Black metal, Nouvelle Droite et christianisme: l’amour du prochain est-il une capitulation? 2/2

Avant d’examiner plus particulièrement le sens que le christianisme donne à l’amour, rappelons qu’il  y a plusieurs sortes d’amours, qui ne se donnent pas ni ne se vivent  de la même façon:  l’amour des enfants, l’amour dans un couple, l’amitié, l’amour du prochain.

En fait, sous ce même mot « amour » que le français utilise, des réalités très différentes en apparence les unes des autres sont décrites, auxquelles d’autres langues donnent des noms différents. Ainsi, le grec ancien distinguait entre l’amour sexuel (eros), l’amour d’amitié (philia) et l’amour don (agapè).

C’est avec le christianisme que l’amour don au sens d‘agapè prend une importance croissante.

Comme le Pape Benoit XVI le rappelait en effet dans l’encyclique Dieu est Amour:

 » À l’amour entre homme et femme, qui ne naît pas de la pensée ou de la volonté mais qui, pour ainsi dire, s’impose à l’être humain, la Grèce antique avait donné le nom d’eros. Disons déjà par avance que l’Ancien Testament grec utilise deux fois seulement le mot eros, tandis que le Nouveau Testament ne l’utilise jamais: des trois mots grecs relatifs à l’amour – eros, philia (amour d’amitié) et agapè – les écrits néotestamentaires privilégient le dernier, qui dans la langue grecque était plutôt marginal. En ce qui concerne l’amour d’amitié (philia), il est repris et approfondi dans l’Évangile de Jean pour exprimer le rapport entre Jésus et ses disciples. La mise de côté du mot eros, ainsi que la nouvelle vision de l’amour qui s’exprime à travers le mot agapè, dénotent sans aucun doute quelque chose d’essentiel dans la nouveauté du christianisme concernant précisément la compréhension de l’amour. Dans la critique du christianisme, qui s’est développée avec une radicalité grandissante à partir de la philosophie des Lumières, cette nouveauté a été considérée d’une manière absolument négative. Selon Friedrich Nietzsche, le christianisme aurait donné du venin à boire à l’eros qui, si en vérité il n’en est pas mort, en serait venu à dégénérer en vice[1]. Le philosophe allemand exprimait de la sorte une perception très répandue : l’Église, avec ses commandements et ses interdits, ne nous rend-elle pas amère la plus belle chose de la vie ? N’élève-t-elle pas des panneaux d’interdiction justement là où la joie prévue pour nous par le Créateur nous offre un bonheur qui nous fait goûter par avance quelque chose du Divin ? » (Dieu est Amour, 3).

Il parait manifeste  que c’est surtout l’amour au sens de don, d’agapè, qui est visé par Corvus, lorqu’il écrit: « Ce rapprochement et ce dépassement s’articulent autour de la soumission, du retrait surtout lorsqu’il est univoque. Ils effacent l’individu au profit de l’autre, qui est bien heureux de ne pas avoir à se battre pour “imposer” son point de vue, ou plutôt sa différence puisque auparavant, cela se faisait par les armes .  » De même que les théoriciens de la Nouvelle Droite, ainsi Guillaume Faye, réprouvent dans le christianisme, là encore à la suite de Nietzsche, cette « préférence systématique pour le faible, la victime, le vaincu« .

Cet amour qui se soumet, qui « effacerait l’individu au profit de l’autre », on peut en effet être tenté de l’opposer à l’eros, l’amour corporel, instinctif, possessif, celui qui selon Corvus, pousserait à dominer son partenaire plutôt qu’à s’effacer devant son être et sa manière de vivre: « Il n’y a pas fusion ou émulation parce que comme dans un couple, comme dans tout bipartisme, il y a toujours l’un des deux partis qui finit par imposer son individualité, ou son existence à l’autre. L’un des deux partis finit toujours par plier. Par nécessairement par la force d’ailleurs. Souvent par les sentiments« .

Dans son encyclique Dieu est amour, Benoit XVI rend bien compte de cette tension entre l’amour eros et l’amour agapè:

 » Dans le débat philosophique et théologique, ces distinctions ont souvent été radicalisées jusqu’à les mettre en opposition entre elles : l’amour descendant, oblatif, précisément l’agapè, serait typiquement chrétien; à l’inverse, la culture non chrétienne, surtout la culture grecque, serait caractérisée par l’amour ascendant, possessif et sensuel, c’est-à-dire par l’eros. Si on voulait pousser à l’extrême cette antithèse, l’essence du christianisme serait alors coupée des relations vitales et fondamentales de l’existence humaine et constituerait un monde en soi, à considérer peut-être comme admirable mais fortement détaché de la complexité de l’existence humaine. En réalité, eros et agapè – amour ascendant et amour descendant – ne se laissent jamais séparer complètement l’un de l’autre. Plus ces deux formes d’amour, même dans des dimensions différentes, trouvent leur juste unité dans l’unique réalité de l’amour, plus se réalise la véritable nature de l’amour en général. Même si, initialement, l’eros est surtout sensuel, ascendant – fascination pour la grande promesse de bonheur –, lorsqu’il s’approche ensuite de l’autre, il se posera toujours moins de questions sur lui-même, il cherchera toujours plus le bonheur de l’autre, il se préoccupera toujours plus de l’autre, il se donnera et il désirera «être pour» l’autre. C’est ainsi que le moment de l’agapè s’insère en lui ; sinon l’eros déchoit et perd aussi sa nature même. D’autre part, l’homme ne peut pas non plus vivre exclusivement dans l’amour oblatif, descendant. Il ne peut pas toujours seulement donner, il doit aussi recevoir. Celui qui veut donner de l’amour doit lui aussi le recevoir comme un don. L’homme peut assurément, comme nous le dit le Seigneur, devenir source d’où sortent des fleuves d’eau vive (cf. Jn 7, 37-38). Mais pour devenir une telle source, il doit lui-même boire toujours à nouveau à la source première et originaire qui est Jésus Christ, du cœur transpercé duquel jaillit l’amour de Dieu (cf. Jn 19, 34) » ( Dieu est Amour, 7).

Il est inexact en ce sens de décrire l’amour chrétien comme un pur retrait, un effacement ou une soumission. De même que l’amour « mondain » n’est pas en totalité un bipartisme ou une lutte de pouvoir. Si les rapports de force sont évidemment présents dans toute relation amoureuse et en constituent une composante importante dans la durée, y voir le fond de celle ci apparait extrêmement réducteur.

Cette lutte de pouvoir, si elle existe, n’est en effet pas première dans la relation, que celle-ci ait pour cadre l’amour de Dieu, l’amour du prochain, ou l’amour en couple. Ce qui vient tout d’abord, c’est une rencontre entre deux personnes:  il convient de noter en effet que l’amour ne nait pas de la seule volonté, comme Benoit XVI le rappelle. Il « s’impose à l’être humain« , il nous est donné. C’est vrai pour l’amour entre deux amants. Cela l’est également pour l’amour du prochain ou l’amour de Dieu, qui nous est donné par la Grâce, selon l’enseignement de l’Eglise. Après, on peut choisir d’accueillir ou non cette amour, de s’y « soumettre » ou non, dirait Corvus. Mais au départ, quoiqu’il arrive ensuite, il est reçu.

L’amour, c’est donc à l’origine une inclination que nous recevons à l’occasion d’une rencontre, que ce soit celle de notre prochain, de la Grâce Divine ou de la personne avec qui nous choisiropns de créer un couple. L’amour n’a donc pas pour origine un retrait, un diminution de notre être mais un apport, quelque chose que nous recevons d’un autre et qui nous fait sentir plus vivants, plus nous même. Lorsqu’il nait en nous, l’amour nous procure de la joie parce qu’il semble nous apporter un surcroit d’être.

Il est cependant vrai que cette joie, et le sentiment qui est à l’origine de notre amour, ne durent habituellement pas, et sont souvent la proie du temps et de l’usure. Ainsi les couples qui, au bout de quelques semaines, quelques mois, quelques années, découvrent qu’ils n’éprouvent plus rien l’un pour l’autre, que la passion qui les avait unis semble irrémédiablement disparue. Ainsi également le converti qui les premiers jours, les premières semaines, prend beaucoup de plaisir à prier Dieu et à  vivre les sacrements, et qui au fil du temps ressent de la sécheresse dans sa prière, de l’ennui à la messe, et dont la foi s’estompe peu à peu:

 » Dans le développement de cette rencontre, il apparaît clairement que l’amour n’est pas seulement un sentiment. Les sentiments vont et viennent. Le sentiment peut être une merveilleuse étincelle initiale, mais il n’est pas la totalité de l’amour. Au début, nous avons parlé du processus des purifications et des maturations, à travers lesquelles l’eros devient pleinement lui-même, devient amour au sens plein du terme. C’est le propre de la maturité de l’amour d’impliquer toutes les potentialités de l’homme, et d’inclure, pour ainsi dire, l’homme dans son intégralité. La rencontre des manifestations visibles de l’amour de Dieu peut susciter en nous un sentiment de joie, qui naît de l’expérience d’être aimé. Mais cette rencontre requiert aussi notre volonté et notre intelligence. La reconnaissance du Dieu vivant est une route vers l’amour, et le oui de notre volonté à la sienne unit intelligence, volonté et sentiment dans l’acte totalisant de l’amour. Ce processus demeure cependant constamment en mouvement: l’amour n’est jamais «achevé» ni complet; il se transforme au cours de l’existence, il mûrit et c’est justement pour cela qu’il demeure fidèle à lui-même. Idem velle atque idem nolle[9] – vouloir la même chose et ne pas vouloir la même chose; voilà ce que les anciens ont reconnu comme l’authentique contenu de l’amour: devenir l’un semblable à l’autre, ce qui conduit à une communauté de volonté et de pensée. L’histoire d’amour entre Dieu et l’homme consiste justement dans le fait que cette communion de volonté grandit dans la communion de pensée et de sentiment, et ainsi notre vouloir et la volonté de Dieu coïncident toujours plus: la volonté de Dieu n’est plus pour moi une volonté étrangère, que les commandements m’imposent de l’extérieur, mais elle est ma propre volonté, sur la base de l’expérience que, de fait, Dieu est plus intime à moi-même que je ne le suis à moi-même[10]. C’est alors que grandit l’abandon en Dieu et que Dieu devient notre joie (cf. Ps 72 [73], 23-28) » ( Dieu est Amour, 17).

Le propre de cette rencontre de l’autre qu’est l’amour est qu’il nous fait désirer le connaitre davantage, non pas pour mieux le posséder ou le dominer, non pas non plus d’une manière morbide qui nous pousserait à nous annihiler pour lui, mais pour être plus proche de lui. Il nous transforme à son image, ce qui conduit certes à faire parfois le sacrifice de certaines choses qui nous définissaient, mais dans une relation qui n’est pas à sens unique, où chacun tout à la fois donne à l’autre et reçoit de lui.

L’amour, pour durer, doit en effet s’éprouver et se transformer. Un amour qui culmine dans la domination ou la soumission, c’est un amour qui meurt, des deux côtés. Là où l’amour de l’autre enrichissait à l’origine les deux parties, il ne reste que l’anéantissement et la frustration pour la personne qui s’est totalement soumise, et l’ego pour celle qui al’affrontement. La logique du dominant est en ce sens tout aussi nihiliste que celle du dominé, dans la mesure où elle vient tuer à la source ce qui lui avait procuré la joie du partage et un surplus d’être.

C’est pourquoi un amour qui veut durer, qui veut vivre, est un amour qui veille à toujours donner, mais qui est aussi attentif  à toujours recevoir, ou peut être plus précisément à réaliser combien il reçoit et à en concevoir de l’épanouissement et de la reconnaissance. Dans un couple, il s’entretient dans la fidélité et le pardon des infidélités. Dans la relation à Dieu, il persévère par la prière, la fréquentation de sacrements de l’Eucharistie et de la Réconciliation, et dans le service.  Cette fidélité ne se résume pas à un pur sacrifice de sa liberté au profit de l’être aimé. Elle veille non seulement à toujours donner, mais également à toujours être reconnaissante: elle est attentive à toutes les attentions de la part de l’être aimé, à tout ce qui est reçu en même temps que donné. Un couple heureux le demeure, non seulement parce que chacun des membres de ce couple persévère dans l’amour de son partenaire, mais également parce qu’il se sait aimé de lui en retour. Et le croyant n’aime pas dans le vide, malgré les apparences, mais est fréquemment appelé à convertir son regard, et à rendre Grâce de tout ce que l’Amour Divin lui apporte dans sa vie, de combien sa joie est plus grande depuis qu’il a fait le choix de l’Amour, malgré toutes les épreuves et les souffrances du quotidien, ce qui se manifeste régulièrement par des signes très concrets dans sa vie de foi.

Un exemple très concret que l’amour qui se donne est aussi un amour qui reçoit peut être trouvé dans l’aboutissement par excellence de la vie de couple, qui est la naissance d’un enfant. Je n’en ai pas personnellement, mais j’ai toujours été frappé par le témoignage de ces nombreux parents parmi mes proches, qui donnent tout, sacrifient tout pour leur(s) enfant(s), et en retirent une joie profonde et une vie bien plus pleine que par le passé. En donnant beaucoup, on reçoit souvent beaucoup, et aimer, loin « d’effacer » l’individu, permet de l’affirmer pleinement, dans la relation à autrui qui constitue aussi à chaque instant son être, par dela toute définition abstraite du moi comme un ilôt indépendant du reste du monde.

De façon sans doute un peu moins évidente, mais tout aussi profonde, il en va de même de cet amour du prochain, quand bien même celui-ci serait un parfait inconnu ou mon pire ennemi, auquel nous appelle le Christ. Cet autre que je m’efforce d’aimer, pour le coup souvent pontre mon inclination ou mon sentiment, il ne conduit pas ma volonté à s’anéantir devant lui, mais à se transformer, pour passer de l’affrontement stérile du « je » et du « toi » au « nous » qui me permet d’envisager mon prochain, non comme une source de frustration et de colère, mais comme une occasion de construire quelque chose qui dépasse mon petit moi ballotté par les émotions éphémère et ma courte existence, de témoigner d’une signification plus profonde et plus durable que la somme de mes réussites et de mes échecs personnels. Il me permet de faire corps avec autrui, de retirer de la joie et non plus de la souffrance ou de l’envie de sa joie, et de l’espérance et non plus de l’indifférence de sa tristesse. Aimer mon prochain me fait certes expérimenter au jour le jour quantité de petites frustrations, de petites révoltes et de petites désespérances, mais à moyen terme me transforme, et me donne une paix intérieure, alors que vivre selon ma propre volonté m’enfermait dans l’angoisse et la méfiance, et me fait connaitre la joie de construire quelque chose de durable au fil des années, là où le temps joue inéluctablement contre ceux qui prétendent ne vivre que pour eux et que par leur propres forces. L’amour donne du fruit, qui germe bien souvent au delà de notre existence éphémère. La haine est stérile: elle nous enferme dans une opposition à une adversité que nous ne pouvons jamais soumettre ou détruire, surtout quand on prétend haïr de manière absolue, et ne mène qu’à une mort dans la solitude après une existence vide.

Pour re situer ce fruit dans une perspective chrétienne:

« L’amour du prochain se révèle ainsi possible au sens défini par la Bible, par Jésus. Il consiste précisément dans le fait que j’aime aussi, en Dieu et avec Dieu, la personne que je n’apprécie pas ou que je ne connais même pas. Cela ne peut se réaliser qu’à partir de la rencontre intime avec Dieu, une rencontre qui est devenue communion de volonté pour aller jusqu’à toucher le sentiment. J’apprends alors à regarder cette autre personne non plus seulement avec mes yeux et mes sentiments, mais selon la perspective de Jésus Christ. Son ami est mon ami. Au-delà de l’apparence extérieure de l’autre, jaillit son attente intérieure d’un geste d’amour, d’un geste d’attention, que je ne lui donne pas seulement à travers des organisations créées à cet effet, l’acceptant peut-être comme une nécessité politique. Je vois avec les yeux du Christ et je peux donner à l’autre bien plus que les choses qui lui sont extérieurement nécessaires: je peux lui donner le regard d’amour dont il a besoin. Ici apparaît l’interaction nécessaire entre amour de Dieu et amour du prochain, sur laquelle insiste tant la Première Lettre de Jean. Si le contact avec Dieu me fait complètement défaut dans ma vie, je ne peux jamais voir en l’autre que l’autre, et je ne réussis pas à reconnaître en lui l’image divine. Si par contre dans ma vie je néglige complètement l’attention à l’autre, désirant seulement être «pieux» et accomplir mes «devoirs religieux», alors même ma relation à Dieu se dessèche. Alors, cette relation est seulement «correcte», mais sans amour. Seule ma disponibilité à aller à la rencontre du prochain, à lui témoigner de l’amour, me rend aussi sensible devant Dieu. Seul le service du prochain ouvre mes yeux sur ce que Dieu fait pour moi et sur sa manière à Lui de m’aimer. Les saints – pensons par exemple à la bienheureuse Teresa de Calcutta – ont puisé dans la rencontre avec le Seigneur dans l’Eucharistie leur capacité à aimer le prochain de manière toujours nouvelle, et réciproquement cette rencontre a acquis son réalisme et sa profondeur précisément grâce à leur service des autres. Amour de Dieu et amour du prochain sont inséparables, c’est un unique commandement. Tous les deux cependant vivent de l’amour prévenant de Dieu qui nous a aimés le premier. Ainsi, il n’est plus question d’un «commandement» qui nous prescrit l’impossible de l’extérieur, mais au contraire d’une expérience de l’amour, donnée de l’intérieur, un amour qui, de par sa nature, doit par la suite être partagé avec d’autres. L’amour grandit par l’amour. L’amour est «divin» parce qu’il vient de Dieu et qu’il nous unit à Dieu, et, à travers ce processus d’unification, il nous transforme en un Nous, qui surpasse nos divisions et qui nous fait devenir un, jusqu’à ce que, à la fin, Dieu soit «tout en tous» (1 Co 15, 28) » (Dieu est Amour, 18).

On peut donc aisément mesurer à quel point l’affirmation suivante de Corvus est d’une absurdité sans nom:

« Voilà pourquoi le Christ a été abandonné. Parce qu’il ne symbolise plus la crainte, ni la peur. Parce que ses messages se sont féminisés un peu comme l’ensemble de la société. Les jeunes hommes ont besoin de se sentir Homme. Ils ont besoin de sentir qu’ils en ont une entre les deux jambes. Je sais, c’est animal mais c’est aussi profondément humain.
Parce que l’image de Marie a remplacé l’image d’un dieu dur, guerrier, qui peut être cruel. Parce que la tolérance tout azimut du Christianisme actuelle mène à la tombe, au remplacement, à la soumission et à la collaboration.
Que le Christianisme des Templiers ressuscitent, et vous verrez que les Eglises se rempliront à nouveau » (source).

L’amour est au centre de l’Evangile, et Marie est le symbole par excellence de notre Eglise. Remplacez les par une religion de la crainte et de la peur, par un « christianisme des templiers » (si tant est qu’une telle chose, au sens où Corvus l’entend, ait jamais existé), et le christianisme est mort. Alors qu’importe de nous brandir la menace de l’Islam, du black metal, du communisme, ou de que sais-je encore, si c’est pour renoncer à ce qui fait le coeur même de notre foi? Ce « christianisme culturel » tant revendiqué par certains, qui prétend minimiser l’importance de la charité en conscience et en acte et l’accueil de l’autre devant la défense de la « chrétienté », ne nous mène pas ver la victoire, mais bel et bien au suicide. Rome a combattu les barbares par les armes, et s’est écroulée. L’Eglise leur a fait connaitre ses martyrs, et les rois francs, wisigoths, etc. ont fini par se convertir.

Quand à la hargne de certains black metalleux contre les chrétiens, je ne crois pas qu’elle soit dûe à une intention inconsciente de les éveiller et leur faire reprendre les armes. Le black metal, qui s’est voulu la musique de la haine, du désespoir et du néant, s’est détaché au fil des années de ses origines satanistes, pour se tourner ver le néo-paganisme (Enslaved), l’imaginaire fantastique (Cradle of Filth) ou même le christianisme (Antestor). Les musiciens sont nombreux à minimiser l’idéologie pour mettre l’acte de création musicale au premier plan. Cette revendication de l’égoïsme et de la solitude, « par delà le bien et le mal », qui est bel et bien revendiquée par certains black metalleux, j’y vois moins l’expression d’une domination virile qu’une manière d’exprimer sa souffrance et en même temps de la fuir (si j’épouse l’origine du mal, si je suis la source de la souffrance d’autrui, comment pourrais avoir mal et souffrir en retour?), qui n’échappe pas à l’aspiration finalement si proche de n’importe quelle religion de faire corps par l’expression d’une recherche esthétique commune, de fonder une communauté. Mais le black metal, loin d’exprimer une force naturelle instinctive, sûre d’elle-même et dominatrice, est parcouru de paradoxes et d’hésitations: musique du néant, et par là même acte de création, exaltant la Nature originelle, mais irréalisable sans une technologie avancée (cf. Du paganisme à Nietzsche de Nicolas Walzer Editions du Camion Blanc, 2010), jouée par des « solitaires » pourtant très attachés à leur communauté, parfois jusqu’au conformisme, qui se réclament souvent d’une sorte d' »élite » musicale, mais se délectent de l’amateurisme des morceaux de raw black metal.  Quand on creuse un peu derrière les postures et les grands discours, le black metal n’exprime ni une assurance particulièrement impoortante de ses membres, ni l’expression de je ne sais quel instinct naturel élitiste, mais une grande fragilité, et le souci de définir de nouvelles normes face à une existence souvent bien incertaine. Et ce sont cette fragilité et cette incertitude qui le rendent bien souvent profond, bien plus que les pseudos philosophies volontaristes et le culte de la force de certains de ses zélateurs, car c’est là qu’il touche aux grandes questions qui traversent un jour ou l’autre toute âme humaine. Y compris celles chrétiennes, parfois pour leur perte, mais souvent aussi de telle sorte qu’elles cheminent vers le repentir et la conversion.

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8 Réponses to “Black metal, Nouvelle Droite et christianisme: l’amour du prochain est-il une capitulation? 2/2”

  1. Si je partage une bonne partie des propos relatifs à l’amour dont « Deus caritas est » exprime l’alpha et l’oméga mais aussi « réhabilite » l’Eros en l’élevant au plus haut, je suis en désaccord sur 2 points :
    Le titre de ces billets pointant du doigt exclusivement l’esprit la nouvelle droite, par ailleurs décrit tel qu’il est, est réducteur. La nature païenne du black metal a en effet pour fondement le refus ou la haine de Dieu exprimés synthétiquement par cette expression « Non serviam » qui ne date pas de 1968 et dont la nouvelle droite n’est pas la seule expression révolutionnaire (cf par exemple le laïcisme exprimé tout récemment par le candidat socialiste à l’élection présidentielle, le libéralisme exprimé par le maçonnisme, le mondialisme matérialiste ou encore le relativisme ). Un titre comme « Black metal, Révolution et Anti christianisme » est plus approprié.
    On ne méditera jamais assez ces propos des promoteurs du hellfest  » le black metal est par nature sataniste » et  » on ne déprogramme pas les groupes anti-chrétiens » ( allusion à l’annulation de Anal Cunt l’année dernière plaisantant avec les victimes de la shoah)
    La programmation du hellfest 2012 est révélatrice une fois encore de cet esprit black metal qui par ailleurs n’est pas l’exclusivité de cette tendance.

  2. « Le titre de ces billets pointant du doigt exclusivement l’esprit la nouvelle droite, par ailleurs décrit tel qu’il est, est réducteur. »

    Si je pointe dans ce billet la Nouvelle Droite en particulier, c’est parce que les commentaires de Corvus auxquels je réagissais m’évoquaient son idéologie quand même très particulière, qui est certes minoritaire chez les black metalleux, mais qui comporte des affinités remarquables avec le discours de certains groupes. Ca faisait longtemps que j’avais envie d’en parler, et l’intervention de Corvus m’en a fourni l’occasion.

    Après, c’est clair qu’il y a beaucoup d’autres influences et d’autres discours à l’oeuvre dans le BM (heureusement d’ailleurs à mon avis), et je précise bien dans le premier de cette série de deux billets que la tentative d’entrisme de la ND dans le BM a eu un résultat très mitigé, mais il ne s’agissait pas pour moi de revenir dans ces deux articles sur l’ensemble des inspirations du BM, mais d’en analyser une de manière ponctuelle.

    « La nature païenne du black metal a en effet pour fondement le refus ou la haine de Dieu exprimés synthétiquement par cette expression “Non serviam” »

    Pas nécessairement. C’est vrai pour certains groupes, mais la forme que prend la référence au néo paganisme est multiple, et dans certains cas je pense qu’une sincère fascination pour la culture de telle ou telle civilisation disparue prend le pas sur la haine du christianisme, même si celle ci peut être une motivation de départ. Il ne s’agit d’ailleurs pas tant dans beaucoup de cas d’une « nature païenne » que d’une re création souvent assez fantasmée d’un néo paganisme qui n’a souvent que peu de rapport avec le paganisme antique (lis à ce sujet l’ouvrage de Nicolas Walzer que je cite à la fin de mon billet). J’éviterais de donc de généraliser sans examen au cas par cas.

    Et tous les groupes de BM ne sont pas néo païens ni même inspirés particulièrement par le néo paganisme, loin de là. Ainsi, Nicolas Walzer a relevé que la référence culturelle la plus fréquente chez les groupes de BM, devant le satanisme, le néo paganisme et les films d’horreur, est le Seigneur des Anneaux de Tolkien, qui est… une oeuvre catholique (comprise il est vrai de travers par beaucoup, de même d’ailleurs que les références néo païennes ou à Nietzsche, mais c’est pour moi une nouvelle preuve qu’il ne faut pas trop se focaliser sur la référence explicite, et rester attentif à ce qui est vraiment dit derrière: tous les groupes qui utilisent une imagerie satanique ne sont pas nécessairement satanistes ni même spécialement anti chrétiens).

    « qui ne date pas de 1968 et dont la nouvelle droite n’est pas la seule expression révolutionnaire (cf par exemple le laïcisme exprimé tout récemment par le candidat socialiste à l’élection présidentielle, le libéralisme exprimé par le maçonnisme, le mondialisme matérialiste ou encore le relativisme ).  »

    Je pense que tu mélanges là beaucoup de discours très hétérogènes.Par exemple, le différentialisme de la Nouvelle Droite, aussi bien que la fascination pour le néo paganisme de certains groupes de metal, peuvent être lus comme des réactions au « mondialisme matérialiste » que ces courants ne cessent d’ailleurs de dénoncer, non sans éviter les clichés.Et ils n’ont strictement rien à voir, ni dans leur discours, ni dans leurs origines, avec le programme de François Hollande. Le fait que tous ces exemples semblent illustrer une certaine défiance apparente à l’encontre du christianisme ne suffit pas à mettre en évidence une idéologie commune.

    « Un titre comme “Black metal, Révolution et Anti christianisme” est plus approprié. »

    J’ai un brouillon qui traine depuis plusieurs mois sur la notion de « contre-culture ». L’achever et le publier me permettra de revenir sur ce que tu me parais suggérer par cette phrase.

    « On ne méditera jamais assez ces propos des promoteurs du hellfest ” le black metal est par nature sataniste” et ” on ne déprogramme pas les groupes anti-chrétiens” ( allusion à l’annulation de Anal Cunt l’année dernière plaisantant avec les victimes de la shoah) »

    Moi, je pense au contraire que ces propos, tu les « médites » beaucoup trop. Si l’on se resitue dans le contexte des interviews auxquelles tu fais allusion, il apparait clairement que la volonté de ses auteurs n’était ni de formuler un jugement sur le black (jugement qui paraitrait en l’occurrence particulièrement lapidaire et non étayé), ni de tenir un disours militant contre le christianisme, mais de rassurer certains afficionados du Hellfest qui craignaient que les multiples suppressions de groupes de l’an dernier correspondent à une volonté des organsateurs de s’autocensurer sous la pression des maneuvres de lobbying que toi et d’autres menez depuis plusieurs années (même Radio Metal, qui n’est pas un site spécialement antichrétien, loin de là, s’était fait l’écho de cette inquiétude, après l’annulation d’Anal Cunt: http://www.radiometal.com/article/hellfest-a-qui-le-tour,21858). Il s’agit donc d’une maneuvre purement commerciale, sans grande substance derrière.

  3. Salut Manu,
    C’est marrant comme tu trouves des excuses ou des explications concernant les prises de parole des promoteurs du hellfest !
    All pigs must die, benediction et autres groupes épinglés à juste titre par le « collectif provocs hellfest ca suffit », ce n’est pas trop l’esprit du seigneur des anneaux, faut quand même pas pousser !

    Qiand je constaterai par ailleurs, aujourd’hui et en france, que le BM dénonce avec la même énergie, la même constance et la même violence les autres religions, la maçonnerie, le communisme, alors là je réviserai sans problème mon propos parce que cela signifiera alors que l’esprit de transgression ou de celui de totale liberté d’expression revendiqués par ce metal ne sont pas que des mots !

    Tu n’es pas sans méconnaître les sponsors politiques du hellfest , tous socialistes. Il se trouve que j’ai d’une part en main un courrier du conseil régional /hellfest et que je connais d’autre part l’initiative de ce même conseil régional/jeunesse : pass contraception et distribution gratuite de preservatif. Je ne mélange pas tout , bien au contraire !

    • Bonjour,
      Réponse sous forme de billet au troisième paragraphe la semaine prochaine…

      « C’est marrant comme tu trouves des excuses ou des explications concernant les prises de parole des promoteurs du hellfest !
      All pigs must die, benediction et autres groupes épinglés à juste titre par le “collectif provocs hellfest ca suffit”, ce n’est pas trop l’esprit du seigneur des anneaux, faut quand même pas pousser ! »

      Il ne s’agit pas de trouver des excuses ou des explications au helffest ou au métal, mais de rétablir la réalité de ces différentes manifestations culturelles.

      Certains groupes de metal ont des paroles antichrétiennes, d’autres non. Certains groupes véhiculent derrière de telles paroles une idéologie de haine. D’autres les utilisent de manière parodique, satirique, comme allégories, ou suivant bien des usages qui ne sont pas véritablement dirigés contre le christianisme. La plupart des opposants au Hellfest, dont toi, choisissent de relever les paroles apparemment sataniques ou hostiles au christianisme, sans examen approfondi, pour « démontrer » le caractère prétendument « christianophobe » du metal. Il se trouve que pour prendre le seul exemple du black metal (All pigs must die n’est pas un groupe de black metal) l’une des références culturelles les plus communément partagées est une oeuvre catholique. Ca peut te déplaire, mais ce n’est pas le problème. C’est un fait établi, vérifiable, un point c’est tout. Après, certains des groupes qui utilisent cette référence, au premier rang desquels Burzum et Gorgoroth, sont parmi les pires (d’un point de vue idéologique, pas musical) groupes antichrétiens. Mais ce que cela montre au final, c’est que la référence explicite n’est pas aussi significative que tu le crois. Certains groupes partent d’un référentiel à l’origine catholique, et le tournent dans le sens du satanisme ou du néo paganisme. D’autres groupes partent d’un imaginaire de consonnance satanique, mais comportent des membres ouvertement chrétiens. Enfin, certains métalleux chrétiens, lorsqu’ils ont découvert la musique des premiers groupes de black metal, pourtant souvent explicitement anti chrétiens dans leurs paroles, ont senti suffisamment d’affinités avec elle pour exprimer par son intermédiaire leur foi. . Faire un florilège des paroles, comme se borne à le faire le Collectif, est donc très insuffisant pour dépeindre de manière juste la réalité du metal ou du Hellfest, et ne fait que biaiser et simplifier par des amalgames une réalité beaucoup plus complexe.

      « Qiand je constaterai par ailleurs, aujourd’hui et en france, que le BM dénonce avec la même énergie, la même constance et la même violence les autres religions, la maçonnerie, le communisme, alors là je réviserai sans problème mon propos parce que cela signifiera alors que l’esprit de transgression ou de celui de totale liberté d’expression revendiqués par ce metal ne sont pas que des mots ! »

      Le black metal n’est ni un mouvement, ni un parti politique, ni une religion. Certains black metalleux, comme Corvus apparemment, sont tout ce que tu dit. D’autres comme moi, sont chrétiens. La plupart sont apolitiques et indifférents, comme le rappelle Stéphane François dans sa thèse que je citais dans la première partie de cette série de billets. Tu vois bien que sur ce blog, les premiers à s’indigner très fortement des propos de Corvus ont été les métalleux (Marie et Natural Induction, même s’il est vrai qu’ils ne sont pas particulièrement black metalleux). Mais il n’y a plus de puis longtemps une idéologie commune à l’ensembles des black metalleux, n’en déplaise à certains « true black metalleux ».

  4. […] Mon par ailleurs (sincèrement) estimé lecteur Les Yeux Ouverts vient de m’en fournir une expression particulièrement marquante, dans la séquence de commentaires suivantes, postée à la suite d’un de mes précédents billets: […]

  5. L’amour instrumentalisé par une institutions ecclésiale. L’amour bridés et soumis à des versets. Woww ça suffit! L’amour n’est pas un cheval qu’on dresse et qu’on abat; quand ça déplait ses oppresseur de religieux de tout poils, mais passons…

    Le récit d’adam eve version bible, c’est quand même de se faire bannir et maudire pour avoir eu accès à la connaissance du bien et du mal. En gros, Dieu demande qu’on soit débile, ignare et soumis. Satan fut une étrange providence! Adam et eve, s’aimèrent et eurent beaucoup d’enfant!!!

    Dans l’islam, on vénèrent et adore que Allah. Dire que Jésus, un homme, est Dieu, est un blasphème pour eux. Or, l’incohérence frappante, C’est que Allah demande aux anges de s’agenouiller devant Adam. Eblis refusa car Adam n’a pas recevoir un culte, que seul un vrai Dieu peut recevoir. Il restera fidèle jusqu’au bout au 1er commandement. Il fut banni!
    Eblis, Satan, est bien plus cohérent et honnête, que ce Allah et tout ses hypocrites d’anges.

    Ce qui m’amène a penser que Dieu, Allah, et les autres, n’ont qu’un idée en tête, nous prendre pour des cons. Tandis de les dieux retournent leurs vestes dans une corruptible et divine comédie. Les hommes fidèles et fanatique font payer le prix fort aux autres. Satan a bien compris cela et ça le révolte!!!

    L’enfer est pavé de bonnes intentions, dit le proverbe? Moi je dis dès lors, la paradis est pavé de mauvaises intentions.

    Ni dieux, ni maîtres.

    • Serait-ce trop vous demander d’exprimer vos désaccords avec des arguments qui répondent explicitement à ceux développés dans ce billet plutôt qu’avec des généralités sur le christianisme et l’islam et des propos insultants pour ma foi? 😉

      J’ajoute, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, que ce blog n’a pas pour but d’instruire au metal et au Hellfest de nouveaux procès, mais de les défendre contre les associations cathos anti hellfest, et de promouvoir un dialogue constructif entre metalleux et chrétiens. Je suis moi même à la fois catho et fan de black metal.

      Alors puique vous n’êtes pas en terrain hostile, pourquoi ne pas vous exprimer de manière moins péremptoire et davantage respectueuse de l’argumentaire que je viens de développer, quitte à entreprendre de le réfuter? 🙂

  6. La contradiction vient de la non existence de Dieu dont les croyants veulent faire exister.
    Dans le black metal, il est certains que les univers sont oniriques et fantasmer, et que la plus part des membres n’y croient pas!!!
    Cette opposition de point de vue, en mythe et realité, est une source de conflit entre les croyants anti BM et scène BM anti croyant…
    Cette contradiction est surement mal comprise?
    Le BM est hostile à la religion chrétienne et l’exprime de façon extrême dans des univers inventés. j’y peux rien c’est comme ça!
    Cela heurt ta foi, tant mieux, car j’ose aller plus loin, en faisant une inversion de valeur fondamentale, Tout les Dieux, sont un blasphème pour l’homme et heurte la raison humaine! Tout les univers onirique et fantastique divertit l’esprit humain!
    Quand il réalise la supercherie, soit il se mets à croire à d’autres Dieux (retour aux paganisme, conversions a une autre religion,..) soit il devient athée. C’est la réalité!
    Quand à la nouvelle droite ? Qui peut croire réellement, que Odin se balade avec une chope à la main dans les nuages?
    Faire de la politique la dessus, c’est super bancale!
    Le chanter, dans un bon morceau de BM, sans trop y croire, j’adhère a 100%. C’est onirique et fantastique!
    Donc une fois, admis tout cela, tu peux être catho et écouter du BM sans problème. Mais évidemment, si tu es un croyant qui vis sa foi dans le doute, et les crises de fois permanent, essayant sans cesse de mettre les rustines théologiques pour soulager la douleur existentielles: Le BM appuis la où ça fait mal!

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