Salon Beige, Hellfest, etc.

Je viens de tomber par hasard (que voulez-vous, je ne lis pas l’un des plus gros blogs cathos: même dans la foi j’essaie de garder un certain sens critique) sur un billet de juin dernier du Salon Beige sur le Hellfest édition 2012.

Mais d’abord, une page de pub Wikipédia:

« Couramment, le terme amalgame désigne une combinaison de deux éléments différents. De là, il peut également désigner la confusion, souvent volontaire, de deux idées différentes. Plus simplement, faire un amalgame entre deux choses, c’est « rapprocher » ces deux choses sans qu’elles soient liées naturellement, et sans qu’il soit raisonnablement possible de les lier entre elles. C’est une technique de désinformation simple et efficace. Voir amalgame (communication). En sémantique, l’amalgame désigne une confusion d’ordre sémantique. » (Wikipédia, article « amalgame sémantique »)

Cette citation, que j’avais très innocemment lue avant d’aborder l’article du Salon Beige, en tête, venons-en à l’article de ce célèbre blog:

« Un mort au Hellfest Le WE dernier, le festival « fête de l’enfer » Hellfest a fait le plein à Clisson. Cela n’apparaît pas dans la presse, mais d’après nos informations, un décès a été enregistré sur le site samedi matin. Il s’agirait d’un homme, Mexicain, qui tenait un stand. Il serait mort officiellement des suites d’un cancer ou de nodules. Le bilan des interpellations pour trafic de drogue n’est pas connu. La Radio locale Alouette FMa annoncé 112 000 participants. Or le site ne peut accueillir « que » 35 000 personnes. Il ne s’agit donc pas de personnes, mais de places vendues.« 

Absolument horrifié que je suis à l’idée que cet héroïque blog anti « christianophobie » puisse être taxé de diffamation ou autre malveillance par tel ou tel « cathomou », « laïcard » ou « cathophobe », je ne puis m’empêcher de lui demander, en vue de mieux préparer les esprits les plus éclairés (c’est à dire les plus « ardents » des catholiques) à sa défense, quel rapport établit-il entre les trois paragraphes de cet article.

Un esprit beaucoup moins brillant que celui du rédacteur de l’ article du SB, tel que le mien, abruti que je suis par l’écoute de musiques trop bruyantes et violentes, pourrait penser après une première lecture superficielle q’un lien de causalité implicite relie ces trois parties, et que donc, une personne est morte au Hellfest, les satatistiques de consommation de drogue ne sont pas encore connues (ah ces junkies qui ne viennent pas se dénoncer spontanément aux orga et à la police…!), qu’il ya un flou entre le nombre de personnes effectivement présentes et le nombre de places vendues, et que l’on pourrait dès lors penser que le Hellfest gère mal l’entrée des festivaliers, que doncs il ne gère pas l’import éventuel de drogues diverses, et que par conséquent, on ne peut s’empêcher d’observer qu’il y a eu un mort.

Un tel raisonnement serait bien sûr complètement fantaisiste et contraire aux faits tels qu’ils sont actuellement connus:

– Sur le décès:

ce que j’ai pu trouver de plus précis est la mention d’un article de Radio Metal, ci-dessous:

« Nous sommes extrêmement tristes de vous annoncer qu’un homme qui travaillait sur l’extreme market est décédé à la suite d’un arrêt cardiaque. Ben Barbaud, le programmateur du festival, vient de nous confirmer cette information. Toutes nos pensées vont à la famille et aux proches de la victime de 37 ans qui est décédée, selon Ben, « avant l’ouverture du festival ».  » (source)

A priori rien à voir avec la polémique entre diverses organisations cathos et la direction du Hellfest, ni avec une quelconque responsabilité des organisateurs du festival. Bien sûr, si diverses personnes, opposées au Hellfest ou non, ont d’autres sources à proposer, notamment de source policère et judiaciare officielle, elles sont les binvenues. Mais en attendant, il n’ya dans ce fait divers rien qui permette de nourrir le débat, dans un sens ou dans l’autre, et tout ce qui nous est opportun de faire , à nous catholiques, est de prier pour le défunt et ses proches. Tout le reste, en absence d’éléments matériels, ne me parait que spéculations et rumeurs malsaines.

– Sur la consommation de drogue:

Etant personnellement présent au Hellfest, j’ai été témoin d’une grande consommation d’alcool. Par contre je n’ai pas été témoin de consommation de drogues. Je ne suis pas partout, je n’étais pas là pour ça et aucune organisation à cette échelle, quelque soit sa sévérité et sa rigueur, ne peut prétendre au risque zéro en la matière.

Pour ce qui est de la prévention, la direction du Hellfest a fait valoir les points suivants:

« Vu le monstre d’organisation que peut représenter un festival comme le Hellfest, il est évident que les big boss ne peuvent aussi gérer les actions de prévention et de sécurité. Pourtant, cet aspect n’est ni écarté, ni négligé car ils ont fait appel à des associations qui se chargent d’informer les festivaliers sur les différents risques, qu’ils soient d’ordre sexuel, de drogue, d’alcool ou même d’audition. Yoann Le Nevé, l’adjoint de Ben Barbaud, rappelle que « cela fait déjà plusieurs années que nous travaillons avec des associations telles que Take Care (collectif) ou Dico LSF. Nous leur mettons à disposition la place nécessaire afin qu’ils informent nos festivaliers. Cette année, avec le changement, ils seront en bordure du couloir d’entrée dans 2 stands de 10 m X 5 m. C’est un soulagement pour nous d’avoir à faire à des spécialistes vu l’importance qu’a pris notre festival. » Pas des moralisateurs Take Care est un collectif qui regroupe l’ANPAA 44 (Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie), Avenir Santé et le SIS (Sida info service). « Notre rôle, tout au long du festival, n’est pas d’être des moralisateurs mais d’informer et échanger avec ceux qui le voudront pour réduire les risques liés aux drogues de toutes sortes mais aussi au sexe. Nous ne nous contenterons pas de rester au stand, mais nous déambulerons également sur le site du festival et sur le camping attenant », souligne Carine Soulard, déléguée régionale du SIS. Des préservatifs seront bien évidemment distribués, et des éthylotests seront disponibles particulièrement la dernière nuit, de dimanche à lundi, jusqu’à 3 h du matin. » (Ouest-France, Hellfest: la prévention sécurité n’est pas négligée au festival métal de Clisson)

Je n’ai pas personnellement fréquenté le stand de ces associations (il faut dire que je ne les ai pas cherchées non plus…). Par contre j’ai pu constaté l’important dispositif de police et de sécurité autour et à l’intérieur du festival. Si j’ai pu voir des personnes en très fort état d’hébriété, et que j’ai entendu ça et là des rumeurs de vols et de bagarre propre à tout festival de cette envergure (même chrétien) je n’ai pas eu d’échos d’acte mettant gravement en cause l’organisation du festival dans son ensemble. Là encore, si des personnes ont des éléments matériels à apporter une foi encore de source officielle, policière ou judiciaire de préférence, elles sont les bienvenues. Mais en les attendant, toute généralité montée sur la base de désordre supposés se produire au Hellfest ne me parait relever que de la rumeur et/ou de la spéculation, et, en tant que chrétien, je préfère la vérité établie par les faits aux affabulations de l’imagination.

– Sur la fréquentation du Hellfest:

D’après les articles que j’ai pu lire sur le Hellfest, le chiffre de 35 000 par jour relevait moins d’une limite stricte que d’une estimation:

« Nous avons fait en sorte d’accueillir 35 000 personnes par jour. Et au vu des préventes (NDLR : avoisinant les 20 000 pour le moment), ce sera 35 000 personnes par jour ».  (Radio Metal)

Dans les faits, cette évaluation déjà optimiste semble avoir été dépassée:

« Avec une moyenne de 37000 personnes par jour, le Hellfest 2012 fait mieux que les Eurockéennes de Belfort ou que Rock en seine à Paris, entre autres. » (L’Alsace, « le Hellfest âsse dans la catégorie des poids lourds »)

Et s’il est vrai que le pass 3 jours est l’offre la plus séduisante pour n’importe quel festivalier normalement constitué, il n’en reste pas moins que le festival ouvre ses portes du jeudi soir au lundi matin, et, qu’à la mi-juin, pour beaucoup de personnes, il n’est pas possible de choisir cette option, pour des raisons scolaires ou professionnelles, voire familiales, et qu’elles sont donc obliggées de ne rester qu’un ou deux jours (sachant que le pass trois jours coute le même pris que deux billets un jour, à quelques euros près). Et de fait, moi qui suis resté l’intégralité du festival, j’ai pu constater plusieurs vas et viens de tentes.

Ce chiffre de 112 000 avancé par le Salon Beige ne me choque nullement. A vrai dire, et même s’il y avait pas mal de queue le jeudi soir pour accéder au camping et le vendredi matin pour écouter les premiers concerts (et dans une moindre mesure, pour accéder aux douches à certaines heures) je me suis beaucoup moins senti compréssé au Hellfest qe lors dès JMJ de Madrid l’été dernier, en particulier le samedi à l’aéroport (sérieusement, rien que les queues au Mc Do, avec les gars qui arrivaient derrière et qui donnaient à ceux qui étaient devant 10 tickets « menus du pélerin », j’ai failli une fois faire un  malaise… Mais les JMJ c’était aussi bien sympa, malgré la foule et la chaleur…).

Bien sûr, si la encore des blogueurs catholiques ont des preuves matérielles concernant une éventuelle surcharge de l’accueil au Hellfest, eu égard à la réglementation en matière de sécurité, ils sont bien sûrs les bienvenus, mais en attendant, je préfère m’en tenir à mon souvenir, qui est beaucoup plus positif.

En conclusion, si le Salon Beige a bien sûr parfaitement le droit d’émettre des opinions sur tel ou tel fait produit au Hellfest, ne serait-il pas souhaitable de les séparer clairement, en leur attribuant des billets distincts? Car à lire comme ça l’article, une âme malveillante pourrait être tentée de penser que le SB regroupe des rumeurs et des incidents disparates, sans preuve d’une responsabilité directe des organisateurs du Hellfest dans tel ou tel d’entre eux, pour substituer à l’absence de problèmes graves effectivement constatés lors du festival des insinuations, dans un  but de propagande contre celui-ci. Je n’affirme rien pour ma part:je ne connais pas l’auteur du billet et je ne sais rien de ses intentions.  Je trouve simplement que l’article manque singulièrement de clarté. Et je cite en début d’article une définition de l’amalgame pour montrer que juxtaposer des faits sans expliciter leur lien suffit à rendre suspect de celui-ci, à mon sens. C’es pourquoi mieux vaut distinguer par des billets distincts des éléments disparates.

Ah oui, et quand en plus de rapporter tel ou tel fait, ou tel ou tel bruit entendu, on l’accompagne de quelques paragraphes explicatifs, voire d’une démonstration, c’est toujours plus clair que de suggérer, ou de paraitre suggérer…

Personnellement, j’ai fait dans mon précédent billet le compte-rendu de ma présence à ce festival, qui m’a laissé un souvenir bien plus positif. Cetains s’y retrouveront, d’autres non. Mais de grâce, argumentons sur des faits et des souvenirs concrets, et non sur des rumeurs et des spéculations!

A bon entendeur Salut!

(Prochain billet normalement sur les Pussy Riot… teasing de ouf)

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3 Réponses to “Salon Beige, Hellfest, etc.”

  1. […] le Hellfest (avec des arguments parfois à la limite de la malhonnêteté intellectuelle, comme je le montrai l’été dernier à partir de leur traitement du décès d’un employé du f…), montre envers une auteure qui  compte parmi les inspirations principales de la doctrine de […]

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