Inquisitio à la question: une limonade douce-amère…

Après le théâtre, la photographie, et la musique, c’est la télévision qui devient le lieu de cette bataille qui semble s’être engagée dans la durée entre les catholiques et le monde de la culture.

La série de l’été Inquisitio est en effet vivement critiquée sur Internet en raison du portrait outrancier et historiquement faux qu’elle dresse de l’histoire de l’Eglise, en particulier de l’Inquisition et de Sainte Catherine de Sienne.

Comme le blogueur Charles Vaugirard, particulièrement engagé dans ce débat, l’écrit :

 » Le problème posé par cette « fiction » est profond. Elle nous présente une Eglise médiévale (1378) sombre, violente, perverse avec un cortège de prélats libidineux, corrompus, et une Sainte Inquisition cruelle, tuant et torturant systématiquement.

Le tableau est atroce. Il laisse paraître une Eglise où il n’y aurait rien de bon. L’Inquisition fait irrémédiablement penser à la Gestapo par l’antisémitisme de ses hommes, et la terreur qu’elle fait régner dans la société… et surtout dans les quartiers juifs. Quant au port de la rouelle par les Israélites, il évoque l’étoile jaune. Bref : nous avons là une atmosphère particulièrement anachronique où les chrétiens remplacent les nazis.

Nous n’avons pas le beau rôle…ça fait mal. Et la blessure est d’autant plus grave que l’Histoire n’est pas respectée.« 

L’originalité de cette polémique, c’est qu’elle n’a pas été initiée par l’aile « dure » du catholicisme, mais par les « modérés », les « cathos bisounours ». Et cela se voit dans son style et les moyens qu’elle utilise.

Ici, pas de pétitions aux élus ni à France 2, pas de polémiques sur l’utilisation de deniers publics pour financer une fiction d’allure anti chrétienne, pas d’appel à la manifestation et encore moins bien sûr de jets d’huile de vidange ou d’oeufs sur le personnel de France 2.

Plutôt que le lobbying, l’excitation des passions et le pur rapport de force, les angles d’attaques choisis ici sont d’une part l’humour, avec la création sur Twitter et Facebook du compte parodique Saturnin Napator, qui décrit les humeurs d’un Torquemada aux amphétamines, ou encore la réalisation d’une bande-annonce satirique d’Inquisition (reprise en début du présent billet), et d’autre part l’information, au travers notamment du site L’Inquisition pour les nuls, qui publie divers articles historiques sur l’Inquisition, Sainte Catherine de Sienne, etc.

Comme mon illustre confrère blogueur Edmond Prochain, qui compte parmi les personnes à l’origine de cette initiative,  le rappelle dans une interview accordée au Pèlerin:

 » A côté de notre parti pris de rigoler, avec des grosses blagues (« Qui a éteint la lumière ? Passez-moi un hérétique, je vais la rallumer ! »), nous avons eu envie de donner quelques éléments de compréhension sur cette période. Jean-Baptiste Maillard a fait appel à des historiens qui publient des contributions. Nous voulons éviter la réaction hystérique du type : « France 2 blasphème, brûlons leurs studios ! ». Notre objectif, c’est d’en rester à une réaction paisible et bon enfant. Si la série est blasphématoire, elle l’est surtout contre l’intelligence et le bon goût !« 

Cette tactique nouvelle n’est pas sans rappeler celle de « la limonade », que le blogueur Koz, qui participe d’ailleurs à cete action, opposait en octobre dernier au mode d’action particulièrement agressif de Civitas, lors des polémiques autour de deux pièces de théatre:

 » Si le christianisme ne suscite pas à une réaction différente de celle du monde et du tout-venant, alors à quoi bon ? Si être chrétien ne change rien, quel est ce christianisme que l’on défend ?

On pourrait tenter plutôt la fameuse stratégie de la limonade : noyer l’acidité du citron dans une boisson sucrée. Informer, dialoguer. Ridiculiser de piètres créateurs au propos sommaire. Mettre les rieurs avec nous. Être disponible devant le Théâtre du Rond-Point pour informer ceux qui le souhaitent ? Distribuer l’1visible aux abords ?

Pour cela, il faut de la coordination.

De vous à moi, je sens que ça vient. »

J’avais applaudi à cette proposition dans certains de mes précédents articles, et je me réjouis de ce que les catholiques modérée s’approprient le terrain culturel et émettent des propositions alternatives à celles de Civitas et consorts, qui dédramatisent les polémiques en les déplaçant, du registre de la confrontation et lobbying pur, à ceux de l’humour et de la pédagogie. Il y a là une idée à prolonger et à approfondir. J’ai d’ailleurs relayé la bande annonce parodique et le site sur l’Inquisition sur ma page Facebook, et j’ai accepté la demande d’ami de Saturnin Napator, que je suis également sur Twitter.

Si cette initiative est donc douce à mon palais,  il y subsiste néanmoins un arrière goût plus amer, qui m’empêche de la savourer pleinement. Elle pose de manière intéressante une question très pertinente, celle de l’équilibre à trouver entre la licence narrative avec la réalité des faits dans les oeuvres de fiction, et le respect d’une certaine mémoire de l’Histoire, qui humanise notre culture et garantit le respect et la bonne compréhension  des différentes traditions de pensées et croyances, et des personnes, qui composent notre société. Mais elle ne semble pas saisir celle-ci dans sa globalité, et tous ses tenants et aboutissants…

Il y a donc ce que j’aime dans cette initiative, et ce qui me met très légèrement mal à l’aise…

1) Ce que j’aime:  

– L’information historique sur l’Inquisition: 

Ca touche même à un vieux rêve. Quand je suis revenu à l’Eglise, l’Inquisition est l’une des premières questions que j’ai dû surmonter, par diverses lectures. Ca m’a valu des échanges assez violents avec des personnes qui n’acceptaient même pas qu’on puisse seulement remettre en contexte la réalité historique de l’Inquisition. Je dois dire que l’essentiel de ce que je croyais connaitre de cette dernière, l’apparence d’évidence qui la faisait participer dans mon esprit « des heures les plus sombres de notre Histoire », je la devais beaucoup moins à une quelconque information historique qu’au souvenir de diverses oeuvres de fiction qui l’utilisais comme ressort dramatique et comme allégorie de l’intolérance et de l’opression à des fins politiques, et que c’est sans doûte aussi le cas de la plupart des personnes qui croient dur comme fer qu’elle se résume à un instrument d’opression qui aurait fait pesé une chappe de plomb sur la presque totalité du Moyen Age (ce qui est extrêmement éloigné de la réalité des dates et de ses origines).

Que la sortie d’Inquisitio soit l’occasion d’ouvrir ce débat sur la réalité historique de l’Inquisition me parait être donc une excellente chose…

– Le ton employé: 

J’ai souvent reproché aux initiatives cathos sur le terrain culturel de dramatiser à l’extrême des oeuvres assez anecdotiques, voire confidentielles (Golgotà Picnic, sérieusement…). Les parents spirituels de Saturnin Napator prennent ici le contre-pied, en sélectionnant une oeuvre très diffusée (prime -time sur France 2 quand même), et en la décdramatisant pas l’humour et la mise en contexte historique. Il y a là de quoi séduire les personnes extérieures à l’Eglise, et intéresser les curieux:  personne n’aime découvrir s’être fait servir des salades sur l’Histoire, et tout le monde aime rire. Il y a là les germes d’une dialogue authentique entre catholiques et cultures contemporaine, qui s’apuie sur la confrontation des traits d’esprits et de la culture historique, et non sur celle des lobbies et des pétitions.

2) Ce qui me met très légèrement mal à l’aise: 

– la légèreté apparente apparente de la réflexion  sur la tension entre fiction et respect de l’Histoire:

Le réalisateur d’Inquisitio a donné un argument qui a paru  heurter mon estimé confrère blogueur Henry Le Barde, qu’il rapporte sur son compte Twitter:

 » Nicolas Cuche, réalisateur d’Inquisitio : « Le Moyen-Âge est une période fantasmée, qui s’écrit comme de la science-fiction. » Tout est dit.« 

Moi, je ne la trouve pas si mal, cette citation. Je trouve ce concept de « période fantasmée » toute à fait pertinente pour décrire les topoi de la fiction historique, dont les univers narratifs les plus célèbres, bien que présentant une vision complètement déformée de l’Histoire, ont engendré des oeuvres dont l’une où l’autre a pu enthousiasmer un jour ou l’autre chacun d’entre nous. Quand j’étais petit je regardais beaucoup de western, j’ai de gros doutes sur la fidélité de la plupart à l’Histoire, y compris à des évènements graves… Quand j’étais adolescent, je dévorais des romans de cape et d’épées comme ceux de Pardaillan ou d’Alexandre Dumas, qui présentaient pourtant une vision caricaturale des guerres de religions. Je sais que la vision du MoyenAge colportée par certains films de chevalerie ou d’heroic fantasy est fausse historiquement, largement « fantasmée », mais au fond je m’en fous, en tant que spectateur du moins. J’aime les westerns, j’aime les univers de capes et d’épées avec les intrigues des Médicis et des clercs corrompus, j’aime les représentations de la Grèce antique façon Xéna. Je sais que ces fictions sont à l’Histoire ce que la science-fiction est à la science, mais franchement, je n’accorde pas plus de réalité à l’Inquisition ou au duc de Guise façon capes et épées qu’à la téléportation ou au voyage dans le temps.

Un exemple précis auquel ce débat autour d’Inquisitio m’a immédiatement fait penser. J’ai trouvé le film Apocalypto, de Mel Gibson, tout à fait génial. Je suis au courant des fortes critiques  que des chercheurs spécialistes de l’Histoire amérindienne ont portées contre ce film, qui non seulement prend selon certains (pas tous cela dit, mais pour l’Inquisition aussi, on trouve des historiens très critiques) quelques libertés avec l’Histoire, mais dresse ouvertement le procès d’une civilisation toute entière. Concernant la réalité historique en elle-même, j’ai tendance à leur faire davantage confiance qu’à Mel Gibson. Je comprends leur irritation face à un film qui sous couvert de la fiction donne un visage moderne et esthétiquement séduisant à des gros clichés, et contrecarre leur travail d’information beaucoup moins visible et diffusé. Je trouve que les questions qu’ils posent sont légitimes, mais j’adore la contruction narrative et la réalisation de ce film, et je pense que ses qualités cinématographiques, sans occulter complètement ses côtés plus polémiques, font qu’il mérite d’être diffusé et d’être vu.

Dans un autre genre, je ne suis pas du tout fan de ce qui pourrait dans la série télévisée 24 H être interprété comme un apologie de la torture et une simplification outrancière des relations entre les USA et certains pays et groupes du Proche et Moyen Orient. J’adore cette série. Je connais l’argument suivant lequel la torture est un mécanisme scénaristique justifié par le cadre temporel de la série, et non par une idéologie. Le débat reste néanmoins légitime, mais en pensant ensemble les connotations artistiques et éthiques de la série, sans les hiérarchiser a priori.

Il n’en reste pas moins que les erreurs historiques et les « images d’Epinal » véhiculées par les fictions pèsent sur nos esprits, et participent d’une forme d’oubli de l’Histoire, qui peut être instrumentalisé, ou être cause de  malentendus et de conflits. Il y a une tension entre la licence narrative qui est le propre et le privilège de la fiction, qui a une légitimité artistique, et une certaine forme de devoir de mémoire de l’Histoire, qui a une légitimité éthique. Mais justement,  il s’agit d’une tension entre deux formes distinctes de légitimité, qui doit être pensée comme telle, sans trop céder à la facilit é de l’argument de la fiction, mais sans le réfuter complètement non plus, car il a ses mérites. Je trouve que les actions menées contre Inquisitio, aussi amusantes et bien fondées historiquement qu’elles soient, posent de façon un peu trop légère l’équation « série caricaturale sur le plan historique = navet » (notamment la page Facebook « Pour qu’Inquisitio devienne l’Etalon officiel du Nanar« ), et je trouve ça un peu dommage…

– Le « malaise » justement: 

Autant je comprends le débat (et même j’applaudis à l’initiative de cette « réinformation » sur l’Inquisition historique), autant la tentative très louable de dédramatisation entreprise par les auteurs de ces actions est encore un peu assombrie par quelques restes du vocabulaire et de la mentalité de « riposte ».

Ainsi, malgré toute l’estime personnelle et intellectuelle que je porte à Charles Vaugirard, je ne suis pas sûr que le titre  » Inquisitio : un profond malaise » rende pleinement justice à cette initiative dont il est lui-aussi l’un des auteurs. Les séries, les romans ou les films qui caricaturent gravement une réalité historique ou une population sont légion (et, n’en déplaise à un commentateur du billet de Charles, les films et les séries qui posent, à des degrés divers, l’équation « musulmans = fanatiques » ne me paraisent pas moins nombreuses que ceux qui nous présentent sous un mauvais jour, tant en France qu’aux USA). Cela ne traduit pas nécessairement une hostilité particulière contre le christianisme, l’islam, que sais-je encore… Par définition, un réalisateur ou un scénariste de télévision ou de cinéma n’est pas un historien. Son rôle n’est pas de donner une représentation exacte des faits historiques, mais de les intégrer dans une construction dramatique. L’Inquisition « diabolique » façon Michelet est en grande partie une image d’Epinal. C’est aussi un ressort dramatique fabuleux. L’univers de science-fiction (pour le coup) des romans de la gamme Warhammer 40 000 fonctionne en très grande partie sur une transposition dans l’espace des codes de ce Moyen-Age fantasmé également repris par Inquisitio. Je sais que cela ne correspond pas à la réalité historique. J’adore néanmoins cet univers. Saisir l’occasion offerte par la sortie d’Inquisitio pour mettre à mal les images d’Epinal sur l’Inquisition, c’est une idée excellent. Parler de profond malaise, c’est excessif à mon sens. Inquisitio fait ce que plein d’autres séries font sur de tout autres sujets (les Exeperts sur le fonctionnement de la police…) et tout le temps ou presque. Il se trouve que là ça touche à un point qui est sensible chez les cathos. Et cela ouvre une fois de plus cette tension entre licence artistique et honnêteté historique que j’évoquais. Mais c’est finalement une affaire assez banale, autour de laquelle on peut débatte légitimement, mais sans lui donner des proportions démesurées.

De même, si à chaque fois qu’une série prend un tant soit peu de libertés avec l’Histoire chrétienne, on doit avoir droit  comme aujourd’hui à un communiqué de circonstance de la CEF (malgré tout l’immense respect que j’ai par ailleurs pour son porte-parole et l’ensemble des évêques), je ne suis pas sûr que cette image d’Epinal d’une Eglise « inquisitoriale » sera d’autant plus facilement dissipée. Et cela contredit un peu les allures de rigolade et de dérision des initiatives citées plus haut.

Encore une fois, la tension entre la création artistique et la responsabilité morale et sociale existe, et il est légitime de la mettre en débat. Mais comme le disait en d’autre lieux, sur d’autres sujets, mon estimée lectrice Marie, que je salue au passage:

 » Bref, j’aimerai pouvoir rigoler d’un peu de tout sans être automatiquement taxée d’antiquelquechose. Et franchement, un peu d’autodérision ne ferait pas de mal à certains. »

C’est cet angle de l’humour et de la dérision qui caractérise le gros des réactions à Inquisitio, ce dont je suis heureux. Mais d’une manière analogue à ce que disais Marie àpropos d’ Anal Cunt, j’aime, quand je regarde une oeuvre de fiction, pouvoir savourer ses ressorts dramatiques et son scénario sans avoir à trop me préoccupper de ses éventuels contresens historiques ou scientifiques (au passage, je ne me fais pas d’illusion particulière sur les qualités artistiques d’Inquisitio, mais je pense que le débat est à poser pour toutes les oeuvres en bloc, indépendamment de leurs qualités propres)… Et autant je trouve que le débat est légitime, autant je préfèrerais qu’il soit le moins possible dramatisé (ce que font un peu trop à mon goût l’expression « profond malaise » dans le billet de Charles ou « je pleure et je m’indigne » dans le communiqué de la CEF). Car si à chaque fois qu’une oeuvre de fiction égratigne un tant soit peu une communauté, celle-ci doit se mobiliser, ne risque-t-on pas de verser dans ce que certains auteurs des initiatives contre Inquisitio dénonçaient dans une tribune du Monde, à propos des polémiques sur les pièces de théatre, et contre quoi ils tentent de lutter par leur présente action, au passage de manière largement fructueuse:

« La question qui se pose, au fond, est simple et essentielle: voulons-nous laisser notre société se scinder en plusieurs groupes qui s’ignorent et qui se craignent? » 

Pour conclure, j’apprécie bien des aspects de ces réactions catholiques à Inquisitio, leur humour et leur pédagogie notamment, et je remercie chaleureusement leurs auteurs. Elles constituent un immense progrès par rapport aux polémiques sur les pièces de théâtre, le Piss Christ, le Hellfest, etc., et m’ont très sincèrement bien fait sourire. Sans ces deux petites réserves que je viens d’évoquer, elles m’auraient sans nul doute beaucoup fait rire…

Et maintenant, et pour rester dans la thématique principale de mon blog, un peu de black metal, car la musique adoucit les m(o)eurtres (spéciale dédicace à Saturnin Napator):

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6 Réponses to “Inquisitio à la question: une limonade douce-amère…”

  1. Comme promis, je commente ton article. Tout d’abord merci pour cette réflexion et ce premier retour. L’analyse est très complète. Tu t’en doutes, je tiens ici à expliciter le titre, et une partie de la teneur, de mon papier sur Inquisitio.

    Pourquoi je parle de profond malaise et pas de malaise tout court ou d’autre chose plus soft. Tout simplement car il y a quelque chose de dérangeant, qui me dérange en profondeur, dans l’intime.

    Ce n’est pas seulement la violence, la noirceur du film qui me gène. Pas seulement l’image atroce qu’il donne du monde chrétien… Non, tout ce glauque qui touche l’Eglise est couronné par un détournement de l’Histoire très osé : présenter d’authentique personnage historique dans des postures fausses et criminelles. Le cas de Sainte Catherine de Sienne présentée en bio-terroriste est incroyable…et répand une réputation sinistre. D’où la « profondeur » du malaise.

    Evidemment, ce n’est pas la fin du monde et malgré mon titre un peu triste (j’avoue que j’ai voulu faire simple) j’ai résolument pris le parti d’en rire et surtout : de profiter de l’occasion pour informer le public sur qui s’est réellement passé…et pour témoigner de l’œuvre de Ste Catherine de Sienne. Eh oui : Inquisitio est une formidable occasion d’évangélisation ! C’est donc une bonne nouvelle !

    Enfin sur le caractère fantasmé du Moyen-Age : je n’ai rien contre des romans historiques qui jouent avec l’Histoire. Dumas disait lui-même « peu importe que l’on viole l’Histoire, pourvu qu’on lui fasse de beaux enfants ! »…sauf que je reproche justement à Nicolas Cuche d’avoir joué avec Clio pour qu’elle ponde un Alien… et un Alien un poil méchant avec l’Eglise.

    Mais bon cet Alien n’est pas si dangereux et il fuit les fous-rires 😉

    • « Pourquoi je parle de profond malaise et pas de malaise tout court ou d’autre chose plus soft. Tout simplement car il y a quelque chose de dérangeant, qui me dérange en profondeur, dans l’intime. »

      Je suis globalement d’accord avec toi. S’il est légitime de réagir aux ambiguités d’Inquisitio, il me semblait juste opportun de rappeler que notre position en comporte également quelques unes. D’un côté, cette réaction saine de dérision et de réinformation. Et de l’autre le communiqué de Mgr Podvin qui « pleure et qui s’indigne », la pétition à Rémy Pflimlin lancée par Frigide Barjot (http://frigidebarjot.com/2012/07/05/inquisitio-on-nest-pas-des-gogos/), où l’on est invité à lui faire part de notre « tristesse »…

      Soit on rit, soit on pleure et on s’indigne. Faire les deux, c’est soit souffrir de schizophrénie, soit interpréter un rôle. Je me réjouis que l’orientation dérision ait mené la vague (et sans doute permis une bien meilleure réception de la part des non cathos (comparer avec la réception des initiatives contre Golgota Picnic, pourtant apparemment pas un chef d’oeuvre non plus). Pourtant, comme le soulignait l’un de nos contacts twitter communs (David, si j’ai bonne mémoire), derrière les quelques auteurs de l’initiative, qui ont bien géré (qui par exemple ont su s’arrêter avec le compte Staurnin Napator) et qui se sont bien marrés, il y a tous ceux qui ont rejoué les « cathos indignés » version LOL. L’expérience est positive en ce qu’elle semble avoir permis de les canaliser, tout en étant bien reçue des non cathos, mais elle met en évidence un reste de tensions non encore digéré.

      Comme l’on remarqué des commentateurs extérieurs (d’une manière sans doute excessivement dramatique): http://www.lesinrocks.com/2012/07/10/actualite/inquisitio-blogueurs-cathos-depasses-campagne-lol-11277323/#.T_w7C0vElyw.twitter

  2. Je trouve que c’est un très bonne initiative de rétablir certaines vérités par l’humour, et je me permets un certain nombre de comparaisons ou finalement un certain public écouté ne tombe pas dans le panneau : « regardez, j’m’en va tout vous dire sur le monde caché des chrétiens, parce que l’Eglise nous ment! » (Typiquement le type de comportement qu’on remarque chez M. Cuche, ou du moins, c’est ce que les ignorants de l’inquisition sont amenés à croire)… Il arrive des fois ou c’est trop, et ce n’est pas la première fois que ça arrive dans le monde des médias. Cela a d’ailleurs un côté rassurant.
    Car rappelez vous : avec « Da Vinci Code », c’était la même chose. Lorsque le film fut présenté au festival de Cannes, nombre de festivaliers sont sortis de la salle la larme à l’oeil, tellement ils avaient ri des non sens historiques de l’oeuvre (du style, Ste Marie-Madeleine a couché avec le Christ). Cela n’était tellement pas crédible que… personne ne l’a cru, malgré le couvert sérieux qu’a pu se donner le réalisateur, et surtout évidemment, l’auteur du livre, Dan Brown, qui a semble t’il tendance à prendre sérieusement ses phantasmes pour des réalités.
    De même l’année dernière, ce me semble, une petite série diffusée par France 2 sur le Cardinal de Mazarin m’a fait également assez rire, puisque le cliché de Mazarin qui aurait couché avec Anne d’Autriche revenait régulièrement… Ce qui selon l’historien Alain-Gilles Minella était tout simplement faux (Lire l’excellent bouquin « Pour l’Amour de l’enfant roi », chez Perrin… Grand prix du livre d’histoire 2008… j’y étais…)

    Malgré cela, ces mauvaises séries ont quelques choses de gênant, et si, comme Charlesvaugirard se plaît à le rappeler, Dumas disait « peu importe que l’on viole l’Histoire, pourvu qu’on lui fasse de beaux enfants », et bien Voltaire lui répondrait « Mentez, mentez toujours, il en restera toujours quelque chose », car oui, malheureusement, il y aura toujours des naïfs (dont je pourrais bien malheureusement faire parti) pour gober des conneries.

  3. Une fois n’est pas coutume, je te trouve un peu dur avec tes collègues blogueurs … moi la bande annonce m’a bien fait marrer (et mon copain aussi), des actions comme ça j’en redemande !

    Je comprends la gêne de Charles & Cie, et en même temps je comprends la tienne aussi … c’est un débat assez délicat, mais néanmoins très intéressant. Je vais essayer de suivre un peu tout ça.

    PS : et salut aussi au passage ^^

    • « Une fois n’est pas coutume, je te trouve un peu dur avec tes collègues blogueurs …  »

      En fait mon analyse se voulait globalement positive (surtout comparé à ce que je dis ordinairement de ce type d’initiative de protestation) et je crois qu’elle a été bien reçue par les auteurs. Charles Vaugirard et le Collectif Culture et Foi ont diffusé mon billet sur Facebook avec des appréciations positives… Le site L’Inquisition pour les Nuls l’a inclus dans sa revue de presse: http://www.linquisitionpourlesnuls.com/2012/07/322/qui-sommes-nous-2/

      Je me proposais juste de faire une critique constructive de ce qui me paraissait être un reste d’ambiguités, pas de la condamner dans son ensemble, et crois que mon billet a dans l’ensemble été compris comme tel…

      • Je confirme la bonne réception de ton article en ce qui me concerne. C’est une analyse pertinente et je dirais salutaire tant elle permet de voir quelles leçons peuvent être tirées de cette expérience.

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