Black metal, Nouvelle Droite et christianisme: l’amour du prochain est-il une capitulation? 1/2

Un black metalleux (« Corvus »), de passage sur ce blog, a posté une objection détaillée en dessous de mon article Black metal: le mythe de la Haine universelle, très symptômatique à mon avis des critiques les plus récurrentes lancées contre le christianisme par les black metalleux les plus « engagés », et en même temps de l’influence d’une certaine littérature conservatrice, voire d’extrême-droite, sur une partie de ce milieu.

Dans un premier billet, je présenterai les affinités qui existent entre certains courants issus des droites radicales et certains black metalleux à la marge, que le commentaire de Corvus me parait bien synthétiser. Dans un second billet, je donnerai ma réponse à ses arguments, de mon point de vue de catholique pratiquant et de black metalleux.

Sa thèse est la suivante: le rapprochement et le dépassement que présuppose l’amour « s’articulent autour de la soumission, du retrait surtout lorsqu’il est univoque ». Ils seraient symptômatiques d’une certaine forme de lâcheté. Il s’agirait d’un « universalisme » qui aurait de lourdes conséquences sociales, par l’uniformisation et la destruction de toute différence, de toute diversité. Il opère une comparaison avec la vie conjugale, qui se résumerait à un rapport de force ou un « bipartisme », l’un des conjoints faisant toujours « plier » l’autre. L’importance que le christianisme attache à l’amour et au respect auraient pour conséquences le nihilisme, la perte de soi-même, et l’irrespect croissant des contemporains pour la figure du Christ. Et ce commentateur de conclure par la question suivante:  » Et si les provocations du Black Metal n’étaient pas une tentative, inconsciente, de pousser les chrétiens à la réaction ? »

A noter que ce black metalleux, ironiquement proche sur ce point de certains catholiques hostiles au metal, semble appeler de ses voeux le retour d’un christianisme « fort », comparable à celui des Croisades, et critique surtout le catholicisme post Vatican II.

Si l’apologie de la force contre la faiblesse est présente dans les paroles et les interviews de nombre de groupes de black metal, son analyse  parait très inspirée par certaines thèses de la « Nouvelle Droite » (notre commentateur signe d’ailleurs sous le pseudonyme de « Corvus », qui peut sonner métallique dans la mesure où il évoque un peu le corbeau, mais dont il est également possible qu’il soit emprunté à Guillaume Faye, l’un des auteurs les plus connus de ce courant, qui l’a utilisé à l’occasion).

Qu’est-ce que la Nouvelle Droite? L’un de ses courants fondateurs la définit ainsi:

 » La Nouvelle Droite est née en 1968. Elle n’est pas un mouvement politique, mais une école de pensée. Les activités qui sont les siennes depuis aujourd’hui plus de trente ans (publication de livres et de revues, tenue de colloques et de conférences, organisation de séminaires et d’universités d’été, etc.) se situent d’emblée dans une perspective métapolitique » (Manifeste du GRECE).

« Métapolitique », car elle ne se veut ni une doctrine politique, ni une idéologie, mais mais cherche néanmoins à influencer l’évolution de la société par ses recherches et ses publications:

 » La métapolitique n’est pas une autre manière de faire de la politique. Elle n’a rien d’une « stratégie » qui viserait à imposer une hégémonie intellectuelle, pas plus qu’elle ne prétend disqualifier d’autres démarches ou attitudes possibles. Elle repose seulement sur la constatation que les idées jouent un rôle fondamental dans les consciences collectives et, de façon plus générale, dans toute l’histoire des hommes. « 

Son combat  est au fond un combat culturel.

Il repose sur une critique de la modernité, en « crise » selon elle, du fait de l’individualisme, du libéralisme, de l’universalisme. Cet universalisme, qui substitue selon la plupart de ses auteurs à la réalité concrète, qui serait foncièrement inégalitaire, voire hiérarchique, et marquée par une diversité non réductible à des principes abstraits, un individualisme désincarné, homogénéisant, détaché de la variété réelle des différentes communautés humaines, ils en voient l’expression dans le « droit-de l’hommisme » des Lumières, dans le libéralisme, « l’américanisme », mais plus anciennement dans l’avènement du christianisme.

En ce sens, de nombreux auteurs issus de la Nouvelle Droite opposent au christianisme « universaliste » un paganisme originel « polythéiste », inégalitariste, et attentif à la diversité de la réalité concrète (cela par contre ne semble pas être le cas de Corvus qui signe l’un de ses commentaires: « un athée pur et dur »):

Ainsi, selon Guillaume Faye:

 » Ce qui signifie que les traits majeurs du Paganisme sont l’union du sacré et du profane, une conception cyclique ou sphérique du temps (au rebours des eschatologies du salut ou du progrès, dans lesquelles le temps est linéaire et se dirige vers une fin salvatrice de l’histoire), le refus de considérer la nature comme une propriété de l’homme (fils de Dieu) qu’il pourrait exploiter et détruire à sa guise ; l’alternance de la sensualité et de l’ascèse ; l’apologie constante de la force vitale (le « oui à la vie » et la « Grande Santé » du Zarathoustra de Nietzsche) ; l’idée que le monde est incréé et se ramène au fleuve du devenir, sans commencement ni fin ; le sentiment tragique de la vie et le refus de tout nihilisme ; le culte des ancêtres, de la lignée, de la fidélité aux combats, aux camarades, aux traditions (sans sombrer dans le traditionalisme muséographique) ; le refus de toute vérité révélée universelle et donc de tout fanatisme, de tout fatalisme, de tout dogmatisme et de tout prosélytisme de contrainte. Ajoutons que, dans le Paganisme, se remarque sans cesse l’« opposition des contraires » au sein de la même unité harmonique, l’inclusion de l’hétérogène dans l’homogène.[…]

 Dans le Christianisme, ce qui m’a toujours gêné, disons dans le Christianisme d’après Vatican II (qui n’a plus rien à voir avec celui des Croisades), c’est qu’il distille une préférence systématique pour le faible, la victime, le vaincu [NDDM: notez l’extrême similitude entre ce passage et l’une des analyses de Corvus] ; il place l’orgueil au rang de péché et condamne la sensualité, même saine, comme contraire aux voies divines. Ce furent la lecture de Nietzsche, mais surtout l’observation des prélats et des Chrétiens d’aujourd’hui, qui me convainquirent du caractère souffreteux et contre-nature de la morale chrétienne, une morale de malades, une rationalisation des frustrations. Cette idée de rédemption par la souffrance, qui n’a rien à voir avec l’idée païenne de mort héroïque, s’apparente à une haine de la vie. Et puis, je ne supportais pas l’idée de péché originel, l’idée qu’on me tînt responsable des souffrances du Christ. Plus que toute autre religion, le Paganisme est à la fois garant de l’ordre social, de l’ordre cosmique et naturel, garant de la pluralité des croyances et des sensibilités. Il repose sur la logique du « chacun chez soi », et non sur le fantasme de la mixité universaliste chaotique. Son modèle social associe étroitement les notions de justice, d’ordre et de liberté, ces dernières étant fondées sur la discipline. Il part du principe que l’humanité est diverse, et nullement destinée à s’unifier, que l’histoire est un devenir imprévisible et sans fin. Il suppose, à l’inverse des monothéismes, une humanité hétérogène composée de peuples homogènes, l’essence du politique étant la constitution de l’homogénéité de la Cité, sacralisée par les divinités, dans laquelle l’identité se confond absolument avec la souveraineté » (Entretien de Christopher Gérard avec Guillaume Faye, paru sous le titre « Les Titans et les Dieux » dans la revue Antaios (n° XVI, printemps 2001)).

Cette critique du christianisme a en commun avec celles portées par de nombreux black metalleux la référence à Nietzsche, la fascination pour le paganisme, et la vision du christianisme comme une « religion de faibles », qui exalterait contre la nature profonde de l’homme un « amour » mortifère, qui briderait ses instincts les plus naturels au nom d’un altruisme et d’un « amour du prochain  » universalistes abstraits.

Il n’est donc pas étonnant que très tôt, les milieux néo-païens inspirés par les thèses de la Nouvelle droite s’intéressèrent à l’émergence du black metal:

 » Il existe des liens entre certaines subcultures  musicales « jeunes » et les milieux des droites radicales occidentales. En effet, ces droites radicales ont tenté d’infiltrer, afin de les orienter, ces cultures minoritaires, entre autres les scènes  musicales dites dark (sombres)  et les milieux néo-droitiers et nationalistes-révolutionnaires. […]

 En fonction des sous-registres concernés, l’entrisme idéologique fonctionne plus ou moins bien : les milieux proprement gothiques , ainsi que la scène dark wave, sont moins pénétrés, car plus littéraires et esthétisants avec un rejet net du politique, que les sous-registres « industriel » , dark folk  ou black metal , fortement marqués par un paganisme européiste, par l’ésotérisme au sens large, dont le thélémisme , par des thèmes proches de la pensée révolutionnaire-conservatrice (avant-garde conservatrice, nationalisme européen, questionnement identitaire, etc.), et par des thèmes fréquemment véhiculés par ce qu’on a pu appeler dans les années 1970 l’« Histoire mystérieuse ». […]

 Ces cultures émergentes sont des cibles privilégiées pour certaines droites radicales. Elles le sont d’autant plus que ces milieux brassent des thèmes très marqués idéologiquement et les banalisent auprès de jeunes se définissant comme apolitiques. Et, de fait, ces personnes sont souvent dépourvues de cultures politiques. « En conséquence, et en raison également du primat de l’action culturelle qui constitue pour eux à la fois un choix stratégique (la fameuse “stratégie métapolitique” de la nouvelle droite) et une attitude imposée (par leur faiblesse numérique et l’absence de perspectives dans le combat politique traditionnel) , selon Jean-Yves Camus, nombre de militants, de groupes, en France et ailleurs en Europe ont à partir des années 1970 principalement, cherché à utiliser les moyens courants d’expression artistique comme à la fois facteur de propagande ; moyen de renforcement de la cohésion du groupe et vecteur de la subversion de la société. La musique occupe, dans ce choix stratégique, une place particulière, plus importante que les arts graphiques, égale sans doute, chez les nationalistes-révolutionnaires, à la littérature ».

Enfin, ces pratiques subversives, qui se manifestent par une volonté d’entrisme, ont aussi pour objectif de créer une conscientisation politique, ou d’influencer une conscience politique déjà existante. Depuis les années 1960, la musique joue en effet un rôle important dans la conscientisation des jeunes adultes. Pour s’en convaincre, il suffit de se remémorer le rôle et l’influence des protest singers dans le refus de la guerre du Vietnam » (« Subversion, musiques extrêmes et droite radicale » par Stéphane François, sur le site Fragments des temps présents).

 Pour autant, même si une frange minoritaire du black metal a effectivement épousé les thèses de la Nouvelle Droite, voire de mouvements encore plus radicaux (ainsi les groupes qui constituent le NSBM: National Socialist Black Metal), il convient de souligner que la plupart des black metalleux se considèrent apolitiques, et considèrent avec méfiance ou ironie ces tentatives d’entrisme:

« la scène europaïenne s’est intéressée sérieusement au Black Metal à
partir des faits divers morbides dont les groupes radicaux de cette scène se sont rendus coupables : meurtres, cannibalisme, incendies de dizaines d’églises, violation de sépultures. En effet, depuis le début des années quatre-vingt-dix, cette scène musicale a souvent défrayé la
chronique par les crimes et les incendies perpétrés par des musiciens de cette scène ou par leurs fans. Des disques de groupes de cette scène furent saisis par la police, comme par exemple en Allemagne. Toutefois, malgré ces dérives nous ne pouvons pas suivre les textes délirants de Paul Ariès et du Père Benoît Domergue dans leur description apocalyptique de ce milieu musical car la majorité de ces groupes sont apolitiques et non violents, même s’ils utilisent un satanisme, souvent de façade. Par ailleurs, cette musique est née au milieu des années quatre-vingt absente de la violence postérieure qui caractérisera certaines de ses dérives » (Les paganismes de la Nouvelle-Droite, thèse de doctorat soutenue par Stéphane François le 29 septembre 2005 à l’Université Lille II, sous la direction de Christian-Marie Wallon-Leducq, p.192).

 Pour revenir au commentaire de Corvus, il m’a paru intéressant au point d’en faire un article parce qu’il me paraissait bien synthétiser la rencontre entre ces deux antichristianismes: celui théorisé par certains black metalleux (par une certaine revendication du rapport de force, de la victoire « par les armes »), et celui exprimé par certaines « droites radicales » (par la condamnation de « l’universalisme » qui « uniformise et détruit la différence, et donc la diversité qui en découle »). Cela me donne l’occasion de parler des liens entre certains black metalleux à la marge et l’extrême droite, ce que j’avais envie de faire depuis un moment, et de répondre à l’argument « christianisme= apologie mortifère de la faiblesse et négation de soi ». Je précise que j’ignore les opinions politiques réelles de ce commentateur, et je lui présente mes excuses si je lui impute des opinions ou des influences qui ne sont pas les siennes (mais son pseudonyme, son argumentation, la référence à Jean Raspail qui n’est pas un auteur de la Nouvelle Droite mais qui est apprécié par ce milieu, et le fait que ses commentaires correspondent à une vague de visites sur mon blog en provenance de Fdesouche me donnent à penser qu’il connait les grandes lignes de la pensée de la Nouvelle Droite et que les ressemblances que je relève entre ses commentaires et les thèses de celle-ci ne sont pas anodines).

J’ai présenté dans la première partie de ce billet ce qui me paraissait être le contexte idéologique de la critique de l' »universalisme » chrétien  que Corvus a formulée sur ce blog, mais qui au delà de ce commentateur me parait être commune à la fois à toute une partie du black metal mais aussi de l’extrême-droite (non pas pour la stigmatiser, mais pour resituer son contexte). Dans mon prochain billet, je répondrai en tant que chrétien  au contenu de celle-ci puis, je tâcherai de revenir sur la question qu’il m’a adressée en fin de commentaire, en revenant sur ce qui à mon avis sous-jacent à la revendication par certains black metalleux de la « haine » par réaction à « l’amour du prochain » tel que défini par le christianisme.

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15 Réponses to “Black metal, Nouvelle Droite et christianisme: l’amour du prochain est-il une capitulation? 1/2”

  1. Assez bon article, bien documenté et tout. Bien écrit. J’émettrai juste une objection votre honneur : je ne me sens ni à droite, ni à gauche. S’il fallait me classer politiquement, disons que je serai un anarchiste de droite.
    Et non, je ne me revendique pas de la nouvelle droite ni de quiconque. Je suis moi-même, et c’est déjà bien suffisant. Par contre, que des théoriciens de la nouvelle droite partagent quelques unes de mes idées, c’est fort possible puisque j’admets que le black metal est souvent propice aux idées que vous venez d’énumérer.
    Par contre, de là à dire qu’une partie du black metal a été inspiré par la nouvelle droite, cela me parait un peu saugrenu (c’est là où vous vous trompez) puisque j’en suis arrivé à ce même raisonnement sans adhérer ou avoir fait parti de ce courant de pensée.
    Si le Black metal a été amené à propager ce genre d’idée et à s’inspirer du paganisme (je ne parle pas du rigolo Lavey avec son imagerie typiquement amerloc, pays sans racine qui n’a que deux siècles d’existence), là aussi, l’explication « sociologique semble évidente ». Comme vous le savez, le Black metal est né en Norvège, pays qui a été christianisé tardivement dans la douleur, et qui a toujours su garder un pied dans le… paganisme en opposition au christianisme. Que les adeptes du paganisme critiquent l’essence du Christianisme et rejoignent d’autres courants de pensée, cela parait logique. Et cela peut se comprendre. Par contre, attention de ne pas mélanger les torchons et les serviettes. Et puis de toute façon, je suis très très loin d’être théoricien et d’avoir les outils pour le faire, même si je sais et peux manier deux ou trois concepts.
    Puisqu’il est question de moi, sachez juste que je suis très empirique et que j’adore les problèmes. Ma vie est souvent source d’inspiration. Je suis bien trop indépendant pour me laisser embrigader par quoique ce soit. Disons que mon existence, mon observation du monde s’est chargée de forger mes convictions, et de me faire dire ce que je vous ai dis (c’est compréhensible ?).
    A noter que je suis trop égoïste pour m’inclure dans un groupe, et encore moins dans le black metal. Je trouve ridicule ceux qui prétendent faire parti d’un groupe parce qu’ils écoutent tels ou tels styles musicaux. Cà enferme trop les individus.
    Pour finir, je ne critiquais pas tant le Christianisme en absolue. Je raillais juste ce qu’il est devenu. C’est à dire une chose flasque et faible, morne, mou, informe, qui se fait manger, tourner à toutes les sauces, dans la joie et la bonne humeur, avec les applaudissements, avec le consentement de ses adhérents, en ayant conscience du truc. Quelle horreur…
    Comment peut-on s’aplatir à ce point là ? C’est pour ça que je suis ravi de voir des chrétiens montrer un peu d’hostilité, de voir enfin des chrétiens ne pas tendre la joue, enfin des chrétiens revendiquer leur foi, dire qu’ils existent et qu’ils ont aussi le droit au respect. J’aime voir les chrétiens vivants au fond. Les petits garçons ont besoin de rêver. Ils ont besoin de sentir qu’ils en ont une entre les jambes.
    Moi aussi, il m’arrive parfois d’avoir de la compassion. Il m’arrive parfois de penser que les chrétiens peuvent répondre aux coups. Pauvres chrétiens. Pauvres bibiches. J’en ai les larmes aux yeux. hé hé. En tout cas, chapeau. Je suis surpris par votre culture.

    • « Par contre, de là à dire qu’une partie du black metal a été inspiré par la nouvelle droite, cela me parait un peu saugrenu (c’est là où vous vous trompez) puisque j’en suis arrivé à ce même raisonnement sans adhérer ou avoir fait parti de ce courant de pensée. »

      Ce n’est pas ce que je dis. Il y a des affinités thématiques entre le BM et la Nouvelle Droite (les références à Nietzsche, au paganisme, l’entichristianisme de certains groupes, la défiance envers la modernité…) qui expliquent que la Nouvelle Droite se soit intéressée très rapidement au black metal, et ait cherché à l’infiltrer, par exemple en France à l’initiative de Christian Bouchet, un niversitaire et ancien membre du GRECE qui a fait sa thèse de doctorat sur Aleyster Crowley, et via le fanzine Napalm Rock. Après, je précise bien dans mon article que la plupart des black metalleux sont apolitiques, voire hostiles à ces tentatives de récupérations. Mais le fait justement que vous soyez proiches de leurs idées sans bien les connaitre prouve que ces affinités à la marge existent.

      « Si le Black metal a été amené à propager ce genre d’idée et à s’inspirer du paganisme (je ne parle pas du rigolo Lavey avec son imagerie typiquement amerloc, pays sans racine qui n’a que deux siècles d’existence), là aussi, l’explication “sociologique semble évidente”. Comme vous le savez, le Black metal est né en Norvège, pays qui a été christianisé tardivement dans la douleur, et qui a toujours su garder un pied dans le… paganisme en opposition au christianisme. »

      Ca ne suffit pas à mon avis à expliquer pourquoi cet intérêt pour le néo paganisme ressurgit brutalement après plusieurs siècles. Cf. mon article sur le black metal et la Norvège et la commentaire de Bashô en dessous (https://innerlightofblackmetal.wordpress.com/2011/02/21/la-norvege-du-christianisme-detat-au-black-metal/).

      « Pour finir, je ne critiquais pas tant le Christianisme en absolue. Je raillais juste ce qu’il est devenu. C’est à dire une chose flasque et faible, morne, mou, informe, qui se fait manger, tourner à toutes les sauces, dans la joie et la bonne humeur, avec les applaudissements, avec le consentement de ses adhérents, en ayant conscience du truc. Quelle horreur…
      Comment peut-on s’aplatir à ce point là ? C’est pour ça que je suis ravi de voir des chrétiens montrer un peu d’hostilité, de voir enfin des chrétiens ne pas tendre la joue, enfin des chrétiens revendiquer leur foi, dire qu’ils existent et qu’ils ont aussi le droit au respect. J’aime voir les chrétiens vivants au fond. Les petits garçons ont besoin de rêver. Ils ont besoin de sentir qu’ils en ont une entre les jambes. »

      Réponse dans la seconde partie de mon article d’ici la fin de la semaine qui vient.

      « En tout cas, chapeau. Je suis surpris par votre culture. »

      Marci, j’ai eu ma période black metalleux anti chrétien fasciné par l’ésotérisme, le néo paganisme et le satanisme il y aune douzaine d’années. Certaines lectures me sont restées en mémoire.

  2. Pour moi, notre monde civilisé intériorise trop la haine et les frustrations. Il les contient. Il ne veut pas qu’elle s’échappe parce qu’on a été formaté ainsi et parce qu’il faut que les puissants restent en place. Le metal est juste un moyen d’extérioriser les frustrations et de canaliser la colère. C’est une soupape de sécurité, un peu comme le sport et les jeux d’ailleurs.

  3. @corvus

    Je pense que vous devriez approfondir sérieusement le message du Christ. Vous vous trompez lourdement sur ce que le christianisme représente.
    Je vous donne un indice, tiré de l’Evangile. Le Christ se définit comme « la voie, la Vérité et la Vie ». Le prologue selon Saint Jean le définit comme le « Verbe » (ou la Parole, c’est « presque » pareille) (In principio erat Verbum…).
    Je pense que la meilleure manière de connaître un religion, c’est de la pratiquer… Comment donc pouvez vous « critiquer » une religion en la qualifiant de « faible », blabla… si vous ne venez pas écouter l’enseignement des prêtres, des évêques, du Pape ?… Si j’ose dire, pour connaître le christianisme, il faut une sorte d' »initiation ». Cette « initiation » passe forcément par la pratique…Et dans cette « initiation », il y a la prière… qui est fondamentale… Méditez par exemple les 30 ans de vie cachée du Christ… Pourquoi donc le Christ se serait caché pendant si longtemps s’il n’y avait pas un enseignement à en tirer pour les hommes ? On dit bien souvent que pour vivre heureux, il faut vivre caché… Saint Alphonse de Ligori, Docteur de l’Eglise explique : « qui prie se sauve sûrement ; qui ne prie pas se damne sûrment! ». La prière est donc l’une des initiations fondamentale du Chrétien. Et il est donc nécessaire de prier pour connaître la religion chrétienne, et pour commencer à sonder ses mystères… Ce n’est bien entendu pas la seule initiation, mais ceci pour vous démontrer qu’il faut pratiquer la religion pour la connaître.
    Lorsqu’on lit Saint Paul, par exemple, dans l’une de ses épîtres : « je tire ma force de ma faiblesse… » A méditer, ce me semble…

    Vous vous faîtes, à mon sens, une mauvaise opinion du christianisme… tout comme de l’Islam d’ailleurs, car je ne doute pas un instant qu’un « athée pur et dur », comme vous vous qualifiez, ne pratique pas non plus l’islam…Moi non plus d’ailleurs, et c’est pourquoi je me garderai bien d’y apporter une quelconque critique.

    Par contre, je crains fort que, contrairement à ce que vous écrivez, vous partagiez quelque peu la philosophie édoniste de ce « clown » de La Vey, comme vous semblez l’indiquer plus haut… »Ecraser le faible » est l’une des revendications de la Bible Satanique, comme vous ne l’ignorez sans doute pas… Et je vous rassure, mais même Saint Bernard qui prêchait les croisades ne revendiquait une quelconque supériorité militaire chrétienne sur les musulmans.

    Cependant, pour votre opinion sur la compatibilité du message chrétien avec le son black, je vous rejoins complètement, n’en déplaise à Manu, et à ce sujet, il est quand même appréciable de vous voir venir apporter une certaine contradiction à la thèse de Manu… Avec LYO et moi-même, jusqu’à présent, je crois que nous étions les seuls à ne pas être d’accord avec Manu sur ce point (Ah si, il y a le Collectif, mais ça ne compte pas, vu qu’en réalité, je ne sais pas trop à quoi ils jouent), surtout que je ne vous connais pas.

    • @ Etienne:

      « Par contre, je crains fort que, contrairement à ce que vous écrivez, vous partagiez quelque peu la philosophie édoniste de ce “clown” de La Vey, comme vous semblez l’indiquer plus haut…”Ecraser le faible” est l’une des revendications de la Bible Satanique, comme vous ne l’ignorez sans doute pas…  »

      La compatibilité est certes évidente sur ce point, mais à vrai dire, ce type de revendication est très générique et peut être rattachée à toutes sortes de courants et de doctrines, suivant le sens qu’on lui prête: le satanisme laveyen (quoique de mémoire il me semble qu’il ne s’agit pas tant dedans d’écraser le faible que d’exalter le fort), mais aussi le darwinisme social, certaines interprétations bas de gamme de Nietzsche, certains courants de l’anarchisme de droite, certains courants néo-païens, ou pour remonter vraiment loin, la « philosophie » exprimée par Calliclès dans le Gorgias de Platon. L’espèce de loi du plus fort revendiquée par Corvus est donc au fond assez banale, et si elle est certes contraire au christianisme, elle est beaucoup trop générale à mon avis pour être rattachée spécifiquement à tel ou tel courant sataniste. Plutôt que cette exaltation un peu bateau de la force, son discours sur l’amour qui homogénéise les différences et mène finalement à une sorte de nihilisme m’a davantage intéressé, car il est connoté idéologiquement de manière beaucoup plus spécifique.

      « Cependant, pour votre opinion sur la compatibilité du message chrétien avec le son black, je vous rejoins complètement, n’en déplaise à Manu, et à ce sujet, il est quand même appréciable de vous voir venir apporter une certaine contradiction à la thèse de Manu… Avec LYO et moi-même, jusqu’à présent, je crois que nous étions les seuls à ne pas être d’accord avec Manu sur ce point (Ah si, il y a le Collectif, mais ça ne compte pas, vu qu’en réalité, je ne sais pas trop à quoi ils jouent), surtout que je ne vous connais pas. »

      Sur ce point, son argument , surtout développés dans ses commentaires à mon article « Haine partout, justice nulle part? », semble se résumer à l’idée suivant la quelle une musique chrétienne devrait forcément exprimer des sentiments du type de la joie, de la douceur, de la tolérance, du « pacifisme », alors que le black exprime davantage des sentiments martiaux, agressifs, ou désespérés. Rien qu’en prenant l’exemple des psaumes, on voit que le christianisme comprend déjà en son sein l’expression de sentiments que la musique propre au BM peut tout à fait exprimer de façon convaincante, l’enjeu étant pour un musicien chrétien de les présenter d’une manière qui n’y enferme pas l’uditeur, mais laisse ouverte, ne serait-ce qu’en filigrane, la possibilité d’une transcendance et d’une rédemption possible. Je pense que c’est là que le débat se joue, et la critique de Corvus présuppose une interprétation beaucoup trop molle et consensuellle du christianisme pour être opérante, à mon avis. Mais j’y reviendrai dans la seconde partie de ce billet.

  4. Corvus ou Baal, quelle importance ? Says:

    Etienneweb : Je pense que vous devriez approfondir sérieusement le message du Christ. Vous vous trompez lourdement sur ce que le christianisme représente.
    Je vous donne un indice, tiré de l’Evangile. Le Christ se définit comme “la voie, la Vérité et la Vie”. Le prologue selon Saint Jean le définit comme le “Verbe” (ou la Parole, c’est “presque” pareille) (In principio erat Verbum…).
    Je pense que la meilleure manière de connaître un religion, c’est de la pratiquer… Comment donc pouvez vous “critiquer” une religion en la qualifiant de “faible”, blabla… si vous ne venez pas écouter l’enseignement des prêtres, des évêques, du Pape ?…

    Mais regardez ce qu’est le Christianisme aujourd’hui ! Du baissage de culotte permanent !
    Aujourd’hui, le message du Pape, c’est quoi ? Le dialogue interreligieux, la tolérance, la compassion, la charité, l’accueil de l’autre. C’est quoi ça à part de la résignation, de la soumission à l’Autre, Big Other selon Raspail, le bon chrétien ?
    Pendant ce temps, en France, il y aura bientôt 15 millions de musulmans. Dans le 93, Momo est déjà majoritaire. A côté de ça, les églises sont de plus en plus désertées. C’est quoi la suite, dites le moi ? Avec une faible natalité, c’est plié. Pas besoin de vous faire un dessin.

    Pour moi, le Christ actuel symbolise mieux que n’importe qui la Résignation, la capitulation, la sodomie consentie. Si tu as envie de te faire enculer gratis, crois au Christ. Ne me dites pas autre chose. Regardez le résultat actuel. Regardez. Un échec complet, total. Aucun homme véritable et authentique ne peut croire en ça. Un homme, c’est fait pour vaincre, pour gagner, pas pour se plier, pas pour abandonner ou capituler. Cà, c’est un travers féminin.

    Tout le monde pisse sur le Christ aujourd’hui et cela ne soulève qu’indifférence chez ses adeptes, au pire un peu de compassion. C’est quoi le but, de se faire enculer gratis ? Je le répète. C’est pour ça qu’une révolte chrétienne est salutaire, voir souhaitable si les chrétiens ne veulent pas finir manger.

    Etienneweb : Vous vous faîtes, à mon sens, une mauvaise opinion du christianisme… tout comme de l’Islam d’ailleurs, car je ne doute pas un instant qu’un “athée pur et dur”, comme vous vous qualifiez, ne pratique pas non plus l’islam…Moi non plus d’ailleurs, et c’est pourquoi je me garderai bien d’y apporter une quelconque critique.

    Regardez comment sont traités les chrétiens en terre d’Islam. Même eux, vous n’êtes même pas foutus de les protéger ni de les aider. Et après, vous voudriez être respecté ? Mais ce n’est que justice si tout le monde vous chie à la gueule. Ce n’est que Justice. Qui ne dit mot consent. Le but d’un chrétien, c’est quoi ? D’être dominé ? De tendre la joue ? D’être mis dans une arène, de se faire bouffer par les lions et d’attendre la mauvaise conscience des autres ou la culpabilité pour être épargné ? Avec un tel raisonnement et un tel comportement, c’est à se demander pourquoi nos anciens se sont battus. Tout ça pour ça. Charlemagne, sérieux, pourquoi tu t’es fais chié ? 25% de musulmans dans les écoles chrétiennes aujourd’hui. Pitoyable. Même pas foutu de défendre leur propre foi. Et après ça, ça demande à être respecté ! Mais avec une telle attitude, c’est somme toute logique. La vérité, c’est que le Christianisme païen ou guerrier a été détruit. Disparu, mort. Les petits garçons qui aiment bien la guerre, que vous le vouliez ou non, s’en sont éloignés. Et avec ça, au lieu de répondre au problème fermement et résolument, vous vous attaquez à des groupes de black metal qui réunissent à tout casser 1000 clampins alors même qu’il y a infiniment pire qui se fait à côté ! Et pendant ce temps, la société française voir l’europe entière s’islamise. Pendant ce temps, les USA nous vendent leur putain de matérialisme de merde, leur culte du pognon avec la marchandisation des corps et leur esclavage servile. C’est ça la vérité les amis. Enfin, en même temps, je vous dis ça comme si c’était un problème pour moi. Une chose est sûre, sauf réveil de votre part, vous serez avalé par l’Histoire. Et ne déblatérez vos discours de martyre, parce qu’il se trouve je pense, que cela fait parti du problème. Société de victime où tout le monde essaie de s’attirer la compassion. Que des victimes, plus d’hommes d’action, plus d’hommes responsables. Tout le monde essaie de s’approprier l’image du martyre parce que ça génère beaucoup de blé. Le culte de la pénitence, voilà ce que c’est. Parce qu’il y a des gens pour chialer qui tombent dans le panneau. Au lieu de pleurer, (la culture de l’excuse et de la repentance est un sport national en France avec les bureaux des pleurs qui sont là pour engranger le pognon), soyez dans l’action bordel de merde. Ne laissez pas l’Histoire vous absorber. Ou alors, si c’est le cas, ne vous plaignez pas ! Vous n’auriez rien fait pour empêcher l’auto destruction, cet espèce de masochisme permanent.

    • Vous semblez penser que les hommes ont forcément réponse aux maux qu’ils rencontrent dans leur vie… De la part d’une personne athée, je ne suis pas étonné… Sauf que aucun homme n’a réponse à tout. Ni moi, ni vous, ni qui que ce soit…
      Il est vrai que l’Eglise subit une crise depuis un certain temps (crise des vocations, églises désertées, etc…), et vous tentez de donner des explications internes à la religion catholique, en disant que c’est la faute des chrétiens, parce que nous ne faisons pas ce que nous devrions faire. Mais êtes vous certain d’avoir la bonne explication ?
      Je suis désolé de vous contredire, mais l’affaire de la religion catholique est D’ABORD individualiste. Le chrétien croit en Dieu et en Diable, et s’il veut sauver sa peau, il doit d’abord le faire pour lui-même. Charité bien ordonnée commence par soi-même, dit-on… Et Saint Paul : « que me viendrait à sauver le monde entier si j’en venais à perdre mon âme ? ». Vous comprenez ?
      Alors… voici le point de vue d’un chrétien, et en l’occurence le mien : je ne souhaite le mal pour personne, mais qu’il soit bien clair ; je me fiche pas mal que vous alliez crever en Enfer, mais pour ma part, j’ai fais le choix du salut, et je compte bien mettre toutes les chances de mon côté.
      Egalement, je souhaite le bien pour tout le monde, mais qu’il soit bien clair ; mon problème principal n’est pas la crise de l’Eglise, il n’est pas la famine en Ethiopie ou en Somalie, il n’est pas la mort des Khoptes en Egypte ; mon problème principal, c’est de sauver ma peau…
      Si vous ne voulez pas comprendre pourquoi le Christ Dieu a décidé de naître dans une crêche, et mourir sur une croix, après avoir prêché aux hommes la Conversion, la Pénitence, etc… bref, tout un tas de choses a priori détestables, vous ne comprendrez jamais rien à la Religion chrétienne.

      • @Etienne:

         » mon problème principal, c’est de sauver ma peau… »

        J’imagine que c’est sans doute juste une maladresse d’expression, mais personnellement, je ne présenterais pas par les termes « sauver ma peau » la décision de suivre Celui qui a sacrifié la Sienne pour le Salut de ceux qui l’ont mis à mort. (même pour trouver un langage commun avec un athée amateur de BM). 😉

      • D’accord avec toi!!! Dans le prolongement de ce que tu dis : »Celui qui m’aime, qu’il prenne sa croix et qu’il Me suive! »
        On est d’accord! 😉

  5. @Etienne: j’essaie de répondre à ta ramarque demain soir.

    @Corvus, je réserve à mon prochain billet, comme annoncé, ma réponse sur le christianisme.
    Concernant vos diatribes sur l’islam, en dehors du fait qu’elles sont hors sujet, elles me paraissent assez peu étayées et relever davantage à mon avis, sans vous connaitre il est vrai, de la contamination par des lectures de divers sites et ouvrages alarmistes sur le péril islamiste et le choc dezs civilisation que sur une expérience de première main.
    Des musulmans, j’en voie tous les jours à mon travail. Plusieurs de mes collègues en sont, ainsi qu’un certain nombre des usagers qui me sollicitent régulièrement. Et j’en retire le constat que la plupart d’entre eux sont des personnes tout à fait raisonnables, aussi éprises de paix et de justice que la plupart des français. Le wahabbisme et le salafisme sont certes des courants qui existent dans l’islam, et qui sont inquiétants. Mais l’islam ne se réduit pas à ces dérives, pas plus que l’Eglise catholique à Civitas ou le black metal au NSBM ou au satanisme. Si un jour vous avez l’occasion de lire la matinale chrétienne du journal La Vie, qui chaque matin fait l’inventaire de la situation des chrétiens dans le monde, vous verrez certes que la situation politique de certains pays musulmans radicalise une partie de la population contre les chrétiens, avec des conséquences graves, mais aussi que des musulmans essaient de protéger les chrétiens, par exemple en Egypte. En ne vous contentant pas contentent pas de dénoncer les dérives des extrémistes islamistes, mais en y réduisant l’ensemble de l’islam, vous insultez tous ces musulmans qui luttent de leur côté pour la paix, et risquent parfois leur vie pour des chrétiens. Vous vous en foutez peut-être. Moi, non.
    Je précise qu’il m’est arrivé une fois par le passé d’être agressé par des personnes d’origine maghrébine dans les transports en commun. J’en ait été durablement choqué, et l’une des personnes qui m’a le plus soutenu à ce moment là a été l’un de mes collègues, pourtant musulman très pratiquant, également d’origine maghrébine. Alors qu’il y ait des dérives très graves dans l’islam de nos jours, c’est certain, mais elles doivent faire elles-mêmes l’objet d’un discernement dans la critique que nous pouvons en faire. Je suis persuadé qu’elle doivent au moins autant et très probablement beaucoup plus au contexte politique et culturel de certains pays qu’à une nocivité supposée de l’islam en tant que tel.

  6. Corvus ou Baal, quelle importance ? Says:

    Déjà, je me suis adressé à Etienneweb et non à vous dans le poste précédent. J’insiste particulièrement sur ce trait parce que, voyez-vous, j’ai l’habitude de m’exprimer différemment en fonction des gens concernés.
    Pour en venir sur le sujet de l’Islam, votre postulat sur la contamination me fait bien rire puisque comme je l’ai déjà dit, il n’y a pas plus empirique, rationnel et existentialiste que moi. J’analyse tout et mène ma vie en fonction de mes propres conclusions. Je suis donc le contraire du dogmatique. Chez moi, rien n’a d’emprise. Encore moins des textes religieux.
    Je me base donc sur mon expérience et sur mon vécu pour penser, et non sur des dogmes, sur des livres sacrés ou sur une presse à sensation ou aux ordres du pouvoir en place (au choix, cela n’a pas d’importance) pour me faire une idée sur tel ou tel sujet de société.
    Quant à ma perception de la nocivité de l’Islam, il est concrète si je puis dire. Les pays à majorité musulmane où la musique Metal est autorisée se comptent sur les doigts d’une main et les groupes qui pratiquent ce genre de musique doivent rester dans l’anonymat s’ils ne veulent pas être condamnés pénalement, ou pire le payer de leur propre vie. Et je ne parle même pas de l’oppression faite aux femmes (la femme ne vaut même pas la moitié d’un homme en terre d’Islam) ou des droits de l’homme qui sont sans cesse bafoués, de l’apostasie qui est punie de peine de mort (aucune liberté de conscience !), le statut inférieur des autres croyances religieuses (les païens, on n’en parle même pas, c’est mode persécution, un mécréant doit crever pour accéder au paradis), où le moindre petite acte est encadré, par un texte religieux qui ne permet même pas le moindre petit écart. Je ne parlerai pas non plus de l’amalgame entre le temporel et le spirituel dans cette religion. Il faut vraiment être aveugle pour ne pas y voir une oppression et un formatage en règle des individus. Je suis bien trop libre et indépendant pour n’avoir ne serait-ce qu’une seule sympathie pour cette religion.
    Le nivellement par le bas des moeurs dans les banlieues françaises me donnent raison. Là bas, une fille qui se trimbale en jupe est considérée comme une salope. Pire, on n’y voit presque un appel au viol parce que les hommes seraient dominés par leur bas instinct (sic) ! Je n’irai pas plus loin dans la démonstration au risque de paraître grossier. Il faut y voir pour y croire. Effarant. Abjecte dans tous les sens du terme. Ceux qui parlent de droits de l’homme, de tolérance, d’acception des différences sont cruellement absents lorsqu’il s’agit de porter des jugements sur les populations qui y vivent. On préfère les victimiser comme si le statut d’anciens colonisés, de faibles ou de pauvres les disculpaient de se comporter comme des connards. Soit (les milieux ruraux sont bien plus pauvres que dans le 93, pourtant eux ne crament pas à longueur de journée des bagnoles pour attirer l’attention sur eux, que dis-je la compassion chrétienne). Mais comme je n’aime pas tendre l’autre joue et comme j’apprécie très moyennement le manque de respect, comme j’encense toute forme de réciprocité, et comme le mot tolérance aujourd’hui est souvent synonyme de renoncement pour moi, il se trouve que cela ne passe pas. Enfin, si les musulmans étaient si pacifiques avec les chrétiens ou avec ceux qui ne partagent pas leur vision de Dieu, la population chrétienne en Turquie ne serait pas passé de 10% à 0.1% de la population en un siècle. Et je ne parle même pas des chrétiens en Iran et en Irak qui ont été sommés de quitter le pays dernièrement. Je ne parle pas des brimades, des agressions permanentes (renseignez vous sur les persécutions faites aux chrétiens en Afrique noire). Dans tous les pays musulmans, toutes les minorités religieuses sont persécutées, voir massacrées. C’est un fait.
    Alors certes, il y a toujours des musulmans sympathiques ou plus tolérants que d’autres. Mais moi, je regarde le problème froidement dans son ensemble. Je ne me laisse pas dominer par mes sentiments, par mon affect. C’est pour cette raison que mon jugement n’est pas parasité au prétexte que Djamila serait bonne, ou Kader, un gars cool. Non, rationnel par excellence, je regarde le problème dans son ensemble, le plus froidement possible et je me dis, mathématiquement, à juste raison, qu’on est franchement dans la merde.
    Autre point, je ne pense qu’il faille un livre jugé sacré pour avoir un bon comportement et faire preuve de civisme. Il n’y a pas plus loyal, fidèle et droit que moi par exemple. Pourtant, je ne suis pas croyant.

    • « Déjà, je me suis adressé à Etienneweb et non à vous dans le poste précédent. J’insiste particulièrement sur ce trait parce que, voyez-vous, j’ai l’habitude de m’exprimer différemment en fonction des gens concernés. »

      Désolé, mais une parole publique appelle une réponse de l’ensemble des personnes qui la reçoivent, et non seulement de l’interlocuteur explicitement désigné.

      « Pour en venir sur le sujet de l’Islam, votre postulat sur la contamination me fait bien rire puisque comme je l’ai déjà dit, il n’y a pas plus empirique, rationnel et existentialiste que moi. J’analyse tout et mène ma vie en fonction de mes propres conclusions. Je suis donc le contraire du dogmatique. Chez moi, rien n’a d’emprise. Encore moins des textes religieux. »

      Et modeste, avec tout ça! 🙂

      « Quant à ma perception de la nocivité de l’Islam, il est concrète si je puis dire. Les pays à majorité musulmane où la musique Metal est autorisée se comptent sur les doigts d’une main et les groupes qui pratiquent ce genre de musique doivent rester dans l’anonymat s’ils ne veulent pas être condamnés pénalement, ou pire le payer de leur propre vie. Et je ne parle même pas de l’oppression faite aux femmes (la femme ne vaut même pas la moitié d’un homme en terre d’Islam) ou des droits de l’homme qui sont sans cesse bafoués, de l’apostasie qui est punie de peine de mort (aucune liberté de conscience !), le statut inférieur des autres croyances religieuses (les païens, on n’en parle même pas, c’est mode persécution, un mécréant doit crever pour accéder au paradis), où le moindre petite acte est encadré, par un texte religieux qui ne permet même pas le moindre petit écart. Je ne parlerai pas non plus de l’amalgame entre le temporel et le spirituel dans cette religion. Il faut vraiment être aveugle pour ne pas y voir une oppression et un formatage en règle des individus. Je suis bien trop libre et indépendant pour n’avoir ne serait-ce qu’une seule sympathie pour cette religion. »

      La radicalisation de certains courants de l’Islam depuis quelques décennies est selon moi dûe à des facteurs politiques beaucoup plus qu’à une quelconque essence de cette religion. Les courants salafiste, wahabbite, n’ont pas fait l’histoire de l’islam, mais constituent des interprétations relativement récentes dont le succès est dû à des facteurs historiques plutôt que religieux: la décolonisation, la réaction au panarabisme d’inspiration socialiste de la guerre froide, la situation avec Israel… Mais ce n’est pas le tout de l’Islam: des traditions d’interprétations beaucoup plus souples (et pas moins rigoureuse dans la piété de leurs représentants) existent (ainsi les musulmans qui risquent leur vie pour protéger les coptes en Egypte) et j’ai moi-même rencontré des musulmans qui m’ont frappé aussi bien par leur foi que par leur esprit d’accueil de l’autre et d’ouverture.

      « Le nivellement par le bas des moeurs dans les banlieues françaises me donnent raison. Là bas, une fille qui se trimbale en jupe est considérée comme une salope. Pire, on n’y voit presque un appel au viol parce que les hommes seraient dominés par leur bas instinct (sic) ! Je n’irai pas plus loin dans la démonstration au risque de paraître grossier. Il faut y voir pour y croire. Effarant. Abjecte dans tous les sens du terme. Ceux qui parlent de droits de l’homme, de tolérance, d’acception des différences sont cruellement absents lorsqu’il s’agit de porter des jugements sur les populations qui y vivent. On préfère les victimiser comme si le statut d’anciens colonisés, de faibles ou de pauvres les disculpaient de se comporter comme des connards. Soit (les milieux ruraux sont bien plus pauvres que dans le 93, pourtant eux ne crament pas à longueur de journée des bagnoles pour attirer l’attention sur eux, que dis-je la compassion chrétienne). Mais comme je n’aime pas tendre l’autre joue et comme j’apprécie très moyennement le manque de respect, comme j’encense toute forme de réciprocité, et comme le mot tolérance aujourd’hui est
      souvent synonyme de renoncement pour moi, il se trouve que cela ne passe pas. »

      Quel rapport avec l’islam? Les jeunes qui commettent ce genre d’exactions sont des voyous, pas des militants religieux. Honnêtement, l’abus d’alccol ou de drogue qui facilite ces forfaits est incompatible avec ausi bien l’esprit que la lettre de l’Islam (de même que le viol d’ailleurs) et un minimum d’honnêteté intellectuelle devrait vous permettre de le reconnaitre. Vous faites manifestement un amalgame entre délinquants des banlieues, arabes, et musulmans.

      « Enfin, si les musulmans étaient si pacifiques avec les chrétiens ou avec ceux qui ne partagent pas leur vision de Dieu, la population chrétienne en Turquie ne serait pas passé de 10% à 0.1% de la population en un siècle. Et je ne parle même pas des chrétiens en Iran et en Irak qui ont été sommés de quitter le pays dernièrement. Je ne parle pas des brimades, des agressions permanentes (renseignez vous sur les persécutions faites aux chrétiens en Afrique noire). Dans tous les pays musulmans, toutes les minorités religieuses sont persécutées, voir massacrées. C’est un fait. »

      Ca fait déjà quelques siècles que les turcs sont en majorité musulmans. Si cet exode chétien correspond à une nocivité intrinsèque de l’Islam et non à une politisation récente de certains courants, comment expliquez vous justement vous-même ce passe récent de 10% à 0.1% de la population? Votre argument est contradictoire.

      « Alors certes, il y a toujours des musulmans sympathiques ou plus tolérants que d’autres. Mais moi, je regarde le problème froidement dans son ensemble. Je ne me laisse pas dominer par mes sentiments, par mon affect. C’est pour cette raison que mon jugement n’est pas parasité au prétexte que Djamila serait bonne, ou Kader, un gars cool. Non, rationnel par excellence, je regarde le problème dans son ensemble, le plus froidement possible et je me dis, mathématiquement, à juste raison, qu’on est franchement dans la merde. »

      Alors comme ça la lecture des pages faits divers de la presse relève d’une connaissance plus exacte que les rencontres de première main?

      « Autre point, je ne pense qu’il faille un livre jugé sacré pour avoir un bon comportement et faire preuve de civisme.  »

      Personne n’a jamais dit le contraire. Ainsi le christianisme distingue entre la morale naturelle et ce qui est de l’ordre de la foi.

      • C’est une raison pourquoi j’aime le metal en général et le black métal en particulier… C’est la seule musique qui philosophe autant sur le monde.
        Le rap et l’electro se pose même pas ce genre de question. Snoopy rêve de filles autour d’une piscine et david guetta de faire des fêtes autour de la croisette.
        La où, la musique actuel laisse un vide, le BM a le mérite de poser de vrais questions existentielles.
        Le Bm c’est la refus de se soumettre à une institutions quelconque. Au nom de l’individu, du nihilisme, l’homme prends un chemin d’indépendance pour vivre sa propre liberté. Les thème a développer son nombreux, et les nuances de réponses diverses et nuancés.
        Le Bm n’est pas omogéne, ce n’est pas une secte avec un gourou en chef de file. Et n’a pas un crédo et des dogmes écrites et figés comme un magistère d’église.

  7. Bonjour à tous,

    excellent article Emmanuel, merci beaucoup !

    Je voudrais insister sur quelques points:

    -Il ne faut pas confondre christianisme et catholicisme. De plus le clergé français n’est malheureusement pas toujours une référence car les catholiques ont eu tendance à se protestantiser à fond dans les années 70, et c’est maintenant cristallisé. Corvus, je pense qu’une paroisse traditionnelle te plairait bien plus si tu veux en savoir plus sur le catholicisme, car dans ces messes tu ressentiras bien plus de sacré et surtout le poids de l’héritage magnifique de la tradition. Le catholicisme a imprégné l’Europe pendant des siècles, sa force se trouve dans ses cathédrale, sa société et ses penseurs, son apport dans les arts, dans le rayonnement culturel et politique de la France…

    -Le catholicisme une religion de faible ? Mais pensez-vous qu’un ou deux missionnaires peuvent convertir de force un peuple fier et puissant ? Non. Le peuple de France et d’ailleurs a été converti avec autant de diplomatie qu’il le fallu. Bien sûr il y eu sûrement des heurts, mais ne prenons pas nos ancêtres pour des idiots et des brutes.

    -@ Corvus : un livre qui devrait te plaire : L’anarchisme chrétien, par Falk Van Gaver et Jacques de Guillebon. Je me considère également comme un anarchiste de droite, et ce livre est un bijoux !

  8. […] publications, l’amalgame qu’ils tentent de lui attribuer, comme je le signalais dans un billet que je consacrais aux liens entre une minorité de groupes de metal à la marge et certaines […]

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