Black Metal: le mythe de la Haine universelle

En lisant Eunolie, l’ouvrage du compositeur Frédérick Martin sur le black metal, je suis tombé sur cette fascinante profession de foi sataniste écrite en réaction au NSBM (National  Socialist Black Metal) parEklezjas’tik BerZerK, chanteur du groupe toulousain Malhkebre et responsable du label Battkeskr’s:

« Etre sataniste c’est rejeter l’humanité, donc soi-même.Le problème réside donc dans la capacité ou l’incapacité de l’être à accepter cette partie de lui-même qu’il méprise. Certains le font à la perfection: ils choisissent la mort. Amen. Tout absolu humaniste implique une idée de perfectibilité et admet par à-même l’incomplétude de l’homme. Le satanisme, en tant qu’absolu, se fonde, quant à lui, sur l’idée de l’imperfection humaine. Or, il est beaucoup plu difficile de vivre au quotidien en reconnaissant la médiocrité humaine, sa propre médiocrité. Pourtant, c’est en prenant conscience de cela qu’on peut la rejeter. Une fois ce processus effectué, il est possible de se battre pour ses idées avec ce que cela implique: se mettre en danger au risque de perdre son petit confort personnel. En revanche il est beaucoup plus simple d’accepter le système: de se battre pour ses proches, de protéger son pays en estimant que l’homme, ainsi, fait montre de sa perfectibilité par son dévouement envers autrui, envers l’Homme. Et il est encore plus évident d’estimer que l’homme est perfectible mais que ce sont les autres qui l’en empêchent ce qui amène à des idées telles que la supériorité de la « race blanche ». En cela, il s’agit encore de choisir la facilité: les autres sont un prétexte à l’imperfection que l’on trouve en soi et que l’on refuse d’accepter. Ainsi, lutter contre ceux qui, pense-t-on, nuisent à la perfection de l’Homme, donne un sens à la vie. Chimère, chimère; simple réflexe humain témoignant de la faiblesse humaine.

[…] Je ne suis pas pour un chaos sélectif. Satan n’a pas de couleur de peau. Le satanisme est une idéologie à laquelle peut adhérer tout être humain, toute nation confondue. Il serait donc temps que sonne le glas de la scène NSBM.

Si Montaigne, dans une perspective humaniste, se déclarait « citoyen du monde », c’était certes parce que tel était son sentiment profond mais aussi parce qu’il se heurtaitdéjà à cette peur ancestrale qu’est la peur de la différence. Or, en concédant que le Satanisme est l’exact opposé de l’humanisme, tout Sataniste devrait être un anti-citoyen du monde, monde étant à comprendre bien évidemment au sens d’humanité, sans distinction de pays ou de couleur. Le satanisme prône la destruction de toute valeur humaine, raison pour laquelle nous, êtres affaiblis par notre humanité, ne pourrons jamais ^^etre en totale adéquation avec cette idéologie. Nous devons du moins y tendre. C’est de cette façon que nous nous rapprocherons du Seigneur, c’est de cette manière qu’il vous reconnaitra comme l’un de ses fidèles » (Eklezjas’tik BerZerK « au nom des Apôtres de l’Ignominie », propos rapportés par Frédérick Martin dans Eunolie: Légendes du Black Metal, p. 214 à 216, Editions MF, 2nde édition enrichie, 2009).

Dans un premier temps, j’ai pensé: « 1-0 en faveur de l’équipe Satan contre l’équipe Hitler sur le plan de la cohérence« . Puis, à y réfléchir, je me suis rendu compte combien ce texte mettait en évidence une contradiction à mon avis intenable au coeur du projet du satanisme, dont le black metal s’est voulu l’expression musicale. Il se lit comme une volonté d’absolutiser, d’universaliser la haine: « Le satanisme, en tant qu’absolu, se fonde, quant à lui, sur l’idée de l’imperfection humaine ». Il se veut un nihilisme total, et en même temps comme une doctrine fédératrice, un nouveau sytème de valeur contre tous les systèmes de valeur: « Le satanisme est une idéologie à laquelle peut adhérer tout être humain, toute nation confondue« . Il se veut un anti humanisme, mais également un projet qui peut rassembler l’humanité sans distinction.

Si ce texte n’exprime que le point de vue d’une variété du satanisme parmi tant d’autres, il a le mérite de toucher du doigt une ambiguité au coeur du projet idéologique du black metal. J’ai montré dans un précédent article que beaucoup de black metalleux placent l’expression de la haine au coeur du projet musical du BM. Une haine universelle, qui écrase tout espoir, toute utopie, toute valeur humaine. Ce qui les amène souvent à condamner le nazisme, non pas disent-ils parce que c’est une doctrine de haine, mais parce que sa haine est trop imparfaite, dirigée seulement contre l’autre au lieu de manisfester un rejet de Tout:

« Ta position par rapport à l’idéologie NS qui ronge le black-metal ?
Le black-metal n’a rien de politique, comment peut on prôner le chaos et la haine de l’humain en glorifiant une race et en insufflant une morale ? Le black-metal est un art noir, pas un parti politique » (Interview du groupe Haemoth par Spirit of Metal).

Et pourtant la haine, contrairement à l’amour, ne semble pas universelle dans son essence. La haine au contraire, se manifeste généralement par le refus de l’autre, le rejet de toute universalité:

« Pour sa part, après avoir lu Mein Kampf, […]Georges Canguilhem préférait parler de «contre-philosophie», car «le principe de cette systématisation, improvisée aux fins de conditionnement collectif, consistait dans la haine et le refus absolu de l’universel» (Trouvé ici).

La haine n’assume pas l’imperfection comme le propre de chacun, mais la rejette sur l’autre, en se fermant à ses propres limites:

« L’un des principaux leviers de la haine concerne la condamnation sans appel, comme une assignation d’identité. L’accusation qui annule l’autre sous-entend : je sais qui tu es ; je dis que tu ne vaux rien, tu ne vaux rien » ( S. Tomasella, Le sentiment d’abandon, Eyrolles, 2010, p. 92, cité dans l’aticle « Haine » de Wikipédia).

En ce sens, la haine n’assume rien, elle n’est pas un idéal vers lequel on tend:

« La haine n’attrape pas la vérité, elle l’enserre à l’intérieur d’une pensée immobile où plus rien n’est transformable, où tout est pour toujours immuable : le haineux navigue dans un univers de certitudes » (H. O’Dwyer de Macedo, Lettres à une jeune psychanalyste, Stock, 2008, p. 340, cité dans l’article « Haine » de Wikipédia).

La haine rejette l’universalité, elle affirme l’individu contre l’autre, nie toute essence commune. Même les idéologies comme le nazisme qui la fondent sur une forme d’idéal (la Race etc.) associe celui-ci à la différence, au rejet… C’est en celà qu’elle s’oppose à l’amour, qui lui suppose un idéal commun et tend vers le rapprochement et le dépassement des antagonismes.

En ce sens, ceux des groupes de BM qui s’inspirent du satanisme, dans la synthèse qu’ils proposent entre une revendication de la haine et une aspiration à un universel, fusse-t-il un idéal de destruction absolu, mettent en forme dans leurs textes, et dans leur musique qu’ils veulent l’expression de cet idéal, une tension entre deux mouvements inverses: un qui prone le repli sur soi-même et l’anéantissement de toute transcendance et de tout partage, de toute communauté, présent par exemple dans le refus de certains musiciens d’organiser des concerts, et un autre qui aspire néanmoins à cette dernière, et qui veut faire corps, relier les métalleux entre eux, sinon dans une nouvelle religion, du moins au sein d’une nouvelle philosophie ou d’une forme de spiritualité à rebours. Cette tension se retrouve dans l’identité musicale même du black metal, qui vise à exprimer le nihilisme le plus total, tout en étant par nature, comme courant artistique, un acte de création.

Il n’est donc pas étonnant que tout au long de son histoire, il ait vu se développer à ses marges deux courants opposés, qui ne diffère pour ainsi dire pas musicalement mais qui se réclament de doctrines radicalement contraires: l’unblack metal, qui choisit la quête de l’Universel contre la revendication de la haine, et le NSBM, qui cherche à aller au bout de l’exploration de cette haine, mais qui abandonne toute aspiration universaliste (à ce sujet, il est révélateur que les actes authentiques et concrets de haine soient souvent le fait de groupes de NSBM, y compris les profanations religieuses, par exemple celles à Toulon par le groupe Funeral: le nazisme est une doctrine véritablement fondée sur la haine, l’histoire l’a prouvé, alors que le satanisme est une construction intellectuelle, qui vise à donner une signification existentielle, « mystique » à la haine, tout en refusant d’en tirer toutes les conséquences).

Le black metal est donc traversé par deux mouvements, un qui va de l’amour à la haine, de l’espoir au dése^poir, de la vie à la mort, de la lumière aux ténèbres, et le second qui va de la haine à l’amour, du désespoir à l’espoir, de la mort à la vie, des ténèbres à la lumière. Il en constitue la fine pointe, et c’est ce qui fait son originalité musicale et doctrinale. Mais il est, je l’ai dit, un acte de création. C’est -à-dire que par son existence, il nie déjà le nihilisme et la destruction de toutes valeurs qu’il se propose d’exprimer initialement. En ce sens, la quête de l’universel me parait une revendication plus essentielle, plus profonde de ce courant musical, et c’est pourquoi je pense que l’unblack metal, s’il était davantage pris au sérieux dans ses thématiques par ce milieu, pourrait être la source d’un renouveau d’inspiration et d’un enrichissement de la recherche musicale.

Pour conclure, je répondrai brièvement à une objection qui m’a été faite indirectement sur le Forum de la Cité Catholique. Un intervenant métalleux, en réponse à un catholique qui lui demandait si à son avis le BM était intrinsèquement anti-chrétien, faisait la réponse suivante:

« Grosso modo, oui. Il y a quelques exceptions (textes d’inspirations mythologique, romantique (même si la personne de satan y est aussi utilisée), historique, naturelle ou religieuse (cf. la scene chrétienne de Black metal dont manu ventait le mérite sur ce forum). Mais ces groupes ne sont qu’une minorité.

Cette minorité est d’autant plus petite que certains groupes aux paroles neutres ont un comportement extrême (cf. Burzum qui chante des histoires inspirées de Tolkien, la solitude et la nature. %Mais en dehors de ses texte, le groupe n’est pas recommandable du tout.

Donc même si tous les groupes de BM ne sont pas anti chrétiens, l’immense majorité l’est » (échange ici).

Ces groupes ne sont en effet qu’une minorité (de même dans l’autre sens que le NSBM ou que les groupes sincèrement satanistes d’ailleurs) mais une minorité qui est présente dès les débuts du BM (Antestor a été fondé en 1990) et qui l’a accompagné dans la plupart des pays où il est représenté, sur tous les continents. Il s’agit donc d’une constante, d’un des aspects intrinsèques, quoique minoritaire, de son identité telle qu’elle s’est développée historiquement. Un aspect qui, comme je viens de le montrer, corrrespond peut-être à son essence la plus profonde, à l’aspect le plus mûr de la démarche de création de nouvelles formes et de nouveaux sens qui est la sienne, et qui est peut-être d’autant plus niée par certains black métalleux qu’elle pointe sur les contradictions de l’idéologie qui l’a vu naitre et l’incite à grandir, à passer à l’âge adulte. L’aversion pour le christianisme de la plupart des black métalleux, si elle passe trop souvent par la moquerie ou l’insulte, est finalement beaucoup moins grande que leur rejet du nazisme (j’ai souvent vu des groupes comme Crimson Moonlight ou Antestor rabaissés et moqués par des blackists, mais les groupes de NSBM comme Nokurnal Mortum ou Graveland, même lorsqu’il sont considérés de qualité sur le plan musical, suscite une méfiance et une hostilité bien plus directe et viscérale de la majorité), preuve qu’ils ne sont finalement pas habités par cette haine qu’ils affectent de revendiquer. Les raisonnements compliqués que certains utilisent pour distinguer haine absolue et haine fondée sur le rejet de l’autre prouve combien cette thématique du BM, qui est le corrélat de son anti-christianisme affiché, en est finalement, un aspect bien superficiel.

Et s’il est vrai que quelques groupes aux paroles neutres ont des comportements extrêmes, cela fait finalement d’autant plus ressortir le fait historique que la plupart des groupes aux paroles extrêmes ont un comportement neutre. Preuve qu’il faut dissocier la haine des paroles de la haine des coeurs, et que si les deux doivent finalement être rejetées, la plupart des black métalleux, entre affirmation de la haine et aspiration à l’universalité, ont finalement choisi pour eux-mêmes la seconde, ne serait-ce que dans la famille qu’ils ont pu fonder, les amis qu’ils ont, le travail qu’ils effectuent « dans le civil »… Et si leur comportement dans la vie de tous les jours, qui est d’une certaine manière le miroir concret de leur âme, est conforme à ce que pourrait être la vie de n’importe quel chrétien, pourquoi leur musique, qui exprime les mouvements de cette même âme par la création artistique, devrait être intrinsèquement anti-chrétienne? Cela parait dénué de sens…

Publicités

18 Réponses to “Black Metal: le mythe de la Haine universelle”

  1. Bonjour,
    Merci de ces réflexions et éclairages. Quelques noms de groupe métal faisant plus ou moins explicitement référence à Satan et à propos desquels j’aimerais bien avoir ton avis :
    Mahyem, Trypticon, Sodom, Belphegor.
    Une suggestion : billets plus court ou en 2 voire 3 troncons.
    Une question : pourquoi les blacks métalleux réagissent-ils si mal à la critique et pour certains d’entre eux en viennent-ils assez vite à la menace ?

  2. « Merci de ces réflexions et éclairages. Quelques noms de groupe métal faisant plus ou moins explicitement référence à Satan et à propos desquels j’aimerais bien avoir ton avis :
    Mahyem, Trypticon, Sodom, Belphegor. »

    Le temps de vérifier quelques sources (je ne connais pas bien certains de ces groupes) et je te réponds ce we.

    « Une suggestion : billets plus court ou en 2 voire 3 troncons. »

    Oui, je suis conscient qu’il faut que je fasse plus court. C’est déjà la seconde remarque qu’on me fait en ce sens. Je vais essayer pour mon prochain billet.

    « Une question : pourquoi les blacks métalleux réagissent-ils si mal à la critique et pour certains d’entre eux en viennent-ils assez vite à la menace ? »

    Au delà de l’immaturité de certains et de la lassitude d’autres pour un débat qui dure depuis plusieurs années, qui commence chaque année plus tôt, et de la peur suscitée par les déprogrammations récentes, je pense qu’ils ont du mal à lire l’action des catholiques.

    Contrairement à l’image monolithique et institutionnelle que certaines fictions donnent de l’Eglise, nous sommes fractionnés sur le web en des sites de sensibilités très divers, et avec des initiatives parfois contradictoires.

    Ainsi se sont succédées l’an dernier la pétition de CEC qui portait des accusations très graves contre le Hellfest, le communiqué apaisant du diocèse de Nantes, la table ronde de Radio fidélité et le procès intenté par une association u Hellfest. Ceux des métalleux qui connaissent mal l’Eglise ont du mal à faire la synthèse des différentes initiatives, et sont parfois tentés d’attribuer la « vraie » parole de l’Eglise au site qui confirme le plus leurs préjugés.

    En ce sens, Marie du Hellfest, que tu connais, a pu faire la remarque suivante, qui me parait juste:

    « Ce qui complique la chose c’est qu’on a en parallèle deux courants (pour simplifier) du côté des chrétiens : celui qui fonce (pétition, pression sur les sponsors et les collectivités, procès, …) et celui qui veut discuter (dont la position officielle de l’église catholique sur le diocèse concerné). Le premier a un effet désastreux sur les tentatives du second, les faisant limite passer pour les sournois de la bande, prêts à nous trahir à la première occasion, pour les métalleux les plus méfiants. » (http://dialogueabraham.forum-pro.fr/t71-heavy-metal-et-religions).

    La difficulté à communiquer avec les organisateurs du Hellfest s’explique peut être en partie par le fait qu’ils ont l’impression que les catholiques peuvent dire blanc un jour et noir le lendemain sans raison apparente, et du coup ne pas suffisamment avoir confiance en nous pour trouver une utilité au dialogue.

    En dialoguant avec des métalleux sur Facebook, j’ai été très choqué de voir certains justifier leur méfiance par des références au comportement de sites sédévacantistes, ouvertement antisémites et d’extrême-droite, tels que Les Intransigeants ou La Question. Il est clair que si de tels blogs sont pour eux la vitrine de l’Eglise, ils peuvent être tenté de voir dans les accusations d’antisémitisme ou de nazisme portées contre Anal Cunt une certaine forme de double discours ou d’hypocrisie.

    Quelques propos qui m’ont marqués:

    « J’ai passer une bonne partie de l’année dernière a essayer , ( j’ai même eu droit a un article dédicacé sur La Question ) , je maintient donc mon point de vue . »

    « On peut savoir ou étaient ces misérables cul-bénis lorsque le Hellfest a été attaqué par les Intransigeants, site ouvertement antisémite, pro-nazis, pro-fascisme, ect…? En tout cas, cette affaire me conforte dans mon idée que tous les catholiques s’attaquant au HF, TOUS sans la moindre exception, forme une solide équipe de connards. Qu’on ne vienne plus me parler de dialogue ou de concession.  »

    Nous catholiques sommes profondément divisés sur beaucoup de point, ce à quoi s’ajoute le problème de l’audience de sites hors de la communion de l’Eglise mais qui se revendiquent comme étant les vrais catholiques. Nous payons ces divisions par le fait de n’être plus convaincants.

    • Iron Damien Says:

      Bonsoir mon bon Manu !

      Je suis en train de parcourir un peu tous les articles, c’est du travail sérieux, bravo.
      Peut-être un peu trop sérieux, d’ailleurs ! Visiblement, tu choisis de n’évoquer que des gens à peu près intelligents et d’ignorer les boeufs, peut-être pour charitablement éviter de tomber dans la moquerie, voire l’insulte, mais je pense qu’ils constituent un facteur non négligeable dans ce que tu veux prouver.

      Bref, ça me fait beaucoup rire, les true black qui disent « grrrr, nous on est des méchants, gnark gnark, très très méchants, héhéhé … pardon ? Ah non, pas nazis, faut pas éxagérer, on est des gentils méchants, quand même ! »

      C’est finalement très conformiste. A mon avis, avoir totalement laïcisé la société a laissé un vide et le rôle du Diable qui ne fait plus peur à personne a été repris par un Hitler complètement sacralisé comme Mal absolu, auquel même les vrais méchants ont peur d’être assimilé. Je trouve ça très ironique. Pauvres caves !

      • Salut Damien!

        Merci de m’avoir lu! Je trouve important d’avoir l’avis de quelqu’un qui m’a fait écouter tant de mes premiers cd de metal, et meme mon premier Stryper! 😉

        « Je suis en train de parcourir un peu tous les articles, c’est du travail sérieux, bravo.
        Peut-être un peu trop sérieux, d’ailleurs ! Visiblement, tu choisis de n’évoquer que des gens à peu près intelligents et d’ignorer les boeufs, peut-être pour charitablement éviter de tomber dans la moquerie, voire l’insulte, mais je pense qu’ils constituent un facteur non négligeable dans ce que tu veux prouver. »

        L’objectif de ce blog est d’élever le débat. C’est sûr qu’il y a plein de gros boulets dans la scène BM, mais aussi des aspects, musicaux et thématiques, voire « philosophiques », qui me paraissent dignes d’être pris en considération.

        Pour risquer une compraison, on trouve certains sites qui se disent catholiques et qui sont le fond du fond de la bêtise et de l’intolérance. Ca ne remet absolument pas en cause ma foi, et je ne vois pas l’intérêt de les citer lorsque j’essaie de montrer tout ce que le christianisme a apporté de bon dans ma vie.

        Le Black metal a une bonne part d’ivraie, c’est sur, mais ce blog a pour objectif de dégager le bon grain. D’ù ce choix éditorial qui te faisait question.

  3. @Les Yeux Ouverts:

    Sodom n’est pas un groupe de black mais de thrash. Je ne crois pas qu’ils soient satanistes, ni même particulièrement hostiles au christianisme. Je pense qu’ils ont initialement développé une thématique sataniste pour coller aux albums de certains fondateurs du genre, comme Slayer ou Venom, mais:

    « Les thèmes abordés sont divers. Au début, les paroles étaient portées sur le satanisme. Depuis 1986, les paroles tournent autour de la guerre notamment celle du Viêt Nam qui est une grande source d’inspiration pour le groupe qui dénonce les cruautés de la guerre. Ils évoquent aussi des sujets graves comme le meurtre, l’infanticide ou l’inceste. » (source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Sodom).

    Trypticon est un projet d’un ancien de Celtic Frost. Je ne connais pas bien, mais je ne crois pas que la thématique sataniste des paroles correspondent à un engagement religieux (sataniste) ou anti-religieux (contre le christianisme) réfléchi.

    Le satanisme de Belphégor me parait être de type LaVeyien, c’est à dire qu’ils ne croient pas en l’existence personnelle de Satan mais y voient un symbole de la liberté humaine contre « l’opression » des institutions religieuses (http://www.radiometal.com/article/interview-belphegor-le-minimum-syndical-pour-helmuth,616).

    Mayhem c’est compliqué: le fondateur, Euronymous, était satniste théiste (il croyait en l’existence personnelle de Satan) mais d’autres membres, encore en activité, ont une position bien différente: ainsi Hellhammer cherche souvaent à se démarquer de l’image type du BM, et a par exemple été batteur de session du groupe chrétien Antestor pour l’album Forsaken. Il a également déclaré: « In my opinion, black metal today is just music. I will tell you that neither I nor other members of Mayhem never really were against religion or anything else. We are primarily interested in music ». (http://translate.google.com/translate?u=http%3A%2F%2Fwww.metallibrary.ru%2Farticles%2Finterviews%2F96.html&hl=fi&ie=UTF8&sl=ru&tl=en). Enfin, Mayhem est un groupe qui n’existe quasiment plus que par les concerts, et qui jouent la plupart de ses vieux succès sans qu’ils correspondent nécessairement à la pensée de ses membres actuels.

    De manière générale, je pense qu’il faut êtr prudent avec la thématique sataniste. Autant je suis d’accor pour dire que nous ne pouvons pas nous permettre de laisser dire n’importe quoi sur le christianisme sans réagir, autant un simple regard sur l’histoir littéraire nous montre l’insuffisance méthodologique d’une approche qui se bornerait à relever les propos d’allure sataniste. Huysmans, dans La Bas, exprimait une agressivité authentique contre le christianisme, mais qui a mené finalement à sa conversion. Baudelaire et William Blake ont écrit certains poêmes qui ne sont pas moins blasphématoires que beaucoup de groupes de BM, si on les prend littéralement, ce qui ne les a pas epêché, quasiment simultanément, d’écrire d’autres poêmes avec une réelle profondeur spirituelle et même chrétienne. Parfois le satanisme n’est qu’un symbole utilisé pour dénoncer l’essoufflement d’une certiaine manière d’annoncer l’Evangile et de retourner à l’essentilel.

    Sans dire que les groupes qui te préoccuppe vont aussi loin, je pense qu’il faut être très prudent avec le texte des chansons, et ne pas hésiter à les analyser à fond, y compris se livrer à un authentique commentaire littéraire et lire de près les interviews des musiciens.

    Il ne s’agit donc pas de ne rien faire ou de tout excuser, mais pour être juste ou tout simplement convaincant, je pense qu’il faut vraiment rentrer dans l’analyse détaillée et parfois même « technique » de chaque groupe, de faire l’effort d’une démarche exploratoire, qui ne se contente pas de citer leurs paroles, mais qui s’efforce de comprendre de l’intérieur les mobiles qui ont mené à leur écriture. Ce qui est certes contraignant, mais me parait indispensable pour développer une argumentation qui ne soit pas simplement perçue par les métalleux comme une agression extérieure, mais qui les fassent réfléchier et remettre en cause leurs propres a priori, par l’exemple en quelque sorte, en montrant l’effort de compréhension effectué préalablement.

  4. —> La haine rejette l’universalité, elle affirme l’individu contre l’autre, nie toute essence commune. Même les idéologies comme le nazisme qui la fondent sur une forme d’idéal (la Race etc.) associe celui-ci à la différence, au rejet… C’est en celà qu’elle s’oppose à l’amour, qui lui suppose un idéal commun et tend vers le rapprochement et le dépassement des antagonismes.

    Ce rapprochement et ce dépassement s’articulent autour de la soumission, du retrait surtout lorsqu’il est univoque. Ils effacent l’individu au profit de l’autre, qui est bien heureux de ne pas avoir à se battre pour « imposer » son point de vue, ou plutôt sa différence puisque auparavant, cela se faisait par les armes (dans l’ancien temps, les vaincus avaient toujours au moins la fierté de s’être battu : ce n’est pas la lâcheté qui les achevait et qui les maintenait dans la non vie). De toute façon, cet universalisme existe aujourd’hui au quotidien. Loin de créer et d’apporter des bonifications à la société, il uniformise et détruit la différence, et donc la diversité qui en découle.
    Il n’y a pas fusion ou émulation parce que comme dans un couple, comme dans tout bipartisme, il y a toujours l’un des deux partis qui finit par imposer son individualité, ou son existence à l’autre. L’un des deux partis finit toujours par plier. Par nécessairement par la force d’ailleurs. Souvent par les sentiments. C’est en ça que le Christianisme est peut-être plus nihiliste que le Satanisme. Parce qu’aujourd’hui, il se plie à la volonté et au desirata des Autres. Big Others comme le dit si bien Raspail. Le camp des saints, oui c’est cela. Jusqu’à en crever. A trop respecter les autres, on se perd soi-même. Amen.
    Le Christ est devenu est une personnalité qui n’est plus respectable, que l’on peut moquer, railler à loisir sans jamais rien risquer. Et si les provocations du Black Metal n’étaient pas une tentative, inconsciente, de pousser les chrétiens à la réaction ?

    • Jevais consacrer la réponse de ce commentaire un billet à part entière, si vous en êtes d’accord, car il me parait très symptomatique à la fois des a rpiori anti chrétiens propres au black metal, et d’une certaine culture de la virilité et du rapport de force qu’on retrouve à la fois chez beaucoup de cathos anti hellfest et beaucoup de black metalleux anti chrétiens. Je compte publier ce billet mercrdi ou jeudi prochain.

  5. […] black metalleux (“Corvus”), de passage sur ce blog, a posté une objection détaillée en dessous de mon article Black metal: le mythe de la Haine universelle, très symptômatique à mon […]

  6. Salut!
    C’est pathétique! Quoique bien écrit. Moi je suis de la vieille école. Le jour où Euronymous s’est fait planter en Norvège, j’étais à Bergen ce jour là! Et franchement le meilleur chargé de com de l’église catholique ou de toute autre forme de monothéisme dogmatique, c’est le satanisme. Parler de Satan c’est parler de dieu. Le réel nihilisme, messieurs, c’est ailleurs qu’il faut le chercher. C’est donc l’indifférence! Continuez à être satanistes et vous continuerez à faire de la pub à l’église où intéressez vous aux religions pré-chrétiennes, sinon, cherchez dans le dictionnaire la signification du mot syncrétisme pour vous rendre compte où est la force. Quand au NSBM, ce n’est qu’un artifice de plus pour ados en mal d’extrême. Le NS est aux mains de grands bourgeois qui n’ont que faire de petits pisseux aux cheveux longs et le plus souvent désargentés. Mettez-les au pouvoir et ils vous feront suçer du pain mouillé dans des cachots aseptisés et vous pleurerez les sombres forêts dans lesquelles vous n’avez jamais mis un pied

    • Euh, parlez vous seulement a Corvus (dans ce cas je comprendrais, bien qu’il soit athée et non sataniste, et probablement d’extreme droite mais pas néo-nazi) ou egalement a moi?
      A vous lire, j’ai l’impression que vous avez compris que mon article fait la promotion du satanisme et du nsbm, alors qu’en fait il les condamne.
      En fait, je suis a la fois catholique et black metalleux, et l’objectif de mon blog est de dédramatiser les relations entre ces deux communautés.
      Ce n’est peut être pas non plus votre tasse de thé, ce que je respecte tout a fait, mais c’est en tout cas le contraire de ce que vous semblez penser.

      • Non, j’ai bien compris ta position anti NSBM, sinon, je ne t’aurais même pas adressé la parole!! Et j’ai bien compris ton ouverture, la passerelle que tu proposes. Et c’est très bien. J’ai réagi surtout à l’idée qu’on se fait du black metal. Tu es catholique et blackmetalleux. Je suis spirituel et Black metalleux. Pour illustrer mon propos, je dirais qu’Hellhammer à tout résumé ‘le black metal n’est que de la musique’. Le fait qu’il joue aussi dans un groupe chrétien (il y en a d’excellents comme Trouble, Mortification..) n’est pas contradictoire. Jouer dans un groupe ‘catholique’ m’aurait plus surpris! Tant Satanisme et christianisme sont, dans les textes, de proches cousins! Quand à Corvus, je ne comprends rien à son commentaire.

  7. …suite. Le fait est qu’on en fait beaucoup pour pas grand chose. Le Black metal n’est rien d’autre qu’un besoin social contestataire comme l’était le punk (Darkthrone nous le répète assez à chaque nouvel album). il y aura autre chose après. Il n’est pas plus politique que religieux. il est social. Mais une précision. Je fais une différence entre la spiritualité (que je respecte) et la religion, qui n’est autre que l’adhésion à un dogme (une église), autrement dit une organisation qui vend son dogme à des fidèles à des fins de pouvoir (aujourd’hui le lobby..mais l’histoire des religions le prouve..conquêtes, asservissements et d’un autre côté, des bonnes choses, l’Abbé Pierre, les gens qui aident en silence…). Le black-métal n’est rien d’autre qu’une sensation forte de société pour gens en quête (naturelle) de repères, et un mouvement d’une grande créativité (pour ceux qui ont digéré tout ça), qui fait ses petits dans l’art actuel (cf Damien deroubaix, Elodie Lesourd, ….). En clair, le black metal (le metal par extension) c’est une culture!!!!

    •  » la religion, qui n’est autre que l’adhésion à un dogme (une église), autrement dit une organisation qui vend son dogme à des fidèles à des fins de pouvoir (aujourd’hui le lobby..mais l’histoire des religions le prouve..conquêtes, asservissements et d’un autre côté, des bonnes choses, l’Abbé Pierre, les gens qui aident en silence…)., »

      Sur ce seul point, je serai en désaccord, puisque du point de vue catholique, l’Eglise n’est pas définie par l’institution, mais par l’ensemble de la communauté des fidèles. Les dogmes et l’institution en elles-mêmes n’ont pas pour vocation d’étouffer la spiritualité sous un carcan rigide, même si cela peut arriver à l’occasion, mais d’être le signe visible de la relation entre Dieu et son peuple, et d’établir une continuité entre les premiers disciples du Christ, et l’enseignement dont ils étaient dépositaires, et l’époque présente.
      Sur ce qu’est l’Eglise, je vous recommande le billet suivant d’une blogueuse catho, qui réagit à l’attaque récente du site du Vatican par les anonymous: http://www.zabou-the-terrible.fr/post/2012/03/07/Je-suis-une-%C3%A9manation

  8. ta précision : « l’Eglise n’est pas définie par l’institution, mais par l’ensemble de la communauté des fidèles » est intéressante et plutôt ouverte (pour un athée comme moi, ça rassure). Simplement, je me suis toujours demandé en quoi il était nécessaire de passer par une Eglise pour croire? Après tout, le premier qui a commencé n’avait besoin d’une Eglise! En athée et sur mes lectures (la blible et le nouveau testament..si si je le jure), le message du Christ était un message de liberté, d’affranchissement (entre autres j’en conviens). Bon, je crois qu’en fait pour la plupart des gens cela serait trop difficile d’accéder par eux-même (et puis il y a d’autres notions, envies : solidarité…), ils ont besoin d’un curé, d’un pape qui joue la médiation via la liturgie.

    • Je pense que l’Eglise en tant qu’institution répond à deux imprératifs:

      -Préserver le dépot de la foi:

      Dans les premiers siècles après JC, toutes sortes d’écoles se sont formées qui prétendaient donner l’interprétation véritable de l’enseignement du Christ, certaines extrêment fantaisistes. Les Pères de l’Eglise et les Conciles ont dû définir un certain nombre de dogmes et une hiérarchie, dans l’esprit d’une continuité de l’héritage des douzes apôtres: les évèques sont les successeurs des apôtres, et le Pape, le premier d’entre eux en tant que successeur de Pierre, pour éviter que l’enseignement du Christ ne se dissolve dans une multiplicité de sectes.

      A propos des dogmes, les croyants ne les comprennent pas comme des doctrines arbitraires, mais comme l’héritage de milliers d’années de méditation de la parole de Dieu par les générations de catholiques qui nous ont précédées:

      « Pour le catholicisme, la question première à se poser face à un dogme est ce qu’il signifie, ou plus exactement : en quoi la compréhension de ce que recouvre cet énoncé peut-il rapprocher le croyant de Dieu ?

      Dans cette perspective, ce que les systèmes religieux doivent essayer de transmettre à travers leurs dogmes n’est pas une philosophie arbitraire, mais quelque chose dont la légitimité se justifie par le fruit expérimental et collectif de milliers d’années de méditations. Pour le catholicisme, la foi n’est pas une connaissance intellectuelle, mais un cheminement vers Dieu, où les dogmes jouent le rôle de moyens.

      « Il existe un lien organique entre notre vie spirituelle et les dogmes. Les dogmes sont des lumières sur le chemin de notre foi, ils l’éclairent et le rendent sûr. Inversement, si notre vie est droite, notre intelligence et notre cœur seront ouverts pour accueillir la lumière des dogmes de la foi. »

      — Catéchisme de l’Église catholique, n° 89.

      Le lien organique entre la Foi et le dogme conduit parfois à confondre les deux dans une approche (justement dénoncée comme dogmatique) pour laquelle la foi « consisterait » à adhérer à la vérité des dogmes. Cela reviendrait à croire que c’est la connaissance qui permet d’être sauvé, comme le croient par exemple les gnostiques. Une telle conception serait aux yeux de la majorité des chrétiens une hérésie. » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Dogme).

      – Mettre en oeuvre la transmission de la foi et rendre visible l’action de Dieu dans notre Histoire:

      Le contenu de la foi ne s’invente pas ni ne dérive du seul raisonnement: il s’agit de quelque chose de reçu, d’enseigné, à partir de la Parole de Dieu (les Evangiles) et de la Tradition de l »Eglise qui a continué à l’interpréter tout au long des siècles. Les ministres du clergé ne tirent pas leur autorité d’une décision arbitraire, mais de la succession apostolique. La lecture des Actes des apôtres nous aprend que l’Esprit Saint est descendu sur les apôtres à la Pentecôte, afin qu’ils puissent annoncer la parole de Dieu, et remettre les péchés, il leur a donné l’autorité d’agir au nom du Christ. Les évèques sont les successeurs des apôtres, et les prêtres et les diacres ceux qu’ils investissent d’une partie de leur autorité pour continuer l’oeuvre du Christ et rendre visible l’action de l’Esprit Saint dans notre monde. Voici ce que nous en dit le Catéchisme de l’Eglise Catholique:

      « Pourquoi le ministère ecclésial ?

      874 Le Christ est lui-même la source du ministère dans l’Église. Il l’a instituée, lui a donné autorité et mission, orientation et finalité :

      Le Christ Seigneur, pour assurer au Peuple de Dieu des pasteurs et les moyens de sa croissance, a institué dans son Église des ministères variés qui tendent au bien de tout le corps. En effet, les ministres qui disposent du pouvoir sacré, sont au service de leurs frères, pour que tous ceux qui appartiennent au Peuple de Dieu (…) parviennent au salut (LG 18).

      875  » Comment croire sans d’abord entendre ? Et comment entendre sans prédicateur ? Et comment prêcher sans être d’abord envoyé ?  » (Rm 10, 14-15). Personne, aucun individu ni aucune communauté, ne peut s’annoncer à lui-même l’Évangile.  » La foi vient de l’écoute  » (Rm 10, 17). Personne ne peut se donner lui-même le mandat et la mission d’annoncer l’Évangile. L’envoyé du Seigneur parle et agit non pas par autorité propre, mais en vertu de l’autorité du Christ ; non pas comme membre de la communauté, mais parlant à elle au nom du Christ. Personne ne peut se conférer à lui-même la grâce, elle doit être donnée et offerte. Cela suppose des ministres de la grâce, autorisés et habilités de la part du Christ. De Lui, les évêques et les prêtres reçoivent la mission et la faculté (le  » pouvoir sacré « ) d’agir in persona Christi Capitis, les Diacres, la force de servir le peuple de Dieu dans la  » diaconie  » de la liturgie, de la parole et de la charité, en communion avec l’évêque et son presbytérium. Ce ministère, dans lequel les envoyés du Christ font et donnent par don de Dieu ce qu’ils ne peuvent faire et donner d’eux-mêmes, la tradition de l’Église l’appelle  » sacrement « . Le ministère de l’Église est conféré par un sacrement propre.

      876 Intrinsèquement lié à la nature sacramentelle du ministère ecclésial est son caractère de service. En effet, entièrement dépendant du Christ qui donne mission et autorité, les ministres sont vraiment  » esclaves du Christ  » (Rm 1, 1), à l’image du Christ qui a pris librement pour nous  » la forme d’esclave  » (Ph 2, 7). Parce que la parole et la grâce dont ils sont les ministres ne sont pas les leurs, mais celles du Christ qui les leurs a confiées pour les autres, ils se feront librement esclaves de tous (cf. 1 Co 9, 19).

      877 De même, il est de la nature sacramentelle du ministère ecclésial qu’il ait un caractère collégial. En effet, dès le début de son ministère, le Seigneur Jésus institua les Douze,  » les germes du Nouvel Israël et en même temps l’origine de la hiérarchie sacrée  » (AG 5). Choisis ensemble, ils sont aussi envoyés ensemble, et leur unité fraternelle sera au service de la communion fraternelle de tous les fidèles ; elle sera comme un reflet et un témoignage de la communion des personnes divines (cf. Jn 17, 21-23). Pour cela, tout évêque exerce son ministère au sein du collège épiscopal, en communion avec l’évêque de Rome, successeur de S. Pierre et chef du collège ; les prêtres exercent leur ministère au sein du presbyterium du diocèse, sous la direction de leur évêque.

      878 Enfin il est de la nature sacramentelle du ministère ecclésial qu’il ait un caractère personnel. Si les ministres du Christ agissent en communion, ils agissent toujours aussi de façon personnelle. Chacun est appelé personnellement :  » Toi, suis-moi  » (Jn 21, 22 ; cf. Mt 4, 19. 21 ; Jn 1, 43) pour être, dans la mission commune, témoin personnel, portant personnellement responsabilité devant Celui qui donne la mission, agissant  » en Sa personne  » et pour des personnes :  » Je te baptise au nom du Père…  » ;  » Je te pardonne… « .

      879 Le ministère sacramentel dans l’Église est donc un service exercé au nom du Christ. Il a un caractère personnel et une forme collégiale. Cela se vérifie dans les liens entre le collège épiscopal et son chef, le successeur de S. Pierre, et dans le rapport entre la responsabilité pastorale de l’évêque pour son Église particulière et la sollicitude commune du collège épiscopal pour l’Église Universelle. » http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P24.HTM

  9. « En athée et sur mes lectures (la blible et le nouveau testament..si si je le jure), le message du Christ était un message de liberté, d’affranchissement (entre autres j’en conviens). »

    Le message du Christ ne se résume pas à une exhortation à l’amour et à la liberté. Il fait un certain nombre de promesses (la résurrection, …) . Il envoie les apôtres en mission, il guérit les malades et remet les péchés. Il ne se borne pas à dire aimer vous les uns les autres, même si c’est au centre de son enseignement, mais il invite les apôtres à prolonger l’ensemble de son action après son Ascension. En ce sens, il est le fondateur de l’Eglise institutionnelle, même si évidemment elle a pris de l’ampleur par la suite, et la complexité qui vient avec l’accroissement numérique des fidèles et les questions d’interprétation qui se sont posées à mesure que son héritage était transmis.

  10. […] l’exaltation de la violence appliquée à tel ou tel.  Comme je le remarquais dans deux précédents billets consacrés à « la haine » dans le black metal, cette dernière est […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :