense que la moindre des choses vis à vis de ces témoignages est de poser cette question à fond.

– D’autre part, du point de vue de mon expérience personnelle:j’ai commencé à écouter du black metal à l’âge de 18 ans (j’en ai 35 aujourd’hui) dans une période de révolte contre l’Eglise et le christianisme. A l’époque, j’étais profondément attiré par l’angle sataniste, au fond plus encore que par la musique elle-même. En fait, je voulais moi-même devenir sataniste, même si concrètement ça ne s’est jamaisfait. Je suis revenu définitivement dans l’Eglise, après un long et douloureux cheminement personnel, à 28 ans. A cette époque, je n’écoutais plus de msuique, mais vraiment plus du tout. Vers 31 ans, j’en ai conçu du regret, et ai recommencé à écouter du metal, en privilégiant son expression chrétienne. Ce que j’ai remarqué, c’est que bien que j’ai définitivement tourné la page de la révolte, et que l’aspect anti chrétien du black metal me parait aberrant, j’apprécie toujours la musique, et en fait davantage qu’avant, même si c’est par période alternée avec des périodes où j’écoute d’autres styles.Ma question est « pourquoi? ». Je ne dis pas que j’y ai pleinement répondu, mais c’est l’un des objectifs de ce blog d’y arriver.

S’il est certain que je n’imagine pas que l’on passe du black metal même chrétien dans des rassemblements type JMJ ou FRAT comme on y passe du Glorious ou du Agapè, il m’a semblé cepndant distinguer trois compréhensions de ce terme « black metal chrétien », qui me paraissent légitime.

1) D’un point de vue interne au black metal: le black metal ne peut exprimer la conversion en tant que telle, mais il en suggère la possibilité. Le fait qu’il y ait du black metal chrétien peut se concevoir comme un phare dans la nuit du black metal (d’où le titre de mon blog, même si c’est aussi une chanson des Beatles).Ce que les groupes de black metal chrétien rappellent, qu’on soit convaincu ou pas par l’adaptation du black metal à leur foi (en fait très diverse, comme je le montrerai dans mon billet) qu’ils proposent, c’est que même au plus profonde de la nuit, au plus profond de la révolte, la possibilité d’être touché par Dieu, la proposition de sa Grâce, demeure. Ce qui me parait exprimé de façon tout à fait géniale par l’intro de l’abum Hellig Usvart, de Horde: « A Church Bell Tolls Amidst the Frozen Nordic Winds ». Commel’indique ce titre, on entend les murmures d’un vent qu’on imagine souffler puissament sur les étendues désertiques de la Norvège, tant célébrées par certains groupes de black metal, et au loin, la cloche d’une église. D’une manière différente, l’unique membre du groupe Elgibbor, qui était sataniste, drogué, alcoolique, s’est converti et abandonné quasi instantanément, et à vrai dire miraculeusement toutes ses addictions (et pour connaitre des personnes en proie à certaines, je sais que c’est loin d’être évident). Il ne faisait plus siennes cette souffrance et cette impuissance présentes dans le black metal. Pourtant il a éprouvé le besoin de rester dans le milieu du black metal, et de monter son groupe, non pas pour exprimer  sa propre impuissance, son propre désespoir, sa propre souffrance, mais comme un témoignage qu’il a connu les sentiments exprimés par le black metal, et que pourtant il a trouvé une issue dans sa foi (en gardant à l’esprit qu’il est préférable de ne pas inscrire cette démarche dans une perspective de prosélytisme ou d’entrisme, que beaucoup de black metalleux craignent et dénoncent à juste titre, mais comme un simple témoignage, qui renvoie chaun à son jugement propre et à son parcours: la conversion ne s’impose pas: elle inspire (ou non) les coeurs).

2) D’un point de vue interne au christianisme, sans doute plus intellectuel que spirituel: le black metal, comme je l’ai souvent écrit, exprime le point de passage limite entre la négation la plus absolue de Dieu et la conversion, précisément parce qu’il est si limité et ontradictoire, que vouloir vivre pleinement la « philosophie black metal » mène soit à l’enfermement et à la folie, soit à essayer de briser ce cercle vicieux, en posant des limites ou en changeant son point de vue, entre autre, et de façon extrême, par la conversion. Et c’est intéressant d’un point de vue chrétien, et il ne me parait guère surprenant que certains groupes d’unblack, ainsi Antestor, par exemple avec son morceau Betrayed qui porte sur le suicide, se soient attachés à cette thématique. Il est certes évident que se focaliser sur cet aspects de la vie de foi, qui peut être aussi bien l’instant précédent la conversion, que celui où on endure l’attente de Dieu au plus profond des ténèbres d’une épreuve, peut mener à l’enfermement aussi sûrement que le « true black metal », si on oublie qu’il doit nécessairement s’effacer pour laisser place à la conversion, mieux exprimée sans doute par d’autres genres musicaux. Il est évident aussi que la « violence » de l’art chrétien est très différente de la violence du black metal, précisément parce qu’elle est moins complaisante, qu’elle est orientée vers un sens, mais c’est justement le choc de cette différence qui rend cette confrontation intéressante à mes yeux.

3) Toujours d’un point de vue interne au christianisme, mais probablement plus spirituel, quoique plus diffus, parfois, la musique proprement chrétienne, orientée vers la joie, l’espérance et tout, peut enfermer et couper de la vie de foi elle-même. Parfois, dans certains rassemblements, dans certaines célébrations, l’accent mis sur cette joie peut paraitre un peu artificiel, détacher un peu du souvenir de toutes ces souffrances bien réelles, qui peuvent briser nette notre foi si celle-ci est trop naïve et idéalisée. Parfois, après un « temps fort » chrétien, je ressens vraiment le besoin d’écouter du black metal, à la manière dont on tend en sens inverse un ressort pour le redresser.

Enfin, il existe de nombreux (quoique pas très très très nombreux ) black metalleux chrétiens, qui chacun à leur manière, tentent de répondre à cette question que je me pose avec eux. Et même si il y a des exemples de ratages criants, ainsi certains groupes dont le discours me ferait presque regretter celui des black metalleux plus traditionnels ou ce cas récent d’un groupe d’unblack qui a brutalement retourné sa veste pour faire du black violemment anti chrétien (Ancient Plague, désormais renommé Litany of Scars), ce qui nous rappelle que ce point de passage exprimé par le black metal est dans les deux sens, vers la conversion, mais aussi vers l’apostasie, je choisis de faire confiance à la majorité d’entre eux pour me surprendre et apporter des réponses auxquelles je n’aurais pas pensé (ainsi l’un des morceaux les plus convaincants de Crimson Moonlight, tant musicalement qu’au niveau du texte, Thy Wilderness, réinterprète dans une perspective chrétienne, de manière très intéressante, l’exaltation de la nature et des paysages scandinaves présente chez de nombreux groupes de black).

Je comprends que cette approche du black puisse paraitre « ennuyeuse » pour des personnes qui ne sont pas habitées par de telles questions. Mais force est de reconnaitre qu’elle ne l’est pas pour tous (et de même, il y a aussi des personnes, même bien disposées, que le black metal en général ennuie profondément)…

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43 Réponses to “Quelques éléments de réponse préliminaires à certaines objections au « black metal chrétien »…”

  1. Bonjour,
    Taanak de Demoniciduth. En quoi le discours de Demoniciduth vous dérange? Il est certes politiquement incorrect, mais bibliquement correct, est c’est là l’essentiel!

    • Merdi de m’avoir lu et d’avoir pris le temps de répondre en tout cas…

      « Dans le livret, le groupe explique par exemple que Satan se sert de l’Islam pour tenter d’exterminer les juifs. Que c’est poussé par le Diable que certains s’attaquent sans relâche à l’état d’Israël, dont la création annonce le retour prochain de Jésus. »

      Que le discours ci-dessus soit « poilitiquement incorrect » et qu’on n’en trouve pas de condamnation littérale dans la Bible, c’est très possible, mais il ne me parait pas non plus absurde de juger qu’il relève davantage de la psychologie conspirationniste que de l’exégèse à proprement parler…

      • Merci d’avoir répondu. Lorsqu’on lit la Bible en entier, on a une vue d’ensemble de ces enseignements. L’élection d’Israël fait également partie du plan du salut. En effet, Dieu choisi un peuple et promet que Le Messie en serait issu. C’est comme cela qu’il faut comprendre les tentatives répétées d’exterminer ce peuple.

        Le roi Hérode fit massacrer les bébés mâles hébreux de 2 ans et en-dessous afin d’empêcher la venue de ce Roi, qui est Jésus. Satan a toujours eu comme objectif d’éliminer Israël afin de contrecarrer les plans de Dieu. C’est évident: si le peuple d’Israël est éliminé, comment la promesse de Dieu d’envoyer un Sauveur issu de celui-ci pourrait-elle s’accomplir?

        On le sait, Satan a échoué. Or, la Bible dit que Christ reviendra à Jérusalem d’où Il régnera comme Roi pendant le Millénium. Peu avant, le peuple juif Le reconnaîtra comme Messie. Toutes ces choses ne peuvent s’accomplir si Israël venait à disparaître. C’est ainsi qu’il faut comprendre la haine irrationnelle à l’endroit d’Israël aujourd’hui: Satan est toujours résolument décidé à détruire Israël afin d’empêcher Le Retour du Seigneur, ce qui signifie pour lui sa fin. C »est ce que je développe largement dans nos textes, références bibliques à l’appui.

        Ainsi, Satan se servira de tous les moyens pour parvenir à ses fins, et l’Islam étant naturellement judéophobe (et christianophobe!), il est un outil de premier choix. La politique n’est que la pointe visible de l’iceberg dans le conflit palestino-israélien. Sa véritable nature est d’origine spirituelle. C’est ce que je veux que les chrétiens comprennent.

        Pour un approfondissement de ce sujet, je ne peux que recommander le livre de Don Finto « Ton peuple sera mon peuple », plus précisément le chapitre 4, intitulé « L’anéantissement visé et prévu » dont l’introduction explique:

        « Depuis l’appel d’Abraham jusqu’à nos jours, l’ennemi invisible de l’homme a visé l’extinction complète d’Israël pour contrecarrer les objectifs de Dieu et pour faire avorter Ses promesses ».

        Meilleures salutations en Christ,
        Taanak

    • Taanak, j’aimerais savoir ce qui t’as amené à choisir le black metal comme moyen d’expression de ta foi. Reconnais que, pour quelqu’un qui semble attaché à une lecture « sola scriptura » des Écritures, cela peut sembler incongru. Est-ce simplement un choix musical auquel tu n’accorde aucune valeur théologique et dont l’aspect contradictoire ne te préoccupes pas (ce qui me semblerait étonnant, étant donnée ta vision de la foi) ou y a-t-il une signification délibérément « chrétienne » dans ce choix : je vois une thématique plus axée sur une sorte de combat contre leur ennemis du christianisme, mais la matière musicale du black metal n’exprime-t-elle pas, indéfectiblement, le point de vue du « mal » ? Comment tentes-tu de concilier ce genre musical pour le moins éloigné des valeurs chrétiennes (parce que carrément créé à la base à leur encontre, pour les « combattre ») et ton interprétation littérale de la Bible ?

      Même si les groupes de black metal chrétien mettent en général (pour ce que j’en connais) moins l’accent sur un certain progressisme que les groupes de pop-rock chrétiens, leurs membres ont forcément écouté du black metal satanique à un moment ou à un autre et restent attachés à cette esthétique musicale (d’ailleurs, en écoutes-tu toi-même ?). Or, celle-ci est pour moi la suivante, citant un de mes commentaires auquel Darth Manu a répondu par le présent article :
      « Les oeuvres d’arts chrétiennes exprimant une certaine violence, qui sont extrêmement nombreuses et souvent très fortes, ne font jamais preuve de complaisance (au contraire, on peut presque croire que cette violence ne fait que renforcer l’absence de complaisance), la violence vise à être transcendée (je n’entrerais pas dans les détails de pourquoi la violence dans l’art chrétien, je serais vite perdu). Tel ou tel disque de black metal exprime brutalement la violence sans autre arrière pensée que le mal et la destruction. […] C’est également pour cela que je n’arrive pas à apprécier un groupe de black metal chrétien ; le black metal est pour moi une incitation à la « non-réflexion », à la régression volontaire (qui est également le propos central du rock’n’roll primitif), un principe qui, je pense, va à l’encontre du principe de la religion chrétienne (je fais partie de ces gens qui croient encore que la religion sert à l’élévation). Je ne comprends pas comment on peut exprimer la foi chrétienne à travers un déchaînement de violence gratuite, de hurlements, de batterie marteau piqueur et de guitares sur-saturées, grimé comme un mort-vivant. Il y a une contradiction de base pour moi. »
      (Lorsque j’écris que le black metal exprime ceci ou ceci, je veux dire qu’il l’exprime musicalement, et donc qu’y plaquer des paroles chrétiennes ne changerait pas le sens musical)

      • Pour commencer, la musique, pour moi, ça passe ou ça casse, j’aime ou j’aime pas. Le fait est que j’aime le Métal en général, principalement l’Extreme (Death, Grind ou Un-black). Voilà pourquoi j’ai été attiré par ce genre.

        Ensuite, je considère la musique (tous styles confondus) comme amorale. Dieu ne dit-Il pas: « L’homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais L’Éternel regarde au coeur » (1 Sam.16:7)?

        Les chrétiens qui ont de la peine à comprendre que ce style puisse être associé au christianisme est dû au fait qu’ils limitent les attributs de Dieu à la paix, l’amour et la joie. Du coup, une musique chrétienne doit refléter ces notions.

        Or, la Bible compare la marche du chrétien à celle d’un soldat. Dieu se nomme Lui-même 234 fois dans la Bible « L’Éternel des Armées » qui envoie Son peuple au combat avec Sa bénédiction. Le Psaume 94 commence ainsi: « Dieu des vengeances! ». Et Hébreux 12:29 nous dit que « Dieu est en effet un feu dévorant ».

        On est donc très loin d’une approche de Dieu à la Mary Poppins. Je considère le Métal Extrême comme un style guerrier, viril et puissant et vu que ces caractéristiques font aussi partie de la Bible, je n’y vois pas de contradiction. Le manque de compréhension résulte d’une vision de la Bible à l’eau-de-rose.

  2. Merci pour cette réponse, à laquelle je tacherai de réagir en détail demain…

  3. « On le sait, Satan a échoué. Or, la Bible dit que Christ reviendra à Jérusalem d’où Il régnera comme Roi pendant le Millénium. Peu avant, le peuple juif Le reconnaîtra comme Messie. Toutes ces choses ne peuvent s’accomplir si Israël venait à disparaître. C’est ainsi qu’il faut comprendre la haine irrationnelle à l’endroit d’Israël aujourd’hui: Satan est toujours résolument décidé à détruire Israël afin d’empêcher Le Retour du Seigneur, ce qui signifie pour lui sa fin. C »est ce que je développe largement dans nos textes, références bibliques à l’appui. »

    La question demeure: l’Etat actuel d’Israel, parce qu’il se nomme Israel, est-il pour autant l’accomplissement de la promesse divine? En 66 ans d’existence, sa création a jusqu’ici été source de guerres, d’oppression et de haine des deux côtés. Qu’il se nomme Israel et qu’il soit objet de ressentiment , de colère et même de haine de la part des peuples arabes ne suffit pas à justifier votre point de vue, car il est aussi source d’injustice. Comment donc pourrait-il accomplir une promesse du Seigneur?

    Personnellement, je préfère souscrire à ces déclarations de diverses dénominations chrétiennes, qui condamnent le « sionisme chrétien »:

    « Le sionisme chrétien est un mouvement politique théologique moderne qui adopte les positions idéologiques les plus extrêmes du sionisme, nuisant ainsi à l’établissement d’une paix juste entre la Palestine et Israël. Le programme chrétien sioniste fournit une vue mondiale où l’Évangile est identifié avec l’idéologie de l’empire, du colonialisme et du militarisme. Dans sa forme extrême, il met l’accent sur des évènements apocalyptiques conduisant à la fin de l’histoire plutôt qu’au vécu actuel de l’amour du Christ et de la justice.
    Nous rejetons catégoriquement les doctrines chrétiennes sionistes comme des enseignements faux qui corrompent le message biblique de paix, de justice et de réconciliation.

    De plus, nous rejetons l’alliance contemporaine des dirigeants chrétiens sionistes et d’organisations qui ont des éléments dans le gouvernements d’Israël et des États-Unis qui imposent actuellement leurs projets de frontières établies de manière préventives et unilatérales et de domination de la Palestine. Ceci conduit inévitablement à des cycles de violence sans fin qui sapent la sécurité des peuples du Moyen-Orient et du reste du monde.
    Nous rejetons les enseignements du sionisme chrétien qui facilite et soutient ces politiques comme elles prônent l’exclusivité raciale et la guerre perpétuelle plutôt que l’évangile de l’amour universel, de la rédemption et de la réconciliation enseignée par Jésus-Christ. Plutôt que de condamner le monde au destin d’Armageddon, nous appelons chacun à se libérer de ces idéologies du militarisme, de l’occupation. Au lieu de cela, qu’ils poursuivent le salut des nations !
    Nous appelons tous les chrétiens de toutes les Églises sur chaque continent à prier pour les peuples palestinien et israélien, tous deux souffrant comme victimes de l’occupation et du militarisme. Ces actions discriminantes transforment la Palestine en ghettos paupérisés entourés de colonies exclusivement israéliennes. L’établissement des colonies illégales et la construction du mur de séparation sur des terres palestiniennes confisquées réduit la viabilité d’un État palestinien de même que la paix et la sécurité de toute la région.
    Nous appelons toutes les Églises qui restent silencieuses, à rompre leur silence et parler de réconciliation avec justice en Terre sainte.
    Par conséquent, nous nous engageons à suivre les principes suivants comme voie alternative :
    Nous affirmons que toutes les personnes ont été crées à l’image de Dieu. Elles doivent à leur tour honorer la dignité de chaque être humain et respecter ses droits inaliénables.
    Nous affirmons que les Israéliens et les Palestiniens peuvent vivre ensemble en paix, justice, et sécurité.
    Nous affirmons que les Palestiniens sont un seul peuple, à la fois musulman et chrétien. Nous rejetons toutes les tentatives pour subvertir et fragmenter leur unité.
    Nous appelons tous les personnes à rejeter les vues étroites du sionisme chrétien et d’autres idéologies qui privilégient un peuple aux dépends des autres.
    Nous nous engageons dans la résistance non-violente comme le moyen le plus efficace de mettre fin à l’occupation illégale pour obtenir une paix juste et durable.
    Nous mettons en garde dans l’urgence sur le fait que le sionisme chrétien et ses alliances justifient la colonisation, l’apartheid et la construction d’un empire.
    Dieu demande que justice soit faite. Aucune paix durable, sécurité ou réconciliation n’est possible sans une base de justice. Les demandes pour la justice ne vont pas disparaître. Le combat pour la justice doit être poursuivi de manière diligente, et avec persistance, mais de façon non-violente.
    « Homme, on t’a dit ce qui est bien, ce que le Seigneur demande de toi : rien que de pratiquer la justice, d’aimer la bonté et de marcher humblement avec ton Dieu « Michée 6:8
    C’est là que nous puisons notre position. Nous réclamons la justice. Nous ne pouvons rien faire d’autre. La justice seule garantit la paix qui conduira à la réconciliation avec une vie de sécurité et de prospérité pour tous les peuples de notre terre. En se tenant au côté de la justice, nous nous ouvrons au travail de paix – et travailler pour la paix fait de nous des enfants de Dieu. »

    Sa Béatitude le patriarche Michel Sabbah
    Patriarche latin de Jérusalem

    Mgr. Swerios Malki Mourad
    Archevêque du patriarcat orthodoxe syrien de Jérusalem

    Mgr. Riah Abu El-Assal
    Évêque de l’Église épiscopale de Jérusalem et du Moyen-Orient

    Mgr. Munib Younan
    Évêque de l’Église évangélique luthérienne en Jordanie et en Terre sainte
    (Déclaration de Jérusalem sur le sionisme chrétien http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http://theologie-et-questions-disputeses.blogspot.com/2011/08/declaration-de-jerusalem-sur-le_22.html&title=%5B1%5D)

    « Nous déclarons donc que le recours à l’Ecriture Sainte pour justifier ou soutenir des choix ou des positions politiques se fondant sur l’injustice, imposés par un homme à son prochain ou par un peuple à un autre, transforme la religion en idéologie humaine et prive la Parole de Dieu de sa sainteté, de son universalité et de sa vérité (…)

    Notre appel aux Eglises du monde est d’abord l’expression de notre reconnaissance pour leur solidarité, par leur parole, leur action et leur présence parmi nous (…) Mais c’est aussi un appel à la conversion et à la révision de certaines positions théologiques fondamentalistes qui soutiennent des positions politiques injustes à l’égard du peuple palestinien. C’est un appel à prendre le parti de l’opprimé, à faire en sorte que la Parole de Dieu reste une annonce de bonne nouvelle pour tous, et à ne pas la transformer en une arme qui tue l’opprimé. La Parole de Dieu est une parole d’amour pour toutes ses créatures. Dieu n’est l’allié de personne contre personne. Il n’est pas non plus l’adversaire avec l’un face à l’autre. Il est le Seigneur de tous. Il aime tous, il demande justice à tous et il donne ses mêmes commandements à tous. C’est pourquoi nous demandons aux Eglises de ne pas donner une couverture théologique à l’injustice dans laquelle nous vivons, c’est-à-dire le péché de l’occupation qui nous est imposée (…)

    Signataires :
    Sa Béatitude le Patriarche Michel Sabbah
    Sa Grace l’Évêque Dr. Munib Younan
    Son Éminence l’Archevêque Atallah Hanna
    Rev. Dr Jamal Khader
    Rev. Dr Rafiq Khoury
    Rev. Dr Mitri Raheb
    Rev. Dr Naim Ateek
    Rev. Dr Yohana Katanacho
    Rev. Fr Fadi Diab

    Dr Jiries Khoury
    Mme Sider Daibes
    Mme Nora Kort
    Mme Lucy Thaljieh
    Mr Nidal Abu Zulof
    Mr Yusef Daher

    Mr Rifat Kassis – Coordinateur de l’initiative » (Déclaration du 11 novembre 2009 par les chrétiens palestiniens du Conseil Oeucuménique des Eglises: http://blogren.over-blog.com/article-un-moment-de-verite-41206662.html)

    « Le sionisme chrétien et son appui de l’occupation
    Le groupe de travail est consterné par l’impact de certains mouvements fondamentalistes chrétiens qui appuient l’occupation. Le sionisme chrétien, dont relèvent ces mouvements, se base sur trois arguments théologiques fallacieux : d’abord que toute la terre de l’ancienne Palestine appartient à Israël (y compris le territoire connu aujourd’hui sous le nom de Cisjordanie) parce qu’elle ferait partie d’une alliance éternelle entre Dieu et les descendants d’Abraham; ensuite que la création de l’Israël moderne est l’accomplissement des promesses de Dieu dans la Bible et annonce le retour imminent de Jésus; et finalement qu’Israël doit être soutenu inconditionnellement et sans critique puisque la Bible déclare que ceux qui béniront Israël seront bénis et ceux qui maudiront Israël seront maudis.20
    L’expression du sionisme chrétien la plus extrême est que le retour de Jésus dépend du fait que les Juifs du monde entier soient réunis dans un Grand Israël et occupe intégralement tout le territoire historique, y compris la Cisjordanie. Cette théologie politique entraîne la conviction qu’il est contraire à la volonté de Dieu que les colonies soient supprimées. Les colonies doivent plutôt continuer de s’étendre, jusqu’à ce que chaque parcelle du territoire de la Cisjordanie soit pleinement occupée par le peuple juif.
    Des organisations sionistes comme Christian United for Israel (qui ont des chapitres aux États-Unis et au Canada) recueillent des millions de dollars pour la construction de colonies dans lesquelles sont relocalisés des Juifs de partout dans le monde. Ces organisations font pression sur les gouvernements pour le soutien de l’occupation et les projets coloniaux d’Israël.
    Au cours des rares rencontres qu’ils ont eues avec des chrétiens palestiniens, les membres des mouvements sionistes chrétiens ont affirmé à ces derniers que la volonté de Dieu était qu’ils quittent la Palestine pour laisser place aux Juifs sur la totalité du territoire. C’est dans ce sens que les rédacteurs du document ‘Kairos Palestine’ ont parlé de la prophétie biblique devenue « une parole pétrifiée… utilisée comme une arme dans notre histoire présente, afin de nous priver de notre propre terre ».21
    En 2006, les Patriarches et Chefs des Églises de Jérusalem ont publié la déclaration suivante concernant le sionisme chrétien :
    Le sionisme chrétien est un mouvement théologique et politique moderne qui embrasse les positions les plus extrêmes du sionisme, et ce au détriment d’une paix juste en Palestine et Israël. Le programme sioniste chrétien propose une vision du monde où l’Évangile s’identifie à l’idéologie de l’Empire, du colonialisme et du militarisme. Dans sa forme extrémiste, il met l’accent sur les événements apocalyptiques conduisant à la fin du monde plutôt que sur une vie d’amour et de justice à l’exemple du Christ aujourd’hui.
    Nous rejetons catégoriquement les doctrines sionistes chrétiennes comme un enseignement faux qui corrompt le message biblique d’amour, de justice et de réconciliation.
    Nous rejetons en outre l’alliance contemporaine des organisations et des leaders sionistes chrétiens dont les composantes dans les gouvernements d’Israël et des Etats-Unis imposent actuellement leurs frontières de manière unilatérale et préventive et exercent leur domination sur la Palestine.
    Cet état de fait entraîne inévitablement des cycles de violence sans fin qui minent la sécurité de tous les peuples du Moyen-Orient et du reste du monde.22
    Les conséquences du sionisme chrétien doivent être contrées par les membres de la communauté chrétienne qui souscrivent à des interprétations différentes. L’influence du sionisme chrétien a eu beaucoup d’impact sur la prise de décision politique et a étouffé les voix des chrétiens palestiniens. L’effet le plus pervers du point de vue chrétien sioniste est sa contribution à radicaliser les positions des colons en Israël et ainsi à amoindrir le potentiel pour une résolution pacifique de l’occupation. »
    (‘United Church of Canada (UCC),Rapport du Groupe de travail sur Israël/Palestine 13
    Présenté au 41e Conseil général, août 2012: http://www.united-church.ca/fr/files/communications/news/releases/120501_report.pdf)

    « Ainsi, Satan se servira de tous les moyens pour parvenir à ses fins, et l’Islam étant naturellement judéophobe (et christianophobe!) »

    Dire que l’Islam est judéophobe et christianophobe ne veut pas dire grand chose. Qu’une religion soit opposée par principe aux principaux énoncés d’une autre religion n’ a rien d’étonnant. A ce compte, autant dire que le christianisme est islamophobe. L’important est que cette opposition soit exprimée pacifiquement, et non par la violence. Ce n’est pas toujours le cas pour les musulmans, malheureusement, mais pas non plus pour les juifs ou les chrétiens. Je pense que l’objectif, sur ce type de questions, est derechercher la paix, et non de semer des germes de guerre. Et c’est pourtant ce que me semble faire le sionisme chrétien (par ailleurs, je suis hostile pour ma part au terme « christianophobie », pour des raisons que j’ai développées dans le billet suivant: https://innerlightofblackmetal.wordpress.com/2011/10/21/christianophobie-christianofolie/)

  4. @Taanak:

    « Or, la Bible compare la marche du chrétien à celle d’un soldat. Dieu se nomme Lui-même 234 fois dans la Bible « L’Éternel des Armées » qui envoie Son peuple au combat avec Sa bénédiction. Le Psaume 94 commence ainsi: « Dieu des vengeances! ». Et Hébreux 12:29 nous dit que « Dieu est en effet un feu dévorant ». »

    En n’oubliant pas que la violence dans la Bible, comme Deneb-tala le rappelle dans le commentaire qu’il cite, n’est pas gratuite, mais ordonnée à l’Espérance de l’avènement du Royaume de Dieu, et qu’à un moment ou un autre, elle doit s’effecer pour céder la place à la paix, on peut en effet estimer que certaines expressions du black metal, et notamment les plus épiques, sont compatibles avec un certain souffle biblique.

    Sachant que comme pour les approches que je citais dans mon billet, un tel angle ne rend pas compte de la totalité de l’Espérance chrétienne, mais seulement de certains aspects du cheminement, collectif dans le cas du Peuple de Dieu combattant ses ennemis, ou individuel, dans le cas du croaynt qui est en guerre contre son péché, vers Dieu. En ce sens, le black metal, dans une perspective chrétienne, est la fois intrinsèquement limité, et néanmoins adéquat à l’expression de certains aspects transitoires importants de la foi.

    Je pense que c’est sur cette tension que doit tenir l’unblack metal, en gardant effectivement à l’esprit que la foi chrétienne n’est pas qu’amour et eau fraiche, mais également que la violence qui se complait en elle-même, qui n’est pas orientée de façon ultime vers sa propre négation, n’est pas compatible avec la foi chrétienne. Et que donc le black metal chrétien n’exprime qu’un moment de la foi, appelé à être complété et dépassé par d’autres types d’expressions, si on se place dans une perspective purement religieuse, indépendamment du plaisir esthétique pur procuré par le black metal toutes tendances confondues (y compris non chrétiennes), qui peut être néfaste spirituellement pour certaines personnes, mais effectivement neutre, voire bénéfique (la personne qui vient au black metal par révolte, et que celui-ci mène de cette révolte à l’appréciation de la musique), pour de nombreuses autres, suivant leur situation personnelle.

    • Je partage cet avis. Même si je pense que les goûts musicaux reflètent parfois le tempérament de l’individu. De caractère, je suis plutôt tout ou rien. Et cette musique ne tergiverse pas! J’aime. Les réflexions philosophiques sur le style me semblent plus personnelles que bibliques.

      • Il est vrai, je m’en rends compte, que ce qui divise pour moi le black metal et le christianisme, comme je le dis plus haut, est le fait que le black metal propose, en tant qu’extrapolation du rock’n’roll, un discours figé et impérieux, et volontairement régressif (car il amène l’auditeur à se fier à la simple apparence des choses) alors que la religion (chrétienne ou autre) devrait, pour moi, inciter à l’élévation de l’esprit ; le caractère symbolique des Écritures concoure à cette théorie, le croyant devant trouver lui-même la signification. Ce qui ne veut pas dire que chacun y trouvera ce qu’il veut, mais qu’il devra en trouver le sens par lui-même, lui donnant ainsi par la réflexion et la méditation la possibilité de s’élever intellectuellement et spirituellement. J’ai du mal à croire que Dieu soit venu sur Terre pour expliquer aux Hommes qu’ils ne doivent pas trop penser et réfléchir. Il n’y a rien de très « Mary Poppins » là-dedans et je suis le premier à être agacé par certaines franges du christianisme moderne qui, sous prétexte de paix et de joie, incitent à la facilité intellectuelle, traînant dans leur sillon tout un ensemble de raccourcis douteux, de prosélytisme et de politique de l’autruche.
        L’interprétation parfaitement littérale, qui, plus que contester, va parfois jusqu’à nier en bloc et parfois très violemment l’existence d’une dimension symbolique de la Bible (je ne sais pas si tu fais partie des défenseurs de cette idée), minimise énormément cette différence que je vois entre une pensée « régressiste » qui est plus forte dans le black metal que dans n’importe quel genre de rock, car elle est dogmatisée et une pensée portée vers l’élévation de l’être humain, si elle considère que la Bible est à prendre au pied de la lettre et qu’on peut appliquer ses principes les yeux fermés, en mettant son cerveau pensant en veille. Cela implique que comme la réflexion peut amener à un mauvais choix, mieux vaut ne pas réfléchir. Quel besoin y a-t-il à être théologien, quel est l’intérêt d’une exégèse dès lors que le simple fait de réfléchir sur la Bible est déjà une sur-interprétation ? Je commence à m’aventurer sur des terrains que je maîtrise moins, mais je suis assez sceptique sur le sens qu’on donne actuellement du « sola scriptura » de Luther, qui était à l’époque en partie contextuel (en regard des dérives et de la corruption dont il accusait l’Église). Voulait-il dire que la Bible devait être prise au pied de la lettre « sans discuter » ou plutôt que toute la doctrine chrétienne se trouvait dans les Écritures (sans nier une dimension symbolique) et qu’il n’y avait donc aucun besoin de s’encombrer d’encycliques, de décrets et de conciles qui servaient trop souvent à donner une fausse puissance divine à la défense d’intérêts matériels ?
        A propos de « vengeance » et « armée », je serais curieux de savoir les termes exacts employés ainsi que leur sens précis dans la Bible hébraïque (la traduction peut faire dire tout et son contraire…). Sola Scriptura est une chose, Sola Scriptura NBS ou TOB en est une autre…

      • En ce qui me concerne, c’est vraiment les textes qui comptent. Le Black Métal n’est qu’un style de musique par le biais duquel le christianisme a été attaqué. Mais le mal n’est pas inhérent au style (il s’agit d’instruments de musique: basse, guitares, batterie, cordes vocales). La musique reste amorale pour moi. C’est une question de goût. J’aime le café ou j’aime pas. Si j’y fourre du sucre dedans, c’est bon, avec du sel c’est imbuvable.

        Quant à la manière de lire les Écritures, je remarque que beaucoup de chrétiens semblent perdus. Je me considère comme un chrétien fondamentaliste (dans le sens étymologique du mot, à savoir la Bible est le fondement de toute ma pensée). Cela veut-il dire que je ne prends pas la peine de réfléchir à ce que je lis? Comme je suis un lecteur avide, je lis beaucoup d’ouvrages écrits par des chrétiens qui défendent l’autorité de la Bible (apologétique). Ils prennent la Bible à la lettre pour des raisons d’exégèse et non pas parce qu’ils sont bornés.

        Le rôle de l’interprète consiste à déterminer quel sens l’auteur voulait véhiculer à ses lecteurs. Pour le savoir, il faut prendre le passage dans son entier (contexte) et considérer l’aspect grammatical. Pour cette raison, cette méthode est appelée historico-grammaticale. A titre d’exemple, le récit de la Création dans la Genèse se doit d’être pris littéralement, pour les raisons que je viens de citer. L’approche symbolique fait violence au texte et ne reflète en aucun cas la volonté de l’auteur. Le symbolisme face à ce texte important souligne l’incrédulité de ses partisans et une forme certaine de capitulation devant la pseudoscience évolutionniste.

        En revanche, le fondamentaliste prendra la parole de Jésus « Je suis la porte » comme une métaphore en raison du contexte. Donc, littéraliste veut dire que je prends le texte tel qu’il se présente à moi, selon son contexte et sa grammaire. Pour résumer, le symbolisme a sa place lorsque le texte le suggère et non pas pour satisfaire mes idées préconçues. Voilà le rôle de l’exégète.

        Dieu nous a créé avec un cerveau pour réfléchir, je ne vois donc pas de conflit entre la foi et la raison. La Bible non plus, puisqu’il nous est demandé de défendre notre espérance devant tous ceux qui en demandent raison (1 Pierre 3:15). Ce qui signifie que le chrétien doit comprendre pourquoi il est sauvé afin de pouvoir l’expliquer. Un autre texte intéressant est celui de Néhémie 8:8. Il est dit que les lévites « lisaient distinctement dans le livre de la loi de Dieu et ils en donnaient le sens pour faire comprendre ce qu’ils avaient lu ». On lisait et on expliquait.

        Luther, dont tu parles, avait correctement distingué entre l’approche ministérielle et magistérielle de la raison. Dans la première, la raison est soumise à L’Écriture, qui est l’autorité ultime. Dans la seconde, la raison opère comme un juge au-dessus de L’Écriture et conduit inévitablement à des interprétations qui vont à l’encontre de la Bible. La doctrine de Sola Scriptura dit que L’Écriture est infaillible, qu’Elle fait autorité et qu’Elle est suffisante comme guide, en matière de doctrine et de moralité pour les chrétiens. A ce titre, ta deuxième suggestion paraît juste.

        Pour finir, le mot « vengeance » est « neqamah ». Il est employé 22 fois dans l’Ancien Testament pour dire « vengeance, venger ou vengeur ». C’est donc clair. Pour « armée », le mot est « tsebaot ». Il veut dire ce qu’il veut dire. Mais les armées fait référence aux armées célestes, si jamais.

        En Christ,
        Taanak

      • …Je m’incruste…

        « le symbolisme a sa place lorsque le texte le suggère et non pas pour satisfaire mes idées préconçues » > Mais à partir du moment où Paul nous dit que « Jusqu`à ce jour, quand on lit Moïse, un voile est jeté sur leurs coeurs ; mais lorsque les coeurs se convertissent au Seigneur, le voile est ôté » (2 Cor III, 15-16), la part de la lecture symbolique dans la Bible est démultipliée… A condition de « lire la Bible en entier », bien entendu ^^

      • Qu’entends-tu par « démultipliée »?

  5. A ce sujet, je n’ai jamais été très fan jusqu’ici du terme « unblack », comme beaucoup, et je sais qu’au départ « holy unblack metal » était juste un détournement parodique du « unholy black metal » de Darkthrone. Mais à y réfléchir, il est assez adéquat pour décrire le black metal chrétien tel qu’il me parait envisageable, qui n’est plus tout à fait du côté du « noir », qui aspire à s’en détourner, mais qui est encore beaucoup plus proche de celui-ci dans son expression que du « blanc ». Par contre, je ne lui accolerais pas l’épithète « holy »…

    • J’aime les termes utilisés (plus dans le passé) par les chrétiens. « Unblack » ou « White Metal ». Il y avait une volonté de se séparer, d’oser dire: « Nous ne sommes pas comme vous. Nous sommes des chrétiens ». Aujourd’hui, beaucoup de chrétiens semblent extrêmement timides et cherchent donc un moyen de s’assimiler. On préfère mettre en avant l’aspect « rebelle comme vous » que « chrétien dans le monde mais pas du monde ». Je suis fier de Jésus et je veux le crier haut et fort. Les réactions négatives des auditeurs ne m’importent aucunement.

    • « Par contre, je ne lui accolerais pas l’épithète « holy »… »

      En musique, le terme de « musique sacrée » ne désigne pas une musique exprimant la foi mais une musique correspondant à un rite religieux précis et établi (à partir d’un texte sacré : en très gros, messe dans la liturgie catholique et psaumes dans la liturgie protestante. Je fais de la musique ancienne, ce sont les deux seuls types de musique sacrée que je pratique) : une messe est sacrée, un simple chant de dévotion ne l’est pas. Je suis assez d’accord avec cette définition qui va dans le sens de ta remarque.

  6. Je pense que ta vision s’enracine très peu dans le texte biblique. Ce qui explique pourquoi ta réponse ne contient aucune source d’ordre biblique, qui est la référence ultime en la matière pour le chrétien.

    Premièrement, où est-il écrit dans L’Écriture que Dieu irait demander aux voisins d’Israël l’accord pour qu’ils reviennent sur leur terre? Ces voisins, qui sont musulmans, pensent comme les partisans de la théologie du remplacement, que Dieu a abandonné Son alliance avec Israël, à cause de la désobéissance de ce dernier. Ce que l’apôtre Paul réfute catégoriquement dans Romains 11. D’autre part, où est-il écrit que le retour du peuple juif sur sa terre amènerait la paix? Au contraire, Dieu dit qu’Il ferait Lui-même « de Jérusalem une coupe enivrante pour tous les peuples environnants » (Zach.12:2), c’est-à-dire ses voisins. Il ajoute aussi que Jérusalem constituera « une pierre pesante pour tous les peuples; tous ceux qui la soulèveront s’y écorcheront, et toutes les nations de la terre s’assembleront contre elle » (v.3).

    La Bible prédit donc une guerre mondiale qui opposera les nations du monde à Israël. A l’aide d’autres prophètes et du Nouveau Testament, l’on comprend que c’est sous la conduite de l’Antichrist que les nations feront alliance et qu’une coalition armée montera pour tenter d’exterminer Israël. Le prophète Zacharie (qualifié par Luther de quintessence des prophètes) nous dit que deux tiers des juifs périront et que le tiers restant fera appel à Dieu. Et chose merveilleuse, du sein de cette détresse, le reste, par l’action surnaturelle de Dieu, tournera « les regards vers Moi, Celui qu’ils ont percé. Ils pleureront sur Lui comme on pleure sur un fils unique » (12:10).

    A ce moment-là, Christ reviendra. Toujours selon Zacharie, « L’Éternel sortira et combattra contre ces nations, comme Il combat le jour de la bataille. Ses pieds se poseront, ce jour-là, sur le mont des Oliviers qui est vis-à-vis de Jérusalem, du côté est » (14:3-4). Les troupes de l’Antichrist seront frappées d’une plaie immense: « Voici le fléau dont L’Éternel frappera les peuples qui auront combattu contre Jérusalem: Il fera pourrir leur chair pendant qu’ils seront debout, leurs yeux pourriront dans l’orbite et leur langue pourrira dans leur bouche » (14:12). Cela dit en passant, la pochette de notre dernier opus « The Valley of Decision » fait référence à ce verset.

    Et enfin, Christ règnera sur la terre pendant 1000 ans, comme Roi sur toutes les nations. à partir de Jérusalem. Ainsi s’accomplira la promesse faite à David et répétée à Marie par l’ange dans Luc 1:32: « Le Seigneur Dieu Lui donnera le trône de David, Son ancêtre ».

    Ce qui est remis en question dans le conflit palestino-israélien et l’alliance de Dieu avec Israël concernant la terre. Ce qui amène ceux qui pensent ainsi en confrontation directe avec Le Tout-Puissant. Dieu ne revient pas sur Ses promesses, sous prétexte que cela dérange. Dans Joël 4:2, Dieu dit même qu’Il entrera en jugement avec les nations « au sujet de Mon peuple, d’Israël, Mon héritage qu’elles ont dispersé parmi les nations, et au sujet de Mon pays qu’elles se sont partagé ». L’actualité de la Bible est fascinante, car justement, la division de la terre d’Israël est un sujet récurrent.

    Ainsi, il s’agit de reconnaître qui décide et qui est Le Maître de l’Univers. L’ONU? Barack Obama? Les soi-disant chrétiens que tu cites? Non, c’est Dieu. Le retour du peuple sur sa terre est un moyen par lequel Dieu veut démontrer aux nations qu’Il est Le Dieu vivant et véritable qui veille sur Sa Parole: « Je démontrerai la sainteté de Mon Grand Nom…parmi les nations…et les nations reconnaîtront que Je suis L’Éternel…quand à travers vous Je manifesterai Ma sainteté sous leurs yeux » (Ezéch.36:23). Et de quelle manière manifestera-t-Il Sa sainteté par Israël aux yeux des nations? Le verset 24 l’indique: « Je vous retirerai d’entre les nations, Je vous rassemblerai de tous les pays et Je vous ramènerai sur votre territoire ».

    Donc, lorsque vous priez « Notre Père qui es aux cieux, que Ton Nom soit sanctifié », vous demandez également qu’Il ramène Son peuple sur sa terre! Il faut noter que Dieu ne parle pas comme nos politiciens, en utilisant le terme fallacieux de « territoires occupés ». Il parle de « votre territoire ». C’est un fait. Le nom Palestine n’existe pas dans la Bible. Ni dans le Coran d’ailleurs.

    S’il y a bien une invention récente, c’est celle-là! Les « leaders chrétiens » que tu cites veulent expliquer à Dieu comment parvenir à la paix. Or, sur cette terre, Dieu promet la paix entre l’homme et Lui. La paix entre les peuples ne s’effectuera que lorsque Christ reviendra. Et j’ai expliqué que cela se fera dans un contexte de guerre mondial. Oublier cela, c’est être naïf, au point de penser que Satan ne tentera rien pour contrecarrer les plans de Dieu. Il y aura guerre parce que le monde refuse d’accepter les décrets de Dieu. La paix que réclament ces pseudo-chrétiens se base sur une approche qui donne à l’homme l’autorité et non à la Bible.

    Ce que Dieu veut c’est que les hommes se tournent vers Jésus. Et ça commence par l’acceptation de Sa Parole. Or, ni l’Islam, ni l’humanisme athée ne considèrent l’alliance de Dieu avec Israël comme valable. Ni même les soi-disant chrétiens que tu cites. J’en veux pour preuve les termes qu’ils utilisent: « occupation », « colonies », « Cisjordanie », « Palestine ».

    Tous ces termes présupposent qu’un Etat palestinien existait auparavant, et qu’ils sont les habitants d’origine du pays, ce qui n’est pas le cas. Lorsqu’on les y pousse, ils l’admettent. Le 31 mars 1977, Zahir Muhsein, membre du comité exécutif de l’OLP, déclara au quotidien néerlandais Trouw: « Le peuple palestinien n’existe pas. La création d’un état palestinien est un moyen de poursuivre notre lutte contre l’Etat d’Israël en vue de l’unité arabe ». En effet, le terme palestinien (devenu officiel lorsque l’empereur romain Hadrien l’utilisa afin de punir la rébellion juive survenue contre l’empire) fut toujours appliqué au peuple juif.

    Le quotidien israélien Jerusalem Post s’appelait Palestine Post avant la création de l’Etat hébreu moderne en 1948. Il fut fondé en 1932 par Gershon Agron, un juif! Le Palestine Symphony Orchestra fut fondé en 1936 par un juif. L’équipe d’échecs de Palestine qui participa aux olympiades de Buenos Aires en 1939 comprenait le champion palestinien Moshe Czerniak, un juif. Ce n’est qu’après la guerre de 1967 que les Arabes se sont soudainement découvert une identité nationale.

    En vérité, il s’agit d’usurpation d’identité, dont le but est de justifier une guerre islamique contre Israël. Et le monde, volontairement crédule, avale la propagande islamique sans sourciller. On oublie aussi souvent que la Cisjordanie est un terme récent, inventé par les Jordaniens, quand ils annexèrent ce territoire. Jusque-là, on parlait de Judée-Samarie, comme la Bible. Les Juifs y subirent une épuration ethnique. Et lorsqu’ils tentent d’y revenir, on crie « occupation! », « colonies! »? Il est curieux que les « palestiniens » n’aient jamais utilisé ces termes avant 1967, lorsque la « Cisjordanie » (Judée-Samarie) était sous occupation illégale des Jordaniens.

    Les faits montrent que c’est le caractère juif qui dérange. Si Israël était musulman, on lui ficherait la paix, comme on le fait avec la Jordanie qui possède 77% de la Palestine mandataire. Ergo, il y a déjà un état palestinien arabe. Guy Millière résume bien dans son livre « Comment le peuple palestinien fut inventé » que la raison d’être d’un Etat palestinien émane de la volonté d’éradiquer selon le « plan par étapes » (utilisé par Yasser Arafat) les juifs. L’Islam n’a rien d’une religion pacifique. L’objectif du Coran est clair et simple, la conquête du monde non-musulman, de gré ou de force. Les musulmans modérés ne sont que des musulmans qui rechignent à mettre en pratique les enseignements du Coran. En somme, de mauvais musulmans!

    En gros, les gaillards que tu cites font preuve d’une méconnaissance effarante, tant de la théologie biblique que de l’histoire. En plus, ils affirment que le sionisme chrétien est une invention moderne! Sont-ils incultes? Le terme est récent, pas le point de vue. Dans le passé, les chrétiens qui croyaient au retour des juifs dans leur patrie étaient appelés « restaurationnistes ». Irénée, au 2ème siècle ap. J.-C. en faisait déjà partie. Isaac Newton, Jung-Stilling, Francis Kitt (qui fut brûlé vif au 16ème siècle pour avoir écrit dans son livre un chapitre sur le sujet!), Charles H. Spurgeon. Je possède même un livre intitulé « Le destin d’Israël » écrit en 1856 par le fondateur de l’Eglise de la Pellisserie à Genève, Emile Guers. Aujourd’hui, les chrétiens qui soutiennent le même point de vue sont tout simplement appelés « chrétiens sionistes » au lieu de « restaurationnistes ».

    Le point commun entre eux est une approche franche de L’Écriture, sans préjugés, dont l’unique but est l’exégèse. Pfiiouuh! Quelle tartine! Je crois que je vais m’arrêter là! 🙂

    En Christ,
    Taanak

    • Merci pour cette réponse, à laquelle j’essaierai de répondre en détail d’ici lundi…

    • Je ne puis m’empêcher de réagir aux commentaires, très intéressants, mais que je n’ai pas pris la peine de lire en entier. De moins point de vue, il ressort ici deux interprétations différentes du rock :
      – l’une consiste à dire que le rock a un état d’esprit contraire au christianisme (j’adhère!), et qu’en conséquence, on ne peut pas conciler cette musique et ses dérivés (a fortiori le « black metal ») avec un queconque message évangélique. C’est me semble t’il la vision de deneb-tala.
      – l’autre vision consiste à présenter le christianisme sous un jour moins appaisant que ce qu’officiellement on veut lui donner. Là, je n’adhère pas!
      Je développe :
      Première interprétation : le rock (et donc le black) n’est pas compatible avec un quelconque message évangélique. Pourquoi ? Parce que tout ce qui l’a construit ne peut être compatible avec le message du Christ. L’Eglise a ses saints pour exemple, le rock ses légendes! Si l’on se penche un tant soi peu sur la popularité de ce genre musical et la vie de ses stars qui ont fait son histoire, rien à faire! Ils ne peuvent absolument pas être comparés au saints de l’Eglise. Ce sont même des contre-exemples criants.
      Deuxième interprétation : le rock peut être compatible avec le message de l’Evangile, parce que, c’est vrai, la religion chrétienne, ce n’est pas une religion pour les molassons. Mais ??? Oui : être chrétien, c’est un combat de tout les jours, et justement, la déferlante de violence et de colère du black reviendrait à compatibiliser le message du black avec le message christique. Et il y a là une part de vérité : « Dieu vomit les tièdes ». Alors, oui, c’est possible : le blackeux qui s’ennivre de metal à longueur d’écoute est peut être le mieux placé pour se retrouver dans la situation de Saül sur le chemin de Dalas! Mais ça, c’est uniquement dans le plan de Dieu. Nul ne peut savoir comment la grâce viendra à nous… Simplement, lorsque cette occasion nous est donnée, il faut savoir dire « oui ». Et il n’est pas alors certain que le black permette ce genre de disposition d’esprit : c’est purement individuel. Seul Dieu sait ce qu’il y a de bon pour nous. Or, là, je m’insurge (:)). Ce déchaînement de violence comme le ressent deneb-tala, n’est ce pas le sumum de l’expression de la molesse ? C’est que fondamentalement, cette musique est abrutissante, décérébrante (je dis ça, mais j’aime pourtant bien…)! Et de toute manière, les idoles du black et du rock ne sont pas à proprement parler des modèles chrétiens.

      J’ai lu un commentaire de Taanak qui revenait à dire que la musique n’était pas un art sacré… Mais, c’est peut être ça la question : la musique, n’est elle pas fondamentalement un art du sacré ? C’est ce qu’en tout cas les anciens pensaient.
      Si ça vous intéresse, je tiens pour le compte du Collectif, la rubrique « compréhension du rock et du metal ». Je conçois que certaines positions du Collectif aient pu gêner certaines personnes (dont moi d’ailleurs), mais le discours c’est plutôt appaisé ces derniers temps. Cette rubrique n’a pas pour objet de se prononcer « pour » ou « contre » le HF, mais de comprendre le rock et le metal. Vos interventions à tous sont les bienvenues… Et pour en revenir au concept « sacré » de la musique, j’y consacrerai un billet. Ce n’est pas pour demain, mais j’espère que ma modeste contribution permettra de mieux comprendre cette musique (qu’on soit « pour » ou « contre »).
      En UDP.

      • Je répondrai également à ce commentaire dans la journée de lundi au plus tard, sachant que si tu reprends l’intéressante distinction entre rock régressif et christianisme qui élève l’esprit de Deneb-tala (sur laquelle j’essaierai moi-même de revenir à la hauteur de mes modestes moyens dans mon billet en préparations sur l’unblack que j’évoque dans le présent billet) je trouve certains de tes exemples pour le coup un peu trop généralisant. J’expliquerai pourquoi dans ma réponse.
        Sinon, j’ai lu ta série de billets pour ma part (et je l’ai d’ailleurs commentée)… 🙂

    • « Premièrement, où est-il écrit dans L’Écriture que Dieu irait demander aux voisins d’Israël l’accord pour qu’ils reviennent sur leur terre?  »

      Je pense que ce n’est pas la question. Ce qui me parait le plus problèmatique dans votre démarche, c’est la manière dont vous faites coller des évènements contemporains avec des prophéties bibliques, sur la base de similitudes et d’une appelation opportune (Israel) sans établir de manière convaincante que c’est bien à eux que la Bible fait référence. Lorsqu’on appuie une politique qui a pour effet direct de déplacer des populations contre leur grés (et cette pratique m’évoque davantage dans la Bible Babylone que le Peuple de Dieu), et d’entretenir un climat de guerre, les arguments de vraisemblance (« il n’y a rien dans la Bible qui contredit ») ne sufffisent pas. Il faut démontrer que l’Etat d’Israel est bien l’Israel annoncé par les Ecritures. Or, de nombreuses objections subsistent: comment par exemple dire que l’Etat actuel d’Israel accomplit la promesses du retour des juifs dans la Terre Promise, alors qu’en bientôt 70 ans d’existence, plus de la moitié d’entre eux sont encore dans la diaspora?

      • Cette réponse flaire la théologie du remplacement à plein nez. Premièrement, il n’existe absolument aucun cas dans L’Écriture où Israël veut dire autre chose que ce qu’il veut dire. Ce n’est donc pas une appellation opportune. Quand Dieu dit qu’Il les ramènera d’entre les nations, Il veut dire exactement cela et pas autre chose. La Bible est suffisamment convaincante sur ce sujet. Prétendre le contraire n’est ni plus ni moins que de l’incrédulité.

        Il n’y a aucun décalage entre ce que L’Écriture dit et ce que l’on observe aujourd’hui. Les Juifs sont revenus de plus de 140 nations quand la Bible a annoncé un retour d’entre toutes les nations. Le fait que des Juifs vivent encore dans les nations ne représente en rien une contradiction. La Bible parle du retour d’entre les nations, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus un seul parmi elles: « Ils reconnaîtront que Je suis L’Éternel, leur Dieu, qui les ai exilés parmi les nations et qui les réunis sur leur territoire sans laisser aucun d’eux là-bas ». Cela continuera certainement de manière progressive jusqu’au retour de Christ.

        Le pasteur David Pawson, auteur de l’excellent « Defending Christian Zionism » remarque: « Pour souligner le message des prophètes, quand la nation (d’Israël) se détourne du Seigneur, elle est également « détournée » de son pays, et lorsque Dieu les ramène dans leur pays, c’est pour les ramener à Lui ». A ce titre-là, l’idée d’un retour au pays sans la volonté de Dieu semble contraire à ce principe que l’on peut observer dans la Bible. Les objections s’évanouissent dès lors qu’on ajoute foi à ce qui est écrit sans l’éternel esquive: « Cela veut-il bien dire ce que cela veut dire? ».

        Ensuite, tes remarques à propos d’Israël (déplacement de population et entretien de la guerre) viennent renforcer ce que je pensais: tu as avalé les discours des médias sans effectuer une recherche approfondie du sujet. Pour commencer, il n’y a jamais eu de peuple palestinien avec un Etat dans toute l’histoire. Alors qui sont-ils? Ce sont des arabes issus des pays voisins attirés par le dynamisme créé par les juifs immigrants. Et lorsqu’on veut parler d’évacuation de population, il faudrait parler des 600 000 juifs expulsés des pays arabes lors de la proclamation d’indépendance d’Israël. L’essentiel des arabes que l’on nomme « réfugiés » sont des gens qui sont partis du territoire d’Israël afin de ne pas être éclaboussés par le sang des Juifs que les armées arabes devaient exterminer. Ceux qui n’ont pas écouté la propagande arabe sont devenus les arabes israéliens. Ainsi s’accomplit La Parole de L’Éternel, selon laquelle sera béni celui qui bénira Israël et maudit celui qui le maudira (Genèse 12:3).

        L’entretien de la guerre émane du totalitarisme islamique, ou devrais-je dire nazislamique. L’autorité palestinienne plonge ses racines dans le nazisme. Le Mufti de Jérusalem Hadj Amin al-Husseini possédait d’ailleurs un bureau à Berlin (Bureau Des Grossmufti) dans les années 30. Il créa même une division de SS bosniaques musulmans. Les déclarations antijuives dans les journaux arabes jusqu’aux livres scolaires puent le nazisme. L’art, l’éducation, l’information, tout est contaminé par la haine du juif. La continuité du conflit palestino-israélien provient d’une organisation terroriste mondial qui s’appelle simplement « islam ». Et comme chrétien, il m’est aisé de discerner que derrière cela, il y a une grande guerre spirituelle.

        En présence de ce que je viens de mentionner, la charge de la preuve incombe à celui la niant de ses propres yeux. Toute affirmation selon laquelle le retour des Juifs sur leur terre n’est pas l’accomplissement de la prophétie biblique devrait être démontrée clairement. En l’absence d’une telle démonstration, toute personne est rationnellement invitée à reconnaître en l’Israël moderne une preuve vivante de la pertinence des prophéties bibliques.

        Taanak

  7. Bon, allez, j’y vais quand même, ça me demande moins de préparation que la réponse à Taanak:

    « Pourquoi ? Parce que tout ce qui l’a construit ne peut être compatible avec le message du Christ. »

    Le néoplatonisme était quasiment une machine de guerre contre le christianisme, à une époque, pourtant il a donné la plupart de ses concepts principaux à la théologie chrétienne. Le théâtre a été condamné par les Pères de l’Eglise, et longtemps par l’Eglise elle-même, parce qu’il faisait dériver un plaisir esthétique de la souffrance d’autrui, pourtant il y a du théâtre chrétien (a ce sujet, il faut vraiment que je me remette à ma série sur la catharsis). Babylone a opprimé Israel, et pourtant on retrouve son influence culturelle en de nombreux endroits de la Bible, à commencer par la conception du monde décrite dans les premières lignes de la Genèse. Et pour prendre un exemple qui me laisse beaucoup plus dubitatif, mais qui me fait aussi bien sourire, la psychanalyse (à laquelle je suis personnellement très réticent) a été forgée quasiment comme une attaque directe du christianisme, et a longtemps renconté l’hstilité des catholiques. Et pourtant, de très nombreux arguments opposés par l’Eglise au féminisme et aux gender studies sont empruntées à la psychanalyse, au point chez certains de la présenter comme une science exacte, ce qu’elle n’est pas.
    Tout ça pour dire que l’origine ne prédétermine pas l’ensemble du parcours, qu’une intuitions première peut être transformée, détournée, renversée, mélangée, fusionnée, par ses héritiers (le graal était un mythe païen, il est devenu une légende chrétienne. Inversement, l’heroic fantsy est née chrétienne et ne l’est plus depuis longtemps). Et que donc la révlte contre le christianisme et les « bonnes moeurs  » qui a pu être à l’origine du rock ne me parait pas suffisante pour démontrer son incompatibilité d’ensemble avec le christianisme.

    « L’Eglise a ses saints pour exemple, le rock ses légendes! Si l’on se penche un tant soi peu sur la popularité de ce genre musical et la vie de ses stars qui ont fait son histoire, rien à faire! Ils ne peuvent absolument pas être comparés au saints de l’Eglise. Ce sont même des contre-exemples criants. »

    Pareil pour les sportifs de haut niveau, qui ont eux aussi souvent un mode de vie dissolu, qui sont eux aussi des « légendes », voire des idoles. Doit-on pour autant remettre en cause la passion de nombreux prêtres pour les compétitions sportives, ou les nombreuses rencontres sportives entre prêtres ou séminaristes?

     » le rock peut être compatible avec le message de l’Evangile, parce que, c’est vrai, la religion chrétienne, ce n’est pas une religion pour les molassons. Mais ??? Oui : être chrétien, c’est un combat de tout les jours, et justement, la déferlante de violence et de colère du black reviendrait à compatibiliser le message du black avec le message christique. Et il y a là une part de vérité : « Dieu vomit les tièdes ».  »

    J’imagine que cette réponse vise surtout Taanak. Tu noteras que pour ma part, c’est moins cette possibilité effectivement transitoire de la violence dans la vie d’un chrétien qui m’intéresse, que la manière paradoxale dont le black metal la met en scène . Il pose effectivement, dans de nombreux morceaux, de manière archi régressive cette violence comme unique horizon, comme un déchainement de pouvoir, mais en même temps il la situe dans une atmosphère onirique, fantastique, qui peut certes traduire une forme de réappropriation de la réalité ou de fuite (et c’est souvent le cas) mais également une sorte de désir d’éternité, non forcément personnelle, mais comme une sorte d’aspiration à une rencontre de quelque chose de plus grand que soi. Il n’y a qu’à voir toute cette célébration des grands espaces naturels et toute cette facination pour le mystérieux, l’occulte et le divin, qui ne sont certes pas pour rien dans les dérives occultistes, satanistes ou néo païennes, mais qui à mon avis sont à rebours de cet aspect effectivement régressif de la violence , le contrarient en quelque sorte, et sont à mon avis présents dans la musique elle même, dans ce caractère irréel des atmosphères qui me parait meme dans certains cas pouvoir etre source d’elevation pour l’âme (et là mon ignorance en musicologie me force certes à aller un peu trop au ressenti mais c’est quelque chose que j’essaierai d’approfondir dans mes futurs billets).

    C’est pourquoi je pense que le black metal échoue dans sa quête transgressive et régressive, et d’une certaine manière peut trahir (je ne dis pas trahit nécessairement chez tous les groupes) une certaine nostalgie secrète de la transcendance. Et c’est pourquoi il peut à mon avis traduire la possibilité de la conversion, qui ne réalise pas, bien s’en faut, le tout de la révélation chrétienne, mais qui est malgre tout un thème fort de l’art chrétien.

    Rest e cette caractéristique musicale de la régression, sur laquelle je n’avais pas suffisament réfléchi jusqu’ici, et sur laquelle je reviendrai.

    • Très franchement, j’ai l’impression que l’on veut rendre la chose compliquée. Pourquoi un style de musique serait incompatible avec la foi chrétienne sous prétexte qu’il a débuté avec une philosophie antichrétienne?

      En tout cas, je ne me suis jamais senti repris par Le Seigneur en écoutant cette musique. Au contraire, j’écoutais des trucs pas bons avant ma conversion à l’âge de 17 ans (j’en ai aujourd’hui 31). Puis des chrétiens m’ont fait découvrir le Métal chrétien. Heureux de pouvoir continuer à écouter de la bonne musique avec un message qui m’édifiait, je n’ai pas fait dans la demi-mesure: j’ai balancé mes CDs non-chrétiens à la poubelle. Et pourtant, je pensais d’abord les revendre: mais il y avait cette voix qui me disait que si ce n’était pas bon pour moi, ce n’est pas bon pour les autres non plus.

      Le courage d’un groupe comme Mortification, d’annoncer l’évangile dans un milieu hostile m’avait fortement impressionné. Bref. Il y a des choses sur lesquelles j’ai envie de dépenser mon énergie. Mais là, j’ai peine à comprendre pourquoi il faut des heures de philosophies pour répondre à cette question qui me paraît assez personnelle: tel peut manger de tout et tel autre ne mange que des légumes.

      J’ai toujours voulu que Le Seigneur me montre si je me trompe: cela s’est passé pour des paroles prononcées à la légère, un comportement laissant à désirer dans tel moment, mais jamais sur ce style de musique qui m’a au contraire donner de multiples occasions de témoigner à des métalleux. Cela me suffit.

      • Ce commentaire là je l’aime bien pour le coup… Si je me rappelle bien, Sainte Thérèse d’Avila écrivait que la passion des romans de chevalerie dans sa jeunesse lui était nèfaste, mais qu’elle était bonne pour sa mère. Le contenu objectif, dénotatif pourrais je dire, du black metal n’est pas le tout. Il y a auusi les différentes connotations, voire colorations qu’il prend suivant la situation personnelle, spirituelle, la culture religieuse et musicale de la personne qui l’ecoute, et de nombreux autres paramètres. La structure d’une musique n’est pas le tout: tel morceau de black sera vecu comme une expérience régressive par une personne et en inspirera une autre, lui donnera de la force et une forme d’assurance. Bien sûr il faudrait analyser cela plus précisément, en evitant le double écueil d’une définition trop abstraite et dogmatique du plaisir esthetique propre au BM, et du subjectivisme.
        (ah, et désolé Taanak, j’aime me compliquer la vie, c’est ma nature. 😉 Mais merci de nous rappeler que très souvent, derrière des questions apparemment complexes, les motifs de nos choix peuvent être au fond très simples).

      • Enfin, ceci pour dire qu’il y a des thèmes pour lesquels je bouillonne intérieurement et d’autres pas. Défendre l’autorité de la Bible quand sa crédibilité est attaquée, ça me motive! Justifier pourquoi je trouve compatible de jouer de ce style en tant que chrétien, cela va jusqu’à un certain point. Si la personne ne veut rien entendre et me considérer comme un impie, qu’elle vienne voir ce que je dis en concert pour juger ou simplement visiter mon blog, où je défends l’autorité de la Bible:
        http://endefensedelabible.blog.24heures.ch/

        Taanak

      • Ensuite, pour répondre à Taanak, je ne vois pas exactement ce que tu veux dire quand tu qualifies la musique d' »amorale ». Je suis d’accord, dans la mesure où je considère que l’art ne doit pas être « donneur de leçon », cependant, dans la musique, j’applique cela à l’ensemble, musique comme paroles. Ce que tu sembles dire est plutôt que la musique purement instrumentale ne peut véhiculer une idée claire et bénéficie donc d’une certaine neutralité, et qu’il ne peut donc y avoir conflit entre le sens des paroles et le propos musical, dès lors que celui-ci n’existe pas à proprement parler. Ce avec quoi je suis en désaccord. La musique (plus que les arts plastiques, car elle est par essence non figurative) peut exprimer une idée aussi clairement que des paroles, et ce de manière à la fois plus directe et plus profonde car elle ne nécessite pas obligatoirement une compréhension intellectuelle du langage (par rapport au langage parlé). Tu peux être touché et affecté par le « message » d’une symphonie de Mozart sans rien connaître de la théorie de la musique tonale. Si tu ne parles pas un mot de français, un discours en français ne te touchera pas, tu ne feras pas la différence entre une prédication chrétienne et un discours satanique, pour peu qu’ils soient déclamés sur le même ton. Un groupe de black metal, même chrétien, pour qui ne parle pas la langue dans laquelle sont écrites les paroles, est dans sa rhétorique musicale pure plus proche d’une esthétique satanique que chrétienne. Mon point de vue est musicologique (ou mélomane) plus que chrétien, c’est pourquoi ie considère qu’il existe un conflit d’esthétique impossible à résoudre au niveau du « unblack metal » ; mon point de vue n’étant pas celui des black metalleux satanique, ne prétendant pas défendre ce genre à part au niveau de sa cohérence, je ne considère pas pour autant l’expérience comme inintéressante.

        Pour finir, je te rassures : je n’écoute pas du black metal ou n’importe quel autre genre musical en me grattant le menton et en réfléchissant très fort à sa signification profonde. Je ne m’interdit cependant pas de réfléchir de temps en temps à son fonctionnement, ses causes et ses conséquences, d’autant plus dans ce genre musical que j’apprécie et qui, premièrement, est tellement pétri de paradoxes qu’il est (pour ma manière de voir les choses) une incitation à tenter de le comprendre et deuxièmement, parce que cela n’a été que rarement fait.

        Et enfin, je profite de l’occasion d’échanger avec des gens qui ont des idées opposées aux miennes et peuvent en débattre de manière respectueuse. 🙂

    • « Tout ça pour dire que l’origine ne prédétermine pas l’ensemble du parcours, qu’une intuitions première peut être transformée, détournée, renversée, mélangée, fusionnée, par ses héritiers (le graal était un mythe païen, il est devenu une légende chrétienne. Inversement, l’heroic fantsy est née chrétienne et ne l’est plus depuis longtemps). Et que donc la révlte contre le christianisme et les « bonnes moeurs  » qui a pu être à l’origine du rock ne me parait pas suffisante pour démontrer son incompatibilité d’ensemble avec le christianisme. »

      Je suis globalement d’accord. Lorsque je parle d’incompatibilité entre le rock et le christianisme, je parle du credo du rock’n’roll primitif idéalisé, c’est à dire un genre apparu en réaction à des courants musicaux jugés « intellectuels » (et dans un contexte politique et social très particulier, bien sûr) ; le rock’n’roll est, à la base, une musique de pur divertissement qui nie absolument la moindre notion de réflexion, de pensée en amont de la réalisation musicale. C’est donc une incitation à prendre la voie la plus facile, la plus séduisante, non car on considère que c’est la meilleure mais parce qu’on ne s’en préoccupe pas (il y a déjà ici une grosse contradiction avec le christianisme, le rock’n’roll impliquant que s’il y a tentation, il faut y céder car c’est la voie la plus facile). Le rock’n’roll à ses débuts n’est pas une histoire d’expression artistique. C’est une histoire d’argent et de divertissement. Même si ça fait mal aux jeunes qui grattent leurs guitares en disant « c’était mieux avant », David Guetta est probablement plus proche de l’esprit initial du rock’n’roll qu’eux. Seulement… cette forme primitive peut-être théorisée, définie de manière idéale mais son existence réelle est assez maigre. Le rock s’est très vite retrouvé à évoluer et à mûrir, qu’il devienne engagé dans les différents conflits mondiaux ou qu’il s’intellectualise plus directement, créant le principe de concept-album (qui implique une sorte de contrainte volontaire et dépasse donc le propos de base de l’acceptation de la solution la plus facile). En considérant ce rock’n’roll extrême comme une sorte de déclencheur, après plus d’un demi-siècle de mutations, alors qu’on a pu faire du rock de tout et de n’importe quoi, un rock chrétien n’est effectivement pas impossible. Je pense cependant qu’il pourra être utile à ses pratiquants de connaître ces quelques faits. L’évolution n’interdit pas de se remémorer l’origine, surtout lorsque cela peut supposer une forme de problématique.
      Le black metal chrétien me pose plus de problème ; si le rock’n’roll se base sur un propos que je considère comme incompatible avec l’idéologie chrétienne, et s’il le fait de manière relativement consciente, il ne l’établit pas comme principe immuable, c’est pourquoi l’évolution s’est faite de manière relativement aisée. Je ne crois pas qu’on ai reproché une « trahison intellectuelle » à l’album Pet Sounds des Beach Boys, un disque qui pour moi va pourtant bien au-delà des prétentions de certaines branches intellectualistes du rock actuel (Radiohead et consorts) en terme de recherche, d’expérimentation et de choses qui dépassent le simple cadre de l’enrobage de rythme saccadé pour night-club. La différence avec le black metal, c’est que celui-ci prend les bases du rock’n’roll primitif et en fait un dogme. Facilité et gratuité de l’acte ne sont plus des déclencheurs mais des raisons d’être. Il fait ce dogme en hommage au rock’n’roll mais aussi sciemment par anti-christianisme, c’est à dire que gratuité, facilité et régression volontaire ne sont pas des protestations et des revendications de liberté face à une société rigide et castratrice qui se trouve être bâtie partiellement sur certaines valeurs du christianisme, mais ils sont là comme principes anti-chrétiens. Dans le black metal, l’anti-christianisme n’est pas une conséquence, il est la cause, la finalité. C’est pour cela que, du point de vue chrétien, je considère le black metal comme plus qu’un style de rock plus extrême que les autres. Sa raison d’être est d’exprimer le mal. Le black metal originel n’est pas contre une vision du Bien précise véhiculée par le christianisme actuel, il est contre le Bien en général. Si le christianisme dit « d’accord, nous vous acceptons », le black metal ne répondra pas « ok, mea culpa, on vous mal jugés », il restera, par essence, l’adversaire du christianisme. Alors bien sûr, je parle encore une fois d’un black metal primitif un peu idéalisé, mais je pense que son existence est un peu moins théorique que le rock’n’roll primitif. Enormément de groupes de black metal fonctionnent ainsi et une évolution est, en soi, impossible, étant donné le caractère dogmatique extrêmement prononcé. Les différentes tentatives dévolutions ne sont finalement que des « trahisons » à différents degrés envers le noyau idéologique, qu’il faut simplement assumer. D’un groupe type Enslaved, Solefald ou Negura Bunget (trois exemples de groupes qui pratiquent une esthétique « traitre » mais de qualité), je préférerais un discours type « nous faisons une musique influencée par le black metal » que « mais non, le black metal c’est plus des mecs qui jouent mal dans des caves, faut grandir un peu ». Il ne s’agit pas là de chipotage d’étiquette, comme lorsqu’on se demande si tel chanteur est plutôt pop-rock ou pop-folk, mais c’est le fait de revendiquer ou non son appartenance à un mouvement précis et relativement fermé dans lequel cette notion est très importante.

      • Les yeux ouverts Says:

        « Le black metal est par nature sataniste et ant chrétien » Et  » On ne déprogramme pas les groupes anti chrétinen ».
        Ces formules de l’orga de hellfest résument ce qui est enj question.

      • « le rock’n’roll est, à la base, une musique de pur divertissement qui nie absolument la moindre notion de réflexion, de pensée en amont de la réalisation musicale. C’est donc une incitation à prendre la voie la plus facile, la plus séduisante, non car on considère que c’est la meilleure mais parce qu’on ne s’en préoccupe pas (il y a déjà ici une grosse contradiction avec le christianisme, le rock’n’roll impliquant que s’il y a tentation, il faut y céder car c’est la voie la plus facile).  »

        J’admets que j’ai un peu de mal à te suivre sur ce point. Je ne voie pas bien en quoi le pur divertissement et ou la solution la plus facile s’opposeraient à une démarche chrétienne. L’essentiel n’est pas de prendre ou non la voie la plus facile, mais d’entretenir et de faire croitre la relation à Dieu. Certains loisirs peuvent nous en détourner, c’est vrai (et pour certains loisirs c’est très variable suivant les personnes), et il est clair que les exigences de cette relation à Dieu implique des sacrifices et d’être prêt à renoncer à certaines facilités, mais le divertissement n’est pas incompatible avec le chreminement avec le Christ, parce que: 1) on ne peut être en cheminement 24h/24, et même les moines prennent des temps de délassement 2) la foi chrétienne ne pose pas une alternative binaire entre ce qui est bon ou mauvais. Elle reconnait aussi l’existence d’activités ni néfastes ni bénéfiques pour le salut, dont notemment celles regroupées sous le terme de divertissement. En fait je pense que pour le rock, comme pour beaucoup d’autres choses, ses effets spirituels varient suivant les individus (suivant qu’ils soient motivés par la musique, la révolte, l’amusement pur) et qu’il ne doit pas faire l’objet d’énoncés généraux mais d’un discernement au cas par cas. 3) Le divertissement peut même être positif d’un point de vue spirituel, dans la mesure où il nous rappelle que le salut n’est pas qu’une affaire de volonté, de mérites individuels, mais qu’il nous est donné gratuitement, et qu’à côté de nos effort, nous avons besoin par nature de ces divertissements, de ces facilités, qui nous rappellent que nous en sommes pas de purs esprits, et que Dieu a voulu aussi ces temps d’absence apparente de l’Esprit, où nous comblons notre attente par des activités pas forcément bonnes en elles-mêmes, mais pas non plus mauvaises. En ce sens, faire du rock chrétien, ce n’est pas forcément vouloir faire d’une musique dédiée au délassement un instrument d’élevation spirituelle, mais sanctifier ces moments d’attente, d’amusement, qui sont inscrit dans notre nature, et qui sont aussi voulus par Dieu, dans la mesure où ils sont liés à notre situation de créatures finies. En ce sens, je suis tout à fait Pascal dans sa défense du divertissement:

        « C’est pourquoi il faut aller plus loin, et reconnaître dans le divertissement, et dans le sérieux et l’application que, hors de toute raison, on lui consacre, alors même qu’il se révèle à terme sans objet, et sans issue, la forme pure, et la plus pure qui soit, d’un exercice spirituel. En remontant à la clé de toutes les conduites humaines, qui est le divertissement en tant que tel, on se donne le moyen de restituer à l’existence saisie sous ses aspects les plus humbles en apparence une dimension transcendante, même si celle-ci se traduit par la perte de sens et déclenche un sentiment profondément déprimant, ce qui est la rançon à payer pour profiter des révélations qu’il comporte. Que fait-on au juste lorsqu’on s’adonne à la conversation des femmes, pudique euphémisme qui recouvre toute une gamme variée d’intérêts, d’émotions et d’attitudes? A première vue, on cède à une attraction dont les bénéfices escomptés sont directement palpables. Mais comment s’en tenir en une telle affaire à ce que Pascal appelle “un usage mol et paisible”, c’est-à-dire au fond indifférent ? La fonction du divertissement est précisément de faire pièce à l’indifférence, et l’on sait la place que tient dans l’Apologie la thématique de l’indifférence, qui, avec l’apparence de tranquillité qu’elle affiche, est la forme la plus viciée et la plus condamnable de l’oubli de Dieu : il en arrache de force le masque, au prix d’une dépense d’énergie insane, dont la seule justification est la poursuite indéfinie d’un bien qui ne se présente qu’à travers son absence. L’homme qui se divertit brûle ses vaisseaux, et, à son insu même, se fait violence à lui-même, se sacrifie pour son salut, même si cette quête, dans la forme où il s’y consacre, est sans espoir, d’autant plus méritante et digne d’admiration à sa manière qu’elle est ainsi désintéressée et gratuite, puisqu’elle s’accomplit en ayant déposé toute chance de succès et en misant en quelque sorte sur son échec. Le divertissement est comme un pari à l’envers, qui révèle les dessous du pari véritable : car ce dernier, de la même manière que le divertissement, est un saut dans le vide, un calcul désespéré, – l’argument du pari consiste à expliquer qu‘il est raisonnable de choisir de faire en conscience quelque chose de déraisonnable -, comme une dernière chance ressentie comme impossible, ce qui n’empêche d’essayer de la saisir, en l’absence de toute prise assurée qui en garantirait le succès.

        C’est pourquoi le divertissement, qui est parfaitement déraisonnable, n’en répond pas moins à une cause, une “raison pourquoi”, ce qui lui restitue, au niveau qui est le sien, une sorte de légitimité, qui le sanctifie :

        “Mais quand j’y ai pensé de plus près, et qu’après avoir trouvé la cause de tous nos malheurs, j’ai voulu en découvrir la raison, j’ai trouvé qu’il y en a une bien effective, qui consiste dans le malheur naturel de notre condition faible et
        mortelle, et si misérable, que rien ne peut nous consoler, lorsque nous y pensons de près.” (Br. 139)
         » (http://stl.recherche.univ-lille3.fr/seminaires/philosophie/macherey/macherey20042005/macherey06102004cadreprincipal.html)

        « Dans le black metal, l’anti-christianisme n’est pas une conséquence, il est la cause, la finalité. C’est pour cela que, du point de vue chrétien, je considère le black metal comme plus qu’un style de rock plus extrême que les autres. Sa raison d’être est d’exprimer le mal. Le black metal originel n’est pas contre une vision du Bien précise véhiculée par le christianisme actuel, il est contre le Bien en général. Si le christianisme dit « d’accord, nous vous acceptons », le black metal ne répondra pas « ok, mea culpa, on vous mal jugés », il restera, par essence, l’adversaire du christianisme. Alors bien sûr, je parle encore une fois d’un black metal primitif un peu idéalisé, mais je pense que son existence est un peu moins théorique que le rock’n’roll primitif. Enormément de groupes de black metal fonctionnent ainsi et une évolution est, en soi, impossible, étant donné le caractère dogmatique extrêmement prononcé. Les différentes tentatives dévolutions ne sont finalement que des « trahisons » à différents degrés envers le noyau idéologique, qu’il faut simplement assumer. D’un groupe type Enslaved, Solefald ou Negura Bunget (trois exemples de groupes qui pratiquent une esthétique « traitre » mais de qualité), je préférerais un discours type « nous faisons une musique influencée par le black metal » que « mais non, le black metal c’est plus des mecs qui jouent mal dans des caves, faut grandir un peu ». »

        Faire du black la « musique du mal », c’était effectivement l’intention de ses pionniers, d’un certain nombre en tout cas (Immortal?). Pourtant, par delà son atmosphère sulfureuse, il a conquis des millers de personnes dont beaucoup ne construisent pas leur vie autour de cette fascination du mal; elles s’y sont retrouvées. E t je ne suis pas sûr que ce soit du fait de ce qui a effectivement été pensé comme une révolte absolue contre le christianisme. Il ne me parait pas absurde de penser, comme je l’ai déjà dit, qu’une musique est plus que la somme des intentions conscientes qui ont présidées à sa conception, et que par delà ses revendications immédiates, elle puisse porter dans son esthétique même des innovations que ses concepteurs sont les premiers à méconnaitre, précisément parce que le message prpre à la musique ne se réduit pas aux paroles dont elle est le support. Alors certes, il y a ce « noyau dogmatique », ce grand « NON » comme dirait JB Farkas, cette esthétique de l’enfermement assumé dans une nuit éternelle et un univers onirique et guerrier, coupé délibérément de la réalité. Et à cela, ses auteurs ont donné les noms de « satanisme », « paganisme », « magie noire », « antichristianisme ». Il l’ont baptisé du nom du mal. Pourtant, cette esthétique du « non », elle parle aussi à des personnes qui ne partagent pas ce rejet idéologique du christianisme, et qui en viennent souvent, parce qu’elles ne parviennent pas à dépasser ces noms, à mettre le black metal tout entier du côté de la pure musique, comme si celle-ci était séparable de son inspiration initiale. Mais cette esthétique de la nuit éternelle, précisément par ce qu’elle n’est pas q’une négation, une révolte, une transgression, une négation, mais qu’lle porte également des sentiments positifs, de transcendance, de réenchantement du monde, un certain apaisement aussi lors de l’écoute des morceaux (au delà de ma propre expérience, c’est ce qui ressort du témoignage de très nombreux black metalleux), me parait être plus que ce grand « NON et cette esthétique du mal. Alors certes, il y a cette aspiration à l’origine, à l’intégrité, au dogme, au « vrai » black metal qui est structurelle dans son inspiration et son esthétique. Mais personnellement je la voie plus comme une sorte de « mythe fondateur » que comme une essence (beaucoup de « fondateurs » prennent régulièrement leurs distances avec, d’ailleurs, non sans coquetterie ou hypocrisie, parfois, cela dit). Et je situerais moins le black metal dans cette revendication (ce qui ferait des ramifications « progressistes » des « trahisons ») que dans la tension entre ce mythe fondateur, finalement impossible, puisqu’il réduit le black à une définition originelle qui s’est révélée plus pauvre que l’ensemble des promesses portées par la musique en elle-même, et la tentation à mon avis également structurelle de faire évoluer ce modèle, de l’adapter à l’évolution des black metalleux eux-mêmes. Raison pour laquelle on voit coexister depuis tant d’année d’incessants retours aux sources et des expérimentations toujours plus nombreuses, y compris de groupes de la première heure. Et effectivement, à côté, une scène chrétienne… Et je pense que cette rupture, ce paradoxe au sein même de l’histoire du black metal, et qui fait que les groupes chrétiens sont toujours restés enmarge (un peu moins en ce moment me semble-t-il), est aussi ce qui en fonde la possibilité. Car au fond, le black metal est l’histoire d’un échec, celui de la quête du mal pur. Et il est normal qu’échouant à atteindre cette « perfection du mal » (c’est le titre d’un morceau du groupe d’unblack A Hill to die upon, au passage), il inspire à certains, dont moi, la tentation d’y trouver la présence irréductible de son contraire, le bien, et une quête masquée , derrière celle du désir posé en absolu, de l’Absolu posé en désir.

        Après, jeux de mots mis à part, je reconnais que même lorsque je n’étais pas chrétien, je me suis toujours positionné plutôt du côté de la sensibilité « progressiste » et je n’ai jamais été très sensible à la philosophie « true black ». Le terme « musique influencée par le black metal », ne me dérange d’ailleurs pas particulièrement, au point où, comme je l’indiquais dans un précédent commentaire, après avoi longtemps pricilégié la dénomination « black metal chrétien », je redécouvre les vertues du mot « unblack ».

        Par ailleurs, l’antichristianisme « sincère » (quoique encore bien présent chez de nombreux groupes) semblant par ailleurs en retrait dans le mimlieu du balck metal, la démocratisation du genre aidant, cette question est aussi celle de la survie de ce style (se réduit-il à l’anti christianisme ou peut-il lui survivre?), et de fait je vois régulièrement passer sur mon blog des requêtes google du type « la mort du black metal ».

    • @ Manu
      « C’est pourquoi je pense que le black metal échoue dans sa quête transgressive et régressive, et d’une certaine manière peut trahir (je ne dis pas trahit nécessairement chez tous les groupes) une certaine nostalgie secrète de la transcendance. »
      C’est un terrain sur lequel je t’attends avec impatience, mon cher Manu! Comme je suis très ignorant en matière d’unblack, j’imagine que tu as des arguments… J’imagine que tu en as également en matière de black, car je suis bien loin d’avoir toute ta culture.
      A ce propos, j’ai été contacté pour traiter de ce sujet « Le rock, peut il être chrétien ? » Je dois rendre ma copie dans un mois (ce n’est pas pour le collectif). Comme malheureusement, ma bibliographie n’est pas des plus tendre concernant la compatibilité du genre rock avec le christianisme, peut être as tu des références à me communiquer ? Dans la voie du dialogue, il est important de ne négliger aucune piste pour traiter sérieusement du sujet 🙂

      « Reste cette caractéristique musicale de la régression, sur laquelle je n’avais pas suffisamment réfléchi jusqu’ici, et sur laquelle je reviendrai. »
      Bon courage dans l’univers des musicologues! C’est un vrai casse-tête. Il y a aussi l’univers de la musicothérapie qui en traite, mais de ce que j’ai comme source, les ouvrages « tout public » de musicothérapie ont plus tendance à parler des musiques « constructives » que des musiques « destructives »… Je n’ai pas lu tout le bouquin, mais « Musicophila » du professeur Olivers Saks
      ne traite pas du rock.

      • Sur la question de la compatibilité pop/rock et christianisme, jette un coup d’oeiil sur le travail de Pierre Benoit, diacre du diocèse de Lyon et spécialiste de ces questions, notamment son livre Les chrétiens et les musiques actuelles, que je n’ai pas encore lu, mais que je mets en lien dans mon dernier billet sur la journée organisée sur le metal à Lyon. J’ai lu quelques articles et interview de lui en ligne, et c’est tout à fait intéressant (c’est aussi une des raisons, outre les remarques de Deneb-tala, qui me poussent à reprendre ma réflexion sur l’unblack, quelque peu laissée de côté au fil des mois et des polémiques. Et apparemment Pierre Benoit est une des références en France sur la question des groupes de « pop louange ».
        Sur la musicothérapie, j’ai entendu parler d’une musicothétapeute dont le nom m’échappe (mais que je suis sur twitter alors je vais retrouver) qui travaille essentiellement sur le metal, mais je ne sais pas ce que son travail vaut et je ne l’ai pas lu.
        Concernant les remarques de Denb-tala et de Taanak auxquelles je n’ai pas encore répondu, j’y reviens lundi.

      • J’ai retrouvé le nom de cette musicothérapeute, dont je ne connais pas le travail: c’est Florence Beucken. Voici un lien vers un article de Radio Metal qui renvoie vers sa page Facebook: http://www.radiometal.com/article/etude-sur-l%E2%80%99utilisation-du-metal-en-musicotherapie-nous-avons-besoin-de-vous,25250

  8. Merci pour le lien. Après être allé sur son site : http://florencebeuken.weebly.com/recherche.html
    le livre n’est pas encore paru.

    Merci quand même pour le lien… Sur sa page Facebook, il y a de la pub pour un ouvrage que je vais m’empresser d’acquérir (je ne l’avais pas vu passé) : « De la note au cerveau » de Daniel Lévitain, Apparemment du très lourd, d’après Oliver Saks (ni plus ni moins !!!) (Et Oliver Saks, c’est vraiment THE star actuelle de la musicothérapie).

    Je vais également jeter un coup d’oeil sur le travail de Pierre Benoît.
    Merci pour tout!

  9. «  Sa raison d’être est d’exprimer le mal. Le black metal originel n’est pas contre une vision du Bien précise véhiculée par le christianisme actuel, il est contre le Bien en général. »

    Juste un petit rajout à ma dernière réponse à Deneb-tala. Tu rappelles à juste titre le dogmatisme trè présent dans le milieu du black, et le discours d’inspiration staniste qui a présidé à son origine. Cela dit, outre le fait que je ne suis pas sûr de savoir définir ce qu’est une « esthétique sataniste » (de même que j’ignore s’il y a une spiritualité sataniste, un mode de vie de vie sataniste, un discours cohérent du satanisme, même, tellement ce courant apparait contradictoire, fragmenté, et groupusculaire), alors que le terme « esthétique chrétienne », par exemple, me parait avoir plus de sens, je voudrais juste souligner que depuis le temps du BM Inner Circle, l’appellation « black metal » semble avoir glissée sémantiquement, au fil des années, d’ne connotation idéologique vers une connotation musicale.

    Ainsi, en 1992, Euronymous pouvait d’une part écrire que Deicide était un groupe de black metal, quoique « commercial », parce qu’il se réclamait d’une idéologie sataniste, et qu’Immortal n’en était pas un, puisque non sataniste:

    « We have four Black metal bands with albums out, and a couple of smaller garage bands. And we have maybe 30 die hard black metal fans and 700-1000 of those bastards who listen to commericial black metal such as Deicide.  » (http://www.fmp666.com/moonlight/mayhem.html)

    « Firstly Immortal is NOT a black metal band, as they are not satanists. And this is something they say themselves. Their new look is just a way for them to go deeper into what they have always been into. (Interview de Euronymous en 1992 pour Kill yourself! Magazine) » (http://lahordenoire.free.fr/chronique.php?art=1987)

    Alors qu’aujourd’hui, quand on parle de black metal, on pense en premier lieu à une certaine identité musicale (tremolo pickings, blast beats, son sale, cri, ambiance ténébreuse)… On considèrera Antestor comme un groupe de black (tout en condamnant éventuellement ses paroles). Ca fera bizarre par contre d’accoler ce terme à Deicide. Et dans un second temps on pensera au satanisme, à côté d’autres thématiques comme les films d’horreur, le néo paganisme, la dark fantasy, l’occultisme,…

    Tout ça pour dire que malgré ces revendications répétées d’une essence satanique du black metal, sa perception, y compris en son propre sein, a évoluée, et qu’au fil du temps, son identité musicale semble se détacher, il est vrai lentement, très lentement, du discours d’Euronymous et cie, auquel il a longtemps été identifié de manière indissociable…

  10. @Taanak:

    « Cette réponse flaire la théologie du remplacement à plein nez. Premièrement, il n’existe absolument aucun cas dans L’Écriture où Israël veut dire autre chose que ce qu’il veut dire. Ce n’est donc pas une appellation opportune. Quand Dieu dit qu’Il les ramènera d’entre les nations, Il veut dire exactement cela et pas autre chose. La Bible est suffisamment convaincante sur ce sujet. Prétendre le contraire n’est ni plus ni moins que de l’incrédulité. »

    Aucun rapport avec la théologie du remplacement. Je ne conteste pas la promesse faite au peuple juif. Je constate juste que dans le conflit palestinien des injustices sont commises des deux côtés, que loin de contribuer à plus de justice et plus de paix, l’influence des évangéliques sionistes a pour effet de durcir les positions des colons et de l’Etat d’Israel, et que des innocents en souffrent et en meurent chaque année. Je ne défends pas non plus les extremismes côté arabe, mais j’ai aussi pris connaissance de témoignages de palestiniens, chrétiens, juifs ou musulmans, qui ne désirent que de vivre en paix sur les terres de leurs parents, et j’estime qu’une interprétation de la Bible qui conduit à les priver de cette revendication ne peut être que fausse. Quand au fait que l’Etat d’Israel s’appelle « Israel », ce n’est pas significatif en soi. Cela traduit le désir de l’accomplissement de la Promesse, non pas cet accomplissement en soi. De même que certains ont cru voir le Messie revenir, là où il n’était pas encore là…

    • « Je constate juste que dans le conflit palestinien des injustices sont commises des deux côtés, que loin de contribuer à plus de justice et plus de paix, l’influence des évangéliques sionistes a pour effet de durcir les positions des colons et de l’Etat d’Israël, et que des innocents en souffrent et en meurent chaque année. »

      Des injustices sont commises des deux côtés? On reconnaît bien le discours des diplomates occidentaux, cherchant à démontrer leur impartialité! Pourtant, le choix même des victimes fait bien des « combattants palestiniens » des criminels! Alors que les soldats israéliens ne visent jamais délibérément des civils. Les victimes civiles sont toutes ce que les militaires appellent des « victimes collatérales ».

      Le fait est qu’une démocratie n’est pas toujours juste, alors qu’une dictature est toujours injuste! Les « palestiniens » ont davantage à craindre du Hamas et du Fatah que d’Israël. Et il va de soi qu’ils seraient bien plus heureux dans un Grand Israël que dans état « palestinien » qui se déchire entre les différentes factions terroristes en son sein.

      Ces choses, les chrétiens sionistes l’ont compris. Ils ont aussi compris que la raison d’être d’un état « palestinien » est l’éradication pure et simple de l’État hébreu. Je sais qu’il y a tentation pour les chrétiens de se montrer neutre dans le conflit. On pense ainsi faire preuve d’amour. Mais l’amour ne peut faire l’économie de la vérité. C’est par amour, que je dis au musulman, au juif, au bouddhiste et à l’athée que hors de Christ, il est perdu pour l’éternité. Les concessions ne rendent pas gloire au Seigneur que nous prêchons.

      Il en va de même par rapport à tout ce que dit la Bible. Ce n’est pas l’humanisme ou le pacifisme qui doit nous guider, mais La Parole de Dieu. Or, Elle précise bien à qui Dieu a donné cette terre en alliance perpétuelle. Si le peuple d’Israël se doit de respecter l’étranger, ce dernier se doit de reconnaître la souveraineté d’Israël et abandonner Allah et son Coran pour suivre Le Dieu véritable, Le Dieu d’Israël. Si Israël était réellement dans l’obéissance, il commencerait par détruire les mosquées qui souillent le pays de Dieu, comme Il l’ordonnait Lui-même, ce que tu peux lire dans les livres des Rois et des Chroniques.

      Selon la Bible, le musulman ou toute autre sorte de païen n’a pas d’héritage ici. Il appartient à Dieu de résoudre ce problème sur le plan politique, mais tel est le principe biblique. Dieu est mécontent envers les nations qui amènent des dieux étrangers dans son pays, et Il est mécontent qu’Israël les accepte. Lorsque Jésus reviendra, un résidu d’Israël reconnaîtra en Lui Le Messie promis, et il en sera certainement de même parmi les nations. Selon L’Écriture, durant le Millénium, Jésus régnera à Jérusalem comme Roi au sein d’Israël, qui occupera la terre qui lui a été promise dans son entier. Les « palestiniens » vivront comme étrangers dans le Grand Israël. Selon Ézéchiel 47:22, l’étranger disposera d’un héritage dans la tribu où il séjournera.

      Marcel Rebiai, ex-musulman devenu chrétien, résume ainsi dans son livre « Islam, Israël et l’Église » (p.122):

      « Les nations monteront à Jérusalem (Sion) pour adorer et rendre hommage au Messie. Il proclamera la justice et leur apportera la paix (voir Michée 4:7; Zacharie 14:16 et Ésaïe 2:2-4). Oui, Dieu est vraiment LE sioniste. Il restaurera Sion en restaurant le peuple et la terre d’Israël; Il demeurera Lui-Même au milieu de Son peuple, sur cette terre. Alors, la justice, l’orientation, l’instruction, le secours et le salut, sortiront de Sion vers tous les peuples de la terre. Ce ne sera plus désormais une questions d’individus seulement, mais de nations (Michée 4 et Ésaïe 2).

      Quiconque s’oppose aux plans sionistes de Dieu ne s’oppose pas seulement aux juifs, à l’État d’Israël ou aux immigrants « insupportables »; il s’oppose au but du sionisme divin, c’est-à-dire au déclenchement du salut, de la justice et de la paix pour les nations (…) Dieu est sioniste, et toute personne soucieuse du salut des nations devrait se joindre à Lui le plus vite possible! »

      Quant à ta remarque sur le nom « Israël », je ne vais pas prendre la peine d’y répondre, car j’ai très peu de patience envers le non-sens absurde. Il y a une volonté manifeste de ne pas comprendre. Tu sembles cultivé, tu ne souffres pas d’analphabétisme. Israël se réfère aux juifs. Il semble que tu le comprends très bien lorsqu’il s’agit de les fustiger. Objectivité, quand tu nous tiens!

      En Christ,
      Taanak

  11. Je suis plein d’admiration pour votre long débat. J’admire beaucoup votre courage car il faut quand même prendre du temps pour rédiger ces commentaires. Or le temps est si précieux !
    Prêtre catholique, j’ai découvert votre échange parce que je prépare une rencontre sur la musique Metal et j’essaye de me documenter, de me former d’ouvrir mes oreilles au genre musical dont vous parler.
    En vous lisant, j’ai pensé à un ami Émile Granger, éducateur, psychanalyste de l’école de Lacan, prêtre du Prado comme moi. Il vit actuellement dans la gloire du Père. il est l’auteur d’un livre témoignage : « ils m’appellent le vieux ». Je l’ai fait intervenir plusieurs fois en aumônerie étudiante. J’ai alors été fortement marqué par son regard sur le Vendredi Saint. La kénose, l’anéantissement du Christ, l’abandon, la déréliction la plus complète, le noir le plus profond. Impossible de descendre plus bas. Le maximum d’anéantissement est atteint. Déliquescence absolue. oui, l’acte de foi et d’espérance radicale se manifeste au moment le plus atroce, le plus noir du Vendredi de l’abandon total, de la mort sur un gibet. La foi pure ne s’exprime que quand tout espoir d’avenir heureux s’avère impossible. Elle se manifeste dans l’expérience de l’abandon le plus complet. Aucun espoir possible. « Pourquoi m’as-tu abandonné ! » Et d’entendre ici le chant des impropères de l’office de nuit du Vendredi de la semaine sainte. Et d’en conclure que Dieu ne peut pas être tout puissant.
    Ce que j’entends du black Metal me fait penser à tout cela. Je ne parle pas de black metal chrétien car je pense que la musique est avant tout musique. C’est celui qui l’entend qui peut dire qu’il ressent une tonalité chrétienne, car cela le touche dans cette direction. Avouer son désespoir est un pas dans l’attente d’une intervention autre pour s’en sortir.
    J’ai lu et je lis souvent le prophète Isaïe. Je constate que même chez de nombreux chrétiens nous n’avons pas toujours la même lecture. Là, je pense que je réponds surtout à Taanak alors que ce que j’écrivais avant était une considération plus générale. Dieu, parmi les populations polythéistes s’est choisi un peuple plutôt monothéiste. Il l’a formé longuement pour que ce peuple soit entièrement dévoué à son amour unique. Un seul Dieu qui est Père de tous les hommes et de toutes les femmes de la Terre.
    J’ai vraiment de la difficulté à entendre parlé d’un Dieu sioniste car alors, il n’est pas le Dieu universel, Créateur de toutes choses et de tous. Dieu est Père universel. C’est ce que Isaïe a prophétisé. Il n’a pas réussi. Alors Jésus arrive envoyé par le Père. Et nous l’entendons dire que le Messie qu’il est n’est pas comme celui qui commande en chef. Celui qui veut être le premier se veut le serviteur de tous. Jésus est le roi de l’univers parce que serviteur. Amour et service ne conduisent pas vers une conception sioniste de l’Histoire. J’ai ainsi parlé notamment dans mes dernières homélies. Christ serviteur invitant à aimer et Dieu et le prochain. Jésus a tellement aimé le monde qu’il ne se déroba pas à la torture que le politique lui infligea. C’est le vendredi saint au plus profond de sa noirceur.
    Mais revenons à la musique. Elle est une vibration qui me révèlent à moi-même et par là peut m’ouvrir les portes d’un monde où je sors de mes enfermements. Dans le monde des arts plastiques, je constate que des plasticiens se construisent par et dans leur création. Je peux alors parler d’art chrétien.

    • Je ne vois pas en quoi un Dieu sioniste entrerait en contradiction avec Son amour pour les autres peuples? Dieu est fidèle, Il a promis par une alliance perpétuelle que cette terre si contestée appartiendrait aux Juifs. Après avoir châtié Israël pour sa désobéissance, Il le ramène sur sa terre, c’est cela le sionisme. Cela est-il injuste envers les Arabes? Certainement pas! Ces derniers possèdent 22 états! Vous parlez d’amour: l’amour se traduit également par fidélité. J’en sais quelque chose, je suis un homme marié! Or, Dieu a promis cette terre aux Juifs. Va-t-Il rompre Sa promesse sous prétexte que cela ne plaît pas à ses voisins? Non. La seule raison d’être d’un état palestinien est d’ailleurs l’éradication d’Israël. Ces choses sont pourtant claires. Je m’étonne qu’un homme de Dieu semble aussi peu au clair en matière d’eschatologie…

      • Bonjour. Dans la mesure où le sionisme est résolument athée, sur quoi les sionistes fondent-ils leur droit d’occuper un territoire et d’opprimer le peuple autochtone (composé de juifs, de musulmans et de chrétiens) ?

      • J’ai répondu à ces questions en long et en large. Puisque vous ne faites pas l’effort de lire tous les messages, je ne ferai pas l’effort de me répéter.

  12. La suite de ce billet, sur laquelle j’ai pris du retard, devrait paraitre d’ici la fin du we qui arrive…

  13. […] point de vue de Deneb-tala, exprimé sur le présent […]

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